lundi 20 avril 2026
Accueil A la Une Exploration pétrolière : l’Algérie relance la course aux hydrocarbures

Exploration pétrolière : l’Algérie relance la course aux hydrocarbures

Le deuxième appel à concurrence international de l'Algérie pour l'exploration de sept nouvelles zones hydrocarbures marque une étape décisive dans la stratégie du pays pour attirer les investisseurs mondiaux et consolider son rôle de hub énergétique régional. (Crédit : Sonatrach).

Lancé le 19 avril 2026 au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal d’Alger, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de représentants de compagnies énergétiques internationales, le deuxième appel à concurrence international de l’Algérie pour l’exploration de sept nouvelles zones hydrocarbures marque une étape décisive dans la stratégie du pays pour attirer les investisseurs mondiaux et consolider son rôle de hub énergétique régional.

Les sept zones proposées – El Borma II et El M’Zaid Nord (Ouargla), Illizi Centre I et Est Bordj Omar Driss I (Illizi), El Hadjira III et Touggourt Sud (Touggourt), et El Benoud Est (El Bayadh) – ont été sélectionnées avec rigueur sur la base de bassins prouvés et de découvertes existantes. Touggourt Sud se distingue avec des ressources prévisionnelles dépassant les 576 millions de barils, tandis qu’El M’Zaid Nord recèle cinq gisements prometteurs estimés à près de 100 millions de barils. Illizi Centre I comprend pas moins de dix gisements potentiels d’hydrocarbures, et El Borma II, dans le bassin de Berkine, abrite deux gisements pétroliers avérés. La majorité de ces périmètres bénéficient de leur proximité avec des installations de traitement et des réseaux de transport déjà en place, un avantage logistique décisif qui réduit les coûts et accélère les délais de mise en production.

Un calendrier lisible pour sécuriser les engagements

Les phases techniques débuteront le 1er juin 2026, avec la mise à disposition des documents et des présentations en ligne accessibles aux compagnies du monde entier. Des sessions de data room et de clarification se dérouleront jusqu’au 31 octobre 2026. L’ALNAFT a fixé la date limite de dépôt des offres au 26 novembre 2026, les résultats étant annoncés le même jour, avant la signature des contrats avec Sonatrach le 31 janvier 2027. Ce parcours balisé en huit mois répond à une demande récurrente des opérateurs internationaux : disposer d’un cadre procédural lisible, sans délais administratifs imprévus. C’est aussi un signal de maturité institutionnelle adressé aux compagnies qui hésitaient encore à s’engager sur le marché algérien.

L’Algérie, garant de la sécurité énergétique mondiale

Dans un contexte mondial marqué par des « transformations géopolitiques et énergétiques effrénées », selon les termes du ministre Arkab, l’Algérie se positionne en partenaire de confiance. Le pays a prouvé sa fiabilité depuis 2022 en augmentant ses livraisons de gaz vers l’Europe pour compenser la réduction des exportations russes. Arkab a également évoqué le gazoduc transsaharien, projet structurant susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives d’intégration énergétique à l’échelle continentale. Si le gaz naturel demeure central « durant la phase de transition », le ministre a aussi ouvert la porte aux partenariats dans l’hydrogène, domaine dans lequel l’Algérie, avec son ensoleillement et ses vastes espaces désertiques, dispose d’un potentiel naturel considérable.

Des incitations compétitives pour séduire les majors

Les sept zones sont proposées selon diverses formules contractuelles, en majorité des contrats de partage de production – une formule bien connue et rassurante pour les opérateurs internationaux, qui leur permet de récupérer leurs coûts avant tout partage de la rente. Le cadre fiscal est présenté comme « parmi les plus compétitifs de la région », assorti de procédures d’attribution transparentes supervisées par l’ALNAFT. Bakhti a résumé l’ambition avec clarté : « faire de l’Algérie une option crédible et compétitive au sein des portefeuilles d’investissement mondiaux », en recherchant non pas des engagements à court terme, mais des « partenariats structurés et de longue durée ». Un message adressé autant aux grandes compagnies qu’aux indépendants en quête de nouvelles frontières d’exploration.

A lire aussi : Algérie : Clôture de la 22e édition du SITEV