
Le gouvernement centrafricain a ordonné la fermeture d’une mine d’or artisanale près de la frontière camerounaise, après un effondrement meurtrier survenu le 19 août. Le bilan, encore provisoire, illustre les dangers persistants de l’exploitation informelle sur le continent.
Les autorités de la République centrafricaine ont décidé de suspendre les activités d’une mine d’or artisanale située à Zamboye, dans une zone proche de la frontière camerounaise. Cette décision fait suite à un effondrement survenu le mardi 19 août, qui a coûté la vie à au moins 49 personnes selon les informations relayées le ministre des Mines, Rufin Benam Beltoungou. Le ministre a précisé la nationalité des victimes recensées : 35 Centrafricains, 12 Camerounais et deux Tchadiens. Le bilan pourrait toutefois s’alourdir. Dès le lendemain du drame, un responsable d’une association minière locale avançait un chiffre supérieur à 100 morts. De son côté, un procureur a indiqué que les opérations de secours se poursuivaient et que le décompte des victimes n’était pas encore définitivement arrêté. Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement a annoncé la suspension formelle de toute activité sur le site.
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Ce drame met une nouvelle fois en lumière la fragilité de l’exploitation minière artisanale, pourtant essentielle à l’économie de nombreux pays africains. Sur l’ensemble du continent, cette activité constitue une source d’emplois et de revenus considérable pour des populations souvent privées d’alternatives. Mais son revers est bien connu. Les opérations informelles fonctionnent fréquemment avec un encadrement minimal, des mesures de sécurité insuffisantes et des capacités d’intervention d’urgence quasi inexistantes. Ce déficit de contrôle explique la récurrence des effondrements et des accidents mortels dans ce type de sites, où les mineurs travaillent dans des conditions particulièrement précaires.
Vers une formalisation de l’orpaillage ?
La dimension transfrontalière du drame de Zamboye, avec des victimes de trois nationalités, rappelle que l’exploitation aurifère artisanale s’inscrit dans des dynamiques régionales qui dépassent les seules frontières centrafricaines. Dans ce contexte, plusieurs États cherchent à reprendre la main. Le Cameroun voisin s’est ainsi engagé à formaliser une partie de son secteur minier, avec l’objectif d’améliorer la régulation, de renforcer la sécurité des travailleurs et d’accroître la collecte fiscale. Une orientation qui traduit la prise de conscience croissante des enjeux économiques et humains liés à un secteur longtemps laissé en marge des politiques publiques.















