
Avec la ratification officielle, le 29 janvier 2026, de l’accord de transport aérien entre Yaoundé et Doha, le Cameroun s’offre un accès direct au réseau de Qatar Airways. Mais au-delà du prestige de l’emblématique sur le tarmac de Douala et Yaoundé, quels sont les véritables enjeux économiques et stratégiques de ce mariage entre l’Afrique centrale et le géant qatari ? Plongée au cœur d’un partenariat qui promet de redessiner la carte du ciel africain.
Après la signature initiale de l’accord à Doha en janvier 2025, le décret présidentiel de janvier 2026 marque le début opérationnel de cette coopération. Le Cameroun devient ainsi une porte d’entrée majeure pour la compagnie qatarie en Afrique centrale (zone CEMAC). L’accord prévoit une liberté de traficc avec des droits de trafic illimités et sans restriction pour les vols de passagers et de fret. Les aéroports de Douala et de Yaoundé-Nsimalen sont retenus comme première destinations pour accueillir les vols directs depuis Doha. L’arrivée de Qatar Airways devrait stimuler la concurrence, ce qui pourrait entraîner une baisse du prix des billets d’avion pour les Camerounais vers l’Asie et le Moyen-Orient.
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Le partenariat vise à désenclaver le Cameroun sur le plan international par accès direct au réseau mondial de Qatar Airways qui regroupe plus de 170 destinations. Par ricochet, il s’agit pour le Cameroun d’augmenter ses recettes fiscales aéroportuaires et le développement de l’exportation de produits agricoles camerounais vers les pays du Golfe. Des discussions sont en cours pour une coopération technique avec Camair-Co, afin d’aider la compagnie nationale à se restructurer et à devenir un transporteur régional de référence. En nouant ce partenariat, le Cameroun se positionne pour briser le quasi-monopole d’Ethiopian Airlines sur les trajets vers l’Est. C’est un signal fort pour les investisseurs et les touristes du Moyen-Orient et d’Asie, rendant la destination Cameroun plus « visible » et accessible. Mais le succès de ce partenariat dépendra aussi de la modernisation des infrastructures au sol (qualité de l’accueil, rapidité des services douaniers) pour répondre aux standards de Qatar Airways, qui s’est fait plusieurs fois distingués pour la qualité de son service.
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L’arrivée de Qatar Airways au Cameroun, bien plus qu’une simple formalité administrative ; est un catalyseur de croissance. Si le passager camerounais y gagne en confort et en connectivité mondiale, l’économie nationale, elle, se dote d’un levier puissant pour booster son commerce et son attractivité. Le défi reste désormais de taille : les infrastructures aéroportuaires nationales sauront-elles se hisser à la hauteur des standards d’excellence de Doha ? Une chose est sûre, le décollage est désormais acté, et le Cameroun semble enfin prêt à prendre son envol sur la scène internationale.
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