mardi 30 juin 2026
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Mines : l’or guinéen ne sortira plus brut

La Guinée affiche son ambition de devenir une plateforme régionale de raffinage de l'or, rejoignant un mouvement plus large des pays producteurs ouest-africains qui cherchent désormais à transformer leur métal jaune sur place plutôt que de l'exporter brut vers le Moyen-Orient ou au-delà. (Crédit : DR).

Conakry mise sur une nouvelle raffinerie parmi les plus importantes du continent pour transformer localement l’or extrait dans la sous-région, alors que le président Mamady Doumbouya vient d’interdire avec effet immédiat les exportations d’or brut.

La Guinée affiche son ambition de devenir une plateforme régionale de raffinage de l’or, rejoignant un mouvement plus large des pays producteurs ouest-africains qui cherchent désormais à transformer leur métal jaune sur place plutôt que de l’exporter brut vers le Moyen-Orient ou au-delà. Cette stratégie vise à capter davantage de valeur ajoutée localement, dans un contexte de cours de l’or toujours élevés. Le ministre des Mines, Bouna Sylla, a indiqué à Reuters que si chaque pays d’Afrique de l’Ouest disposait de sa propre raffinerie, cela ne poserait pas de problème : c’est la compétitivité économique, et non la politique, qui déterminerait les gagnants. Conakry a déjà construit une nouvelle installation capable de traiter la production de toute la sous-région, présentée comme l’une des plus grandes du continent africain. Selon Bangaly Steve Touré, directeur adjoint du Fonds d’investissement minier guinéen, cette usine de 30 millions de dollars traitera dans un premier temps 530 tonnes métriques par an (environ 17 millions d’onces), avant de monter en puissance jusqu’à 733 tonnes à pleine capacité. Le démarrage commercial est attendu en juillet, sous réserve des dernières approbations réglementaires.

UNE DÉCISION PRÉSIDENTIELLE POUR RETENIR LA VALEUR À DOMICILE

La semaine dernière, le président Doumbouya a interdit l’exportation d’or brut avec effet immédiat. Cette mesure intervient alors que la Guinée, déjà premier producteur mondial de bauxite, cherche à conserver davantage de valeur économique sur son territoire plutôt que de la voir captée à l’étranger. La Guinée n’est pas seule dans cette dynamique. Le Ghana, premier producteur d’or du continent, ainsi que le Mali et le Burkina Faso, travaillent également au développement de capacités de raffinage domestique pour capter une part plus importante de la valeur du métal précieux. En Guinée, la production industrielle d’or reste dominée par AngloGold Ashanti et Nordgold. L’Afrique de l’Ouest dans son ensemble aurait produit environ 11 millions d’onces en 2025, selon des estimations sectorielles.

MOINS DE 1 % DE VALEUR RETENUE LOCALEMENT

Le ministre Sylla a précisé que la Guinée avait produit environ 2,32 millions d’onces l’an dernier, pour une valeur estimée à 7 milliards de dollars, mais que le pays ne retenait localement que moins de 1 % de cette valeur. Il a souligné que l’enjeu dépassait la seule question des revenus et des emplois, citant l’exemple des Émirats arabes unis qui, sans produire d’or, ont développé une importante capacité de raffinage afin de stimuler une croissance économique plus large. La Guinée entend bâtir une chaîne de valeur comparable. Conakry prépare un décret destiné à encourager le raffinage local et prévoit des réformes pour formaliser la production artisanale et améliorer la traçabilité de l’or d’ici 2026, selon les deux responsables. Structurée en partenariat public-privé, cette raffinerie s’inscrit dans une stratégie plus vaste de développement des industries en aval, à l’image des efforts déjà engagés dans le secteur de la bauxite.

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