Organisé par le Cabinet du Secrétariat d’Etat à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique, sous l’égide du ministère sénégalais de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, et en collaboration avec un certain nombre de professionnels et de partenaires, l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, prévu sur 03 jours, a été officiellement entamé, mardi 10 février 2026 à Dakar.
L’industrie du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique est génératrice de revenus et d’emplois. Le Sénégal est un grand pays de cinéma ! Les initiateurs de l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, qui ont présenté, mardi 10 février 2026 à Dakar, cet ambitieux programme, en présence des autorités de tutelle, d’acteurs du monde du cinéma sénégalais et de partenaires, ne s’y sont pas trompés. Ils croient dur comme fer avoir misé sur le bon cheval. On peut le croire, à l’issue du round up du cinéma sénégalais sur 70 ans, réalisé par Gélongal et projeté à l’entame de la cérémonie d’ouverture officielle. C’est un sous-secteur riche qui ne demande que les moyens de rayonner davantage.
Sous la présence effective de M. Amadou Ba, ministre la Culture, de l’artisanat et du tourisme, des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, ainsi que des partenaires et d’ambassadeurs de pays amis, mais aussi de membres du Réseau Africain du cinéma présents à Dakar, les travaux ont démarré. Avant de procéder à l’ouverture officielle, il a loué l’engagement des professionnels dans leur volonté d’accompagner l’Etat du Sénégal. Un Etat qui entend imprimer des inflexions majeures dans ce sous-secteur, durant la période 2026-2030, et dans le moyen terme, en phase avec la Vision Sénégal2050. Le ministre a mis l’accent sur les nombreux Prix et Distinctions remportés par le cinéma sénégalais à l’étranger, entre 2012 à 2026, tels que Etalon de Yenenga, Tanit d’Or et d’Argent, aux Sotigui Awards, au Festival de Cannes, à la Berlinale… Aux acteurs qui œuvrent dans un Art de la liberté qui permet d’écrire l’histoire, un art qui n’est pas neutre, le ministre de tutelle a attiré l’attention sur le rôle important qu’ils peuvent jouer dans la prise de conscience des populations. Un art qui englobe les séries TV dont le rayonnement dépasse nos frontières. Ce fut l’occasion pour M. Amadou Ba se s’incliner sur la mémoire de la cinéaste-journaliste Halima Gadji qui nous a récemment quitté, ainsi que tous les autres grands noms de la profession. Il n’a pas non plus occulté les grands défis en face, dans un secteur à fort potentiel. Un sous-secteur, à même de générer 5 milliards de $ de CA et 5 millions d’emplois, selon des chiffres de l’Unesco, qu’il a rapportés. Pourtant à son avis, il reste sous exploité et pourrait atteindre 20 milliards sui les différents intervenants arrivent à conjuguer leurs efforts. Certes du côté de l’Etat sénégalais, des salles de cinéma sont ouvertes et des unités mobiles lancées, le FOPICA (Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle) finance tant bien que mal, d’autres mécanismes existent, tels que la Loi n° 2002-18 du 15 avril 2002, portant règles d’organisation des activités de production, d’exploitation et de promotion cinématographiques et audiovisuelles, mais d’autres défis et enjeux ont trait à la révision du Code cinématographique, à l’amélioration des compétences, à la reconstitution du patrimoine… Aux doléances pour des infrastructures culturelles et cinématographiques à Dakar et dans les régions, telles que l’instauration d’un Centre national cinématographique, à l’instar du CMC (Centre marocain de cinématographie), il a rassuré les uns et les autres. Ce combat devra être porté par tous, ainsi que celui de la formation et de l’adaptation au numérique et à l’IA. Aux participants, il a demandé des propositions de financements y compris innovants, avec un séquençage cohérent, espérant une nouvelle impulsion du cinéma sénégalais.
La construction de notre propre récit
Qui mieux que le cinéaste Moussa Sène Absa pouvait mieux introduire la rencontre ? Il souligné que c’est une belle occasion qui leur est ainsi offerte pour jeter les bases d’un renouveau, de l’avenir du cinéma, avec Plan stratégique et d’actions chiffré. « Le Sénégal est une terre de cinéma, de récits… C’est une terre qui a construit le lit de plusieurs cinémas d’Afrique, voire du monde. » a-t-il ajouté. Saluant tous les honneurs à l’actif du cinéma sénégalais, de Ben Diogoye Bèye, à Sembène Ousmane, en passant par Alain Gomis, et fier d’être sénégalais et africain, celui que le milieu nomme affectueusement « doyen » ou « père » n’en a pas moins attiré l’attention sur le contexte actuel, marqué par le doute et des questionnements. De son avis, c’est l’heure du Back to the basics. Il n’a pas manqué de précisé « Nous avons besoin de fondamentaux et d’aller de l’avant dans la construction de notre propre récit, à défaut de voir les autres construire notre dynamisme. »
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Au cours de son intervention, Moussa Sène Absa a noté que lorsqu’il donne des cours au Centre Yennenga d’Alain Gomis, il évoque souvent un certain nombre d’enjeux. Outre la production d’un Centre cinématographique, il met l’accent sur la Formation (A good film is a good story and vice-versa), sur l’érection d’une Cité du Cinéma et sur le Festival du cinéma de Dakar.
Lui succédant M. Germain Coly, à la tête de la Direction de la Cinématographie et de l’audiovisuel, présentera les TDR (Termes de références) de l’Atelier d’orientation du Plan stratégique de développement du cinéma, de l’audiovisuel et de la création numérique, ou Atelier de construction collective, devant servir de véritable feuille de route du sous-secteur. Il s’agit de Formation & Patrimoine, Economie, Fiscalité & Cadre légal, le Marché & la Diffusion, «et enfin la Gouvernance. Dans un contexte économique, marqué au Sénégal et en Afrique par des flux tendus par endroits, il a magnifié son potentiel économique. Pour le Directeur général de la Cinématographie et de l’audiovisuel, les revenus qu’on peut y tirer peuvent être quadruplés. Profitant de l’élan actuel et de la bonne volonté politique de l’Etat sénégalais (Vison Sénégal2050), couplé à l’ère du numérique et de l’IA qui permet de comprimer les coûts de production, il trouve qu’un saut qualitatif peut être réalisé. Précisant la méthodologie de travail des différents sessions de cet atelier dont les recommandations serviront de rampe de lancement aux Etats Généraux de la Culture que le ministre Amadou Ba a annoncés.















