
Depuis Bangkok, Kristalina Georgieva s’est dite optimiste sur la renégociation de la dette sénégalaise. Pour la directrice générale du FMI, le pays doit démontrer que le mécanisme de restructuration du G20, longtemps critiqué pour sa lenteur, peut désormais produire des résultats rapides.
Lors d’un point de presse en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, Kristalina Georgieva a confirmé que le Fonds soutiendrait le Sénégal à travers un programme de 2,2 milliards de dollars, négocié au niveau des services. Elle a toutefois précisé que le traitement de la dette relève d’une discussion entre Dakar et ses créanciers. L’accord technique a été conclu le 1er septembre. Il porte sur un programme de 36 mois au titre de la Facilité élargie de crédit, dont l’entrée en vigueur reste suspendue à l’approbation des instances du Fonds. Le pays ouest-africain s’est fixé novembre 2026 comme objectif pour obtenir le feu vert du Conseil d’administration.
Un cas d’école pour le G20
Pour la patronne du FMI, le dossier sénégalais dépasse le seul cadre national. Les créanciers qu’elle a consultés considèrent tous le Sénégal comme le premier test de la nouvelle méthode adoptée au sein de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine. L’objectif est de prouver que le Cadre commun du G20, réformé et renforcé, peut aboutir vite. « Le Sénégal le mérite », a-t-elle conclu.
L’héritage de la dette cachée
Le pays traîne un lourd passif. En 2024, la mise au jour d’engagements financiers non déclarés a poussé le FMI à geler un programme de 1,8 milliard de dollars. Après réévaluation des comptes, la dette publique a été portée à près de 130 % du PIB. Le 1er septembre, le Sénégal a lancé un plan de traitement ciblant exclusivement sa dette extérieure, avec le soutien du FMI pour recourir au Cadre commun.
Des créanciers déjà mobilisés
Le 6 octobre, sous les bons offices du FMI, les autorités ont présenté aux créanciers extérieurs leur stratégie, leur calendrier et les prochaines étapes. La dette commerciale atteint 5 440 milliards de FCFA, et la dette bilatérale 4 369 milliards. La pression financière reste forte. Pour 2026, les besoins de financement de l’État sont estimés à 6 075,2 milliards de FCFA, dont 5 497,9 milliards au titre du service de la dette. Dakar a d’ailleurs lancé un deuxième appel public à l’épargne de 200 milliards de FCFA sur le marché régional.
Des réformes attendues
Le programme vise à restaurer la stabilité macroéconomique, à mieux mobiliser les recettes intérieures et à assainir la gestion des finances publiques. Ce type d’accord s’accompagne souvent d’une baisse des subventions énergétiques, d’un élargissement de l’assiette fiscale et de la suppression de certaines exonérations. Les ménages sénégalais pourraient donc en ressentir les effets.
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