Finance : Le Sénégal rejette toute restructuration de sa dette

Après l’épisode de la « dette cachée » dont l’existence est toujours débattue, le Sénégal écarte toute solution de restructuration envisagé par le FMI. Le pays dont la volonté de transparence à été salué par l’institution du Bretton Woods, est parvenu à se financer depuis plus d’un an principalement sur les marchés locaux et régionaux en adoptant des mécanismes novateurs.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a déclaré jeudi que le pays, lourdement endetté, n’aurait pas besoin de mettre en œuvre de plan de restructuration malgré un calendrier de remboursement difficile. La nation ouest-africaine est aux prises avec une dette qui, selon le Fonds monétaire international (FMI), atteignait 132 % du PIB fin 2024, après que l’actuel gouvernement a révélé des milliards de dettes non déclarées par l’administration précédente. Rappelons que lors de sa visite de travail en novembre dernier, le FMI avait conclu que l’économie du Sénégal demeure résiliente en 2025, soutenue par le démarrage de la production de pétrole et de gaz ainsi que par la reprise du secteur agricole. L’organisme a dans son communiqué du 6 novembre appelé le pays à poursuivre ses progrès en matière de gestion de la dette, de renforcement des institutions budgétaires et de gouvernance sera déterminante pour maintenir une croissance soutenue et la confiance des investisseurs. Ainsi lors de sa dernière sortie tout en reconnaissant que le pays était confronté à des échéances de remboursement particulièrement difficiles cette année, Ousmane Sonko s’est dit confiant quant à la capacité du Sénégal à trouver des solutions. Le gouvernement a activé plusieurs leviers et innové pour combler avec succès le déficit.   

Le fonds Monétaire a analyséen novembre que « les autorités ont fait preuve d’un engagement fort en faveur de la transparence et des réformes, en prenant des mesures concrètes pour s’attaquer aux causes profondes de la dette cachée passée et renforcer l’intégrité des finances publiques, tout en reconnaissant que des efforts importants seront encore nécessaires pour faire face aux pressions élevées sur la dette ».

« Nous estimons que nos projections de croissance et de recettes sont raisonnables, et cela ne fait aucun doute. Elles ont été validées par tous nos partenaires, y compris le Fonds. Le principal problème réside dans le financement », a expliqué Ousmane Sonko.

La semaine dernière, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a déclaré que le Sénégal espérait finaliser « très rapidement » un programme avec le FMI, ajoutant que des progrès avaient été réalisés sur de nombreux points liés à la gestion de la crise de la dette du pays. Pour le FMI, les discussions avec le Sénégal restent productives et se concentrent sur les actions requises pour traiter les vulnérabilités budgétaires et de dette mises en évidence par l’épisode de la « dette cachée », dont l’existence reste à confirmer pour les partisans de l’ancien gouvernement de Macky Sall. Ce qui posera une base solide pour la poursuite des échanges dans les semaines à venir en vue d’un éventuel nouveau programme soutenu par le FMI.

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