
Du 16 au 18 septembre 2026, Dubaï a accueilli GISEC Global, présenté comme le plus grand rendez-vous de cybersécurité du Moyen-Orient et de l’Afrique. Ouverte par Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, l’édition 2026 a réuni gouvernements et directeurs de la sécurité des systèmes d’information (CISO) de grands groupes mondiaux autour de trois lignes de force : l’intelligence artificielle, la géopolitique et la protection des infrastructures critiques.
Le coup d’envoi de GISEC Global 2026 a été donné par Son Altesse Cheikh Mohammed bin Rashid Al Maktoum, qui a officiellement ouvert la manifestation avant d’en parcourir les allées et de visiter les stands des exposants. Ce geste, au sommet de l’appareil d’État émirien, en dit long sur la place qu’occupe désormais la cybersécurité dans la stratégie de Dubaï et des Émirats arabes unis. Il ne s’agit plus d’un sujet technique cantonné aux salles serveurs, mais une priorité nationale, économique et diplomatique de premier plan. En donnant à l’événement cette caution officielle, les autorités émiriennes confirment leur ambition de faire de Dubaï l’un des carrefours mondiaux de la sécurité numérique, à la croisée de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique.
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Sur la scène principale (Main Stage), les dirigeants du secteur se sont succédé pour décrypter un environnement de la menace en profonde recomposition. Au menu des débats : l’intelligence artificielle, la géopolitique et la transformation rapide du paysage de la cybersécurité. L’essor de l’IA y a été abordé sous son double visage. Il est un levier de défense et de détection, mais aussi une arme entre les mains d’attaquants toujours plus outillés. Couplées aux tensions géopolitiques, ces mutations dessinent un champ de bataille numérique où États, entreprises et opérateurs d’infrastructures doivent sans cesse réinventer leurs lignes de défense. La tonalité des échanges a confirmé un basculement. La cybersécurité n’est plus une fonction support, mais une composante centrale de la souveraineté et de la compétitivité des nations comme des entreprises.
Le « Global Leaders Series » : le débat entre États et multinationales
Temps fort de la première journée, le Global Leaders Series a réuni autour d’une même table le gouvernement des Émirats arabes unis et les responsables de la cybersécurité (CISO) de trois grands groupes internationaux : Visa, Schneider Electric et Under Armour. C’est un dialogue entre puissance publique et champions privés. Lesquels regroupent des secteurs allant du paiement électronique à la gestion de l’énergie en passant par la grande consommation. Ce qui illustre une conviction désormais partagée : face à des menaces sans frontières, la résilience numérique ne peut se construire qu’en coopération, en associant régulateurs, industriels et fournisseurs de services essentiels.
Infrastructures critiques : défense hybride, fossé IT/OT et risque quantique

La scène dédiée aux infrastructures critiques (Critical Infrastructure Stage) a concentré certains des débats les plus techniques et les plus stratégiques de l’édition. Trois enjeux majeurs y ont été passés au crible. D’abord la défense hybride, qui impose de protéger simultanément les systèmes informatiques et les environnements physiques et industriels. Aussi, il a été question du fossé entre l’IT (technologies de l’information) et l’OT (technologies opérationnelles), ces systèmes qui pilotent usines, réseaux d’énergie et chaînes de production, longtemps restés à l’écart des standards de sécurité. Le risque lié à la migration quantique a également été débattu. En effet, l’arrivée annoncée d’ordinateurs quantiques capables de casser les méthodes de chiffrement actuelles oblige déjà organisations et États à préparer la transition vers une cryptographie résistante.
Un carrefour stratégique pour le Moyen-Orient et l’Afrique
Pendant trois jours, GISEC Global 2026 a essayé de confirmer son statut de plus grand rassemblement de cybersécurité du Moyen-Orient et de l’Afrique. Et ce, en réunissant à Dubaï décideurs publics, dirigeants d’entreprise et experts venus mesurer l’ampleur des menaces et esquisser les réponses de demain. Pour le continent africain, dont les économies s’accélèrent dans la numérisation des paiements, des services publics et des infrastructures, les questions débattues à Dubaï, à savoir IA, souveraineté numérique, protection des systèmes critiques, ne relèvent plus de la prospective. Elles dessinent, dès aujourd’hui, les conditions d’une croissance durable et sécurisée. En plaçant l’Afrique et le Moyen-Orient au centre, GISEC Global 2026 rappelle que la confiance numérique est devenue un actif stratégique, au même titre que l’énergie ou les infrastructures de transport.
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