Ghana : Après la Côte d’Ivoire, la gronde des producteurs ghanéens de cacao

Les producteurs de cacao ghanéens s'inquiètent de ne pas avoir été payés pour leurs livraisons, malgré le déblocage de fonds par l'organisme de réglementation aux acheteurs afin de régler les arriérés et de soutenir un secteur en difficulté. (Crédit : DR).

Au moment où la Côte d’Ivoire premier producteur mondiale de Cacao peine à écouler sa production et fustige la baisse des prix, le Ghana deuxième producteur est confronté aux défis liés à la restructuration de la filière, à l’origine d’impayés. L’organisme de réglementation ghanéen a débloqué 337 millions de dollars pour permettre aux acheteurs de régler leurs arriérés. Mais plusieurs agriculteurs qui se plaignent d’impayés, redoutent que les montants servent plutôt à payer les dettes auprès des banques.

Les producteurs de cacao ghanéens s’inquiètent de ne pas avoir été payés pour leurs livraisons, malgré le déblocage de fonds par l’organisme de réglementation aux acheteurs afin de régler les arriérés et de soutenir un secteur en difficulté. Le Ghana Cocoa Board (COCOBOD) a annoncé la semaine dernière avoir débloqué 3,62 milliards de cedis (336,74 millions de dollars) pour les sociétés d’achat agréées (LBC) afin de régler les paiements dus aux producteurs depuis novembre 2025. Ce versement, effectué à la suite d’une directive du ministère des Finances, visait à faciliter le paiement rapide des producteurs et à améliorer la liquidité du secteur cacaoyer. Cependant, les producteurs et les acheteurs affirment n’avoir toujours pas reçu l’argent, ce qui soulève des questions quant à son utilisation potentielle pour rembourser les dettes des acheteurs de cacao auprès des banques. Les représentants des sociétés d’achats agréées nient en effet avoir été payés ni pour les livraisons effectuées au prix du mois de novembre, ni pour celles effectuées au nouveau prix.

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Dans le cas du Ghana, les problèmes d’impayés s’inscrivent dans une phase de transition où le pays tente de reprendre le contrôle financier de sa filière cacao en s’affranchissant des banques internationales, tout en gérant la chute de sa production historique. Le Ghana tente en effet de réformer son financement tout en luttant contre une chute de production historique et une crise environnementale liée à l’or. La Côte d’Ivoire, bien que confrontée aux mêmes défis climatiques, reste le leader, plus stable, préférant la continuité des modèles financiers traditionnels. Le Conseil Café-Cacao continue ainsi de s’appuyer sur un système de ventes par anticipation plus classique et des partenariats bancaires établis. Alors que la Côte d’Ivoire lutte contre un surplus de stock, le Ghana lutte contre une faillite financière de son système de gestion. Pour le planteur ghanéen en 2026, le défi n’est plus seulement le prix, mais le fait de savoir quand il recevra enfin son argent.

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