lundi 15 juin 2026
Accueil A la Une Chronique- Programmes d’appui à l’international aux PME-PMI africaines

Chronique- Programmes d’appui à l’international aux PME-PMI africaines

Les stratégies de développement économique en Afrique considèrent à plus d’un titre l’accompagnement et l’internationalisation des PME-PMI. Plusieurs types de programmes locaux, régionaux et internationaux existent ou sont possibles pour assister nos entreprises à exporter, s’intégrer aux chaines de valeur mondiales ou lever des fonds.

Les PME-PMI constituent le socle essentiel des économies structurées, en Afrique. Soutenir leurs portefeuilles à l’étranger équivaut à renforcer ces économies. Fort heureusement, des programmes existent, tandis que d’autres peuvent être mis en œuvre, dans ce sens. Nos Etats, qui ont très tôt compris l’approche, ont mis en place des institutions dédiées dans la garantie ou dans l’accompagnement de la PME-PMI à l’export. On peut citer, le Fongip (Fonds de garantie aux investissements prioritaires), l’ADEPME et l’ASEPEX au Sénégal, le CEPECI en Côte d’Ivoire, l’AMDIE, la Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise (SNGFE, ex CCG) et son levier Tamwilcom, Maroc PME au Maroc… 

Par l’international, les Etats africains doivent réorienter leurs développements respectifs d’abord au niveau intra-africain. Au niveau continental, des initiatives et cadres institutionnels sont déjà mis en place ou en cours.

La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), projet, qui ambitionne d’interconnecter les marchés africains, en constitue un cadre institutionnel idéal. Au-delà de la chute des tarifs douaniers, le succès de la ZLECAF ne peut faire l’économie de programmes d’accompagnement spécifiques pour une mise à niveau des PME. Pour commercer ensemble, il est nécessaire d’adopter des standards et normes de qualité en phase aux exigences des marchés transfrontaliers.

Au sein de l’UA (Union africaine), une stratégie pour les PME existe. Elle vise à insérer les PME-PMI dans des consortia régionaux d’exportation et à développer des grappes industrielles compétitives.  

Avec la BAD, le programme PME pour l’Afrique ou Making Finance Work for Africa (MFW4A), œuvre à connecter les PME aux marchés des capitaux régionaux et internationaux. A titre d’exemple, le récent partenariat avec la BRVM en Afrique de l’ouest.

Au niveau local, l’exemple plutôt réussi du Maroc peut être cité. En effet, les programmes Go To Market et d’appui aux Primo-Exportateurs du ministère de l’Industrie et du commerce, mais aussi ceux baptisés Tatwir, Imtiaz-Croissance et Business Academy de l’Agence nationale pour la promotion de la PME (Maroc PME) font leurs preuves. Outre le continent africain, les PME-PMI marocaines sont présentes dans l’UE, en Russie, aux Etats Unis…

Les atouts des coopérations bilatérale et multilatérale

Il est vrai que le soutien des agences de coopération bilatérale, telles que la GIZ (coopération allemande) qui pilote de nombreux programmes de mise à niveau, d’accès au financement et de transformation digitale  pour les PME, l’AfD et sa filiale Proparco, l’USAID, la JICA (Japon-Afrique), l’ACDI (Canada-Afrique), FOCAC (Chine-Afrique)… ont permis de générer des milliards de dollars aux PME africaines. Les échanges réciproques, la capacitation et le transfert de compétences et de technologies devraient davantage être le soubassement des engagements.

A côté des programmes d’appui à l’innovation et aux filières, telles que ceux de la FAO et le CIRAD, le dispositif Bceao dans l’Uemoa pour l’AgriTech, la MiningTech, le SportTech, des institutions comme la SFI, filiale de la Banque mondiale, ou Afreximbank et son FEDA (Fonds de développement des exportations en Afrique) proposent des projets de renforcement des capacités managériales, d’outils de partages des risques de crédit pour encourager les banques à financer l’export.