Chine-Afrique : Le pari du 0% de douane pour conquérir le 21ème siècle

La 39e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) qui s'est tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marquée par la déclaration du Président Chinois Xi Jinping annonçant la suppression des droits de douane pour 53 pays. (Crédit : DR).

Pour la première de l’histoire, une grande puissance mondiale propose un partenariat, une offre commerciale aussi généreuse, avec une exemption de 100% de tarifs douaniers pour tout un continent, l’Afrique en l’occurrence.  Une opportunité que quelques pays sont plus en position de saisir.

Alors que le monde a les yeux rivés sur le conflit entre Israel et les Etats-Unis contre Iran, la Chine avance ses pions en Afrique. La 39e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui s’est tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, a été marquée par la déclaration du Président Chinois Xi Jinping annonçant la suppression des droits de douane pour 53 pays.  La mesure qui entre en vigueur le 1er mai 2026 va appliquer 0% de tarifs douaniers sur tous les produits en provenance de ces pays. Auparavant limité aux 33 pays les moins avancés (PMA), cet avantage s’étend désormais aux économies à revenus intermédiaires comme le Maroc, l’Algérie, l’Égypte, le Kenya, le Nigéria ou l’Afrique du Sud. Le volume des échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’est chiffré à 348 milliards de dollars selon les statistiques de l’exercice fiscal 2025, publié par l’administration générale des douanes de la Chine (GACC).

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Cette décision intervient dans un contexte où le programme américain AGOA (African Growth and Opportunity Act) fait face à des incertitudes de renouvellement. La Chine se positionne comme un partenaire stable et leader des pays en développement et de Sud global de manière générale, à contre-courant de certaines puissances occidentales. Les exemptions douanières, les pays africaines vont en profiter à condition de respecter les strictes normes sanitaires et phytosanitaires SPS de la Chine. Les pays bénéficiaires doivent aussi disposer d’infrastructures logistiques. Face à cette opportunité historique, tous les pays africains n’ont pas les mêmes capacités pour saisir l’opportunité. Les premiers réels bénéficiaires sont les pays africains qui possèdent déjà des infrastructures exportatrices et qui étaient taxés par la Chine. Il s’agit principalement de l’Afrique du Sud, l’Egypte, du Maroc, du Kenya, du Nigeria, la Tunisie, l’Ethiopie. Parmi les produits exportables : les agrumes, le textiles, les huiles (olive) les composants automobiles, le café, les produits halieutique et autres produits agricoles. Pour les pays producteurs de minerais comme l’Afrique du Sud, la RDC, la Zambie, La Guinée… l’intérêt reste limité dans la mesure où ces produits étaient déjà faiblement taxés., mais les encouragent à exporter des produits miniers semi-transformés, apportant plus de valeur ajoutée.

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