
Compte courant affaibli, réserves en recul et exportations d’or de GoldBod à l’arrêt depuis août : en ouvrant, le 23 septembre, la réunion du Comité de politique monétaire, le gouverneur Johnson Asiama a placé la consolidation des coussins de change au cœur de l’agenda des prochains mois.
Devant le Comité de politique monétaire, le gouverneur de la Bank of Ghana a dressé un tableau contrasté. La conjoncture intérieure reste globalement favorable, mais l’environnement international se dégrade, sous l’effet du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des cours du pétrole. Trois signaux d’alerte retiennent l’attention de l’institut d’émission : la détérioration du compte courant, l’érosion des réserves et l’interruption des exportations d’or par GoldBod, l’organisme public chargé de la commercialisation du métal jaune. Ce contexte impose, selon Johnson Asiama, de réexaminer les amortisseurs du pays avant la hausse habituelle de la demande de devises au quatrième trimestre. « Reconstituer les réserves sera une priorité clé pour la banque dans les mois à venir », a-t-il insisté.
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Les réserves aurifères du Ghana sont tombées à 24,4 tonnes en juin 2026, contre 33 tonnes un an plus tôt. Cette baisse d’environ un quart s’explique par les ventes d’or réalisées en 2025 et par des achats auprès des grandes compagnies minières inférieurs aux objectifs fixés. Dans le cadre du programme national d’achat d’or, GoldBod collecte la production locale en vue de l’exporter et d’alimenter les réserves. Une partie des lingots est transférée à la banque centrale pour renforcer le matelas de devises et soutenir le cedi. Pour inverser la tendance, Accra a déjà durci les règles. En mai, les autorités ont relevé de 20 % à 30 % la part de la production annuelle que les grandes sociétés minières doivent céder à la banque centrale. Une mesure censée accélérer la reconstitution des stocks, mais dont l’effet reste suspendu à la reprise des flux de GoldBod.
Une croissance qui ralentit légèrement
Côté activité, l’économie ghanéenne a progressé de 6,0 % au deuxième trimestre 2026, contre 6,6 % (chiffre révisé) sur la même période de 2025, selon le Ghana Statistical Service. Un rythme encore soutenu, qui laisse toutefois peu de marge à la politique monétaire face aux tensions extérieures. Pour le premier producteur d’or du continent, l’enjeu dépasse la seule gestion des stocks. Le métal jaune constitue l’un des principaux leviers de soutien au cedi, et toute interruption durable des ventes de GoldBod prive la banque centrale d’une source clé de devises. À l’approche de la fin d’année, période où importateurs et entreprises accroissent traditionnellement leurs besoins en dollars, les arbitrages du Comité de politique monétaire seront scrutés de près par les investisseurs et les partenaires financiers d’Accra.














