
Quarante-huit heures après la révision annuelle de son indice phare, la Bourse de Casablanca fait machine arrière. Les anciennes pondérations sont rétablies et une refonte des règles de gestion du MASI est engagée, avec un mois pour aboutir.
Rétropédalage spectaculaire sur la place casablancaise. Réuni le 30 octobre, le Comité scientifique des indices a décidé de rétablir, à titre transitoire, les facteurs de flottant et de plafonnement en vigueur avant la révision annuelle du 29 octobre. Ces paramètres déterminent le poids de chaque valeur dans le MASI. Dans un communiqué publié le 31 octobre, l’institution invoque un « souci de stabilité et de prévisibilité ». À l’origine de ce revirement, les remous provoqués par la révision. Selon Le Matin, le facteur de flottant retenu pour Managem avait été abaissé de 15 % à 10 %, ramenant le poids du groupe minier dans l’indice d’environ 10,55 % à 6,86 %. Les gestionnaires qui répliquent le MASI se sont retrouvés en surpondération et ont dû alléger leurs positions, pesant sur le cours. La cotation du titre a ensuite été suspendue dans l’attente d’informations importantes. Le Comité précise toutefois que le retour aux anciennes pondérations ne préjuge pas d’une reprise de cotation de Managem.
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Au-delà de l’urgence, la Bourse ouvre un chantier de fond. Le Comité veut adapter les règles de gestion de l’indice au développement du marché, à l’arrivée de nouveaux émetteurs et investisseurs, et répondre aux demandes des professionnels. La refonte portera notamment sur les conditions d’inclusion des nouvelles valeurs, la méthode de calcul du flottant, la mise à jour des facteurs de flottant et de plafonnement, le traitement des situations exceptionnelles et les délais de publication des révisions avant leur entrée en vigueur. Ce dernier point n’est pas anodin : l’intégration de SGTM dans le MASI dès son premier jour de cotation avait déjà soulevé des interrogations sur la réplicabilité de l’indice par les gestionnaires de fonds.
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L’épisode intervient alors que la place casablancaise vit une période faste, portée par une vague d’introductions en Bourse et un regain d’intérêt des investisseurs institutionnels. Mais il révèle aussi la fragilité d’un marché étroit, où quelques capitalisations pèsent lourd dans l’indice et où un simple ajustement technique peut provoquer des mouvements rapides sur une valeur. Les travaux, conduits au sein du Comité des indices, doivent être bouclés d’ici un mois. Les nouvelles règles seront rendues publiques avant leur application, afin de laisser aux acteurs le temps de s’y préparer. Pour une place qui ambitionne d’attirer davantage d’introductions en Bourse et d’investisseurs étrangers, l’enjeu est clair est de restaurer la lisibilité de son baromètre de référence.
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