lundi 6 juillet 2026
Accueil A la Une RDC : un bug administratif menace 1,1 milliard de dollars d’exportations de...

RDC : un bug administratif menace 1,1 milliard de dollars d’exportations de cobalt

Depuis le 1er juillet, les producteurs congolais sont dans l'impossibilité d'enregistrer leurs déclarations d'exportation sur la plateforme douanière. (Crédit : DR).

Les principaux producteurs de cobalt de la République démocratique du Congo risquent de perdre une partie de leurs quotas d’exportation du premier semestre en raison d’une panne administrative paralysant la plateforme douanière depuis le 1er juillet. Alors qu’une échéance réglementaire approche, jusqu’à 20 000 tonnes de métal, essentiel aux batteries, pourraient ne jamais être expédiées.

Depuis le 1er juillet, les producteurs congolais sont dans l’impossibilité d’enregistrer leurs déclarations d’exportation sur la plateforme douanière, selon un courrier consulté par Reuters et plusieurs responsables du secteur. En cause : l’absence d’une notification formelle de l’ARECOMS, le régulateur des minerais stratégiques, autorisant les douanes à poursuivre le traitement des quotas. Dans une lettre datée du 2 juillet adressée à l’ARECOMS, la Chambre des mines de la RDC alerte sur ce blocage. Le dysfonctionnement survient au plus mauvais moment, à quelques jours seulement d’une échéance réglementaire décisive.

A lire aussi : Mines : La RDC révise de nouveau son dispositif pour l’exportation du cobalt

L’ARECOMS a fixé au 5 juillet la date limite pour que les exportateurs utilisent leurs quotas du premier semestre. Passé ce délai, les volumes non consommés seront retirés puis réattribués, conformément aux nouvelles directives de reprise des quotas inutilisés. Or, selon les informations de Reuters, entre 60 % et 75 % des entreprises ne pourront pas respecter cette échéance, à cause des retards administratifs provoqués par la panne. Selon certaines sources relayées par l’agence britannique jusqu’à 20 000 tonnes de cobalt pourraient ainsi échapper aux expéditions, soit environ 1,1 milliard de dollars aux cours actuels.

Les géants du secteur en première ligne

La RDC assure près de 70 % de la production mondiale de cobalt. Le pays héberge les opérations du chinois CMOC et du groupe minier coté à Londres Glencore, respectivement premier et deuxième producteurs mondiaux, ainsi que celles d’Eurasian Resources Group et de Huayou Cobalt. Une source proche de CMOC a indiqué que le groupe a sollicité un report de l’échéance du 5 juillet, sans réponse à ce jour. Une prolongation d’un mois « suffirait », estime-t-elle, avertissant que l’entreprise pourrait sinon perdre la quasi-totalité de son quota d’exportation du deuxième trimestre.

Un marché sous contrôle par le gouvernement congolais

Ce blocage intervient dans un contexte de reprise en main du marché par Kinshasa de son secteur du cobalt. Depuis 2025, la RDC a durci ses contrôles à travers des suspensions d’exportation puis un système de quotas destiné à soutenir les prix. La stratégie porte ses fruits : le cours du cobalt a bondi de 160 % depuis février 2025 pour atteindre 26 dollars la livre, soit 57 320 dollars la tonne. Le régulateur a par ailleurs fixé un plafond annuel d’exportation de 96 600 tonnes pour 2026 et 2027. Les compagnies minières exhortent désormais l’ARECOMS à résoudre le problème et à repousser l’échéance, allant jusqu’à solliciter l’intervention du Premier ministre.

A lire aussi : Cobalt-exportation : La RDC remplace l’interdiction par des quotas