lundi 7 septembre 2026
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Cuivre : la RDC détrône le Canada et le Pérou sur le marché américain

Le basculement s'est opéré en 2025. Les importations américaines de cuivre raffiné avaient alors grimpé de 81 % sur un an pour atteindre 1,63 million de tonnes, dont 187 000 tonnes en provenance de RDC. (Crédit : DR).

Portées par un record d’importations en juillet 2026, les livraisons de cuivre congolais ont propulsé la République démocratique du Congo (RDC) au deuxième rang des fournisseurs des États-Unis. Une percée qui traduit la volonté de Kinshasa de desserrer l’étau chinois.

Le chiffre a de quoi surprendre. En juillet 2026, les États-Unis ont importé 225 094 tonnes de cuivre raffiné et d’alliages. C’est un niveau mensuel inédit, selon les données du département américain du Commerce publiées le 3 septembre et rapportées par Reuters. Un bond de 78 % par rapport à juin, et de 8 % sur un an, largement alimenté par les anticipations tarifaires des industriels américains. Mais derrière ce record se dessine une recomposition plus profonde des flux mondiaux du métal rouge. Car dans cette redistribution, la RDC s’est adjugé la deuxième place parmi les fournisseurs des États-Unis, avec près d’un quart des volumes acheminés ce mois-là. Elle se hisse ainsi juste derrière le Chili, qui conserve son leadership avec environ 46 % des cargaisons, mais devance désormais des partenaires historiques de Washington comme le Canada et le Pérou.

Une dynamique amorcée dès 2025

Cette poussée n’est pas un accident statistique. Jusqu’en 2024, la RDC ne figurait même pas parmi les principales sources d’approvisionnement américaines, dominées par le Chili, le Canada, le Pérou et le Mexique. Le pays obtient ainsi de quoi lui offrir un deuxième rang, loin derrière le Chili et ses 876 000 tonnes, mais devant le Canada. Les données du premier semestre 2026 confirment cette trajectoire ascendante.

Sortir de la dépendance chinoise

L’enjeu dépasse la seule performance commerciale. Deuxième producteur mondial de cuivre et premier fournisseur mondial de cobalt, la RDC exporte l’essentiel de sa production vers la Chine. Un pays dont es investisseurs contrôlent une part majeure du secteur minier congolais, à travers des complexes géants tels que Tenke Fungurume. En diversifiant ses débouchés vers les États-Unis, Kinshasa cherche à réduire cette dépendance structurelle et à peser davantage dans les négociations. Le calendrier sert cette ambition. Washington, soucieux de sécuriser ses approvisionnements en minerais stratégiques pour ses industries électriques, numériques et de défense, multiplie les rapprochements avec Kinshasa. Reste une limite de taille : avec seulement deux fonderies primaires sur son sol, l’appareil industriel américain demeure structurellement dépendant du métal importé. Une opportunité que la RDC entend bien continuer d’exploiter.

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