La R&D est porteuse d’innovations. En Afrique, pour mettre en place une R&D à faible coût et qui serve de véritable catalyseur industriel, il est nécessaire d’adopter une approche frugale et orientée marché. Faire plus avec moins…
Nous sommes dans un continent qui regorge de ressources naturelles. Pour les transformer, concevoir des chaines de valeur et générer des revenus, la R&D reste un vecteur essentiel. Compte tenu du fait que la technologie de pointe ait un coût et ne soit pas forcément productive dans le court terme, le paramètre « moyens financiers » pondère toute R&D. Avec l’innovation frugale, il est fort heureusement possible de faire plus avec moins. Pour ce faire, il est important que nos équipes de chercheurs s’emploient à épurer les produits cibles pour ne garder que la valeur d’usage essentielle. On peut y arriver en supprimant toute option superflue.
En s’appuyant sur des matériaux et composants déjà disponibles, il est possible de réduire drastiquement les coûts logistiques et de prototypage.
Design for Manufacturing
Dans les universités et centres dédiés, il est important que nos chercheurs anticipent. En effet, une R&D efficace anticipe la production dès le premier schéma. La résultante c’est des coûts prohibitifs évités, lors de la mise en échelle.
La standardisation aidant, une R&D frugale penche vers des pièces interchangeables pour bénéficier d’échelles rapides. Dans ce sillage, la simplification des procédés permettrait de réduire le nombre d’étapes d’assemblage pour minimiser les besoins en main d’œuvre et surtout en machines complexes.
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Aussi, s’inscrire dans la dextérité et des cycles courts aiderait beaucoup une innovation frugale. Un prototypage rapide, grâce à l’utilisation de méthodes comme l’impression 3D ou la simulation numérique, serait fort judicieux. Une telle approche conduit à valider les concepts sans investissements massifs dans des moules ou des équipements industriels onéreux.
Sachant qu’avant même de se lancer dans la recherche, il faut songer à satisfaire un besoin, donc à vendre, il sera important de cibler des marchés. Afin de s’assurer un franc-succès, le chercheur devra tester son produit sur de petits marchés pour à la fois acquérir de l’expérience et limiter les risques financiers, avant tout déploiement massif.
Entre intégration, mutualisation et partenariats
A ceux qui prônent qu’il ne faut pas tout faire seul, s’opposent les défenseurs d’industriels, tels que Wang Chuanfu, créateur et fondateur de BYD (voiture électrique chinoise, issue d’une intégration) qui produit quasiment l’essentiel de ses pièces détachées. Même si on y gagne en indépendance, une telle intégration exige des capitaux importants. En Afrique, où les capitaux peuvent faire défaut, des partenariats, qui permettent de partager les risques et les investissements de départ ou d’amorçage, semblent mieux appropriés. Justement l’open innovation pour s’appuyer sur des briques technologiques existantes, telles que les logiciels libres, les brevets tombés dans le domaine public, est un excellent tremplin pour réussir dans la pharmacie, la chimie-parachimie, etc.
Il reste à nos gouvernements d’instituer des programmes d’appui pour soutenir les phases de prototypage, d’amorçage et d’industrialisation pilote dans des incubateurs, disséminés un peu partout, autour des universités et des zones industrielles.















