mercredi 30 septembre 2026
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Mines en RDC : Kinshasa impose l’audit pour imposer ses sous-traitants

Dès 2027, les grandes compagnies minières opérant en République démocratique du Congo seront auditées chaque année sur leur recours aux entreprises congolaises. (Crédit : DR).

Dès 2027, les grandes compagnies minières opérant en République démocratique du Congo seront auditées chaque année sur leur recours aux entreprises congolaises. Il s’agit d’un tour de vis qui accompagne une nouvelle loi sur le contenu local, sur fond de débat entre contrôle, accompagnement et transparence.

Kinshasa change de méthode pour faire respecter sa politique de contenu local. À partir de 2027, les grandes entreprises actives dans le pays devront se soumettre à un audit annuel portant sur l’attribution de leurs contrats de sous-traitance et sur la place réservée aux sociétés à capitaux congolais. L’annonce a été faite à Reuters par Beleshayi Kasanda Ted, directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP). Ce contrôle renforcé coïncide avec l’entrée en application, le 1er janvier 2027, d’une nouvelle loi sur le contenu local. Des textes sectoriels, notamment pour les mines, préciseront les obligations des opérateurs, les sanctions et les conditions de mise en conformité. Les entreprises défaillantes pourraient se voir imposer des plans correctifs étalés sur trois ans.

Le cuivre et le cobalt en première ligne

Premier producteur mondial de cobalt et poids lourd africain du cuivre, la RDC fait des mines le terrain prioritaire de la réforme. Glencore, Ivanhoe Mines, Eurasian Resources Group, CMOC ou Zijin figurent parmi les groupes concernés. L’objectif : orienter davantage de contrats, d’achats et de services vers le tissu entrepreneurial national. Le marché est déjà considérable. En 2025, 167 grandes entreprises ont déclaré à l’ARSP 3,7 milliards de dollars de contrats de sous-traitance, dont près de 3,1 milliards, soit 83 %, attribués à des sociétés majoritairement détenues par des Congolais. Les mines pèsent à elles seules 2,9 milliards de dollars. L’enjeu n’est donc plus seulement le volume, mais la traçabilité : les audits devront permettre de suivre plus régulièrement les conditions d’attribution des contrats et de mesurer la part des dépenses qui profite réellement aux entreprises congolaises.

Accompagner plutôt que sanctionner

Reste la capacité des entreprises locales à suivre. Les majors exigent des standards techniques, financiers, environnementaux et de sécurité élevée. Robert Malumba Kalombo, de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), plaide pour un dispositif misant sur l’accompagnement plutôt que sur la seule logique d’inspection et de sanction. La société civile pointe un autre risque. L’ONG Le Congo n’est pas à vendre (Congo Is Not for Sale) réclame plus de transparence sur les décisions de l’ARSP et la publication des bénéficiaires effectifs des sous-traitants. Son porte-parole, Jean-Claude Mputu, redoute que les nouvelles règles profitent surtout à des sociétés bien introduites politiquement plutôt qu’aux plus compétentes.

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