Depuis le 2 novembre, les utilisateurs de monnaie électronique de l’Union monétaire ouest-africaine peuvent détenir jusqu’à 4 millions de FCFA sur un même compte et s’envoyer gratuitement jusqu’à 8 000 FCFA par jour. Une réforme en deux volets qui rebat les cartes d’un marché de près de 250 millions de comptes.
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a fait entrer en vigueur, lundi 2 novembre, deux mesures très attendues par les opérateurs comme par les usagers du mobile money dans les huit pays de l’Union. La première découle de l’instruction n° 020 du 8 octobre 2026, qui modifie le cadre de 2015 applicable aux émetteurs de monnaie électronique. La seconde résulte d’un communiqué du 2 octobre révisant la grille tarifaire de PI-SPI, la plateforme d’interopérabilité des paiements instantanés lancée il y a environ un an. En effet, les seuils sont nettement relevés. Le solde maximal détenu auprès d’un même émetteur passe de 2 à 4 millions de FCFA, et le cumul mensuel des rechargements de 10 à 15 millions. Au-delà, une autorisation préalable de la banque centrale reste requise. Les distributeurs et accepteurs professionnels échappent à ces plafonds. En contrepartie, l’institut d’émission resserre les règles de liquidité. Au moins 65 % des actifs adossés à la monnaie électronique en circulation devront être placés en dépôts à vue, afin que les clients puissent retirer leurs fonds à tout moment, même avec des encours plus élevés.
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Aussi, les transferts de personne à personne réalisés dans un même pays sont désormais gratuits jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour, par utilisateur et par établissement, sans limite du nombre d’opérations. Au-delà, les frais sont plafonnés à 0,8 % du montant hors taxes, et la réception reste gratuite. Les transferts interopérables doivent passer par PI-SPI, et ces règles s’étendront aux envois entre pays de l’Union à partir du 1er juin 2027. Les retraits d’espèces auprès des agents ne sont en revanche pas encadrés et leurs tarifs restent libres. L’enjeu est considérable. Selon le dernier rapport de la BCEAO sur les services financiers numériques, la zone comptait 248 millions de comptes de monnaie électronique en 2024, contre 209 millions un an plus tôt, dont près de 77 millions actifs. Ces comptes ont traité quelque 11 milliards de transactions, pour une valeur d’environ 160 415 milliards de FCFA. Les établissements de monnaie électronique concentrent encore plus de 80 % des volumes, mais la part des banques progresse, passée de 13,3 % à 18,2 % en un an.
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Pour le secteur, la réforme pourrait creuser l’écart entre les poids lourds, adossés à de vastes réseaux d’agents et à de solides partenariats bancaires, et les petits opérateurs, pour qui l’exigence de liquidité représente un coût. Au Bénin, MTN Mobile Money a déjà commencé à informer ses clients. Au Sénégal, les barèmes appliqués au-delà du seuil gratuit restent à préciser. Reste à savoir si la gratuité des petits montants suffira à détourner davantage d’usagers du cash.
















