
Le Togo entend faire du secteur privé le principal moteur de son développement à l’horizon 2040. Le gouvernement togolais a réuni le jeudi 30 juillet à Lomé les organisations patronales, des entreprises et des bailleurs de fonds afin de définir la contribution des acteurs privés à sa stratégie Vision 2040. Ce cadre ambitieux prévoit un doublement du produit intérieur brut (PIB) par habitant et une réduction du taux de pauvreté sous le seuil de 15 %.
Les autorités abordent cette échéance avec un indicateur favorable. Le stock d’investissements directs étrangers présents dans le pays a progressé de 27,3 % en 2025, un bond qui témoigne d’un regain d’attractivité et de la confiance croissante des opérateurs internationaux à l’égard de l’économie togolaise. Pour Lomé, cette dynamique valide le pari d’un modèle de croissance davantage adossé aux capitaux privés qu’au financement public, dont les marges de manœuvre restent contraintes. La rencontre du 30 juillet visait précisément à traduire cet élan en engagements concrets. Il s’agissait de préciser le rôle attendu des entreprises et des organisations patronales dans le financement des chantiers structurants des quinze prochaines années : infrastructures, industrialisation, agriculture, services et transition numérique figurent parmi les secteurs appelés à mobiliser des ressources privées substantielles.
La question des contreparties reste ouverte
Si la volonté politique est affichée, l’équation économique demeure incomplète. L’État togolais n’a pas encore précisé les contreparties qu’il compte offrir aux entreprises pour sécuriser et rentabiliser leurs engagements de long terme. Or, la mobilisation durable de capitaux privés suppose un cadre clair : incitations fiscales, garanties publiques, stabilité réglementaire, mécanismes de partage des risques ou encore facilités d’accès au foncier et au crédit. Ces dispositifs constituent souvent le facteur décisif dans la décision d’investir sur un horizon aussi long. Les bailleurs de fonds, également présents à Lomé, pourraient jouer un rôle de catalyseur en cofinançant certains projets ou en apportant des garanties susceptibles de rassurer les investisseurs privés.
A lire aussi : Chronique : Togo, un potentiel immense, mais…
Vision 2040 engage le Togo sur une trajectoire de quinze ans dont la réussite dépendra de la capacité de l’État à transformer l’intérêt actuel des investisseurs en engagements pérennes. La progression du stock d’IDE offre une base solide, mais elle ne saurait suffire sans un partenariat public-privé structuré et lisible. Le rendez-vous du 30 juillet marque ainsi une première étape. Les prochains mois diront si Lomé parvient à définir les termes d’un contrat de confiance avec le secteur privé, condition sine qua non d’un doublement du PIB par habitant et d’un recul durable de la pauvreté.
A lire aussi : Finance : La Société générale cède ses actifs au Bénin et au Togo














