
En Guinée, l’entrée en production de la méga-mine de fer Simandou s’accompagne de licenciements massifs de travailleurs ayant opéré sur des infrastructures aujourd’hui achevées, accentuant les risques de pauvreté et de troubles sociaux. Les autorités guinéennes annoncent des projets d’infrastructures pour absorber le flux de travailleurs licenciés.
Après plus de trois décennies de retard, le méga-projet minier de Simandou, en Guinée, présenté par le gouvernement de Mamady Doumbouya comme un symbole de la transformation économique du pays, licencie des milliers de travailleurs au moment même où il commence à exporter du minerai de fer après des décennies de retards et de scandales de corruption. Simandou est la plus grande réserve inexploitée de minerai de fer au monde et la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite, utilisée dans la production d’aluminium. Le projet vise une production annuelle d’environ 120 millions de tonnes de minerai de fer, soit environ 7 % de la demande mondiale. La méga-mine a été inaugurée en grande pompe, en novembre juste avant les élections présidentielles prévues le 28 décembre prochain, les premières depuis le coup d’État militaire de 2021 qui a porté Mamady Doumbouya au pouvoir. Ce dernier reste favori à cette élection qui lui permettra de rester au pouvoir jusqu’en 2032.
Simandou : c’est plus de 60 000 postes d’emplois
Le projet est géré par deux consortiums – l’un dirigé par Rio Tinto (RIO.L), ouvre un nouvel onglet, (RIO.AX), ouvre un nouvel onglet et l’autre par le Winning Consortium Simandou, ou WCS, composé principalement d’entreprises chinoises. Selon les statistiques officiels, le projet a atteint son pic d’emplois entre 2024-2025 avec plus de 60 000 emplois créés. Plusieurs chantiers ont été lancés en parallèle pour respecter les délais officiels. A termes, Simandou devrait garder près de 15 000 emplois pour l’exploitation des mines, des ports et de la ligne ferroviaire de 670 kilomètres (416 miles) construite spécialement pour permettre l’exportation depuis ce projet enclavé.
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A la veille de l’inauguration de la mine en novembre, le ministre des Mines, Bouna Sylla, a déclaré au média que pour compenser les pertes d’emplois l’Etat va mettre en place des projets gouvernementaux avec de nouvelles infrastructures, notamment des routes, des raffineries et des centrales électriques, sans toutefois préciser de calendrier. Afin de créer des milliers d’emplois, le gouvernement guinéen a présenté » Simandou 2040″. C’est une stratégie sur 15 ans visant à diversifier l’économie du pays grâce à des investissements dans l’agriculture, l’éducation, les transports, les technologies, la finance et la santé pour l’ensemble de la population. Le coût estimé du plan, à 200 milliards de dollars, serait partiellement financé par les recettes minières, même s’il a précisé que l’essentiel du financement devrait provenir de capitaux privés.














