lundi 19 octobre 2026
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Transformation des minerais : l’Afrique bute sur le mur de l’énergie

Devenue le premier producteur et exportateur mondial de bauxite devant l’Australie, la Guinée incarne cette ambition. (Crédit : DR)

Restrictions à l’exportation, incitations fiscales, accès conditionné aux gisements : les gouvernements du continent multiplient les leviers pour capter davantage de valeur de leurs ressources. Réunis à l’African Mining Week du Cap, responsables publics et financiers ont pointé un même goulot d’étranglement : l’énergie.

Devenue le premier producteur et exportateur mondial de bauxite devant l’Australie, la Guinée incarne cette ambition. Selon Daouda Diakité, conseiller principal du ministre des Mines, cité par Reuters, trois raffineries d’alumine sont en construction. L’objectif est d’atteindre cinq unités d’ici 2030, pour une capacité de 7 à 8 millions de tonnes par an, avant de passer aux fonderies d’aluminium. Dans le fer, le pays accélère aussi les usines de boulettage, en attendant la sidérurgie. Plutôt qu’une interdiction d’exporter à l’indonésienne, Conakry privilégie un plafonnement des volumes, encore non appliqué, et oriente les acheteurs de minerai vers la transformation ou le rail, en échange de droits miniers et d’exonérations fiscales.

Un déficit de plusieurs milliers de mégawatts

Le pays ne produit qu’environ 1 000 MW, surtout d’origine hydraulique. Exportateur vers le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau en saison des pluies, il doit importer de Côte d’Ivoire ou du Sénégal en saison sèche. Son industrialisation exigerait pourtant entre 5 000 et 10 000 MW. Les autorités se disent ouvertes à toutes les options viables, gaz, charbon et nucléaire compris, et suggèrent que les minéraliers arrivant à vide chargent du charbon sud-africain ou mozambicain. L’Afrique du Sud illustre le risque. Avec un coût de l’électricité multiplié par dix environ depuis 2008, moins d’une douzaine de ses 66 fonderies de ferrochrome fonctionnent encore. Le pays détient plus de 70 % des réserves mondiales connues de chrome, mais c’est la Chine, forte d’une énergie bon marché, qui domine la production. Au Mozambique, South32 a mis sa fonderie d’aluminium en sommeil cette année après une sécheresse qui a perturbé l’approvisionnement électrique.

Les financeurs posent leurs conditions

La DFC américaine et Africa Finance Corporation (AFC) soutiennent déjà des projets de transformation et comptent accélérer. Mais pour Mohamed Zada, vice-ministre égyptien des Industries stratégiques, quatre piliers doivent avancer ensemble : matière première, énergie, stabilité réglementaire et acheteurs engagés. Franklin Edochie, responsable des mines à l’AFC, y ajoute l’accès au capital, ces projets se chiffrant en milliards de dollars.

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