
Au sein de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), la BCEAO crée les conditions macro, via son taux directeur bas, actuellement à 3% pour réduire les coûts d’emprunt. Le boost de l’industrialisation viendrait surtout des banques commerciales et de développement qui doivent orienter plus de crédits vers le moyen et long terme et les secteurs productifs.
La croissance des pays de l’UEMOA dépend encore de l’exportation de matières premières. Le besoin de diversification via la transformation locale se pose avec acuité pour plus de souveraineté et de sécurité alimentaire ; nonobstant une insécurité dans certaines zones du Sahel et les chocs climatiques. En dépit d’une croissance robuste ces dernières années (6,7% en 2025 après 6,2% en 2024), l’UEMOA fait face à des défis majeurs pour son industrialisation. Une industrialisation, portée par l’agriculture, les industries extractives et manufacturières, les services… reste confrontée à des financements limités des investissements industriels. A une faible part du crédit au secteur privé, soit environ 25 à 30% du PIB contre plus de 100% dans les économies avancées, s‘ajoutent des coûts élevés du crédit et un accès restreint pour les PME ainsi que les projets à longs terme, sachant que les crédits à long et moyen terme sont souvent en contraction relative. Une liquidité bancaire, parfois tendue et une transmission imparfaite de la politique monétaire vers les taux débiteurs vient corser ce rôle de catalyseur de la croissance que pourrait jouer les banques locales.
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Tant bien que mal, la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) tente de jouer son rôle pivotal via sa politique monétaire. Une politique prioritairement axée sur la stabilité des prix avec une inflation ciblée autour de 2% et sur le soutien à la croissance. Lors de la dernière réunion du Comité de politique monétaire du 04 mars 2026, effective depuis le 16 mars, son taux directeur a été abaissé, passant de 3,25 à 3% et le taux du guichet de prêt marginal d’un quart de point passant de 5,25 à 5%. L’assouplissement des conditions de financement, l’encouragement des crédits à l’économie (encours en hausse de 5 ;6% en 2025) ont ainsi été explicitement visés. Ce soutien de l’activité vise aussi l’industrie. Il est évident que des taux plus bas, qui réduisent le coût du refinancement bancaire, favorisent un environnement propice aux investissements.
Quelle partition des banques locales et régionales
Relais directs du financement industriel, les banques commerciales jouent-elles réellement le jeu ? Jusqu’à présent et dans la pratique leur contribution reste limitée par un focus sur le court terme et une prudence accrue face aux risques. En 2025, le crédit à court terme représentait une part de 79%. Les produits innovants ou le leasing gagneraient à être encouragés. Afreximbank (Banque africaine d’import export), institution panafricaine majeure pour l’industrialisation en Afrique de l’Ouest, zone Uemoa, finance directement des projets de transformation manufacturière ou agroalimentaire, des infrastructures favorisant le commerce et des PME tournées sur l’export. Pour accélérer la diversification et la ZLECAf, avec un focus sur la valeur ajoutée locale, elle structure un certain nombre de financements innovants, tels que l’affacturage, et diverses lignes de crédit. Quant à Ecobank, leader panafricain avec une large couverture UEMOA, elle soutient le commerce intra régional et des projets industriels.
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