
Moins de trois semaines après son entrée à la Bourse de Londres, la filiale de paiement mobile d’Airtel Africa publie des comptes solides.C’est 830 millions de dollars de chiffre d’affaires sur six mois et un bénéfice net de 228 millions. Le titre reste toutefois sous son prix d’introduction.
Airtel Money a publié lundi 26 octobre ses premiers résultats depuis sa cotation. D’avril à fin septembre 2026, le spécialiste africain de l’argent mobile a réalisé un chiffre d’affaires de 830 millions de dollars. C’est une hausse de 25,1 % sur un an à taux de change constants, un indicateur clé pour un groupe exposé à la volatilité des monnaies du continent. Le bénéfice après impôts atteint 228 millions de dollars, contre 188 millions un an plus tôt, soit une progression d’environ 21 %. Selon l’entreprise, cette amélioration s’explique avant tout par la croissance soutenue des revenus. La société versera un dividende intérimaire de 6,4 cents par action et confirme ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice.
Une clientèle qui s’élargit et utilise davantage le service
Le nombre d’utilisateurs a augmenté de 18,7 %, à 56,7 millions. Le taux de pénétration du mobile money parmi les abonnés télécoms d’Airtel Africa atteint ainsi 42,9 %, en hausse de 3,2 points. La marge de progression reste donc importante : plus de la moitié de la clientèle mobile du groupe n’a pas encore adopté le portefeuille électronique. Les clients existants l’utilisent aussi plus intensément. Le revenu moyen par utilisateur progresse de 5,1 % à change constant. Surtout, la valeur des transactions par client grimpe de 14,9 %, à 397 dollars par mois. Le mobile money s’installe ainsi un peu plus dans la vie financière quotidienne des ménages et des petites entreprises.
Un parcours boursier encore hésitant
Pour le directeur général, Ian Basil Ferrao, le succès de l’introduction en Bourse, sursouscrite, témoigne de la confiance des investisseurs dans le modèle et la stratégie de l’entreprise. Le marché reste pourtant prudent. Introduite le 9 octobre au prix de 196 pence, l’action a terminé la séance de vendredi à 179 pence, soit un recul d’environ 8,7 %. Ces premiers chiffres devraient rassurer sur la solidité de la trajectoire. Il faudra cependant plusieurs trimestres de régularité pour que la valorisation suive. Au-delà du cas Airtel Money, cette cotation fait figure de test. Elle montre l’appétit des marchés internationaux pour les fintech africaines, dans un secteur où l’argent mobile s’impose comme l’une des principales portes d’accès aux services financiers sur le continent.
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