lundi 7 septembre 2026
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Economie : les ménages sénégalais sous le poids de la cherté de la vie

Des paniers et des ustensiles de cuisine vides brandis à bout de bras : l'image résume à elle seule la colère des sénégalais. Le samedi 5 septembre 2026, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Dakar. (Crédit : DR).

Le 5 septembre, des Dakarois ont marché contre la flambée des prix, prolongeant la campagne « 30 jours pour le juste prix ». Un ras-le-bol qui monte au moment où le Sénégal scelle un accord avec le FMI assorti d’une réforme des subventions.

Des paniers et des ustensiles de cuisine vides brandis à bout de bras : l’image résume à elle seule la colère des sénégalais. Le samedi 5 septembre 2026, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues de Dakar. Et ce, du quartier des Castors jusqu’au rond-point du Jet d’eau à Grand-Dakar, pour dénoncer la cherté de la vie et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages. La marche, encadrée par l’Agence de presse sénégalaise et relayée par RFI, prolonge une campagne citoyenne lancée en début de mois : « 30 jours pour le juste prix ».

Un mouvement né sur les réseaux sociaux

Porté par un collectif se revendiquant apolitique, composé d’influenceurs et de simples citoyens, le mouvement a d’abord essaimé en ligne. Les organisateurs affirment avoir fédéré plus de 4 000 personnes, invitées à filmer leurs courses ou à photographier produits et services jugés trop chers. Au fil des slogans en wolof scandés dans le cortège « Dund gi dafa seer » (la vie est chère), « Location bi dafa seer » (le loyer est cher), « Woyofal bi dafa seer » (l’électricité prépayée est chère). C »est tout le panier du quotidien qui est visé : alimentation, carburant, électricité, logement, restaurants.

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Les manifestants ont avancé des chiffres concrets. Le kilo de viande coûterait aujourd’hui 30 % plus cher qu’il y a un an, au point que préparer un thiéboudiène, le plat familial de référence, peut désormais revenir à près de 10 000 francs CFA, soit environ 15 euros, pour une famille dakaroise. « Ça fait quatre mois que je ne mange plus de viande, seulement du poisson. La classe moyenne souffre », témoigne l’une des participantes au micro de RFI. Un autre raconte avoir payé son kilo de poisson 3 500 FCFA. Ces témoignages recoupent une tendance de fond : au Sénégal, l’inflation, un temps retombée sous 1 % début 2025, était repartie à la hausse fin 2025, portée par les produits alimentaires, le logement et l’énergie.

Une pression sociale à contretemps de l’agenda budgétaire

Le calendrier donne à cette mobilisation une résonance particulière. Elle intervient quelques jours après l’accord technique conclu le 1er septembre entre Dakar et le Fonds monétaire international Il porte sur une facilité élargie de crédit d’environ 2,2 milliards de dollars (près de 1 243 milliards FCFA) sur trois ans. Or l’un des piliers de ce programme est précisément le ciblage — c’est-à-dire la réduction — des subventions énergétiques, jugées coûteuses et mal orientées. Autrement dit, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye devra concilier l’assainissement des finances publiques exigé par le FMI et une demande sociale d’action immédiate sur les prix. Le collectif, lui, promet de maintenir la pression « jusqu’au jour où les prix vont baisser ». Un bras de fer qui s’annonce durable, sur fond de dette publique record et de marges budgétaires étroites.

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