
En ce qui concerne les fusions-acquisitions en Afrique, le contexte de 2026 s’inscrit dans la continuité d’une dynamique déjà forte en 2025. Selon le rapport du cabinet Herbert Smith Freehills (HSF) Kramer, la valeur des opérations entrantes a progressé de plus de 40 % par rapport à 2024, et les opérations sortantes d’entreprises africaines ont bondi de près de 85 % en valeur. L’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya ont concentré environ 70 % de la valeur totale des fusions et acquisitions enregistrées sur le continent en 2025, avec respectivement 35 %, 20 % et 15 % de la valeur globale. Les secteurs les plus actifs sont la finance/fintech, l’énergie (pétrole, gaz, mines) et la consommation. Les secteurs les plus dynamiques demeurent la consommation avec plus de 180 transactions, portée par des acquisitions majeures en Afrique du Sud, suivi de l’énergie avec des opérations stratégiques en Côte d’Ivoire, au Kenya et au Nigeria, et les services financiers, reflétant l’intérêt croissant pour la bancarisation et les fintechs. Le premier trimestre 2026 a été marqué par la continuité des dossiers de fusions et acquisitions entamées l’année précédente.
D’abord, dans le domaine énergétique, Vitol acquiert les actifs d’Eni en Côte d’Ivoire. Cette acquisition par Vitol des actifs d’Eni en Côte d’Ivoire et en République du Congo pour 1,65 milliard de dollars constitue l’une des opérations phares de la région. Elle renforce la présence de Vitol en Afrique tout en lui assurant un approvisionnement en GNL et des synergies commerciales. Cette opération illustre la tendance des majors pétrolières européennes à céder leurs actifs africains en faveur de leur transition énergétique. Une acquisition qui peut s’avérer une bonne affaire pour Vittol si l’incertitude liée à la volatilité des prix du pétrole, avec un baril à plus de 110 dollars fin mars, perdure au-delà de la guerre Israël-USA contre l’Iran.
Air Liquide se désengage de 12 filiales africaines
Toujours dans l’énergie, Air Liquide se désengage de 12 filiales africaines pour Erium Quels sont les dessous de ces cessations ? Air Liquide a finalisé la cession de ses participations dans 12 filiales en Afrique de l’Ouest, Centrale et dans l’océan Indien au fonds de private equity Adenia IV (Adenia Partners), qui opère désormais sous la marque Erium. L’opération couvre entre autres le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Sénégal et le Togo. Cette opération ne date pas de 2026 mais de l’été 2024. L’acquisition a été officiellement finalisée le 22 juillet 2024, après avoir été annoncée pour la première fois en mars 2024. Elle marque la naissance d’Erium, groupe panafricain leader des gaz industriels et médicaux, qui remplace désormais la marque Air Liquide au Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Madagascar, Mali, République Démocratique du Congo, Sénégal et Togo. Les 12 entités cédées représentaient moins de 10 % du chiffre d’affaires du groupe – un signal fort sur le poids relatif de ces marchés dans la stratégie globale de l’entreprise.
Mariage Flutterwave – Mono, deux acteurs majeurs de la Fintech africaine
Au Nigeria, le trimestre a été marqué entre autres par le mariage Flutterwave – Mono, deux acteurs majeurs de la Fintech africaine Le 5 janvier 2026, Flutterwave, la plus grande fintech africaine, a acquis la startup nigériane d’open banking Mono dans une transaction entièrement en actions évaluée entre 25 et 40 millions de dollars. Cette acquisition réunit deux acteurs majeurs des infrastructures fintech africaines. La transaction est décrite comme le signal d’ouverture d’une vague de consolidation du secteur fintech en Afrique. Le mariage Flutterwave–Mono n’est pas simplement une acquisition de plus : c’est le premier acte d’une recomposition profonde de l’infrastructure fintech africaine, où les acteurs de taille moyenne devront choisir entre fusionner, pivoter ou disparaître. Malgré l’optimisme généré par l’accord, la Banque Centrale du Nigéria (CBN) n’a pas encore approuvé le lancement opérationnel de l’open banking, émettant des réserves sur la question de l’accès aux données personnelles.
Bourse : First Atlantic Bank rejoint le Ghana stock exchange
La cotation en bourse de First Atlantic Bank (FAB) sur la Ghana Stock Exchange en décembre 2025 a permis à PCM Capital Partners de réaliser une sortie complète – un indicateur fort de liquidité pour le capital-investissement en Afrique de l’Ouest. Le Ghana Stock Exchange a été le marché africain le plus performant en 2025, avec un rendement annuel de 79,43 %. Cette opération intervient dans un contexte particulièrement porteur pour la place ghanéenne. Le Ghana Stock Exchange avait terminé l’année 2025 comme le marché africain le plus performant, affichant un rendement annuel exceptionnel de 79,43 %. Une performance qui reflète le regain de confiance des investisseurs envers l’économie ghanéenne, après plusieurs années marquées par une crise macroéconomique sévère et un programme d’ajustement imposé par le Fonds monétaire international (FMI).
Fusion entre Robex Resources et Predictive Discovery dans les mines
Dans le secteur minier la fusion entre Robex Resources et Predictive Discovery illustre la tendance actuelle à la consolidation des sociétés aurifères de taille moyenne. L’entité fusionnée renforce ses ressources et ses réseaux de production, se positionnant comme un acteur régional majeur du secteur aurifère. Le nouvel ensemble se veut désormais comme un acteur régional de référence dans le secteur aurifère ouest-africain, avec une présence renforcée au Ghana et des ambitions de croissance qui pourraient se traduire par de nouvelles acquisitions dans les mois à venir. À l’heure où le cours de l’or évolue à des niveaux historiquement élevés, cette fusion tombe à point nommé pour tirer parti d’un environnement de marché particulièrement favorable.
La BEAC à l’action pour un marché unifié de la CEMAC
La BEAC a lancé, le 17 mars 2026, un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner quatre entreprises qui bénéficieront de la prise en charge de leurs frais d’introduction en bourse sur la Bvmac (Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, basée à Douala). Ce mécanisme incitatif vise à développer le compartiment actions du marché financier unifié de la CEMAC. Cette démarche intervient dans un contexte où plusieurs places boursières africaines intensifient leurs efforts pour attirer de nouveaux émetteurs, dans un environnement de concurrence croissante entre marchés du continent. La Bvmac, longtemps perçue comme l’une des bourses les moins actives d’Afrique subsaharienne, cherche ainsi à se repositionner comme un véritable moteur du financement de l’économie centrafricaine.
Finance : Deal bancaire panafricain entre Afrique de l’Est – Ouest
L’opération la plus emblématique du début 2026 concerne l’Afrique de l’Est, mais a des répercussions dans l’espace CEDEAO. En effet, Nedbank (Afrique du Sud) a soumis le 21 janvier 2026 une offre pour acquérir 66 % de NCBA Group (Kenya) pour environ R13,9 milliards (~856 millions USD). Le 19 février, la Capital Markets Authority du Kenya a accordé une exemption réglementaire clé, permettant à Nedbank de procéder à son acquisition partielle sans lancer une OPA totale. L’importance de cette opération pour l’espace UEMOA tient au fait que NCBA opère en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, en plus de son réseau principal en Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Rwanda).
Maroc : Effervescence du marché des fusions acquisitions
Le Maroc a enregistré près de 100 opérations de fusions-acquisitions en 2025, soit une progression de 65 % par rapport à l’année précédente – l’une des plus fortes du continent. Une accélération spectaculaire qui place le pays juste derrière les trois géants que sont l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya. En 2026, le marché marocain des fusions acquisitions est stimulé par les stratégies de diversification (Génération Green, Plan Azur) et une attractivité renouvelée pour les investissements directs étrangers.















