mardi 28 avril 2026
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Tunisie : le président Saïed limoge sa ministre de l’Énergie en plein vote sur les renouvelables

Le président tunisien Kais Saïed a révoqué mardi la ministre de l'Énergie, Fatma Thabet, sans fournir aucune explication officielle sur les motifs de cette décision. (Crédit : DR).

Alors que le Parlement s’apprêtait à statuer sur des projets d’énergie renouvelable représentant 600 mégawatts et 500 millions d’euros d’investissements, Kais Saïed a brutalement écarté Fatma Thabet de son ministère. Une décision sans explication officielle, prise dans un contexte de vive contestation politique.

Le président tunisien Kais Saïed a révoqué mardi la ministre de l’Énergie, Fatma Thabet, sans fournir aucune explication officielle sur les motifs de cette décision. Il a nommé en remplacement le ministre du Logement et des Infrastructures, Salah Eddine Zouari, pour assurer l’intérim. Le timing de ce limogeage interpelle : il intervient le jour même où le Parlement devait se prononcer sur des projets structurants d’énergie renouvelable, portant sur une capacité de 600 mégawatts et un investissement total de 500 millions d’euros, soit environ 585 millions de dollars.

Des contrats accusés de colonialisme énergétique

Ces projets, présentés comme un pilier de la stratégie tunisienne d’expansion des énergies propres, sont loin de faire l’unanimité. Plusieurs parlementaires et partis politiques s’y opposent fermement, dénonçant une forme de « colonisation énergétique ». Au cœur de leur critique : l‘exclusion de la société nationale d’électricité, la STEG, des contrats attribués, selon eux, exclusivement à des entreprises étrangères. Un choix que les opposants jugent incompatible avec la souveraineté économique du pays et les intérêts des travailleurs tunisiens du secteur.

Une transition énergétique sous haute tension

La Tunisie cherche à diversifier son mix énergétique et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures. Mais la méthode retenue pour y parvenir cristallise les tensions. La révocation de Fatma Thabet, qu’elle soit liée à la gestion de ces dossiers ou à des considérations politiques plus larges, illustre la fragilité de la gouvernance énergétique dans un pays où les choix industriels se doublent d’enjeux de souveraineté nationale. Le vote parlementaire du jour s’annonce comme un test de la capacité du gouvernement Saïed à imposer sa vision malgré une opposition grandissante.

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