
L’administration Trump va accorder un prêt de près de 100 millions de dollars à Africell, seul opérateur télécom à capitaux américains présent sur le continent. Un soutien financier qui s’inscrit dans la bataille d’influence que se livrent Washington et Pékin pour le contrôle des infrastructures numériques africaines.
Selon un communiqué officiel et une source proche du dossier, l’administration américaine débloquera un financement de près de 100 millions de dollars au bénéfice d’Africell. L’objectif affiché est clair : freiner l’expansion du géant chinois Huawei sur le marché africain des télécommunications, où les équipementiers chinois se sont imposés comme des fournisseurs incontournables des réseaux mobiles et haut débit. Africell occupe une position singulière : il s’agit du seul opérateur télécom détenu par des intérêts américains actif sur le continent. En le soutenant, Washington cherche à disposer d’un point d’ancrage industriel face à une présence chinoise devenue dominante dans les infrastructures numériques de nombreux pays africains.
Une bataille d’influence qui dépasse les télécoms
Ce financement illustre une rivalité géostratégique plus large entre les deux puissances sur le continent. Les infrastructures télécoms – réseaux mobiles, câbles, centres de données – sont devenues un enjeu de souveraineté et de sécurité, autant que de développement économique. Le contrôle de ces tuyaux numériques conditionne l’accès aux données, la cybersécurité et, à terme, l’autonomie technologique des États africains. Pour Washington, appuyer un acteur américain revient à proposer aux gouvernements africains une alternative aux offres chinoises, souvent adossées à des financements avantageux. Pour les pays hôtes, la multiplication des prétendants peut se traduire par un meilleur rapport de force dans la négociation des contrats d’équipement et de déploiement.
Un signal politique fort
Au-delà du montant, relativement modeste à l’échelle des investissements requis pour bâtir des réseaux nationaux, ce prêt envoie un signal politique : les États-Unis entendent réinvestir le terrain africain des télécoms, longtemps délaissé au profit d’autres priorités. Reste à savoir si cet engagement s’inscrira dans la durée et s’accompagnera de financements à la hauteur des ambitions chinoises, dont les volumes engagés sur le continent se comptent en milliards.
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