
Derrière la révision à la hausse de la note souveraine du Rwanda à B+, par l’agence de notation Fitch, se cachent de solides indicateurs économiques pour le pays d’Afrique de l’Est. Le Rwanda présente des perspectives de croissance robuste, une dette soutenable, de grands projets structurants, en dépit d’un IDH encore faible.
Fitch Ratings a révisé la perspective de la note de défaut émetteur (IDR) à long terme en devises étrangères du Rwanda, la faisant passer de négative à stable, et a confirmé la note à « B+ ». Cette perspective reflète une incertitude réduite quant à l’accès du Rwanda aux sources de financement externes, grâce à un engagement diplomatique accru qui a favorisé une désescalade du conflit sécuritaire régional depuis leur révision d’avril 2025, et à une confiance accrue dans la stabilisation du ratio dette publique/PIB au cours des prochaines années, selon la publication de l’agence américaine de notation du 13 mars 2026. Cette note est soutenue par de solides indicateurs de gouvernance par rapport aux pays comparables, un fort potentiel de croissance à moyen terme, le caractère très concessionnel de la dette publique et un historique de soutien financier et technique officiel important, analyse Fitch. Ces atouts sont toutefois limités par le faible PIB par habitant du pays et ses déficits budgétaires et de la balance des paiements courants persistants, qui ont engendré un endettement public et extérieur élevé.
Les raisons derrière cette notation ?
La révision des perspectives de la notation IDR « B+ » du Rwanda tient compte de plusieurs facteurs. Les risques budgétaires et de financement extérieur à court terme se sont atténués au cours des 12 derniers mois, grâce au soutien continu des bailleurs de fonds. La majorité des partenaires multilatéraux et bilatéraux du Rwanda ont maintenu un soutien financier important, les décaissements extérieurs atteignant environ 1 milliard de dollars (6,1 % du PIB) pour l’exercice clos en juin 2025.
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La récente désescalade du conflit a réduit l’incertitude à court terme quant à l’accès à des financements concessionnels, même si le risque d’une intensification des pressions diplomatiques demeure. Fitch estime les engagements de prêts extérieurs officiels à près de 1 milliard de dollars par an (5,5 % du PIB) pour les exercices 2026 et 2027, destinés à financer le budget et la balance des paiements, 89 % de la dette extérieure publique étant concessionnelle. Fitch prévoit que la dette du gouvernement rwandais atteindra un pic de 79 % du PIB en 2027, contre 75 % en 2025, un niveau supérieur à la médiane de 53,4 % pour les pays de catégorie B, avant de se stabiliser. Cette situation s’expliquera par la persistance des déficits primaires, la souscription d’engagements liés au projet Bugesera et à l’expansion de RwandAir, ainsi que par la dépréciation progressive du taux de change. Des dépenses liées aux projets, supérieures aux prévisions, constituent un facteur positif pour les projections d’endettement.
« Nous anticipons que le poids élevé de la dette sera atténué par les conditions très favorables de la dette extérieure, ce qui se traduira par une bonne soutenabilité. Nous prévoyons que le ratio intérêts/recettes restera inférieur à la médiane d’environ 16 % prévue pour 2027 pour les pays de catégorie B », précise le document consulté par Africa Income.
Fitch prévoit une réduction du déficit budgétaire de 1,1 point de pourcentage, à 3,6 % du PIB, pour l’exercice 2026, grâce à des recettes plus importantes, les réformes fiscales mises en œuvre depuis l’exercice 2025 portant leurs fruits. Les mesures de réforme fiscale ont dépassé les objectifs au premier semestre de l’exercice 2026, générant des recettes supplémentaires équivalentes à 0,6 % du PIB. La baisse des subventions, qui s’élèvent en moyenne à 2,5 % du PIB sur la période 2026-2027, compensera partiellement ces gains, dans un contexte de réduction de l’aide régionale.
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