Economie : Seuls 50 % des pays appliquent les lois pour l’égalité économiques des femmes

Les lois visant à garantir l'égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu'à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu'on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. (Crédit : DR).

Les lois sur l’égalité des chances économiques pour les femmes sont appliquées à moitié dans le monde. Seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi-totale, selon une étude de la Banque Mondiale publiée le 24 février 2026. En Afrique subsaharienne, des progrès notables ont été constatés.

Les lois visant à garantir l’égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu’à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu’on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. Même si ces lois étaient pleinement appliquées, les femmes ne bénéficieraient que des deux tiers des droits légaux des hommes. Pour la première fois, le dernier rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue non seulement le degré d’égalité inscrit dans la législation, mais aussi la mesure dans laquelle ces lois sont appliquées. Les juristes interrogés estiment que les lois encourageant la pleine participation économique des femmes ne sont appliquées qu’à moitié, ce qui montre que les gouvernements ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Malgré les progrès réalisés dans l’adoption de nouvelles lois sur l’égalité des chances, les économies disposent en moyenne de moins de la moitié des politiques et des services nécessaires à leur application. Seules 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi totale. Cette situation empêche les économies d’atteindre leur plein potentiel de croissance et de création d’emplois.

« Mais lorsqu’il s’agit d’appliquer ces lois, la note moyenne chute à 53. Et lorsque l’on évalue les systèmes nécessaires à la mise en œuvre de ces droits, la note d’adéquation n’est que de 47. Ces chiffres révèlent d’énormes inégalités d’opportunités, et les conclusions de ce rapport fournissent aux décideurs politiques des informations précieuses pour enrayer le déclin du potentiel de croissance des économies en développement. »

Le rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue la situation économique des femmes dans le monde selon 10 domaines clés, dont la sécurité face aux violences, l’accès aux services de garde d’enfants, l’entrepreneuriat, la protection de l’emploi, la propriété des biens et la sécurité de la retraite. Il identifie la sécurité face aux violences comme une lacune majeure, limitant la capacité des femmes à travailler de manière stable. « La véritable égalité commence par la sécurité. » « Que ce soit à la maison, au travail ou dans l’espace public, les femmes méritent d’être protégées pour s’épanouir », a déclaré Norman Loayza, directeur du Groupe des indicateurs de politique de la Banque mondiale. « À l’échelle mondiale, nous sommes loin du compte. Nous ne disposons que d’un tiers des lois de sécurité nécessaires, et même celles-ci ne sont pas appliquées dans 80 % des cas. »

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Malgré ces conditions, des progrès sont constatés en matière de législation sur l’égalité des chances. En effet, au cours des deux dernières années, 68 économies ont adopté 113 réformes législatives positives dans la plupart des domaines de la vie économique des femmes, les progrès les plus importants concernant l’entrepreneuriat et la protection contre les violences. Sept pays ont également étendu le congé de paternité afin de mieux répartir les responsabilités familiales et de soutenir l’emploi des femmes.

Aussi, l’Afrique subsaharienne a mis en œuvre 33 réformes au cours des deux dernières années, soit le plus grand nombre de toutes les régions. Madagascar et la Somalie ont levé les interdictions faites aux femmes de travailler dans des secteurs tels que la construction, l’industrie manufacturière et l’agriculture. De la même manièr dans le monde arabe, L’Égypte, la Jordanie et Oman ont progressé. L’Égypte a été le pays le plus réformateur au monde au cours des deux dernières années, améliorant son score en matière d’égalité juridique de près de 10 points. Les réformes récentes ont porté le congé parental rémunéré de 90 à 120 jours pour les mères, instauré un jour de congé rémunéré pour les pères, rendu obligatoire l’égalité salariale et autorisé les demandes d’aménagement du temps de travail.