lundi 2 novembre 2026
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Africa Energy Bank : l’Afrique se dote enfin de sa banque des hydrocarbures

L'African Export-Import Bank (Afreximbank) et l'Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont formellement créé l'Africa Energy Bank (AEB), a annoncé Afreximbank samedi 31 octobre.

Annoncée depuis plusieurs années, la Banque africaine de l’énergie a officiellement vu le jour à Abuja. Dotée de 5 milliards de dollars, elle entend combler le vide laissé par les bailleurs occidentaux qui tournent le dos au pétrole et au gaz.

L’African Export-Import Bank (Afreximbank) et l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO) ont formellement créé l’Africa Energy Bank (AEB), a annoncé Afreximbank samedi 31 octobre. L’assemblée générale constitutive, réunie dans la capitale nigériane, a installé le premier conseil d’administration, qui associe des profils issus du secteur public, du privé et de grandes institutions africaines. Pour présider l’institution, les actionnaires ont choisi l’Égyptien Helmy Ghazi. Ce banquier chevronné, fort de plus de vingt-cinq ans de carrière, occupait jusqu’ici les fonctions de directeur général adjoint et de responsable de la banque de financement et d’investissement de HSBC Égypte. Avec un capital autorisé de 5 milliards dollars, l’AEB se veut une institution financière panafricaine, indépendante et supranationale. Sa raison d’être est de prendre le relais des banques et bailleurs internationaux qui, sous la pression climatique, se désengagent progressivement des énergies fossiles. Or le pétrole et le gaz demeurent au cœur des systèmes énergétiques du continent, rappellent ses promoteurs, qui chiffrent à 200 milliards de dollars les besoins d’investissement de l’Afrique dans le secteur. La nouvelle banque interviendra sur l’ensemble de la chaîne de valeur : exploration et production, raffinage, distribution. Ses fondateurs mettent aussi en avant la production et le transport d’électricité, jugés indispensables à l’industrialisation, ainsi qu’une transition énergétique « juste », adaptée au rythme des pays africains.

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Le projet revient de loin. Porté par l’APPO, qui regroupe 18 pays producteurs, et cofinancé par Afreximbank, il a connu plusieurs reports : en février 2025, son lancement était encore annoncé pour le milieu de cette année-là. L’Afrique du Sud avait alors manifesté son intérêt pour y prendre part, sans être membre de l’APPO. À terme, l’AEB vise un total de bilan de 120 milliards de dollars. Le symbole est fort. Pour la première fois, les pays producteurs du continent disposent d’un outil financier conçu par eux, capable de prendre des risques que les grandes banques internationales ne veulent plus assumer. Plusieurs projets amont, gaziers notamment, attendent depuis des années un bouclage financier que les institutions de développement occidentales refusent désormais d’accorder au nom de leurs engagements climatiques. Mobiliser États, compagnies pétrolières nationales et investisseurs privés, dans un contexte de taux élevés et de marchés pétroliers secoués par les tensions géopolitiques, sera le premier test de crédibilité pour Helmy Ghazi et son équipe.

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