Atterrir sur certains aéroports en Afrique au sud du Sahara est souvent synonyme de désolation. Des tarmacs, quasi-vides, avec 02 ou 03 avions au maximum! Dans un tel secteur, où la croissance peut-être très rapide et importante, très au-delà de la moyenne mondiale, mais avec des marges très faibles (environ 1,3 % en moyenne) pour les compagnies africaines, les performances de leaders, tels qu’Ethiopian Airlines, peuvent inspirées.
En Afrique au sud du Sahara, le secteur aérien peut-être très porteur. Pourtant, le constat reste jusqu’à présent amer, avec des sociétés ou offices nationaux de gestion des aéroports et des compagnies aériennes surendettées ou qui battent de l’aile. Les coûts élevés et des barrières structurelles, pour ne citer que ceux-là, grèvent les marges des compagnies aériennes.
A mon avis, en se concentrant sur un certain nombre de facteurs clés, le transport aérien dans cette partie du continent peut profiter d’un avenir radieux. Le premier poste pour grandir est d’avoir une flotte moderne, bien entretenue et durable. Rappelons qu’aux indépendances, certaines compagnies, qui desservent maintenant pratiquement tout le continent, ne disposaient que d’un seul avion. Un avion, exposé actuellement dans un musée et qui- figurez-vous- vole toujours.
Ensuite, il faudra s’attaquer à la réduction de coûts opérationnels et fiscaux. L’allègement des taxes aéroportuaires, de surcharges carburant ou encore des redevances, parmi les plus élevés au monde, ajouté à la résolution des fonds bloqués, peuvent être un accélérateur de la rentabilité.
Un autre grand chapitre a trait à rendre effective la libéralisation du marché aérien (Open Sky). Une lueur d’espoir scintille avec la mise en œuvre réelle de la Décision de Yamoussoukro ou SAATM (Single African Air Transport Market). Elle a enregistré plus de 38 signataires en 2025-2026. Toutefois, l’application concrète, c’est-à-dire la 5ème liberté, la suppression des restrictions) reste inégale.
La suppression de taxes punitives (ticket, tourisme, solidarité) permettrait de réduire les tarifs intra régionaux de 20 à 40%, aux dessertes point à point à ouvrir dare-dare. Un focus doit être mis sur l’intra africain (Dakar- Casablanca, Dakar- Brazzaville, Abidjan- Lagos, …) seulement 15 à 20% du trafic actuel). Pas besoin de rallier Banjul depuis Dakar, en remontant par Londres ! Un exemple, à peine exagéré… La création de corridors ouverts, tels que Free Route Airspace en Afrique de l’ouest/Central depuis 2025, génèrerait des économies de carburant et de temps.
Management, Hubs connectés, vision à long terme…
Nos compagnies aériennes et nos sociétés de gestion des aéroports iraient de l’avant, si un management compétent et autonome, du genre Ethiopianization, couplé de partenariats stratégiques, est pratiqué. Outre le transfert de compétences, de tels partenariats faciliteraient la diversification des activités. Aux côtés du tourisme et transport de passagers, le fret express, le cargo, le low-cost régional, restent des nichent porteuses. En misant sur une flotte durable (SAF ou Sustainable Aviation Fuel) local, Hybride/ Electrique, eVTOL, nos compagnies pourraient être attractives pour des financements verts.
L’élan doit aussi aller vers le développement de Hubs puissants et dotés d’une connectivité régionale. Encore une fois, le modèle Ethiopian Airlines, avec le hub Addis-Abeba, ultra-efficace, doublé d’une flotte moderne et géré de façon autonome, permet des profits constants… D’autres hubs émergents, tels que Nairobi, Johannesburg, Lagos, Abidjan, Kigali… se dotent de nouveaux aéroports ou sont en extensions, avec des capacités pouvant monter jusqu’à 110 M pax/an, avec des chaines d’approvisionnement MRO (Maintenance) locale, ce qui a pour avantages une réduction des coûts et du temps d’immobilisation.
Les normes de sécurité doivent être au top et conformes à ICAO SARPs. C’est là un levier majeur pour attirer des investissements et des partenariats. Pour éviter les blacklists et autres restrictions, d’importants investissements doivent être mis dans la formation, la certification et les audits.















