
La Banque Africaine d’Import-Export devient le premier bailleur de fonds d’un prêt syndiqué de 4 milliards de dollars accordé à la plus grande raffinerie du continent. Une opération qui dépasse le simple financement pour incarner une vision : celle d’une Afrique capable de produire, raffiner et commercer par elle-même.
C’est une transaction qui fera date dans l’histoire financière et industrielle du continent africain. Le 31 mars 2026, au Caire, Afreximbank a officialisé sa souscription de 2,5 milliards de dollars dans le cadre d’un prêt syndiqué senior à terme de 4 milliards de dollars en faveur de Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals FZE (DPRP). Une participation qui représente la part la plus importante du consortium, co-arrangé avec Access Bank, et qui positionne la banque panafricaine comme le pivot financier du plus grand complexe de raffinage du continent.
Un mastodonte industriel à consolider
Implantée au Nigeria, la raffinerie Dangote est entrée en activité de raffinage en février 2024. Avec une capacité de traitement de 650 000 barils par jour, elle n’a pas d’équivalent en Afrique. Mais derrière les chiffres impressionnants se cache un impératif stratégique : sécuriser le modèle financier d’une infrastructure dont dépend une large partie de l’approvisionnement en produits pétroliers raffinés du continent. C’est précisément l’objet de ce prêt à terme d’une durée de cinq ans. L’objectif affiché est triple : consolider les financements existants, optimiser la structure du capital de DPRP et l’aligner sur le statut désormais pleinement opérationnel de la raffinerie, tout en soutenant son plan de croissance à long terme. En renforçant la flexibilité du bilan de l’entreprise, cette facilité de crédit vise à asseoir durablement la raffinerie comme fournisseur stratégique, non seulement pour les marchés africains, mais aussi à l’échelle mondiale.
Un mastodonte industriel à consolider
Depuis le lancement des opérations de raffinage, la banque avait déjà accordé à DPRP une facilité de fonds de roulement d’un milliard de dollars. Elle est également intervenue en qualité de conseiller financier dans le cadre de l’initiative « Naira-for-Crude », un mécanisme innovant permettant l’achat de pétrole brut et la vente de produits raffinés en monnaie locale nigériane, s’affranchissant ainsi de la dépendance aux devises étrangères. Une initiative aux implications bien au-delà du Nigeria, tant elle illustre la possibilité de construire des circuits commerciaux souverains à l’échelle du continent. Lors d’une réunion au Caire entre le conseil d’administration d’Afreximbank et la direction du groupe Dangote, le Dr George Elombi, Président de la banque, a affirmé que : la dimension africaine de l’investissement est au cœur de la démarche. Rappelant qu’Afreximbank a injecté près de 15 milliards de dollars dans le groupe Dangote depuis 2015.
Il a insisté sur le sens profond de cet engagement : « Lorsque nous investissons en nous-mêmes, nous faisons plus que créer des emplois et de la richesse — nous construisons un avenir sûr et résilient pour notre continent. »
Le prêt syndiqué a suscité un intérêt marqué auprès d’un consortium d’institutions financières africaines et internationales, signe que la confiance dans le projet Dangote — et plus largement dans le potentiel industriel de l’Afrique — dépasse les frontières du continent. Pour Aliko Dangote, président et directeur général de Dangote Industries Limited, cette opération constitue « une étape importante dans le renforcement des fondements financiers » de la raffinerie et prépare l’entreprise à sa prochaine phase de croissance.
Un signal fort pour l’industrialisation africaine
Au-delà de l’enjeu sectoriel, cette transaction s’inscrit dans une narrative plus large : celle d’un continent qui entend réduire sa dépendance aux importations de produits raffinés, dynamiser le commerce intra-africain des hydrocarbures et bâtir une véritable sécurité énergétique. En mobilisant des capitaux à cette échelle pour un actif industriel continental, Afreximbank envoie un signal aux investisseurs : l’Afrique est capable de financer, de construire et de faire fonctionner ses propres infrastructures stratégiques. La raffinerie Dangote n’est plus seulement un projet nigérian. Elle est devenue, avec ce jalon financier, un symbole de ce que l’ambition et l’exécution africaines peuvent accomplir — à grande échelle, et dans la durée.
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