Minerais critiques : l’UE lorgne la RDC et la Zambie au moment où les grands pays exportateurs imposent des restrictions

minerais de cobalt

Au moment les Etats-Unis et la Chine ont imposé des restrictions sur l’exportation de minerais stratéqiques l’Union européenne (UE) va signer des accords de partenariat axés sur le développement de chaînes de valeur locales de minerais critiques avec la RD Congo et la Zambie pour réduire sa forte dépendance vis-à-vis de la Chine, selon des informations relayées par Bloomberg.

L’Union Européenne (UE) promet de signer des accords avec la RDC et la Zambie pour contribuer au développement des industries locales liées aux minerais stratégiques. Ces accords devraient être signés lors d’un forum sur le programme « Global Gateway », qui se tiendra à Bruxelles les 25 et 26 octobre, ont précisé nos confrères de Bloomberg. Lancé début 2022 par l’UE, le programme « Global Gateway » est un plan d’aide au développement prévoyant des investissements de 150 milliards d’euros (158 milliards USD) en Afrique sur six ans pour contribuer notamment au développement des infrastructures dans les secteurs de la numérisation, de l’énergie et du transport. Les accords prévoient un « soutien de l’UE au développement d’une industrie locale » dans le domaine de la transformation et de la valorisation des minerais critiques extraits en RD Congo et en Zambie, dont la grande partie est aujourd’hui raffinée en Chine.

« Les discussions entre l’UE et la RD Congo à ce sujet font suite à une visite effectuée en mars dernier à Kinshasa par le président français Emmanuel Macron et le commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton », a confirmé André Wameso, le chef de cabinet adjoint du président congolais Félix Tshisekedi. Toujours selon le chef de cabinet adjoint « L’UE souhaite un partenariat axé sur les minerais stratégiques, ce que la RDC a accepté ».

Déjà en  décembre 2022, le secrétaire d’État américain Antony Blinken avait signé un projet  protocole d’accord avec la RD Congo et la Zambie axé sur l’aide des États-Unis à leur gigantesque projet commun relatif à la croissance d’une zone franche dédiée à la fabrication des batteries de véhicules électriques en se focalisant sur les minerais critiques que les deux pays produisent en grandes quantités comme le cobalt, le lithium et le cuivre.  La chine et l’occident mène depuis un certain temps une bataille féroce pour avoir un accès aux minerais critiques.

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Dans cette bataille, la Chine s’est positionnée sur l’ensemble de la chaîne de valeur de ces minerais nécessaires pour les batteries électriques, les panneaux photovoltaïques, les puces électroniques ou encore les éoliennes. En plus de l’exploitation de mines dans les principaux pays producteurs en Afrique et ailleurs, Pékin rassemble aujourd’hui, tous minerais confondus, deux tiers des capacités de raffinage. Elle raffine ainsi 90% du manganèse, 76% du cobalt, 65% du lithium, 58% de l’aluminium, 90% des éléments des terres rares ou encore 40% du cuivre sur le plan mondiale, selon une note d’analyse publiée récemment par la Société américaine de géologie (Geological Society of America, GSA). 

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