vendredi 24 juillet 2026
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Tchad : secteur clé, l’agriculture réhausse la croissance économique à 5,6 % en 2025

L'économie tchadienne a progressé de 5,6 % en 2025, portée par les performances du secteur agricole, selon la note sur la situation économique du Tchad 2025 présentée le 23 juillet 2026 à N'Djaména par la Banque mondiale. (Crédit : DR)

L’économie tchadienne a enregistré une croissance de 5,6 % en 2025, portée par les performances du secteur agricole, selon la note sur la situation économique du Tchad 2025 présentée le 23 juillet 2026 à N’Djaména par la Banque mondiale. Intitulé « Libérer le potentiel des MPME et la création d’emplois », le rapport met en lumière une amélioration des principaux indicateurs macroéconomiques, tout en préconisant une accélération des réformes en faveur du secteur privé.

Le secteur agricole s’est imposé comme le principal moteur de la croissance économique tchadienne en 2025. Lors de la présentation des résultats, Mvogo Jean-Paul, spécialiste principal du secteur privé à la Banque mondiale, a précisé que le déficit budgétaire s’était contracté, revenant de 2,1 % du PIB en 2024 à 1,7 % en 2025, à la faveur d’une progression de 23,7 % des recettes non pétrolières. Cette dynamique s’explique notamment par la facturation électronique, la modernisation de la TVA et le renforcement de l’administration fiscale. Les recettes publiques ont ainsi atteint 17,8 % du PIB, contre 16,1 % en 2024, en dépit du repli des revenus pétroliers, tandis que les dépenses se sont établies à 19,4 % du PIB, sous l’effet de l’augmentation des investissements publics. Le ratio de la dette publique s’inscrit lui aussi en recul, passant de 32,7 % du PIB en 2024 à 30,2 % en 2025. Pour 2026, la Banque mondiale anticipe une croissance de 5,2 %, soutenue par le secteur non pétrolier, en particulier l’agriculture, les services et l’industrie.

Les MPME au cœur des réformes

Le rapport relève toutefois que l’économie tchadienne demeure largement dominée par les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), dont une part considérable évolue dans le secteur informel. Si le climat des affaires s’est amélioré en 2025, Mvogo Jean-Paul juge que des réformes supplémentaires s’avèrent nécessaires pour favoriser la création d’emplois de qualité. Il préconise en particulier d’accélérer les réformes douanières, de faciliter l’accès aux services publics, d’instituer un fonds dédié aux femmes et aux jeunes entrepreneurs, de consolider la justice commerciale, de lever les contraintes foncières, d’améliorer les infrastructures, de poursuivre la digitalisation et de renforcer l’accompagnement des PME. « En 2025, le climat des affaires s’est amélioré, mais le secteur informel a besoin de soutien pour créer des emplois de qualité », a-t-il souligné.

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Le représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, Farouk Mollah Banna, a observé que cette croissance de 5,6 %, soit 2,1 % par habitant, s’est accompagnée d’un recul du taux de pauvreté, ramené de 42,5 % en 2024 à 40,7 % en 2025. « Ces progrès méritent d’être salués. Ils témoignent de la résilience de l’économie tchadienne ainsi que des efforts consentis par les autorités et les organisations dans un environnement de développement exigeant », a-t-il déclaré. Présent à la cérémonie, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Matthieu, a rappelé que les MPME constituent l’ossature du tissu économique national et que le gouvernement entend poursuivre ses efforts en vue de renforcer le dialogue avec le secteur privé, notamment dans la perspective de l’industrialisation.

Des réformes au service de la réduction de la pauvreté

Pour le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, les performances enregistrées en 2025 s’inscrivent dans la dynamique du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui rassemble 268 projets. Il a estimé que cette croissance concourt au recul de la pauvreté et a réaffirmé l’objectif de soustraire trois millions de Tchadiens à la pauvreté d’ici cinq ans, grâce notamment aux réformes engagées en matière de digitalisation et d’amélioration du climat des affaires. « Ce fut une année exceptionnelle, car nous avons lancé le Plan national de développement Tchad Connexion 2030, qui comprend 268 projets. Le taux de croissance de 5,6 % établi par la Banque mondiale a permis de faire reculer la pauvreté. Notre ambition est de soustraire trois millions de Tchadiens à la pauvreté d’ici cinq ans », s’est-il félicité.