Au moment où, le monde retient son souffle avec les tensions au Moyen Orient, le renchérissement du baril de brut est au cœur des préoccupations des pays africains. Le tandem USA-Israël a encore frappé, en fin de semaine dernière, la République islamique d’Iran. Ce dernier pays a fermé presque immédiatement le Détroit d’Ormuz avant de riposter, ciblant les bases américaines dans la région et Israël. Même si certains marchés semblent faire fi, maintenant des cours corrects, une flambée est à craindre en cas de guerre qui dure. Un pétrole cher, au-dessus de 100 $, aurait des conséquences très contrastées, selon que le pays africain soit exportateur net ou importateur net.
La majorité écrasante des pays africains sont importateurs nets de pétrole. Si la guerre, déclenchée unilatéralement par les Etats Unis d’Amérique et Israël, perdure un certain nombre d’effets sont attendus sur le continent, notamment au sein de cette catégorie de pays. Avec ce choc géopolitique, aux oubliettes une croissance à deux chiffres, bonjour la hausse des coûts du carburant, du transport y compris fret maritime, camionnage, aérien, mais aussi de l’électricité, des engrais… Au moment où nous rédigeons ces quelques lignes, le baril de Brent à 77,82 $, s’apprécie de + 7,31% par rapport à la veille, tandis que le WTI affiche 70,86 $ soit +5,40%. A cette augmentation forte de la facture énergétique, s’ajouteront une inflation accélérée, surtout alimentaire, et une dégradation de la balance commerciale. En effet, les coûts de production agricole en hausse impacteraient défavorablement et durement les ménages pauvres, tandis que les réserves de change seront sous pression. Plus de devises seraient dépensées pour importer du brut et des produits raffinés. A une volatilité accrue, les chocs pétroliers, rendant peu aisée la planification économique, s’ajouterait une pression sur les budgets. Doit-on rappeler que beaucoup de gouvernements, qui ne pratiquent pas l’indexation des cours sur les prix, subventionnent les carburants. Ces dépenses exploseraient avec un baril surenchéri. A contrario, les dépenses de santé, d’éducation … fléchiraient.
L’alternative, énergie propre et renouvelable
Le corollaire à ces effets néfastes serait des tensions sociales, et une accentuation de la pauvreté, consécutives à la hausse du coût de la vie. Un bémol au désastre attendu serait des investissements plus rapides dans les énergies renouvelables, essentiellement dans le solaire.
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Les rares pays exportateurs de brut connaîtraient un boom des revenus en devises, une amélioration de la croissance, boostée par un doublement des cours, un renforcement budgétaire avec plus de ressources pour assurer les dépenses publiques. Mais gare à des pièges classiques, tels que la Dutch disease ou maladie hollandaise, une dépendance accrue au pétrole et pire encore la concussion et la corruption d’une gouvernance peu vertueuse des rentes pétrolières. La maladie hollandaise émane d’une appréciation seule et réelle de la monnaie qui peut entraîner une perte de compétitivité des autres secteurs, comme l’agriculture et l’industrie.
Gageons que la sagesse l’emportera et que les équilibres géopolitiques seront maintenus.















