
L’agence de notation Fitch a rehaussé, vendredi 15 août, la note de crédit en monnaie locale de la République du Congo, portée de CCC à CCC+ . Un geste justifié par l’amélioration des conditions de financement régionales et un profil de remboursement de la dette plus lisse. Et ce, même si le pays demeure en catégorie spéculative.
Fitch a relevé d’un cran la note souveraine à long terme en monnaie locale du Congo-Brazzaville, la faisant passer de CCC à CCC+, tout en confirmant à CCC+ sa note en devises étrangères. L’agence met en avant un net recul des risques de refinancement à court terme et un calendrier de remboursement assaini. Cette décision intervient dans un contexte où Brazzaville, sous la présidence de Denis Sassou Nguesso, s’efforce de consolider la paix et de diversifier une économie encore largement adossée aux hydrocarbures. Le chef de l’État, au pouvoir depuis près de quarante-deux ans, a remporté en mars dernier une élection étroitement contrôlée, avec plus de 94 % des suffrages, prolongeant ainsi son emprise sur le pays.
Une trajectoire de dette orientée à la baisse
Selon Fitch, la note est soutenue par la réduction des risques de refinancement à courte échéance, par des perspectives de croissance en amélioration. Lesquelles sont portées par l’expansion du secteur pétrolier et gazier ainsi que par une dette publique en repli constant et des excédents budgétaires. L’agence anticipe un allègement sensible de l’endettement public, qui devrait tomber à 80,9 % du PIB en 2026, contre 92,1 % à la fin de 2025. Cette baisse serait alimentée par les excédents des finances publiques et par une forte croissance nominale.
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Malgré cette embellie, Fitch a maintenu le Congo dans la zone peu attractive, c’est-à-dire non-investissement. L’agence pointe plusieurs fragilités structurelles. Il s’agit notamment d’une gestion des finances publiques jugée déficiente, une dépendance excessive aux recettes pétrolières et des arriérés de paiement récurrents. Des facteurs qui continuent de peser sur la signature souveraine du pays. La confirmation de la note en devises étrangères à CCC+ traduit cette prudence . Si le risque de défaut immédiat s’éloigne, la solidité budgétaire du Congo reste tributaire de la volatilité des cours du brut et de réformes encore attendues en matière de transparence et de discipline financière.
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