
Dans l’est libyen, un complexe industriel destiné à produire du fer à faible empreinte carbone pour la sidérurgie devrait mobiliser près de 2,5 milliards de dollars d’investissements. La production commerciale est attendue pour le début de l’année 2028.
Le projet est porté par une coentreprise entre le sidérurgiste turc Tosyali et la Libya United Steel Company (SULB), dont le président a détaillé l’ampleur à l’agence Reuters. Implanté dans la zone de Ras Al-Mangar, à l’est de Benghazi, le complexe s’étend sur environ 380 hectares en bordure de la Méditerranée. Il ambitionne de devenir la plus grande installation de fer directement réduit (DRI) au monde, avec une capacité pouvant atteindre 8,1 millions de tonnes par an une fois l’ensemble des
phases achevées.
A lire aussi : Nigéria : La raffinerie Dangote se tourne vers la Libye pour son approvionnement en pétrole
L’usine produira du fer briqueté à chaud (HBI), un produit intermédiaire clé pour l’acier vert particulièrement recherché par les industries engagées dans la transition énergétique. Le procédé retenu, à terme compatible avec l’hydrogène, doit permettre de réduire la consommation d’énergie d’environ 25 % et les émissions de carbone de près de 30 % par rapport aux méthodes de production traditionnelles. De quoi positionner la Libye comme un fournisseur stratégique pour le marché européen, de plus en plus exigeant sur le plan environnemental.
Diversifier une économie dépendante du pétrole
Au-delà des chiffres, ce chantier incarne la volonté de faire basculer une économie de rente, longtemps arrimée à l’exportation d’hydrocarbures, vers une industrie manufacturière à valeur ajoutée. Le projet devrait générer plus de 7 000 emplois directs et une production annuelle supérieure à 7,5 millions de tonnes. Il s’accompagne d’un projet d’académie de formation destinée à
préparer la jeunesse libyenne aux métiers de la sidérurgie.
A lire aussi : Libye : Bientôt la fin des subventions aux carburants
Dans un pays fracturé depuis 2011 et gouverné par des administrations rivales, l’initiative est perçue comme un vote de confiance dans le potentiel économique libyen. Le démarrage de la production commerciale, prévu début 2028, sera scruté comme un test grandeur nature de la capacité du pays à attirer des investissements directs étrangers structurants et à s’insérer dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. À terme, le site prévoit également d’alimenter un complexe sidérurgique intégré et de disposer d’une jetée d’exportation s’avançant sur plusieurs kilomètres en mer.
Tosyali, un acteur de plus en plus présent en Afrique
Le groupe turc, déjà implanté en Algérie, au Sénégal, en Angola et en Espagne, fait de la façade méditerranéenne africaine une géographie d’investissement prioritaire. En misant sur Benghazi, Tosyali entend renforcer sa position de fournisseur mondial de fer briqueté à chaud et arrimer durablement la Libye à son dispositif industriel. Pour Africa Income, ce projet illustre la montée en puissance des partenariats Sud-Sud dans la transformation des matières premières africaines.
A lire aussi : Tribune : l’exception potentiel extractif et géopoplitque du Niger suscite des convoitises














