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Chronique- Quelle passerelle entre pharmacie et pharmacopée en Afrique

En Afrique, la complémentarité entre la pharmacie moderne (biomédecine) et la pharmacopée traditionnelle ne relève plus seulement de la survie, mais d’une stratégie de santé publique intégrée. Bien que longtemps opposées, ces deux approches convergent aujourd’hui pour former un système de soins hybride.

Pour un grand nombre de pays africains, la dénomination du substantif « médicament », en les langues locales, recoupe « plante, arbre ». Ceci augure du potentiel énorme de la pharmacopée. Aussi, si la pharmacie moderne peut se targuer d’atouts, tels que précision, standardisation, réponse aux urgences, la pharmacopée traditionnelle se met en exergue par son accessibilité, son acceptabilité culturelle et son approche holistique. Néanmoins, l’une et l’autre présentent quelques limites.Au manque de dosage précis et aux risques de toxicité si non contrôlée de cette pharmacopée font face comparativement les coûts élevés et d’éventuelles ruptures de stocks, compte tenu d’une industrie pharmaceutique balbutiante qui impose par endroits des importations.

Toujours est-il qu’une certaine complémentarité peut être développée. Elle s’articulerait autour du «Médicament Traditionnel Amélioré » (MTA), sorte de pont scientifique, de cadres réglementaires (Vision 2025-2026), d’un meilleur accès, et d’une meilleure collaboration des tradipraticiens et pharmaciens.

Le MTA, exemple le plus concret de synergie, peut servir de pont scientifique. En effet, le MTA utilise le savoir ancestral (choix des plantes) et l’applique aux standards de la pharmacie moderne. Il formule des dosages précis, des tests de toxicité. Elle réalise des formes galéniques, comme les gélules ou sirops. L’objectif avoué est de rendre les remèdes traditionnels plus sûrs et reproductibles. Fort heureusement, des pays comme le Mali, le Burkina Faso ou le Bénin ont intégré certains MTA dans leurs listes de médicaments essentiels, disponibles en officine.

Une complémentarité d’accès et de coût

La pharmacie moderne et la pharmacopée se répartissent souvent le rôle de premier recours, selon le contexte. Pour environ 80 % de la population africaine, la pharmacopée reste la première porte d’entrée, en raison de son coût abordable et de sa disponibilité géographique immédiate (herboristes locaux). Parallèlement, la pharmacie moderne prend souvent le relais pour les urgences chirurgicales, les infections bactériennes graves ou les pathologies complexes, nécessitant des équipements de pointe.

En termes de collaboration des acteurs (tradipraticiens et pharmaciens), l’OMS encourage désormais une collaboration formelle. Dans plusieurs pays, tels que le Burundi, la Côte d’Ivoire… des protocoles sont mis en place, afin que les tradipraticiens orientent les cas graves vers les hôpitaux, et que les médecins respectent le recours culturel des patients. Un tel système d’orientation reste primordial.

R&D et cadres réglementaires (Vision 2025-2026)

Relativement à la Recherche et Développement, Prometra (Promotion of Medecine and Treatment from Africa) réalise une œuvre colossale, notamment au Sénégal avec le Dr Erick Gbodossou. Prometra est une organisation internationale, vouée à la préservation et à la restauration de la médecine traditionnelle africaine et des sciences autochtones. Elle constitue un institut de recherche scientifique et culturelle, un centre de pratique médicale et un instrument d’intégration africaine et de relations internationales.

C’est de bonne guerre. Les laboratoires pharmaceutiques modernes s’appuient sur l’ethnobotanique pour identifier de nouvelles molécules actives. C’est la « bioprospection », où le savoir traditionnel sert de guide à l’innovation moléculaire. Nos facultés de pharmacie doivent promouvoir les travaux dans cette direction.  

La Vision 2025-2026 appuie l’instauration de cadres réglementaires. Le paysage évolue avec des structures officielles. Des directions nationales sont érigées. Presque tous les ministères de la Santé disposent désormais d’une direction dédiée à la médecine traditionnelle. Aux niveaux régional et international, l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS) publie des volumes de la Pharmacopée de l’Afrique de l’ouest, codifiant les plantes pour qu’elles soient reconnues scientifiquement par les pharmaciens. Le cas de Prometra, évoqué plus haut, reste un exemple patent. À la 8ème Edition du Forum Galien, placée sous le thème « Souveraineté Médicamenteuse en Afrique », fin décembre 2025, Mme Flora Salikhova, directrice exécutive de l’ONG, n’a pas manqué de souligner l’importance de la légalisation de la médecine Africaine comme préalable à cette souveraineté

Finance : l’Egypte encaisse un financement de plusieurs milliards US du Qatar

L'Égypte a reçu 3,5 milliards de dollars dans le cadre d'un accord de développement soutenu par le Qatar pour un projet immobilier et touristique de luxe sur sa côte méditerranéenne. (Crédit : DR).

L’Égypte reçoit 3,5 milliards de dollars dans le cadre d’un accord de développement sur sa côte méditerranéenne soutenu par le Qatar. Cette annonce marque une étape majeure dans la coopération économique entre Le Caire et Doha. Le versement confirmé par le gouvernement égyptien ce mardi 30 décembre 2025, constitue la première tranche financière d’un mégaprojet qui vise à transformer la côte nord-ouest de l’Égypte.

L’Égypte a reçu 3,5 milliards de dollars dans le cadre d’un accord de développement soutenu par le Qatar pour un projet immobilier et touristique de luxe sur sa côte méditerranéenne. Cet accord s’inscrit dans le cadre de l’engagement d’investissement de 7,5 milliards de dollars de Doha envers Le Caire, a indiqué mardi un communiqué du gouvernement. Cette annonce marque une étape majeure dans la coopération économique entre Le Caire et Doha. En effet, le versement de 3,5 milliards de dollars, confirmé par le gouvernement égyptien ce mardi 30 décembre 2025, constitue la première tranche financière d’un mégaprojet qui vise à transformer la côte nord-ouest de l’Égypte.

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Le développement se concentre sur la région d’Alam El-Roum (et Samla), située dans le gouvernorat de Matrouh. Ce projet pharaonique prévoit un investissement total d’environ 29,7 milliards de dollars à terme,sur une superficie de plus de 2 000 hectares (20 millions de m²) le long de 7,2 km de littoral. Ces infrastructures comprennent des complexes résidentiels de luxe, des marinas internationales, des terrains de golf, des hôtels, ainsi que des établissements éducatifs et gouvernementaux. L’accord ne se limite pas au paiement initial pour le terrain. Il repose sur un partenariat stratégique entre l’Autorité égyptienne des nouvelles communautés urbaines (NUCA) et la société Qatari Diar. La tranche de 3,5 milliards $ reçue en décembre 2025 correspond à la valeur du terrain et constitue un investissement direct étranger (IDE). L’Égypte recevra des unités résidentielles d’une valeur de 1,8 milliard de dollars lors de leur vente et percevra 15 % des bénéfices nets du projet une fois que les coûts d’investissement auront été récupérés par le Qatar.

Contexte Stratégique

Ce projet s’inscrit dans la lignée de l’engagement de 7,5 milliards de dollars pris par le Qatar envers l’Égypte pour soutenir son économie. Il fait suite à d’autres investissements massifs dans la région, comme le projet émirati de Ras Al-Hekma, et vise à attirer les devises étrangères tout en créant, selon les estimations, environ 250 000 emplois.

Chronique- Bénéfices de l’industrie de l’IA à l’Afrique

L’industrie de l’intelligence artificielle (IA) représente un levier de transformation majeur pour l’Afrique. Bien que le continent soit face à des défis d’infrastructure, l’IA permettrait de « sauter des étapes » technologiques, faire le fameux leapfrogging, pour répondre à des problématiques locales urgentes.

L’IA pourrait ajouter jusqu’à 1 500 milliards de dollars au PIB de l’Afrique d’ici 2030 si le continent parvient à capter seulement 10 % du marché mondial de l’IA. Il y a en effet un certain nombre de secteurs principaux où l’IA pourrait avoir l’impact le plus significatif. Au préalable, l’Afrique devra relever trois défis majeurs, à savoir la souveraineté des données, un accès à une électricité stable et à une connexion internet haut débit mais aussi à une IA frugale.

Pour asseoir une souveraineté des données, il faudra que les Etats africains évitent que les données africaines ne soient exploitées uniquement par des géants technologiques étrangers sans retour local. Quant à une IA frugale, elle requiert de développer des modèles moins gourmands en énergie et en puissance de calcul, adaptés aux réalités techniques du continent.

Principaux secteurs bénéficiaires

Dans le secteur primaire, qui emploie plus de 60 % de la population active africaine, l’IA pourrait aider à une agriculture de précision. La résultante serait de transformer ce secteur de la subsistance vers la productivité, avec une optimisation des récoltes, une meilleure gestion des ressources et des prévisions climatiques plus précises. Il est avéré qu’en Agritech, des capteurs intelligents et l’imagerie satellite analysent la santé des sols et prédisent les rendements. Aujourd’hui des algorithmes optimisent l’irrigation et l’usage des engrais, réduisant les coûts pour les petits exploitants. Par ailleurs, l’IA permet d’anticiper les sécheresses ou les invasions de nuisibles et autres adventices (comme les criquets), protégeant ainsi la sécurité alimentaire.

Dans le domaine de la santé et du diagnostic médical, les régions où le nombre de médecins par habitant est faible, l’IA comble des lacunes critiques, permettant des diagnostics à distance, avec une précision de niveau expert, la gestion des épidémies (modélisant et anticipant la propagation de maladies infectieuses), une optimisation des chaînes d’approvisionnement pour éviter les ruptures de stock de vaccins et de médicaments essentiels (HealthTech).

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Concernant la Fintech, l’industrie de l’IA est promotrice de l’inclusion financière. Elle est capable de révolutionner l’accès aux services bancaires pour les populations non bancarisées. Aux scores de crédit alternatif, s’ajoute la lutte contre la fraude. A ceux qui n’ont pas d’historique bancaire, l’IA analyse l’activité sur téléphone mobile pour évaluer la solvabilité et accorder des micro-prêts. En outre, elle permet la sécurisation des transactions mobiles, pilier de l’économie numérique dans des pays, tel que le Kenya ou le Nigeria.

Avec des plateformes qui réalisent des traductions automatiques, l’IA aide à surmonter les barrières linguistiques et éducatives. Des tuteurs intelligents s’adaptent au rythme de chaque élève, particulièrement utile dans les classes surchargées. Fort utile dans l’apprentissage personnalisé, une telle industrie concourt à la préservation des langues. L’IA permet d’intégrer les langues africaines (Swahili, Wolof, Amharique, etc.) dans les outils numériques, facilitant l’accès aux services publics et à l’information pour tous.

Banque BCID-AES : les pays de l’AES franchissent une nouvelle étape de leur coopération

Une promesse devenue réalité pour les trois présidents de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Les présidents Assimi Goïta du Mali, Abdourahamane Tiani du Niger et Ibrahim Traoré du Burkina Faso ont procédé, ce 23 décembre 2025, à l’inauguration de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). (Crédit : DR).

Les trois du Sahel le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté avec fracas la CEDEAO en 2024 et ont depuis lancé plusieurs projets communs politiques, sécuritaires et financiers. L’un des scrutés a été la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES) qui vient d’être inauguré à Bamako. Une infrastructure bancaire régionale dont les prochaines étapes de la consolidation seront décisives pour assoir sa crédibilité.

Une promesse devenue réalité pour les trois présidents de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Les présidents Assimi Goïta du Mali, Abdourahamane Tiani du Niger et Ibrahim Traoré du Burkina Faso ont procédé, ce 23 décembre 2025, à l’inauguration de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES).  Cette banque sous-régionale d’investissement démarre avec un capital initial de 500 milliards FCFA, soit près de 900 millions de dollars américains. La banque condérérale a pour mission de mobiliser les ressources souveraines et de financer des projets prioritaires dans les trois États membres de l’AES.

« Le capital social de la BCID-AES a déjà été validé par le Conseil des Gouverneurs, composé des trois Ministres des Finances », précise néanmoins le centre d’information gouvernemental du Mali. Et d’ajouter : « Une partie de ce capital est déjà libérée par les États fondateurs, et un prélèvement confédéral contribuera à l’alimenter durablement », ont annoncé les pays de l’Alliance début décembre.

La coupure symbolique de ruban par les trois chefs d’État de la Confédération, qui a eu lieu le 23 décembre a marqué le démarrage officiel des activités de cet instrument financier endogène, créé pour soutenir les projets économiques et infrastructurels majeurs au sein de l’espace confédéral. Ces projets couvrent plusieurs secteurs structurants, notamment les infrastructures routières et le désenclavement, l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’énergie et les interconnexions régionales, ainsi que l’appui aux entreprises privées,selon nous renseigne la page Facebook de la Présidence du Faso. C’est le 11 décembre dernier que l’Alliance des États du Sahel (AES) a officiellement franchi une nouvelle étape dans sa stratégie d’intégration avec la création juridique de sa Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). Les statuts de cette institution financière, destinée à financer les projets économiques et infrastructurels du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ont été validés et signés par les trois États membres, concrétisant une initiative annoncée depuis plusieurs mois comme l’un des piliers du projet confédéral sahélien. La nouvelle structure bancaire se veut le bras financier du bloc, la nouvelle banque a vocation à mobiliser des ressources souveraines et à financer des projets jugés prioritaires par les trois capitales, dans des secteurs considérés comme structurants.  

La BCID-AES à l’épreuve de la crédibilité

Après la rupture avec la CEDEAO, la BCID-AES a été conçu comme l’outils politique et financier dédié à la concrétisation des projets des pays fondeurs du Sahel. A la base la banque sahélienne a les mêmes prérogatives que les banques régionales de développement à savoir la BDEAC en Afrique centrale et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Après les statuts, les experts de l’AES vont se pencher ensuite sur la mise en œuvre du cadre gouvernemental et managerial impliquant le choix des dirigeants de la banque. Ces prochaines étapes où les pays devront également clarifier les modalités de mobilisation de ressources additionnelles et des partenariats solides et crédibles seront décisives.

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Chronique- Les villes de demain et la sauvegarde des écosystèmes en Afrique

L’Afrique connaît la croissance urbaine la plus rapide au monde. D’ici 2050, plus d’un milliard d’Africains vivront en ville. Ce défi immense est aussi une opportunité. Il s’agira de construire des « villes de demain » qui ne détruisent pas les écosystèmes, mais s’appuient sur eux pour garantir leur propre survie face au changement climatique.

Le continent africain s’urbanise de plus en plus. Fort heureusement, ce vaste continent peut surfer sur des expériences précédentes. Toutefois, la ville de demain en Afrique ne doit pas être une pâle copie des modèles occidentaux. Je plaide pour une réinvention qui valorise le patrimoine naturel local. Pour le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), « la solution est entre nos mains ». Le fait de construire aujourd’hui des infrastructures résilientes déterminera la qualité de vie pour les siècles à venir. Plusieurs piliers et initiatives, qui dessinent ce futur urbain durable, existent.

Concrètement, il est possible de prendre la nature comme infrastructure. On parle alors de « Solutions Fondées sur la Nature » ou SFN. Plutôt que de compter uniquement sur le béton, des villes africaines commencent à intégrer les écosystèmes dans leur planification. Les exemples ne manquent pas. À Kampala en Ouganda, la gestion des inondations se fait dans ce sens. Le marais de Nakivubo est protégé pour sa capacité naturelle à filtrer les eaux usées et à absorber les crues. Sa valeur économique, en services de purification, est estimée à plus de 2 millions de dollars par an.

A Kigali au Rwanda, le Plan directeur 2050 prévoit la restauration massive des zones forestières et des zones humides pour rafraîchir la ville et restaurer la biodiversité. C’est une régulation thermique qui fait que la reforestation urbaine puisse aider à lutter contre les « îlots de chaleur ».

Par le procédé de recharge des nappes phréatiques, la ville de Dire Dawa en Éthiopie, avec le projet SUNCASA, arrive à réhabiliter plus de 800 hectares avec des espèces locales et sécuriser l’approvisionnement en eau.

Dans la capitale économique du Maroc, Casablanca, de grands collecteurs pour la gestion des eaux de ruissellement ont été érigés, à travers de vastes galeries souterraines sur près 4 km jusqu’à l’océan, sans détruire un foncier densément peuplé.

Economie circulaire et agriculture urbaine ou agroécologie

La tendance lourde qui se dessine est que les écosystèmes urbains de demain visent l’autosuffisance et la réduction de l’empreinte environnementale.

Le Programme Villes Vertes de la FAO aide des villes, comme Praia au Cap Vert ou Nairobi au Kenya, à intégrer l’agriculture urbaine et périurbaine. L’objectif est de réduire les distances de transport alimentaire, tout en verdissant les espaces.

Des projets de bioéconomie circulaire à Dakar au Sénégal ou à Abidjan en Côte d’Ivoire permettent la transformation des déchets organiques, en compost ou en énergie (biogaz) émergent, pour éviter la pollution des sols et des cours d’eau.

Mobilité multimodale

Mobilité et urbanisme vont de pair. Pour les Smart Cities, il est question de « Sortir du tout-voiture ». La sauvegarde des écosystèmes passe par une réduction drastique de la pollution de l’air et de l’étalement urbain. Des initiatives durables à fort impact écologique existent. Dans la capitale sénégalaise, le BRT (Bus Rapid Transit) 100% électrique a eu pour objectifs de réduire les émissions de GES et le bruit. Un métro léger et des bus électriques multimodaux à Casablanca et à Addis Abeba limitent la dépendance aux énergies fossiles. Et à Antananarivo à Madagascar, Téléphérique éco-responsable facilite le franchissement de reliefs sans détruire le foncier dense.

Les enjeux

Malgré ces initiatives, la route reste semée d’embûches. Il est primordial de tracer et respecter les schémas directeurs de villes, surtout nouvelles. Un transport multimodal à fort impact écologique et durable, qui crée par ailleurs des embouteillages monstres, nuit autant qu’il apporte du progrès.

Un autre handicap a trait au financement. Les villes d’Afrique au sud su Sahara ne reçoivent actuellement que 4 % des financements mondiaux nécessaires pour l’action climatique urbaine.

La lutte contre une urbanisation informelle, alimentée par un exode rural un manque d’initiatives pour valoriser les terroirs, reste un écueil à surmonter. Une grande partie de la croissance se fait sans planification, menaçant directement les forêts et zones humides périphériques.

Des sites paradisiaques (îles du Delta du Saloum) qui ne demandent qu’un minimum d’investissement en utilités (eau, électricité, assainissement, logistique…) sont souvent ignorés, voire acquis par des prédateurs fonciers pour vils prix… En termes de gouvernance, il est nécessaire en Afrique d’harmoniser les lois foncières avec la protection de la biodiversité.

Guinée : La méga-mine de Simandou licencie

Après un accord de plus de 300 millions de dollars signé la semaine dernière, Conakry discute désormais avec le géant suisse Glencore des matières premières d'investissements dans le raffinage d'alumine et l'énergie. (Crédit : DR).

En Guinée, l’entrée en production de la méga-mine de fer Simandou s’accompagne de licenciements massifs de travailleurs ayant opéré sur des infrastructures aujourd’hui achevées, accentuant les risques de pauvreté et de troubles sociaux. Les autorités guinéennes annoncent des projets d’infrastructures pour absorber le flux de travailleurs licenciés.

Après plus de trois décennies de retard, le méga-projet minier de Simandou, en Guinée, présenté par le gouvernement de Mamady Doumbouya comme un symbole de la transformation économique du pays, licencie des milliers de travailleurs au moment même où il commence à exporter du minerai de fer après des décennies de retards et de scandales de corruption. Simandou est la plus grande réserve inexploitée de minerai de fer au monde et la Guinée est le premier exportateur mondial de bauxite, utilisée dans la production d’aluminium. Le projet vise une production annuelle d’environ 120 millions de tonnes de minerai de fer, soit environ 7 % de la demande mondiale. La méga-mine a été inaugurée en grande pompe, en novembre juste avant les élections présidentielles prévues le 28 décembre prochain, les premières depuis le coup d’État militaire de 2021 qui a porté Mamady Doumbouya au pouvoir. Ce dernier reste favori à cette élection qui lui permettra de rester au pouvoir jusqu’en 2032.  

Simandou : c’est plus de 60 000 postes d’emplois

Le projet est géré par deux consortiums – l’un dirigé par Rio Tinto (RIO.L), ouvre un nouvel onglet, (RIO.AX), ouvre un nouvel onglet et l’autre par le Winning Consortium Simandou, ou WCS, composé principalement d’entreprises chinoises. Selon les statistiques officiels, le projet a atteint son pic d’emplois entre 2024-2025 avec plus de 60 000 emplois créés. Plusieurs chantiers ont été lancés en parallèle pour respecter les délais officiels. A termes, Simandou devrait garder près de 15 000 emplois pour l’exploitation des mines, des ports et de la ligne ferroviaire de 670 kilomètres (416 miles) construite spécialement pour permettre l’exportation depuis ce projet enclavé.

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A la veille de l’inauguration de la mine en novembre, le ministre des Mines, Bouna Sylla, a déclaré au média que pour compenser les pertes d’emplois l’Etat va mettre en place des projets gouvernementaux avec de nouvelles infrastructures, notamment des routes, des raffineries et des centrales électriques, sans toutefois préciser de calendrier. Afin de créer des milliers d’emplois, le gouvernement guinéen a présenté  » Simandou 2040″. C’est une stratégie sur 15 ans visant à diversifier l’économie du pays grâce à des investissements dans l’agriculture, l’éducation, les transports, les technologies, la finance et la santé pour l’ensemble de la population. Le coût estimé du plan, à 200 milliards de dollars, serait partiellement financé par les recettes minières, même s’il a précisé que l’essentiel du financement devrait provenir de capitaux privés.

Chronique- Petits réacteurs nucléaires, leapfrog énergétique de l’Afrique

Dans un contient où l’uranium est abondant, les petits réacteurs nucléaires ou SMR (Small Modular Reactors) représentent une solution particulièrement adaptée. Ils répondent à trois défis majeurs du continent, à savoir le manque d’infrastructures de réseau, le besoin d’industrialisation délocalisée et le stress hydrique.

Contrairement à un réacteur classique, très onéreux (plus de 10 milliards €), qui nécessite une emprise au sol très grande, et exige d’importants besoins en eaux, donc une proximité de fleuve ou côte maritime, les petits réacteurs nucléaires ou SMR coûtent entre 500 millions à 3 milliards €, ne prennent que peu de place et ont un très faible besoin en eaux, pouvant être refroidis par air. D’ores et déjà, plusieurs pays, dont le Ghana, le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud, ont déjà intégré les SMR dans leurs feuilles de route énergétiques à l’horizon 2030-2035.

Ces Etats ont bien raison, dans la mesure où ces SMR peuvent transformer le paysage énergétique en Afrique. Ils sont particulièrement adaptés aux réseaux électriques fragiles.C’est d’autant plus juste quela plupart des pays africains se démènent avec des réseaux électriques dont la capacité totale est limitée, souvent moins de 5 GW. En outre, avec une puissance de 10 à 300 MW, les SMR s’intègrent facilement sans exiger une modernisation massive et coûteuse des lignes haute tension. On peut ajouter des modules, un par un, suivant la croissance de la demande. A cela, s’ajoute le problème des grandes centrales. En effet,installer un réacteur classique de 1 500 MW sur un petit réseau risquerait de le déstabiliser ou de provoquer des pannes générales, à chaque maintenance.

Désenclavement des zones isolées et industrialisation

Les immenses zones rurales ou minières, non raccordées au réseau central en Afrique, pourraient bénéficier de l’alimentation des mines ou implanter de micro-réseaux régionaux. Il est admis que les industries extractives consomment énormément d’énergie. Un SMR peut être installé directement sur site pour fournir une électricité stable et bas-carbone, remplaçant les coûteux et polluants générateurs diesel.

Par ailleurs, ces petitsréacteurs nucléaires permettent de créer des îlots énergétiques pour des villes moyennes ou des zones agricoles, sans attendre le déploiement de milliers de kilomètres de câbles, depuis les grandes métropoles.

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Au-delà de la distribution d’énergie électrique, des applications non-électriques, telles que le traitement de l’eau, la cogénération industrielle… En effet, la valeur ajoutée des SMR en Afrique dépasse la simple production d’électricité. Des pays, tels que l’Égypte ou la Namibie, qui font face à une pénurie d’eau, peuvent utiliser la chaleur produite par un SMR pour alimenter directement des usines de dessalement thermique à un coût très compétitif.

En termes de cogénération industrielle, la vapeur produite peut servir à transformer localement des matières premières (agro-industrie, chimie…), favorisant l’industrialisation sur place, plutôt que l’exportation de produits bruts.

Last but not least, parce que l’investissement initial d’une centrale nucléaire classique reste un frein majeur pour nombre de budgets nationaux africains, les SMR, pouvant être fabriqués en usine et transportés sur site (modu-fabrication), réduisent les délais de construction sur 3 à 5 ans contre 10 ans et plus pour le conventionnel. De surcroît le risque financier est moindre.Le coût total par projet est beaucoup plus faible, ce qui facilite l’accès aux financements en partenariats public-privé (PPP).

L’Afrique du Sud : l’assouplissement de la loi sur la propriété balise la voie aux investisseurs étrangers

Solly Malatsi, Ministre Sud-Africain des Communications et des Technologies Digitales. (Crédit : DR)

L’Afrique du Sud a assoupli les règles de propriété, ouvrant la voie à Starlink et à d’autres opérateurs étrangers. Les révisions juridiques proposées depuis plusieurs mois s’étaient heurtées à la résistance de quelques formations politiques, redoutant de favoriser par cette mesure le monopole des grands groupes internationaux dans le secteur des télécommunications.

La nation arc-en-ciel a apporté des modifications à son règlement régissant la participation des Noirs au capital des entreprises locales, à la suite d’une directive du ministre des Télécommunications. Cette mesure pourrait ouvrir la voie à l’implantation dans le pays de fournisseurs d’accès internet par satellite, dont Starlink d’Elon Musk. Au cours de l’année 2024, SpaceX, la maison mère de Starlink, a écrit à l’ICASA, l’autorité de régulation des télécommunications, pour signaler que la législation locale en matière d’actionnariat constituait un obstacle majeur et qu’il convenait de revoir le seuil de 30 % de participation requis pour l’obtention d’une licence. La loi sud-africaine sur les communications électroniques exige des titulaires de licences de communications à capitaux étrangers qu’ils cèdent 30 % du capital de leurs filiales locales à des groupes historiquement défavorisés – une disposition critiquée par Starlink et d’autres entreprises.

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Dans sa déclaration de politique générale publiée vendredi au Journal officiel, le ministre des Communications, Solly Malatsi, a indiqué que les programmes d’investissement dits « équivalents en fonds propres » dans le secteur devraient être pris en compte dans les objectifs d’émancipation. Ces modifications réglementaires permettront aux entreprises de communications, dont Starlink, de s’affranchir de l’exigence des 30 % de participation, en reconnaissant plutôt les investissements dans des domaines tels que les infrastructures numériques.

« Cette orientation politique finale renforce la nécessité d’une égalité réglementaire. Elle ne favorise aucune entité, ne contourne pas la loi sur les communications électroniques et n’entrave pas la transformation », a précisé Malatsi.

Derrière cette adaptation juridique, se cache la volonté de contribuer à attirer davantage d’investissements, à soutenir une transformation significative et à améliorer la vie des Sud-Africains, en particulier ceux des zones rurales et des communautés mal desservies qui n’ont toujours pas accès à l’internet haut débit, selon le ministre des Télécommunications. Ces révisions proposées initialement il y a 6 mois ont essuyé de nombreux critiques de l’opposition, mais ont finalement été jugé favorablement par la majorité des groupes politiques.

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Mines : La RDC révise de nouveau son dispositif pour l’exportation du cobalt

Depuis le 1er juillet, les producteurs congolais sont dans l'impossibilité d'enregistrer leurs déclarations d'exportation sur la plateforme douanière. (Crédit : DR).

Le Congo instaure un certificat de vérification de quota obligatoire pour les exportations de cobalt. Les exportateurs doivent s’acquitter d’une redevance de 10 % dans les 48 heures suivant la réception de la facture.   Mais des incertitudes demeurent quant aux nouvelles règles et sanctions potentielles.

Le Congo impose de nouvelles conditions à l’exportation pour maintenir son contrôle sur le cobalt, selon les informations de Reuters en provenance d’un circulaire du gouvernement. D’après une circulaire gouvernementale, le Congo a instauré de nouvelles conditions pour les exportateurs de cobalt, ce qui pourrait compliquer le système de quotas récemment mis en place, le pays cherchant à contrôler étroitement l’approvisionnement en ce minerai essentiel à la fabrication des batteries. La circulaire indique que ces nouvelles conditions imposent notamment aux mineurs de verser une redevance de 10 % dans les 48 heures et d’obtenir un certificat de conformité. La République démocratique du Congo a remplacé en octobre une interdiction d’exportation en vigueur depuis des mois par un système de quotas, dans le but d’accroître les recettes de l’État et de renforcer le contrôle dans un pays qui produit plus de 70 % du cobalt mondial, un composant essentiel des batteries de véhicules électriques. Aucun envoi n’a été effectué depuis la levée de l’interdiction, les producteurs cherchant à obtenir des éclaircissements et à se conformer à la réglementation, comme l’a précédemment rapporté Reuters.

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La circulaire conjointe des ministères des Mines et des Finances, datée du 26 novembre, définit les procédures à suivre pour les exportateurs, notamment la vérification obligatoire des quotas, l’échantillonnage conjoint, la pesée et le scellage des lots, ainsi que la délivrance d’un nouveau certificat de vérification des quotas (AVQ) par l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (ARECOMS). L’AVQ doit accompagner les documents d’exportation, ainsi qu’une liste de contrôle des certificats délivrés par différents organismes. Ces règles sont entrées en vigueur immédiatement. Les exportateurs doivent également s’acquitter d’une redevance minière de 10 % sur les quotas alloués dans les 48 heures suivant le dépôt des déclarations d’origine et de vente, et obtenir un récépissé de dédouanement. Toutes les cargaisons de minéraux feront l’objet d’inspections physiques et seront soumises à un contrôle interministériel, précise la circulaire. Les ministères des Mines et des Finances, ainsi que la Chambre des mines du Congo, n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Incertitude des exportateurs face aux règles peu claires

Le Congo a alloué 18 125 tonnes de quotas d’exportation pour le quatrième trimestre 2025 et prévoit 96 600 tonnes par an à partir de 2026. Les principaux producteurs, les Chinois CMOC et Glencore, ont reçu les quotas les plus importants, tandis qu’ARECOMS a conservé une réserve stratégique de 10 %. Le Congo a averti que le non-respect de la réglementation pourrait entraîner de lourdes sanctions, y compris le retrait des licences. Un dirigeant du secteur minier, qui a requis l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet, a déclaré qu’une grande incertitude planait sur les nouvelles conditions.

L’analyste Duncan Hay, de Panmure Liberum, a déclaré dans les colonnes de Reuters : « L’évolution constante de la réglementation congolaise en matière d’exportation ne laisse aucune certitude. Les demandes de redevances de dernière minute et la complexité des formalités administratives maintiendront la volatilité des exportations et des prix. »

Le cobalt se négocie actuellement autour de 24 dollars la livre, soit 52 910 dollars la tonne, contre 16 dollars la livre, soit 35 275 dollars la tonne en août. Les prix sont en hausse depuis leur plus bas niveau en neuf ans, atteint autour de 10 dollars la livre en février, lors de l’instauration de l’interdiction d’exportation. Le Congo, également un important fournisseur de cuivre, met en œuvre des réformes pour mieux contrôler sa vaste production minière.

Mine : Le Mali recouvre 1,2 milliards US d’impayés grâce à son nouveau code minier

Barrick Mining a signé une nouvelle convention collective avec les syndicats représentant les travailleurs de Loulo-Gounkoto, son complexe aurifère situé dans l'ouest du Mali.

Les caisses publiques maliennes ont encaissé 1,2 milliard de dollars d’arriérés auprès des mineurs et espèrent des recettes annuelles exceptionnelles grâce au code minier de 2023. Les importants recouvrements ont été rendus possibles par un audit révélateur d’irrégularités. Le nouveau code minier devrait augmenter les recettes annuelles de 586 milliards de francs CFA.

Au Mali, la compagnie minière Barrick Gold règle son différend et adopte le nouveau code minier. Le pays a recouvré 761 milliards de francs CFA (1,2 milliard de dollars) d’arriérés auprès des sociétés minières à la suite d’un audit approfondi, a annoncé son ministre des Finances, relayé par Reuters. Il s’agit de l’un des plus importants recouvrements jamais réalisés dans le secteur extractif du pays. Le gouvernement d’Assimi Goita avait lancé un audit du secteur minier malien début 2023, qui a mis au jour d’importants déficits pour l’État et ouvrant la voie à un nouveau code minier. Pour les autorités de Bamako, il s’agit non seulement de recouvrer des fonds, mais aussi de donner à l’État une participation significative dans les contrats miniers.

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Cette nouvelle loi minière a augmenté les redevances, accru la participation de l’État dans les sociétés minières et supprimé les clauses de stabilité. Une commission de recouvrement a été mise en place suite à un audit réalisé par les cabinets Inventus et Mazar, qui a révélé des irrégularités financières et des déficits pour l’État, estimés entre 300 et 600 milliards de francs CFA. La restructuration du secteur minier a déclenché un conflit de deux ans avec la compagnie minière canadienne Barrick Mining, premier producteur d’or du Mali, avant la conclusion d’un accord en novembre. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, s’exprimant à la télévision nationale lundi soir, n’a pas précisé si la somme recouvrée incluait le récent accord de 244 milliards de francs CFA conclu avec Barrick. D’autres opérateurs, dont B2Gold, Allied Gold, Resolute Mining, Endeavour Mining et des acteurs du lithium comme Ganfengouvre et Kodal ont réglé leurs arriérés et sont passés plus tôt au nouveau régime.

« Je suis ravi de ces résultats, parmi lesquels on peut citer le recouvrement de 761 milliards de francs CFA sur un objectif de 400 milliards », a déclaré M. Sanou lors de la cérémonie de présentation du rapport d’audit au président Assimi Goïta.

Après quelques résistances au départ, les principales sociétés minières du pays ont désormais adopté le code minier de 2023, ce qui devrait augmenter les recettes annuelles de 586 milliards de francs CFA pour les seules entreprises auditées, portant leur contribution totale à environ 1 022 milliards de francs CFA par an, selon les prévisions officielles. L’objectif final n’était pas seulement de recouvrer des fonds, mais aussi de donner à l’État une participation significative dans les contrats miniers. Le Mali, l’un des principaux producteurs d’or d’Afrique, dépend fortement du secteur minier pour ses recettes d’exportation et ses recettes fiscales. Le renforcement du contrôle a freiné la croissance, la production industrielle d’or ayant chuté de 32 % sur un an pour atteindre 26,2 tonnes métriques fin août.

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