
Le Gabon espère conclure d’ici la fin de l’année un accord avec le Fonds monétaire international sur un nouveau programme de financement. Mais les résultats de l’audit de sa dette publique, actuellement examinés par l’institution de Washington, pourraient être revus. Une circulaire gouvernementale publiée lundi 19 octobre montre par ailleurs que les arriérés du pays continuent de grimper.
Le Gabon avance prudemment. Dans une circulaire publiée lundi, le gouvernement indique que les conclusions de l’audit de sa dette sont en cours d’examen par le FMI et peuvent encore être modifiées. Lancé en juin, cet exercice devait établir le montant réel de l’endettement public, en particulier celui des arriérés intérieurs. Les premiers résultats, publiés en septembre, faisaient apparaître une dette totale inférieure aux estimations antérieures. Ce travail de transparence est une étape clé. Le Gabon a sollicité un nouveau programme auprès du Fonds en mars, et une image fiable de ses engagements financiers est une condition préalable à tout accord.
Les chiffres publiés dans la circulaire montrent que les impayés progressent. Le total des arriérés atteignait 1 198,8 milliards de FCFA (environ 2,06 milliards de dollars) à fin juin 2026. Il s’élevait à 1 094,6 milliards fin 2025, soit une hausse d’environ 104 milliards en six mois. Les arriérés extérieurs représentent 437,3 milliards de FCFA, soit près de 752 millions de dollars. China Exim Bank en détient la plus grosse part, avec 176,7 milliards, tandis que les créanciers multilatéraux attendent 92,4 milliards. Signal préoccupant : des arriérés envers la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), filiale du Groupe de la Banque mondiale, sont réapparus. Libreville les avait pourtant apurés en mars 2025. Par déduction, les arriérés intérieurs s’élèvent à environ 761,5 milliards de FCFA. Ils pèsent lourdement sur les entreprises locales et les fournisseurs de l’État.
Un accord technique attendu avant fin 2026
Les autorités gabonaises visent un accord au niveau des services du FMI (staff-level agreement) d’ici la fin de l’année. Une mission du Fonds doit se rendre dans le pays à la suite des discussions tenues lors des Assemblées annuelles de Bangkok, mais aucun calendrier n’a été communiqué. Le gouvernement reste lui-même prudent. La circulaire précise qu’il n’existe aucune garantie qu’un programme appuyé par le FMI soit conclu dans les délais visés. Le dernier programme du Gabon avec le Fonds, une Facilité élargie de crédit (FEC), avait expiré en juillet 2024 après seulement deux revues. Ce bilan mitigé rappelle les difficultés du pays à tenir ses engagements budgétaires. Pour Libreville, l’enjeu est donc double. Il s’agit de convaincre le FMI de la fiabilité de ses comptes et d’enrayer la dérive des arriérés, faute de quoi le retour à un programme pourrait encore être repoussé.
A lire aussi : Riyad 2030 : le Gabon dégaine le premier et mise sur ses forêts















