
Le groupe français a revu à la hausse son objectif de rentabilité pour 2026. Il sort d’un troisième trimestre où sa zone Afrique et Moyen-Orient a signé une croissance à deux chiffres. Le continent s’affirme comme le principal relais de croissance d’un opérateur dont le marché domestique stagne.
Orange a relevé ce mardi 27 octobre son objectif de croissance de l’EBITDAaL pour 2026. L’opérateur vise désormais une hausse supérieure à 4,5 %, contre plus de 4 % jusqu’ici. Cette révision repose largement sur la performance de ses filiales hors de France, au premier rang desquelles celles d’Afrique et du Moyen-Orient. Au troisième trimestre, le chiffre d’affaires de la zone a bondi de 14,2 %, la plus forte progression du groupe. La Pologne suit avec +7,9 %. Orange España, l’ex-MasOrange rebaptisée le mois dernier, a enregistré une hausse de 3,5 %, à 1,91 milliard d’euros, pour son premier trimestre de consolidation intégrale.
L’Afrique au cœur de l’équation financière
À l’échelle du groupe, les revenus ont progressé de 3,6 % en base comparable, à 12,19 milliards d’euros. L’EBITDAaL trimestriel, indicateur de rentabilité de référence chez les opérateurs, a atteint 4,14 milliards d’euros (+4,6 %). C’est au-dessus du consensus de 4,10 milliards. Le flux de trésorerie opérationnel a progressé de 8,8 % sur neuf mois. Ces chiffres confirment un déséquilibre devenu structurel. La France peine à croître, et c’est à l’international qu’Orange puise les ressources pour rémunérer ses actionnaires et financer le rachat envisagé de SFR. Cette dynamique africaine s’appuie historiquement sur l’essor de la data mobile et des services financiers numériques, comme Orange Money. Pour le groupe, l’Afrique n’est plus seulement un marché d’avenir : elle est devenue un pilier de sa stratégie financière.
Le satellite, complément plutôt que concurrent
Face aux analystes, la directrice générale Christel Heydemann a défendu la place du satellite dans la stratégie du groupe. Selon elle, la connectivité satellitaire ne menace pas les réseaux terrestres mais les complète, en élargissant la couverture et en générant des revenus additionnels. Ce discours intervient quelques jours après l’annonce d’une initiative commune d’Orange, Deutsche Telekom, Telefónica et Vodafone. Les quatre opérateurs étudient une candidature conjointe pour les futures fréquences dédiées aux services mobiles par satellite en Europe. En Afrique, de vastes zones rurales restent mal desservies. L’articulation entre réseaux terrestres et satellite pourrait donc peser sur les stratégies de couverture des prochaines années. Enfin, Orange Cyberdefense poursuit son essor. La branche cybersécurité a généré 1 milliard d’euros de revenus sur neuf mois, en hausse de 12,2 %, grâce à la commercialisation de sa plateforme de détection des menaces dans neuf pays européens.













