vendredi 29 mai 2026
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Les Emirats arabes unis misent sur la RDC : un partenariat stratégique et ambitieux

Longtemps restée en marge des circuits d'investissement du Golfe, la République démocratique du Congo s'impose désormais comme une destination incontournable pour les capitaux émiratis. Photo archives Félix Tshisekedi, à l'Elysée, Paris, le 30-04-2024.

De Dubaï à Kinshasa, la coopération économique entre les Émirats arabes unis et la République démocratique du Congo (RDC) prend une ampleur inédite. Tourisme, infrastructures, énergie, numérique : les deux pays multiplient les accords et les engagements financiers, faisant de la RDC l’un des partenaires africains privilégiés d’Abou Dhabi.

Longtemps restée en marge des circuits d’investissement du Golfe, la République démocratique du Congo s’impose désormais comme une destination incontournable pour les capitaux émiratis. En l’espace de quelques mois, les annonces se sont succédé à un rythme soutenu, traduisant une volonté politique affirmée des deux côtés de tisser des liens économiques durables. Le signal le plus fort est venu de Dubaï. Lors du Sommet Émirats arabes unis–Afrique tenu du 25 au 29 octobre 2025, la RDC a obtenu un financement de 1,882 milliard de dollars américains pour développer son secteur touristique, soit 31 % du total de six milliards de dollars prévus pour l’ensemble du continent africain. Quatre projets ont particulièrement retenu l’attention des investisseurs émiratis : le développement des circuits et des aires protégées de l’ouest du pays, incluant le Jardin zoologique et botanique de Kinshasa, le Parc marin de Mangrove de Mwanda, le Parc national de Kundelungu, ainsi que la Réserve de Mbombo-Numene.

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Mais le tourisme n’est que la vitrine d’un partenariat bien plus vaste. En février 2026, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé à Abou Dhabi un accord de partenariat économique global, à l’issue de deux années de négociations. Cet accord couvre des secteurs aussi variés que les mines, les infrastructures portuaires, les énergies renouvelables ou encore la coopération entre banques centrales. Les échanges commerciaux entre les deux pays auraient bondi de 27 % entre 2023 et 2025, selon les autorités congolaises.

La diversification économique portée par Kinshasa

Sur le front des infrastructures, les engagements prennent forme concrètement. La coopération prévoit notamment la construction de deux ports secs et de routes dans le corridor de Lobito par le groupe Abu Dhabi Ports, ainsi que des investissements dans les ports de Matadi et de Boma. Des projets structurants dont la RDC, pays enclavé aux besoins logistiques colossaux, a cruellement besoin. La transition énergétique est également au cœur de l’agenda commun. Un accord avec les Émirats arabes unis est en cours de finalisation pour financer des centrales solaires dans le Kasaï et le Katanga. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de diversification économique portée par Kinshasa, alors que les projections du ministère du Plan prévoient un ralentissement de la croissance minière à 7,1 % en 2025, contre 12,5 % l’année précédente. Le secteur numérique n’est pas en reste. Le ministre congolais de l’Économie numérique a reçu en février 2026 une délégation de la société The Founding, basée aux Émirats arabes unis, venue présenter des projets de centres de données destinés à accompagner le développement des infrastructures numériques en RDC.

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Ce rapprochement s’inscrit dans une dynamique diplomatique entamée depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi. L’ouverture de l’ambassade des Émirats arabes unis à Kinshasa en 2023 a symbolisé cette nouvelle ère de coopération entre les deux nations, tandis que le volume des échanges commerciaux bilatéraux est passé de 1,5 milliard à plus de 4 milliards de dollars. Reste désormais à transformer ces promesses en réalités tangibles. Le gouvernement congolais travaille à la mise en place de fiches de projets d’investissement, en coordination avec les ministères des Finances, du Budget, des Affaires foncières et des Infrastructures, afin de permettre à la RDC de s’approprier pleinement ces fonds. Un défi institutionnel majeur pour un pays qui, malgré ses richesses exceptionnelles, peine encore à concrétiser ses ambitions de développement.