dimanche 22 février 2026
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Le Qualipôle, élément essentiel des pôles territoires

Les Qualipôles, en tant que composantes clés des agropoles, halieupôles et plateformes industrielles intégrées (P2I), créent un écosystème favorisant la qualité, l’innovation, la durabilité et la compétitivité. Ils réduisent les coûts, attirent les investissements, créent des emplois et soutiennent les transitions écologiques et économiques. Leur impact, dans la configuration et la structuration des filières stratégiques, est sans conteste.

La transformation des ressources et l’implantation d’industries dans des branches à forte valeur ajoutée sont facilitées dans les ZES (Zones économiques spéciales), plateformes industrielles intégrées (P2I) ou pôles territoires, par des Qualipôles en leur sein.

Intégrés dans ces zones industrielles, ils offrent des avantages significatifs, notamment dans les secteurs agroalimentaire, halieutique et industriel.

Pour rappel, les agropoles, axés sur la transformation agroalimentaire et l’agroécologie, valorisent les produits de terroir et renforcent la résilience agricole, tandis que les halieupôles optimisent la transformation des produits de la mer, garantissant traçabilité et qualité pour l’export, avec des laboratoires dédiés. Quant aux P2I, elles offrent une connectivité (autoroutes, ports) et des infrastructures (électricité, télécommunications) pour des industries variées.

De mon point de vue, ces structures, conçues pour optimiser la qualité, la compétitivité et la durabilité des activités, restent essentielles pour se distinguer. Il s’agit d’espaces selects qui comprennent des laboratoires de contrôle et d’homologation, d’études voire d’essais, mais aussi une salle de conférence, des salles de réunions, des espaces de coworking et d’incubations

Pour les mettre en place, outre l’aménageur-développeur (émanation de l’Etat central) qui met en place ces ZES, capitales pour asseoir un développement inclusif et harmonieux, les initiateurs de ces Qualipôles viennent des associations d’industriels, du monde universitaire et dans une moindre mesure de partenaires.

C’est tout bénefs

Les innombrables avantages des Qualipôles vont de la garantie de la qualité et conformité des produits à l’intégration et synergie dans les pôles, en passant par le soutien à l’innovation et au développement, à l’optimisation de la compétitivité des entreprises, à l’attractivité pour les investisseurs, à la création d’emplois et la formation.

En termes de garantie de la qualité et conformité des produits, grâce aux laboratoires spécialisés (analyses microbiologiques, chimiques…) qu’abritent les Qualipôles, il est aisé de contrôler la qualité et la sécurité des produits. Cela assure la conformité aux normes nationales et internationales. L’exemple de l’harmonisation du câble à charger de type C3 se passe de tout commentaire.

Ils facilitent aussi l’obtention de certifications et labels (ISO, HACCP, FSSC, B Corp, RSE, PPWR, CEE…) pour accéder à des marchés exigeants, renforçant la crédibilité des entreprises.

Relativement au soutien à l’innovation et au développement, ces Qualipôles, qui intègrent des plateformes technologiques pour développer des procédés innovants, comme l’agriculture circulaire à Meknès, favorisant une agriculture éco-efficiente, donnent un coup de fouet à la R&D (Recherche et Développement). Des espaces d’incubation de startups permettent un accompagnement aux porteurs de projets et startups. Le centre d’innovation AGRINOVA au Qualipôle de l’Agropole de Meknès, qui fournit des financements et des formations, est un exemple à dupliquer. Par la collaboration avec des centres de recherche et universités pour moderniser les pratiques (agroécologie, transformation agroalimentaire), ils facilitent le transfert technologique.

Dans un monde marqué par une concurrence de plus en plus acerbe, de tels endroits, situés au cœur des pôles territoires, favorisent l’optimisation de la compétitivité des entreprises. Par le fait que ces Qualipôles centralisent des services (laboratoires, formations, guichets uniques) réduisant les coûts pour les PME et grandes entreprises, ils mutualisent les ressources. Aussi, ils soutiennent l’exportation via des plateformes, donc favorisent des débouchés et l’accès aux marchés.

Les infrastructures modernes et les services, qui se retrouvent au niveau des ZES, à savoir les banques, la douane, les ports secs, les parcs de TIR, Appart’hôtels… attirent les industriels, comme dans les ZES au Sénégal.

Concernant la durabilité et la responsabilité environnementale, les Qualipôles promeuvent des modèles comme l’agriculture circulaire, réduisant l’impact environnemental tout en améliorant la performance économique et sociale et donc des pratiques éco-efficientes. Dans le même élan, la gestion des ressources n’y est pas un vain mot. En effet, ils intègrent des solutions pour la gestion des eaux pluviales ou des déchets, comme les infrastructures naturelles dans les zones industrielles durables.

Quant à la création d’emplois et la formation, les Qualipôles, qui offrent des programmes de formation continue et spécialisée, comme à Agri’Pôle Saint-Hilaire en Normandie pour l’agriculture et l’environnement, paraissent des pourvoyeurs patentés. Par ricochet, ils attirent une main-d’œuvre spécialisée (emplois qualifiés), renforçant l’économie locale, comme dans les zones industrielles de Saône-et-Loire en France. De surcroît, la collaboration entre acteurs (entreprises, universités, centres de recherche), crée une véritable synergie régionale et dynamise les filières régionales, comme en Estrie en France, avec les plantes industrielles.

L’autre atout important et non des moindres des Qualipôles est relatif à l’intégration et à la synergie dans les pôles qu’ils catalysent. Dans les agripoles et halieupoles, ils permettent d’intégrer toute la chaîne, de la production à la commercialisation. Votre serviteur a pu apprécier une chaîne de valeur complète dans l’agropole du Gharb avec des zones logistiques et commerciales, notamment dans la production de fruits rouges. Encore une fois, les services centralisés, avec des guichets uniques (douanes, communes…) et des infrastructures partagées (salles de conférence, restauration) simplifient les opérations. Véritables pôles de compétitivité, ils facilitent les partenariats public-privé, comme AGRINOVA à Meknès, pour des projets collaboratifs.

Tensions commerciales- Les banques du CCG peuvent faire face

Selon S&P Global Ratings, bien que les exportations directes des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vers les États-Unis soient faibles, les effets indirects de l’intensification des tensions commerciales pourraient être importants. La volatilité des marchés et l’aversion au risque des investisseurs constituent les menaces les plus imminentes, mais les banques semblent capables de gérer la pression, assure l’agence de notation.

L’intensification des tensions commerciales mondiales pèse sur les conditions de crédit mondiales et menace un environnement jusqu’alors favorable à la plupart des emprunteurs. Si l’administration américaine met finalement en œuvre la suspension des droits de douane comme initialement annoncé, les répercussions économiques seraient considérables.

Par ailleurs, une baisse significative des prix du pétrole pourrait peser sur les dépenses publiques et le climat économique, et entraîner une augmentation des prêts non productifs, même si cela risque d’affecter la rentabilité des banques plutôt que leur solvabilité. C’est ce qui ressort d’une récent rapport de S&P Global Ratings.

Quoi qu’il en soit, la suspension annoncée des droits de douane pour tous les pays, à l’exception de la Chine, est d’une durée de 90 jours, et l’incertitude ambiante risque de miner davantage la confiance des entreprises et des consommateurs, accentuant les inquiétudes concernant l’investissement des entreprises, l’emploi, la consommation et l’activité économique globale.

Dans ce contexte, S&P a examiné les canaux de transmission possibles pour les banques du CCG. Sur la base de scénarios de stress hypothétiques, les banques semblent capables de gérer les conséquences potentielles grâce à leur liquidité, leur rentabilité et leur capitalisation, à en croire cette agence de notation.

Volatilité des marchés et aversion au risque des investisseurs, les menaces les plus imminentes

Les banques du CCG semblent bien placées pour résister à ces menaces, révèle le rapport de S&P. Leurs portefeuilles d’investissement représentent généralement 20 à 25 % de leur actif total. Les instruments à revenu fixe de haute qualité tendent à dominer, avec une contribution limitée des placements plus risqués. L’impact de la volatilité des marchés financiers restera gérable pour les banques, trouvent les analystes. De plus, les pertes sont peu probables, sauf si les banques doivent liquider certains investissements pour faire face aux sorties de capitaux, ce qui, selon nous, ne se produira pas.

Pour certaines banques actives dans le Conseil en dette ou sur les marchés financiers, la volatilité actuelle pourrait entraîner une baisse des revenus. Cependant, en moyenne, ces activités ne contribuent que modestement aux revenus des banques.

Possibilité de faire face à d’éventuelles sorties de capitaux

Compte tenu de la volatilité actuelle des marchés, les banques du CCG devraient connaître une baisse des entrées de capitaux, et certaines pourraient même subir des sorties. Pour quantifier le risque, nous avons réalisé des scénarios de stress hypothétiques supposant d’importantes sorties de financements externes, incluant, entre autres, 50 % des dépôts interbancaires et 30 % des dépôts des non-résidents. S&P a aussi supposé des décotes sur les actifs extérieurs.

D’après les calculs de l’agence, la plupart des systèmes bancaires du CCG semblent capables de gérer ces sorties hypothétiques. Les banques qataries sont plus vulnérables que les autres banques de la région en raison de leur endettement extérieur net important, mais le solide historique de soutien du gouvernement qatari aux banques et sa capacité à les aider, en période de crise atténuent les risques.

En Arabie saoudite, si la situation actuelle des banques semble confortable, si elles ne parviennent pas à continuer à faire appel aux marchés financiers, leur capacité à financer les projets Vision 2030 pourrait diminuer. Les banques des Émirats arabes unis ont la position d’actifs extérieurs nets la plus forte de la région et présentent donc la plus grande résilience à nos sorties de capitaux hypothétiques.

Certaines banques du CCG sont davantage dépendantes des marchés financiers ou des investissements en capital-investissement et peuvent donc être plus vulnérables. Les prêts sur marge constituent une autre source de risque liée à la baisse des valorisations. Les analystes comprennent que la contribution de ces prêts au portefeuille global de prêts des banques est limitée et que leur couverture par des garanties est généralement prudente.

Hypothèses des tests de résistance

Dans l’état actuel des choses, S&P prévoit que la Réserve fédérale américaine abaissera son taux directeur de seulement 25 points de base cette année et que les banques centrales des pays du CCG suivront. Cela soutiendra la rentabilité des banques du CCG. Cependant, une baisse plus marquée des taux directeurs pourrait entraîner une baisse des marges et un ralentissement potentiel de la croissance des prêts.

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L’intensification des tensions commerciales a entraîné une baisse significative des prix du pétrole. S&P a dû réviser son hypothèse de prix du pétrole à 65 dollars le baril pour le reste de l’année 2025. Ses analystes pensent que cela pèsera probablement sur les dépenses publiques et la croissance économique de la région. Une nouvelle baisse du prix du pétrole pourrait entraîner un ralentissement de la croissance économique, tant dans les secteurs pétroliers que non pétroliers, et une pression accrue sur les indicateurs de qualité des actifs des banques.

Les banques du CCG affichaient de solides indicateurs de qualité des actifs avant le début des turbulences, avec un ratio moyen de prêts non performants (PNP) de 2,9 % pour les 45 principales banques de la région fin 2024 (Plusieurs marges de manoeuvre). Les banques avaient également provisionné plus de 150 % de leur stock de PNP à la même date, ce qui leur permet d’absorber des chocs supplémentaires. Par ailleurs, la rentabilité des banques du CCG demeure relativement bonne, avec un rendement des actifs de 1,7 % fin 2024. Les banques continuent d’afficher une forte capitalisation, avec un ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 de 17,2 % à la même date, souligne-t-on dans ce rapport.

Pour évaluer la résilience des banques, les analystes ont testé deux scénarios de stress hypothétiques. Le premier scénario suppose une augmentation potentielle des créances douteuses de 30 % par rapport au chiffre, publié fin 2024, et fixe le ratio de créances douteuses à au moins 5 %, le plus élevé des deux étant retenu. Le second scénario suppose une augmentation de 50 % et fixe le ratio de créances douteuses à au moins 7 %. D’après leurs calculs, 16 des 45 plus grandes banques de la région devraient enregistrer des pertes cumulées de 5,3 milliards de dollars dans le premier scénario. Les pertes s’élèvent à 30,3 milliards de dollars dans le second scénario, affectant 26 des 45 plus grandes banques.

Dans les deux cas, l’impact cumulé est inférieur aux 60 milliards de dollars de bénéfice net générés par les 45 premières banques du CCG en 2024. Cela signifie que, même dans notre scénario le plus pessimiste, le choc prévu affectera la rentabilité des banques plutôt que leur solvabilité.

La réaction des régulateurs est également importante pour évaluer l’évolution de la situation. Pendant la pandémie de COVID-19, par exemple, les régulateurs ont mis en place des mesures de tolérance qui ont aidé les banques à gérer l’incertitude. S&P s’attend à ce qu’ils prennent des mesures similaires si l’impact des tensions commerciales mondiales sur les économies du CCG dépasse les prévisions actuelles.

Assurance- Rapprochement ACAPS (Maroc) – NAIC (USA)

L’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) du Maroc accueille, du 14 au 17 avril 2025, une délégation de haut niveau de la National Association of Insurance Commissioners (NAIC). Cette mission s’inscrit dans la continuité du partenariat stratégique engagé entre les deux institutions, en matière de supervision du secteur des assurances.

La rencontre entre les délégations de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS) du Maroc et de la National Association of Insurance Commissioners (NAIC), qui se déroule actuellement au Maroc, sera rythmée par plusieurs temps forts : réunions de travail, échanges d’expertises et identification de nouvelles pistes de collaboration.

Au programme également, des rencontres avec plusieurs acteurs majeurs du paysage financier national, illustrant la volonté partagée d’enrichir la coopération autour de sujets tels que la régulation des marchés et la protection des assurés.

Cette visite marque une nouvelle étape dans la dynamique de coopération entre les deux institutions. Elle consolide un dialogue bilatéral initié de longue date, notamment à travers la signature d’un protocole d’accord entre l’ACAPS et la NAIC, en janvier 2019 à Key Largo, portant sur la coopération technique et l’échange d’expertises.

À travers cette initiative, les deux institutions réaffirment leur engagement commun à promouvoir une supervision moderne, inclusive et résiliente, au service d’un secteur des assurances en constante évolution.

Leadership- La Moudawana, pour plus de collaborations dans les décisions familiales

Interview de Mme Saaida Lahlou, Présidente Directrice Générale de la Société COPAMASUD

Le code de la famille marocaine, Moudawana, a introduit des réformes importantes pour une responsabilité conjointe des époux dans la gestion de la famille. Il est quasiment acquis que la garde d’enfants, en cas de divorce, revient généralement à la mère, tant qu’elle remplit les conditions de capacité et de moralité. Les nouvelles mesures font la promotion de l’égalité des droits, encouragent les femmes à s’engager dans des activités économiques, renforçant ainsi leur autonomie financière… Ces avancées notables et bien d’autres ressortent de cet entretien avec Mme Saaida Lahlou, PDG Copamasud, sans pour autant occulter certaines résistances dans les zones rurales où demeurent des stéréotypes de genre et des pressions familiales.

Quels sont les principaux changements apportés par la réforme de la Moudawana, en matière d’égalité entre les époux et d’avancées, concernant la responsabilité conjointe de la famille, l’âge légal du mariage, la polygamie, le divorce, etc. ?

La réforme de la Moudawana en 2004 a marqué un tournant décisif dans la législation marocaine, en établissant une plus grande égalité entre les époux. Cette réforme a été rendue possible grâce à l’implication directe et déterminante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. En sa qualité de Commandeur des croyants, le Roi a su allier les principes de l’islam aux exigences de la justice sociale et de l’égalité, en plaçant la dignité de la femme et l’équilibre familial au cœur de cette réforme. Parmi les principaux changements, on note l’instauration de la responsabilité conjointe des époux vis-à-vis de la famille, ce qui implique que les deux partenaires doivent collaborer dans les décisions financières et éducatives. L’âge légal du mariage a été fixé à 18 ans pour les deux sexes, et la polygamie a été strictement encadrée, nécessitant l’accord explicite de la première épouse, avec l’obligation de justifier la capacité à subvenir aux besoins de plusieurs familles. En ce qui concerne le divorce, la Moudawana a également facilité la procédure pour les femmes, leur permettant d’en demander l’initiative, dans certains cas.

Comment la Moudawana encadre-t-elle les droits des femmes en matière de garde d’enfants et de pension alimentaire en cas de divorce ?

La Moudawana établit que la garde d’enfants, en cas de divorce, revient généralement à la mère, tant qu’elle remplit les conditions de capacité et de moralité. De plus, la loi stipule que le père est tenu de verser une pension alimentaire pour le bien-être des enfants, ce qui renforce la protection des droits des femmes et des enfants, après une séparation.

Quelles sont les dispositions de la Moudawana, relatives aux droits patrimoniaux des femmes au sein du couple, notamment sur l’aspect financier de l’égalité, concernant la gestion des biens acquis pendant le mariage ?

La Moudawana protège les droits patrimoniaux des femmes, par la reconnaissance de leur capacité à détenir et gérer des biens. Les dispositions relatives à la gestion des biens acquis durant le mariage stipulent que les époux peuvent choisir un régime de communauté qui leur permet de partager les biens de manière équitable. Cela garantit que les contributions des femmes au sein du foyer sont valorisées et qu’elles ont une part égale dans les biens accumulés.

La Moudawana a-t-elle un impact sur l’accès des femmes à l’emploi et à l’entrepreneuriat ? Ou en d’autres termes, comment évaluez-vous le code de la famille au Maroc, relativement à l’autonomie économique des femmes ?

La Moudawana a eu un impact significatif sur l’accès des femmes à l’emploi et à l’entrepreneuriat. En promouvant l’égalité des droits, elle encourage les femmes à s’engager dans des activités économiques, renforçant ainsi leur autonomie financière. Cependant, il reste nécessaire de lier ces avancées législatives à des initiatives concrètes sur le terrain, telles que l’accès à la formation, au financement et à un environnement de travail propice.

Quels sont les défis persistants dans l’application de la Moudawana, en matière d’égalité des sexes, en particulier dans les zones rurales ?

Dans les zones rurales, les défis demeurent importants : la méconnaissance des droits, la résistance culturelle et les normes sociales conservatrices freinent souvent l’application de la Moudawana. Cela conduit à des lacunes dans l’accès à la justice et à des inégalités persistantes en matière de droits entre les sexes.

Croyez-vous que des écarts entre la loi et la réalité, ainsi que des obstacles culturels et sociaux existent encore ? Si oui à quels niveaux et comment y remédier ?

Des écarts considérables subsistent entre la loi et la réalité. Les obstacles culturels et sociaux, tels que les stéréotypes de genre et les pressions familiales, entravent souvent l’émancipation des femmes. Pour remédier à cette situation, il est essentiel de mener des campagnes de sensibilisation, de renforcer l’éducation des filles et de faire évoluer les mentalités à travers des programmes communautaires.

A votre avis, comment la Moudawana concilie-t-elle les principes de l’islam avec les normes internationales, en matière de droits des femmes ?

La Moudawana tente de concilier les principes de l’islam avec les normes internationales, en matière de droits des femmes, grâce à une interprétation progressive de la loi islamique qui met l’accent sur l’équité et la justice. En intégrant certains principes issus des conventions internationales, la Moudawana cherche à promouvoir une vision moderne des droits des femmes, tout en respectant les valeurs culturelles et religieuses de la société marocaine.

Propos recueillis par Daouda MBaye

Bio-Express :

Mme Saaida Lahlou est une Entrepreneure marocaine chevronnée, fondatrice/PDG de COPAMASUD, avec plus de 40 ans d’expérience dans des secteurs variés. Elle est reconnue pour son leadership engagé et sa vision stratégique.

Présidente de Commission Coopération Afrique et Internationales à la CGEM Souss Massa, où elle a occupé le poste de Trésorière pendant deux mandats. L’année dernière, elle a été nommée Ambassadrice au Maroc du Forum International du Leadership et de l’Entrepreneuriat Féminin (FILEF) et du Salon International du Pétrole et du gaz. Très impliquée dans les causes sociales et dans la promotion du leadership féminin, elle est également membre du Réseau Entrelles Entrepreneures, où elle a été Trésorière.

Avec le Sénégal, pays ami et frère du Maroc, qu’elle considère comme son deuxième pays, Mme Lahlou entretient de solides liens familiaux et professionnels.

Cacao : la Côte d’Ivoire envisage une hausse des prix en riposte aux tarifs imposés par Trump

La Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a vendu 1,3 million de tonnes de cacao pour la récolte principale 2025/26 (octobre à mars), contre 1,4 million de tonnes l'an dernier. (Crédit: DR).

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, pourrait prendre des mesures pour renchérir le prix de ce produit si les droits de douane proposés par le président américain Donald Trump entraient en vigueur, a déclaré jeudi le ministre de l’Agriculture ivoirien.

La Côte d’Ivoire menace de vendre son cacao plus cher en réponse aux tarifs douaniers américains, selon les informations de Reuters. L’administration Trump a annoncé la semaine dernière des droits de douane de 21 %, les plus élevés d’Afrique de l’Ouest, sur la Côte d’Ivoire, dans le cadre d’une hausse ciblée des droits de douane sur des dizaines de pays. Mercredi, Trump a annoncé une suspension de ces droits pour 90 jours. S’adressant aux journalistes à Abidjan jeudi, le ministre de l’Agriculture, Kobenan Kouassi Adjoumani, a déclaré que son pays souhaitait que Washington reconsidère les droits de douane. « Si vous taxez le produit que nous exportons vers votre pays, nous augmenterons le prix du cacao, ce qui aura des répercussions sur le prix à la consommation », a déclaré M. Kouassi. On ne sait pas encore précisément à quelles mesures spécifiques M. Kouassi faisait référence. La Côte d’Ivoire n’a pas le pouvoir de fixer le prix du cacao, qui est déterminé par le marché mondial. Cependant, le pays pourrait augmenter les taxes à l’exportation sur le cacao pour générer davantage de recettes. Ce qui rendrait le produit plus cher pour les consommateurs.

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« C’est le consommateur final qui sera lésé », a déclaré Kouassi. La Côte d’Ivoire exporte entre 200 000 et 300 000 tonnes de cacao vers les États-Unis chaque année, selon les données du Conseil du café et du cacao (CCC). Kouassi a également déclaré que la Côte d’Ivoire chercherait à renforcer ses liens avec l’Union européenne afin de garantir que « si nos produits ne sont pas acceptés aux États-Unis, l’UE puisse les récupérer en totalité ».

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Gouvernance internationale- Africa Political Outlook, pour un changement de paradigmes

La 3ème Edition du Sommet de l’Africa Political Outlook, tenue les 25 & 26 mars 2025 à Bruxelles, a porté sur le thème « Nouveau Sud, Vieux Monde », ou « New South, Old World ».  Ce fut l’occasion de réaffirmer son rôle clé dans la redéfinition du nouvel ordre mondial.

Pendant deux jours, le Sommet Africa Political Outlook, a réuni dans la capitale belge, Bruxelles, décideurs politiques, économiques et multilatéraux. La rencontre qui portait surle thème « Nouveau Sud, Vieux Monde », ou « New South, Old World » a permis aux participants d’aborder les grands enjeux internationaux et s’y affirmer.

Au cours de cette 3ème Edition du Sommet de Bruxelles, le potentiel de l’Afrique à relever les défis mondiaux de sécurité alimentaire par l’innovation et le développement a été mis en exergue par S.E. Moses Vilakati, Commissaire de l’Union africaine pour l’Agriculture et le Développement rural, représentant le nouveau Président de la Commission de l’UA, S.E. Mahamoud Ali Youssouf. Il a aussi souligné dans son discours d’ouverture : « L’Afrique ne se contente pas de s’adapter aux transformations mondiales ; elle les façonne. »

L’urgente nécessité de réformer l’architecture financière internationale

Pour Camilla Brückner, Directrice du bureau du PNUD à Bruxelles, il est important de résorber l’écart préoccupant dans la réalisation des ODD, avec seulement 17 % des cibles actuellement en bonne voie à l’échelle mondiale. Elle a notamment appelé à combler ce déficit via « des mécanismes innovants attirant des investissements durables et garantissant un accès fiable à l’énergie – un levier essentiel pour faire progresser l’agenda des ODD ». De son côté, Dr. Rania Al-Mashat, ministre égyptienne de la Planification, du Développement économique et de la Coopération internationale, a fustigé la gouvernance des institutions financières mondiales. Le droit de vote, inversement proportionnel des pays en développement, représentant 75 % des membres du FMI, pour à peine 37 % des voix, est un déséquilibre à dépasser pour un véritable partage du pouvoir, a-t-elle ajouté.

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Par ailleurs, la souveraineté agricole, de la transition énergétique et de l’industrialisation durable ou le « Grand Bond Vert », ont été au cœur d’échanges riches. SE Al-Moustapha Kouyaté, Ambassadeur et Envoyé spécial du Président libérien Joseph Nyumah Boakai pour les investissements internationaux, a justement présenté la vision de son pays, le Libéria, pour l’agriculture. Il a alors signifié que le Fonds national pour l’agriculture réunit agriculteurs locaux, investisseurs et ressources publiques, pour atteindre l’autosuffisance agricole.

Un appel à un changement de paradigmes

Dans un contexte de profonds bouleversements du développement international, plusieurs intervenants ont appelé à un changement de paradigmes dans les relations Nord-Sud. Papa Amadou Sarr, directeur des partenariats à l’Agence française de développement, a déclaré : « L’Europe doit désormais changer de paradigme : investir, investir, investir. » Les représentants de l’Union européenne ont insisté sur la nécessité de dépasser la logique donateur-bénéficiaire, en valorisant l’initiative Global Gateway, qui mobilisera 150 milliards d’euros pour les infrastructures via des partenariats public-privé innovants.

Quant à Younous Omarjee, Vice-président du Parlement européen, il a défendu qu’il faut voir l’Afrique pour ce qu’elle est, à savoir un continent d’avenir, une puissance géopolitique en devenir, un acteur clé du XXIe siècle. De son avis, il ne faut plus jamais le voir, à travers le prisme dépassé de la condescendance ou du paternalisme.

A noter qu’à Bruxelles, des sujets sectoriels d’avenir, notamment le rôle de l’Afrique dans la course à l’intelligence artificielle (IA), ont aussi été abordés. Samson Itodo, membre du groupe de travail de l’Union africaine sur l’IA dans les domaines de la paix, de la sécurité et de la gouvernance, ainsi que Directeur exécutif de Yiaga Africa, ont partagé des exemples d’initiatives locales, exploitant l’IA pour améliorer la gouvernance. Dans la même veine, SE Bitenge Ndemo, ambassadeur, a lancé un appel passionné à accélérer l’adoption de l’IA en Afrique, soutenant : « Il faut insister sur le fait que nous devons exploiter l’IA pour avancer plus vite. ». Une IA, déjà utilisée sur le continent, notamment dans les secteurs de la santé, de l’agriculture et de l’éducation, a-t-il précisé.

Pour couronner le Sommet, le Prix Africa Political Outlook pour le Leadership, la Gouvernance et l’Impact a été remis à trois leaders pour leurs contributions significatives au progrès de l’Afrique dans les domaines de la paix, de la prospérité inclusive et du développement local. Les lauréats de cette année sont Myriam Dossou d’Almeida, Vice-présidente de l’Assemblée nationale du Togo et ancienne Ministre du Développement à la base, pour ses efforts dans l’élargissement de la couverture santé ; Dr. Rania Al-Mashat, Ministre égyptienne de la Planification, pour la promotion de la prospérité inclusive ; et Jean-Yves Ollivier, de la Fondation Brazzaville, pour son rôle historique dans la médiation ayant conduit à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud et à la résolution de conflits en République Démocratique du Congo.

Globalisation- Trump’s Tariffs pondèrent la tendance

La guerre commerciale, initiée par Donald Trump, est en train de ralentir et remodeler la mondialisation plutôt que de l’arrêter complètement. La tendance est à une plus grande prudence dans les chaînes d’approvisionnement, une diversification géographique et une prise en compte accrue des risques géopolitiques.

La mondialisation pourrait évoluer vers un modèle différent, potentiellement moins axé sur l’optimisation des coûts à tout prix et davantage sur la résilience, la sécurité et la régionalisation. Il est vrai que le président Donald Trump, qui avait fièrement brandi une longue liste de tarifs douaniers revus à la hausse, a fini par rétropédaler, reportant à 90 jours l’opérationnalité de ces mesures, excepté pour la Chine. Ces tarifs massifs, introduits par le président américain, comportent une taxe de 125 % sur les importations chinoises et des tarifs de 25 % sur des biens provenant du Canada et du Mexique (sauf pour les produits conformes à l’accord USMCA), ainsi qu’un tarif universel de 10 % sur presque tous les imports à partir du 5 avril 2025. Il s’agit de mesures, souvent justifiées par Trump comme une réponse à des pratiques commerciales « injustes » et à des préoccupations de sécurité nationale (comme le trafic de fentanyl ou l’immigration irrégulière) … Un moratoire de 90 jours vient d’être annoncé ! Le 47ème Président des Etats Unis d’Amérique a-t-il subi la pression des marchés et été sensibilisé par les grosses pertes, à coups de dizaines de milliards de dollars, de ses acolytes, magnats industriels ?

Un frein à la mondialisation  

Il est clair que l’interdépendance économique et les forces sous-jacentes, qui ont favorisé la mondialisation au cours des dernières décennies (technologie, avantages comparatifs, etc.), ne disparaîtront probablement pas complètement. Toujours est-il que la « fièvre » de la mondialisation pourrait diminuer. En témoigne, le lundi noir (7 avril 2025), vécu dans la majeure partie des places financières mondiales.  

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Certes le processus d’interconnexion globale continue de se transformer plutôt que de s’arrêter net, mais les actions futures des États et les stratégies des entreprises joueront un rôle crucial dans la trajectoire de la mondialisation.

A ce stade, on peut se demander quid de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ? La politique commerciale américaine a suscité des critiques pour leur incompatibilité avec les règles de l’OMC, notamment le principe de non-discrimination (article I du GATT 1994) et les engagements tarifaires (article II). Mais rappelons que les États-Unis ont bloqué le fonctionnement de l’Organe d’appel de l’OMC, en refusant de nommer des juges, paralysant ainsi le mécanisme de règlement des différends. De plus, Trump a utilisé des lois nationales, comme l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), pour contourner les obligations internationales, déclarant des « urgences nationales » pour justifier ses tarifs. L’OMC s’est retrouvée donc largement impuissante face à ces actions unilatérales.

Mme Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice générale de l’OMC, tente de préserver la pertinence de l’OMC, dans un contexte où Trump remet en cause les fondements du commerce multilatéral. L’organisation internationale lutte pour s’imposer face à la politique de la « loi du plus fort », menée par les États-Unis.

Mali : forte hausse des recettes aurifères sur fonds de conflit avec les miniers

Les recettes versées au Trésor par les sociétés minières ont atteint 835,1 milliards de francs CFA (1,40 milliard de dollars) l'année dernière, contre 547,6 milliards de francs CFA en 2023, selon un document officiel partagé avec Reuters. (Crédit : DR).

Les recettes de l’État malien provenant des sociétés minières aurifères ont bondi de 52,5 % l’an dernier, grâce à une augmentation des recettes fiscales et des versements de dividendes après l’entrée en vigueur du nouveau code minier, selon un document du ministère des Mines consulté par Reuters qui a relayé l’information.

Au Mali, les recettes de l’exploitation aurifère ont bondi de 52,5 % en 2024.  Le pays reste l’un des plus grands producteurs d’or d’Afrique et abrite des sociétés minières telles que Barrick Gold Resolute Mining, Endeavour Mining et Hummingbird Resources. Les recettes versées au Trésor par les sociétés minières ont atteint 835,1 milliards de francs CFA (1,40 milliard de dollars) l’année dernière, contre 547,6 milliards de francs CFA en 2023, selon un document officiel partagé avec Reuters. En 2023, le Mali a adopté un nouveau code minier qui permet à l’État d’accroître sa participation dans les concessions aurifères et de supprimer les exonérations fiscales accordées aux sociétés minières pendant leur phase d’exploitation. Selon le ministère, l’augmentation des recettes en 2024 est principalement due à l’introduction d’une fiscalité plus élevée par le nouveau code. Cette hausse des recettes de l’État intervient malgré une chute de 23 % de la production d’or industriel au Mali en 2024.

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Barrick Gold, premier producteur d’or du Mali, a suspendu ses activités sur son complexe de Loulo-Gounkoto à la mi-janvier 2025, après que le gouvernement militaire eut saisi trois tonnes de ses réserves d’or. Le gouvernement bloquait les exportations du complexe depuis début novembre. Un autre document du ministère des Mines, consulté par Reuters en mars, indiquait que le gouvernement prévoyait une légère reprise de la production d’or cette année. Cependant, ses estimations reposaient sur l’hypothèse d’une reprise des activités de Barrick en mars, ce qui n’a pas été le cas.

Les dangers d’un défaut de régulation audiovisuelle, en Afrique

A l’ère du Digital, créer un support médiatique devient très aisé. Cela explique la multiplication de supports médiatiques. La question, qui se pose, est « respectent-ils le cahier des charges ? ». Certes le régulateur, qui doit être en phase avec la garantie de la liberté de communication audiovisuelle, délivre les autorisations d’utilisations de fréquences radioélectriques pour la diffusion de chaines TV ou de radios, mais ses missions vont au-delà…

Au moment où, Mme Aichatou Sar Evans, dite Aicha Evans, CEO de Zoox, filiale de la Mobilité autonome chez Amazon, a créé un taxi-robot, que M. Maxwell Sangulani Chikumbutso invente hélicoptères à fonctionnement hybride, voitures électriques et drones, ou encore que M. Babacar Gning conçoive un générateur autonome, en Afrique des chaines TV ou YouTube, Radios, des journaux ou sites web, voire des comptes de réseaux sociaux, s’emploient à invectiver, insulter ou tenter de ternir l’image de marque de gouvernants et honnêtes citoyens, occupés à installer les bases d’un développement souverain et inclusif dans leurs pays respectifs.

Il n’est pas rare que des plateaux de TV se transforment en ring de boxe… C’est à se demander si l’Afrique a tiré les leçons de l’histoire récente ! Suivez mon regard ! Les relents de la Radio des Mille Collines au Rwanda restent nauséabonds ! Combien de médias communautaires ignorent volontairement le respect du pluralisme politique qui assure une représentation des différents courants d’expression socioculturels ? Pourtant dans tous les pays africains, il s’agit là d’un principe constitutionnel essentiel dans le cahier des charges.

Au diable les mauvaises langues!

S’il est vrai que le régulateur doit jouer pleinement son rôle de gendarme, là où le bât blesse, c’est dans le non-respect des personnes et du public, de la régulation technique et économique du secteur, de la cohésion sociale…   Quant au respect de la protection des mineurs, du traitement de l’information, de l’annonce des spots publicitaires, de représentation de la société… c’est une autre paire de manches.

Afin d’éviter une inadéquation, la régulation doit s’adapter aux mutations technologiques et socio-économiques, à l’ère de l’IA.  Face à un secteur de plus en plus fragmenté, avec des TPE, dominées par des grands comptes, des faiblesses structurelles de la production audiovisuelle peuvent apparaître. A cela s’ajoutent les géants du streaming et la menace de la souveraineté culturelle et son corollaire d’affaiblissement de la diversité et l’influence culturelle locale.

Vivement une régulation audiovisuelle pertinente, face aux changements. Elle pourrait ainsi structurer les données d’audience (Audimétrie) dans un secteur confronté à des obstacles majeurs pour protéger la souveraineté culturelle et soutenir un écosystème de production durable.

Afrique – USA : après la hausse des droits de douanes, l’AGOA menacé

L’Afrique est aussi la cible de la hausse des droits de douane imposé par le président américain Donald Trump. Des mesures qui risquent de mettre fin à l’AGOA, l’un des programme phare des USA. (Crédit : Reuters)

Trump exécute sa promesse électorale. Le président américain a décidé d’imposer des droits de douane drastiques sur la plupart des marchandises importées aux États-Unis. Une mesure étendue aux pays africains bénéficiant de l’AGOA. Un programme commercial phare des États-Unis pour le continent.

L’Afrique est aussi la cible de la hausse des droits de douane imposé par le président américain Donald Trump. Des mesures qui risquent de mettre fin à l’AGOA, l’un des programme phare des USA. Les analystes relayés par nos confrères de Reuters estiment que ces nouveaux droits de douane laissent penser que le renouvellement de cette initiative, connue sous le nom d’African Growth and Opportunity Act (AGOA), est extrêmement improbable.  L’AGOA est une initiative commerciale américaine adoptée en 2000 sous l’ancien président Bill Clinton afin de renforcer les liens commerciaux avec l’Afrique subsaharienne et d’aider les pays africains à développer leurs économies.

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Elle offre un accès en franchise de droits au marché américain pour des milliers de produits, notamment les véhicules automobiles et leurs pièces détachées, les textiles et les vêtements, les minéraux et les métaux, les produits agricoles et les produits chimiques exportés par les pays africains éligibles. Elle a été renouvelée deux fois et expirera en septembre 2025. Environ 35 pays africains sont actuellement éligibles. Les pays peuvent perdre ou regagner leur éligibilité en fonction de critères tels que les politiques économiques et la protection des droits de l’homme. Plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, Madagascar et l’Éthiopie, ont utilisé avec succès l’AGOA pour stimuler leurs exportations vers les États-Unis, stimuler leur industrialisation et créer des emplois, notamment dans les secteurs du textile, de l’automobile et des minéraux, dont le pétrole brut. Les États-Unis en tirent profit en favorisant leurs intérêts sur le continent. Ils ont également accès à des minéraux essentiels et à des opportunités d’investissement. Les pays qui compromettent la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des États-Unis ne sont pas éligibles à l’AGOA. Les législateurs américains la considèrent comme un important outil de soft power, notamment pour contrer l’influence chinoise. Des secteurs tels que l’industrie automobile sud-africaine, ainsi que les secteurs de l’habillement au Kenya et au Lesotho, seraient les plus durement touchés par une hausse soudaine des droits de douane ou le non-renouvellement de l’AGOA.

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