
Première femme à diriger un gouvernement au Maroc, Fatima Ezzahra El Mansouri a présenté lundi 19 octobre devant le Parlement les grandes lignes de son programme 2026-2031. Elle promet une croissance moyenne de 5 % par an, un déficit contenu sous 3 % du PIB et une offensive contre la corruption, alors que la jeunesse attend des résultats rapides.
Le nouvel exécutif marocain fixe ses objectifs. Entre 2027 et 2031, l’économie du Royaume devrait progresser en moyenne de 5 % par an, contre une croissance attendue de 4,7 % en 2026. Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée à la tête du gouvernement après la victoire de son parti, arrivé en tête des législatives du 23 septembre. Elle a fait de cet objectif l’un des piliers de la feuille de route exposée aux députés. Cette accélération ne doit pas se faire au prix d’un relâchement budgétaire. Le gouvernement s’engage à maintenir le déficit public sous 3 % du PIB et à ramener la dette publique autour de 62 % du PIB d’ici 2031. L’inflation devra être stabilisée autour de 2 %. Selon la cheffe du gouvernement, ce niveau est nécessaire pour préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Fiscalité, aides sociales et investissement privé
Pour financer ses ambitions, l’équipe d’El Mansouri mise sur un élargissement de l’assiette fiscale et une refonte de l’impôt sur le revenu. Sur le plan social, elle promet de renforcer les aides directes versées aux foyers les plus modestes et de faire baisser les prix alimentaires, un sujet sensible pour une large partie de la population. Le programme donne aussi un rôle central au secteur privé. L’objectif est de porter sa part à deux tiers de l’investissement total, ce qui suppose un climat des affaires plus attractif. Le gouvernement veut également rendre les entreprises publiques plus efficaces. La moralisation de la vie publique est le principal volet politique du programme. L’exécutif prévoit de criminaliser l’enrichissement illicite et les conflits d’intérêts. Pour la cheffe du gouvernement, les institutions ne regagneront la confiance des citoyens que par une lutte effective contre ces pratiques.
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Le nouveau gouvernement hérite d’un contexte social tendu. Les frustrations des jeunes sur l’emploi, l’éducation et la santé ont alimenté la mobilisation de la « Gen Z » l’an dernier, puis la crise migratoire de Ceuta en juillet. Fatima Ezzahra El Mansouri place donc parmi ses priorités l’emploi des jeunes et l’entrepreneuriat, une meilleure formation professionnelle et des services d’éducation et de santé renforcés. Il lui reste à transformer ces engagements en résultats concrets. C’est sur ce terrain, plus que sur les agrégats macroéconomiques, que la première femme cheffe de gouvernement de l’histoire du Maroc sera jugée.
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