
L’agence de notation relève à « positive » sa perspective pour la région Afrique subsaharienne, portée par les réformes, des cours des matières premières favorables et un accès plus facile aux financements. Le Sénégal figure pourtant parmi les quatre pays sous perspective négative.
Moody’s a relevé mercredi 7 octobre sa perspective pour les pays d’Afrique subsaharienne, rapporte Reuters. L’agence estime que les réformes engagées ont permis à la région de mieux résister aux pressions inflationnistes, tandis que la vigueur des prix des matières premières et un accès facilité aux marchés de capitaux ont consolidé les finances publiques. Elle table sur une croissance de 4,3 % en 2026 comme en 2027, en moyenne pondérée. Les besoins de financement annuels des États, destinés à couvrir les déficits et à rembourser la dette arrivant à échéance, devraient reculer à 11,2 % du PIB en 2027, contre un pic de 12,3 % en 2025. La dette publique totale se stabiliserait à 56,6 % du PIB en 2027, après 62,4 % en 2025. La Zambie et l’Éthiopie, toutes deux passées par une restructuration, enregistreraient les plus fortes baisses d’endettement. À l’inverse, le Botswana, pénalisé par la faiblesse de la demande de diamants, et le Gabon, qui peine à maîtriser ses dépenses, connaîtraient les hausses les plus marquées.
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Le tableau reste contrasté. Moody’s souligne que le lourd fardeau du service de la dette, la faiblesse des recettes publiques, les risques climatiques et les menaces sécuritaires régionales demeurent des points de fragilité majeurs. Le Kenya et la Zambie consacreront chacun environ 35 % de leurs recettes au seul paiement des intérêts en 2027, la proportion la plus élevée de la région.
Huit pays à la hausse, quatre sous surveillance
Sur les 25 pays notés par l’agence dans la région, seuls deux, le Botswana et Maurice, appartiennent à la catégorie investissement, celle des emprunteurs jugés peu risqués. Huit bénéficient d’une perspective positive : l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Angola, le Nigeria, le Togo, le Ghana, la République du Congo et la Zambie. Treize sont en perspective stable et quatre en négative : Maurice, le Gabon, le Mali et le Sénégal. Trois de ces quatre pays sont francophones.
Le Sénégal et le Mali sous pression
Pour le Sénégal, cette perspective négative s’inscrit dans le prolongement de la révision à la hausse de sa dette publique, après l’audit de la Cour des comptes qui a mis au jour un endettement largement sous-déclaré par le passé et entraîné la suspension du programme avec le FMI. Au Mali, les tensions sécuritaires et l’isolement financier du pays continuent de peser sur ses perspectives. Le Gabon, lui, doit composer avec des dépenses difficiles à contenir. L’agence prévient que plusieurs chocs pourraient assombrir ce scénario : une flambée prolongée de l’inflation, des événements météorologiques extrêmes ou un retrait brutal des investisseurs des marchés obligataires africains.
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