vendredi 12 juin 2026
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Hydrocarbures : le Gabon engage 10 milliards de dollars pour son après-pétrole

Exxon signe un accord avec le Gabon pour explorer du pétrole et du gaz. Ce protocole d'accord, non contraignant, marque l'expansion des activités du premier géant pétrolier américain en Afrique. (Crédit : Africa Income)

Le 8 juin 2026, Libreville a lancé les travaux d’un port en eau profonde adossé au gisement de fer de Belinga. Avec un investissement de près de 5 643 milliards de FCFA, le projet incarne l’ambition gabonaise de passer d’une économie de rente à une économie de transformation.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a procédé le lundi 8 juin 2026 au lancement officiel des travaux du futur port minéralier de Kobé-Kobé, un projet destiné à renforcer la transformation industrielle et la souveraineté économique du Gabon. D’un montant global estimé à 10 milliards de dollars, soit près de 5 643 milliards de FCFA, le programme repose sur quatre piliers : le développement portuaire, les infrastructures ferroviaires, la production énergétique et l’industrialisation locale. Situé dans la zone de Nyonié, sur la façade atlantique de la province de l’Estuaire, l’ouvrage doit devenir opérationnel en 2031.

Belinga, le fer au cœur du dispositif

La logique industrielle du projet repose sur la valorisation d’une ressource majeure. En associant un port de nouvelle génération à un corridor ferroviaire destiné à relier les gisements miniers de Belinga à la façade atlantique, le Gabon entend transformer ses ressources naturelles en levier de croissance. Le gisement de Belinga est considéré comme l’un des plus importants d’Afrique. Les capacités annoncées sont considérables. Le projet prévoit la construction d’un port d’une capacité de traitement annuelle de 110 millions de tonnes, comprenant un terminal minéralier destiné aux exportations de fer, des installations dédiées aux marchandises générales, aux conteneurs, ainsi qu’un terminal offshore.

Un avantage logistique naturel pour le Gabon

Kobé-Kobé bénéficie d’atouts physiques rares dans la sous-région. Avec un tirant d’eau compris entre 14 et 16 mètres, le port disposera d’un avantage naturel majeur dans une région où plusieurs infrastructures portuaires atteignent aujourd’hui leurs limites opérationnelles. Les navires de très grande capacité pourront y accoster directement, réduisant les coûts logistiques et renforçant l’attractivité du territoire pour les investisseurs internationaux. Le montage du projet associe acteurs publics et privés. Le partenariat signé en avril 2026 entre l’État gabonais, Africa Global Logistics et Algest Investment Bank traduit la volonté de construire une chaîne économique complète allant de l’extraction à la commercialisation internationale. L’opérateur AGL est déjà actif dans le pays, où il emploie une main-d’œuvre composée à plus de 80 % de ressortissants gabonais, selon une source au sein du comité de pilotage.

Un pari social et géopolitique

L’enjeu dépasse le seul secteur minier. Les autorités avancent le chiffre de 160 000 emplois directs et indirects ; pour un pays de 2,3 millions d’habitants dont la population active est estimée à environ 800 000 personnes, le complexe pourrait à pleine maturité représenter près de 20 % de la population active nationale. Initié sous la magistrature de Brice Clotaire Oligui Nguema, le projet incarne une doctrine de restauration de la souveraineté économique nationale, alors que Libreville prépare l’épuisement progressif des réserves pétrolières qui portent encore le budget de l’État.

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