mardi 27 octobre 2026
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Sénégal : le Pastef s’oppose au budget rectificatif 2026

Le Pastef, qui détient une large majorité au Parlement sénégalais, a annoncé samedi 25 octobre son opposition au budget rectificatif présenté par le gouvernement. Dans un communiqué, la formation dirigée par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko énumère trois griefs. (Crédit : DR)

Le parti majoritaire à l’Assemblée nationale du Sénégal (Pastef) a annoncé qu’il ne voterait pas la loi de finances rectificative 2026 du gouvernement. Ce refus intervient alors que le pays mise sur un programme de 2,2 milliards de dollars avec le FMI pour mener la restructuration de sa dette.

Le Pastef, qui détient une large majorité au Parlement sénégalais, a annoncé samedi 25 octobre son opposition au budget rectificatif présenté par le gouvernement. Dans un communiqué, la formation dirigée par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko énumère trois griefs. Il s’agit des désaccords sur certains arbitrages budgétaires, sur les modes de financement retenus, et des garanties jugées insuffisantes pour les députés. Le parti se dit néanmoins disposé à dialoguer avec l’exécutif pour aboutir à un nouveau texte.

Le programme du FMI suspendu au vote

L’enjeu dépasse le cadre parlementaire. Début septembre, Dakar a conclu un accord au niveau des services avec le Fonds monétaire international. Il porte sur une Facilité élargie de crédit de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, destinée à appuyer son programme de réformes. Sans l’adoption du budget rectificatif, ce programme risque d’être retardé. Or il constitue le pilier de toute la stratégie de restructuration de la dette du pays. Le Sénégal fait face à un endettement qui atteignait 132 % du PIB fin 2024, selon le FMI. Ce niveau a été révélé après que les nouvelles autorités ont mis au jour plusieurs milliards de dollars d’emprunts mal déclarés sous l’administration précédente. Le refus du Pastef renforce donc les doutes sur le calendrier de la restructuration.

Un cadrage budgétaire nettement dégradé

Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, devait s’exprimer dimanche lors d’une conférence de presse pour défendre le texte. Selon lui, ce budget vise à mettre en œuvre un cadre révisé destiné à améliorer les conditions de vie des Sénégalais. Les chiffres du projet traduisent pourtant une forte détérioration des perspectives. La prévision de croissance réelle est ramenée à 2,7 %, contre environ 5 % dans la loi de finances initiale, soit presque une division par deux. Le déficit s’est creusé à 7,6 % du PIB, contre 5,4 % prévu, soit un dérapage de plus de deux points. les subventions énergétiques, principale cause de ce dérapage, elles sont plus que triplées et passent de 250 milliards à 790,3 milliards de francs CFA, soit environ 1,36 milliard de dollars. Pour le Sénégal, l’équation est délicate. Le gouvernement doit convaincre sa propre majorité sans compromettre la crédibilité budgétaire attendue par le FMI et les créanciers. La suite dépendra de la capacité de l’exécutif et du Pastef à s’entendre sur une version révisée du texte.