Le gouvernement du Sénégal a hérité d’une dette de plus de 130%, loin des critères de convergence de la Cedeao. Environ 7 milliards de $ d’emprunts non déclarés par le régime du président Macky Sall, d’après l’administration nationale. A fin 2024, la dette était estimée à 132% du PIB, par le FMI. Face à des échéances de règlement d’eurobonds en mars prochain, le pays, qui a su mobiliser des fonds du marché national et régional, fait preuve de résilience et entend honorer ses engagements.
Aux détenteurs d’Eurobonds, échéance mars 2026, le Sénégal doit plus de 480 millions de $. En dépit d’un fardeau de la dette, de la suspension d’un programme de prêt du FMI de 1,8 milliard de $, suite à la révélation d’une dette cachée, assez de financements permettront de surmonter cette épreuve. Les recettes fiscales (IS, TVA, impôts sur les dividendes…), ajoutées aux fonds mobilisés sur le marché régional, serviront à dépasser cet écueil.
Un bref historique des eurobonds fait ressortir 07 sorties, entre 2009 et 2024. Sur celui du 06 mars 2018, il avait alors été levé 2,2 milliards de $, en 02 tranches respectivement 1 Mrd $ et 1,2 Mrd $) avec 02 maturités de 10 ans à 4,75% et 30 ans à 6,75%. La tranche de 10 ans prévoit que le remboursement du principal soit amorti sur les 3 dernières années de sa durée de vie, c’est-à-dire, 2026, 2027 et 2028.
Une solvabilité, au beau fixe
M. Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a toujours exprimé une volonté limpide de rupture, de transparence et de redressement économique de l’économie sénégalaise. Face aux défis financiers majeurs, le gouvernement du Sénégal a opté à préserver la souveraineté économique. Honorer les engagements de l’Etat vis-à-vis des partenaires financiers, en dépit du fardeau de la dette et faisant fi à la dégradation de notes de certaines agences, a été le crédo. Ces efforts, en termes de lutte contre la corruption et la concussion, pour assainir les finances publiques et redynamiser l’économie, mais aussi impulser un train de mesures courageuses et structurelles, sont en train de porter des fruits. La résilience du Sénégal commence à faire tache d’huile. Ce pays gère sa dette sans restructuration. Outre les signes positifs avec Mme Kristalina Georgieva, DG du FMI, lors des Assemblées annuelles des institutions de Bretton Woods à Washington en octobre 2025, la nouvelle cheffe de mission du FMI à Dakar, Mme Mercedes Vera Martin, reçue en janvier 2026 par le chef de l’Etat, s’emploie à renforcer les bases d’un futur dialogue.
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Sur le marché régional quelque 510 milliards f CFA ont été levés, depuis le début de 2026. Sur l’année 2026, un tel programme vise 4 132 milliards f CFA
Au plan macroéconomique, Ce pays résolument tourné vers le développement multiplie les programmes, dans divers secteurs (ferroviaire, portuaire, minier, logistique, agrobusiness, formation…), en phase avec l’Agenda national de Transformation. Mieux encore, grâce à une envolée spectaculaire, de 155 % de ses exportations à fin décembre 2025, le Sénégal amorce un tournant historique. Le rebond du commerce extérieur, porté par les hydrocarbures et l’or, contribue à réduire nettement le déficit commercial
Les bonnes nouvelles s’enchainent. La BAD et la Caisses de Dépôts et de Consignations Africaines viennent de lancer une concertation de haut niveau pour accélérer la mise en place d’une nouvelle architecture financière africaine.
















