jeudi 8 octobre 2026
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Mines congolaises : la fin du tout-diesel ?

Une ligne de transport de 200 km sera construite entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, en RDC. Elle permettra d'importer jusqu'à 550 MW dans une région minière dont le déficit dépasse 1 GW. (Crédit : DR).

Trafigura et Gridworks portent un projet d’interconnexion électrique de 300 millions de dollars entre la Zambie et la RDC. Objectif : alimenter les mines du Katanga en électricité importée et réduire leur coûteuse dépendance au diesel.

La République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur de cuivre, et la Zambie voisine, deuxième producteur de cuivre du continent, souffrent de pénuries d’électricité chroniques. Ces déficits freinent l’expansion des mines, la transformation des minerais et l’arrivée de nouveaux investissements. Faute de réseau fiable, de nombreux opérateurs tournent au diesel, une solution particulièrement onéreuse. Selon Hervé Otschudi, directeur de Trafigura pour la RDC, interrogé par Reuters, des études sectorielles estiment que les miniers du Copperbelt pourraient économiser environ un milliard de dollars par an en remplaçant leurs groupes électrogènes par de l’électricité importée.

Une ligne de 200 km vers le pool énergétique austral

Baptisé Kalumbila-Kolwezi Interconnector Project (KKIP), le projet reliera le Copperbelt congolais au Southern African Power Pool (SAPP), le marché régional qui interconnecte les réseaux nationaux d’Afrique australe et permet les échanges transfrontaliers d’électricité. Une ligne de transport de 200 km sera construite entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, en RDC. Elle permettra d’importer jusqu’à 550 MW dans une région minière dont le déficit dépasse 1 GW. La capacité thermique totale devrait atteindre 700 MW, avec un potentiel d’extension au-delà de 1 GW.

Un tour de table anglo-congolais et singapourien

Gridworks Development Partners, investisseur adossé au Royaume-Uni, sera chef de file et actionnaire majoritaire, aux côtés du fonds d’investissement public congolais FIS-RDC, du négociant congolais d’électricité EnPower et du groupe singapourien Trafigura. Les partenaires affirment avoir obtenu les concessions, licences et autorisations nécessaires. Le projet est entré dans sa phase finale de développement, mais aucune date de mise en service n’a été communiquée. L’électricité sera accessible à toutes les sociétés minières de la région, assure Trafigura.

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Pour Hervé Otschudi, sans courant fiable, il est impossible d’accroître significativement la production, le raffinage ou la transformation locale du cuivre et du cobalt. Il juge l’économie du projet convaincante, car elle aligne les intérêts des États, des miniers et des producteurs d’énergie. L’interconnexion complète les investissements du négociant dans le corridor de Lobito et dans la logistique au Katanga. « C’est comme boucler la boucle avec l’électricité », résume-t-il.

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