Qui sont les champions de la croissance africaine en 2024 ? L’Afrique face au spectre d’une sortie désorganisée des énergies fossiles. Green bonds et financement bleu : une année mitigée. Des exemples d’entreprenariat réussi dans le green en Afrique. C’est l’aperçu des sujets décortiqués dans ce magazine, en focus sur les tendances qui se déssinent pour 2024 dans un continent en pleine ébullition sur le plan économique, social, voire politique.
Africa Income magazine N°1: l’Afrique en perspectives pour l’année 2024

Finance : Moody’s révise à la hausse la croissance de l’Afrique subsaharienne

L’agence de notation relève à « positive » sa perspective pour la région Afrique subsaharienne, portée par les réformes, des cours des matières premières favorables et un accès plus facile aux financements. Le Sénégal figure pourtant parmi les quatre pays sous perspective négative.
Moody’s a relevé mercredi 7 octobre sa perspective pour les pays d’Afrique subsaharienne, rapporte Reuters. L’agence estime que les réformes engagées ont permis à la région de mieux résister aux pressions inflationnistes, tandis que la vigueur des prix des matières premières et un accès facilité aux marchés de capitaux ont consolidé les finances publiques. Elle table sur une croissance de 4,3 % en 2026 comme en 2027, en moyenne pondérée. Les besoins de financement annuels des États, destinés à couvrir les déficits et à rembourser la dette arrivant à échéance, devraient reculer à 11,2 % du PIB en 2027, contre un pic de 12,3 % en 2025. La dette publique totale se stabiliserait à 56,6 % du PIB en 2027, après 62,4 % en 2025. La Zambie et l’Éthiopie, toutes deux passées par une restructuration, enregistreraient les plus fortes baisses d’endettement. À l’inverse, le Botswana, pénalisé par la faiblesse de la demande de diamants, et le Gabon, qui peine à maîtriser ses dépenses, connaîtraient les hausses les plus marquées.
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Le tableau reste contrasté. Moody’s souligne que le lourd fardeau du service de la dette, la faiblesse des recettes publiques, les risques climatiques et les menaces sécuritaires régionales demeurent des points de fragilité majeurs. Le Kenya et la Zambie consacreront chacun environ 35 % de leurs recettes au seul paiement des intérêts en 2027, la proportion la plus élevée de la région.
Huit pays à la hausse, quatre sous surveillance
Sur les 25 pays notés par l’agence dans la région, seuls deux, le Botswana et Maurice, appartiennent à la catégorie investissement, celle des emprunteurs jugés peu risqués. Huit bénéficient d’une perspective positive : l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Angola, le Nigeria, le Togo, le Ghana, la République du Congo et la Zambie. Treize sont en perspective stable et quatre en négative : Maurice, le Gabon, le Mali et le Sénégal. Trois de ces quatre pays sont francophones.
Le Sénégal et le Mali sous pression
Pour le Sénégal, cette perspective négative s’inscrit dans le prolongement de la révision à la hausse de sa dette publique, après l’audit de la Cour des comptes qui a mis au jour un endettement largement sous-déclaré par le passé et entraîné la suspension du programme avec le FMI. Au Mali, les tensions sécuritaires et l’isolement financier du pays continuent de peser sur ses perspectives. Le Gabon, lui, doit composer avec des dépenses difficiles à contenir. L’agence prévient que plusieurs chocs pourraient assombrir ce scénario : une flambée prolongée de l’inflation, des événements météorologiques extrêmes ou un retrait brutal des investisseurs des marchés obligataires africains.
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Fusions-acquisitions en Afrique T3 : l’été des grandes manœuvres

Entre juin et août 2026, le marché des fusions-acquisitions en Afrique confirme sa vitalité. Et ce, dans un contexte mondial pourtant marqué par des taux de financement élevés et des incertitudes géopolitiques persistantes. Deux dynamiques structurent la période. L’appétit croissant des capitaux du Golfe s’ajoutent à la montée en puissance des acteurs locaux. Ces derniers sont désormais capables de racheter les actifs délaissés par les multinationales. Aussi, le recentrage stratégique des grands groupes occidentaux, qui cèdent leurs positions périphériques pour se concentrer sur leurs marchés stratégiques. De l’énergie sud-africaine aux tours télécoms panafricaines, de l’agrobusiness ivoirien et camerounais à la finance nigériane, en passant par les mines mauritaniennes, ces opérations dessinent une carte. Laquelle précise des convoitises qui traversent le continent. L’Afrique francophone, longtemps en retrait, se structure méthodiquement, portée par des structures financières indépendantes et des champions régionaux ambitieux. Dans le même temps, l’Afrique du Nord et l’Afrique anglophone attirent les grandes signatures mondiales, de S&P Global à Emirates NBD. Revue des fusions et acquisitions qui, discrètement ou à grand bruit, redessinent l’économie africaine.
Adnoc rachète le réseau Shell d’Afrique du Sud

Le 7 juillet 2026, Adnoc Distribution, filiale du groupe pétrolier public émirati, a signé un accord définitif pour acquérir les activités de distribution de carburants de Shell en Afrique du Sud. Parmi elles, ses 580 stations-service, pour une valeur d’entreprise d’environ 1 milliard de dollars. L’opération illustre l’appétit croissant du Golfe pour les actifs africains.
Vista Group avance marché par marché après l’échec Oragroup

Après l’abandon du rachat d’Oragroup, le groupe bancaire burkinabè Vista Group Holding a réorienté sa stratégie vers une expansion ciblée, marché par marché, adossé au financement d’Afreximbank. Une approche de niche qui tranche avec son expansionnisme antérieur en Afrique de l’Ouest francophone.
Cameroun : l’État reprend Kribi et Dibamba à Globeleq

Poursuivant la nationalisation de son secteur électrique après le rachat des parts d’Actis dans Eneo (devenue Socadel), le gouvernement camerounais négocie l’acquisition des 56 % détenus par l’énergéticien Globeleq dans KPDC et DPDC. La transaction serait valorisée autour de 80 milliards de Fcfa, soit environ 138 millions de dollars. La conclusion est attendue avant fin 2026.
Cameroun : OPA d’A2MP Investments sur Canyon

A2MP Investments a lancé une offre publique d’achat visant à retirer la société australienne Canyon Resources du projet de bauxite de Minim-Martap, au Cameroun. L’opération marque une reprise en main d’un actif minier stratégique dans un secteur clé pour l’industrialisation du pays.
Wilmar renforce Sifca dans l’huile de palme

Le géant singapourien Wilmar accélère aux côtés de Sifca dans la filière huile de palme en Côte d’Ivoire. Il a ainsi consolidé l’un des principaux ensembles agro-industriels ouest-africains. L’opération traduit la montée des partenariats asiatiques dans l’agrobusiness francophone.
Cacao : rachat du stock résiduel en Afrique de l’Ouest

Sur le marché du cacao ouest-africain, une opération de rachat du stock résiduel a marqué juillet 2026. Et cela dans un contexte de prévisions de récolte relançant l’hypothèse d’un retour aux prix records de 2025. Les manœuvres autour de la filière café-cacao, un projet de cartel de producteurs redessinent les rapports de force.
Avos et Cadyst rachètent les filiales agro de Somdiaa du groupe Castel

L’ivoirien Avos et le camerounais Cadyst ont racheté des filiales de Somdiaa, filiale du groupe Castel, dans l’agrobusiness dont la meunerie SGMC à Douala. L’opération illustre la montée en puissance des capitaux locaux profitant du retrait progressif des multinationales de la zone CFA.
Mauritanie : Nouakchott sollicite Artelia pour ses minerais

Dans le cadre de sa stratégie minière, la Mauritanie a sollicité le français Artelia pour se positionner dans la course aux minerais stratégiques. Le mouvement s’inscrit dans une vague de repositionnements et d’acquisitions dans le secteur extractif ouest-africain.
MTN lance un rachat d’actions de 375 millions USD

Le 24 août 2026, le conseil d’administration de MTN a approuvé un programme de rachat d’actions de 6 milliards de rands, soit environ 375 millions de dollars. Et cela après une hausse de 21,3 % de son bénéfice ajusté au premier semestre, porté par le Nigeria, le Ghana et l’Ouganda. Le titre a bondi de plus de 4,5 % à la Bourse de Johannesburg.
Egypte : Emirates NBD absorbe la banque de détail de HSBC

Poursuivant sa réorganisation mondiale, HSBC a cédé la banque de détail de sa filiale égyptienne à Emirates NBD Egypt. C’est la filiale du groupe bancaire de Dubaï. L’opération combine le recentrage stratégique des banques occidentales sur leurs marchés cœur. Elle montre aussi l’expansion soutenue des capitaux du Golfe dans le secteur financier nord-africain, où l’Égypte reste un marché clé.
Nigeria : S&P Global s’empare de l’agence de notation Agusto & Co.

Le 28 juillet 2026, S&P Global a annoncé le rachat d’une participation majoritaire dans Agus & Co. C’est la première agence de notation indigène du Nigeria fondée en 1992. Elle est active au Kenya, au Ghana et au Rwanda. Le géant américain renforce sa présence sur les marchés de dette africains. Le bouclage est attendu au second semestre 2026, mais le montant de l’opération n’a pas encore été divulgué.
E-santé : la sénégalaise Tanel absorbée par la licorne française Alan

Le 3 septembre 2026, la start-up dakaroise Tanel a rejoint Alan, l’assureur santé digital français. Fondée en 2022, Tanel revendique 70 000 membres au Sénégal et en Côte d’Ivoire après une croissance multipliée par sept en 2025. Alan, qui couvre plus d’un million de personnes en Europe, s’offre un ancrage ouest-africain. Rebaptisée « Alan en Afrique », l’entité vise le leadership de la santé digitale en Afrique francophone d’ici 2030. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué.
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Par Modibo Sidibé
Mines congolaises : la fin du tout-diesel ?

Trafigura et Gridworks portent un projet d’interconnexion électrique de 300 millions de dollars entre la Zambie et la RDC. Objectif : alimenter les mines du Katanga en électricité importée et réduire leur coûteuse dépendance au diesel.
La République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt et deuxième producteur de cuivre, et la Zambie voisine, deuxième producteur de cuivre du continent, souffrent de pénuries d’électricité chroniques. Ces déficits freinent l’expansion des mines, la transformation des minerais et l’arrivée de nouveaux investissements. Faute de réseau fiable, de nombreux opérateurs tournent au diesel, une solution particulièrement onéreuse. Selon Hervé Otschudi, directeur de Trafigura pour la RDC, interrogé par Reuters, des études sectorielles estiment que les miniers du Copperbelt pourraient économiser environ un milliard de dollars par an en remplaçant leurs groupes électrogènes par de l’électricité importée.
Une ligne de 200 km vers le pool énergétique austral
Baptisé Kalumbila-Kolwezi Interconnector Project (KKIP), le projet reliera le Copperbelt congolais au Southern African Power Pool (SAPP), le marché régional qui interconnecte les réseaux nationaux d’Afrique australe et permet les échanges transfrontaliers d’électricité. Une ligne de transport de 200 km sera construite entre Kalumbila, en Zambie, et Kolwezi, en RDC. Elle permettra d’importer jusqu’à 550 MW dans une région minière dont le déficit dépasse 1 GW. La capacité thermique totale devrait atteindre 700 MW, avec un potentiel d’extension au-delà de 1 GW.
Un tour de table anglo-congolais et singapourien
Gridworks Development Partners, investisseur adossé au Royaume-Uni, sera chef de file et actionnaire majoritaire, aux côtés du fonds d’investissement public congolais FIS-RDC, du négociant congolais d’électricité EnPower et du groupe singapourien Trafigura. Les partenaires affirment avoir obtenu les concessions, licences et autorisations nécessaires. Le projet est entré dans sa phase finale de développement, mais aucune date de mise en service n’a été communiquée. L’électricité sera accessible à toutes les sociétés minières de la région, assure Trafigura.
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Pour Hervé Otschudi, sans courant fiable, il est impossible d’accroître significativement la production, le raffinage ou la transformation locale du cuivre et du cobalt. Il juge l’économie du projet convaincante, car elle aligne les intérêts des États, des miniers et des producteurs d’énergie. L’interconnexion complète les investissements du négociant dans le corridor de Lobito et dans la logistique au Katanga. « C’est comme boucler la boucle avec l’électricité », résume-t-il.
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Dette cachée : Dakar se donne jusqu’à décembre pour sceller un accord avec ses créanciers

Deux ans après la découverte d’une dette mal déclarée estimée à 13 milliards de dollars, le Sénégal vise un accord de principe avec ses bailleurs publics et ses porteurs d’obligations d’ici la fin de l’année. Les swaps de rendement total (TRS), dont l’une des contreparties est émiratie, s’annoncent comme le dossier le plus délicat.
Le calendrier se précise. Selon trois sources citées par Reuters, le gouvernement sénégalais a indiqué, lors de sa toute première conférence téléphonique avec les investisseurs consacrée à la restructuration, mardi 6 octobre, viser un accord de principe en décembre avec ses créanciers officiels et ses détenteurs d’euro-obligations. Le mois dernier, le Sénégal avait annoncé son intention de solliciter un traitement de sa dette dans le cadre commun du G20.
Les TRS, un terrain inconnu
Le point le plus scruté concerne les swaps de rendement total (TRS), ces prêts adossés à des titres publics en francs CFA, auxquels l’État a eu recours pour se financer. Leur encours atteint 1 000 milliards de FCFA, soit environ 1,72 milliard de dollars. Le gouvernement entend obtenir de leurs détenteurs une « contribution constructive ». Or ces instruments n’ont quasiment jamais été mis à l’épreuve lors d’une restructuration. D’après les sources de Reuters, une présentation officielle identifie trois contreparties : First Abu Dhabi Bank (FAB), Africa Finance Corporation et Société Générale. Sollicitée, la banque émiratie a rappelé qu’elle ne commente pas les relations avec ses clients, ni les spéculations de marché. Ni l’AFC, ni Société Générale, ni le ministère sénégalais des Finances ne se sont prononcés. La question de leur statut est centrale. Le Sénégal a clairement exclu sa dette libellée en francs CFA du périmètre de la restructuration. Mais le FMI range les TRS dans la dette extérieure, au motif que leurs créanciers sont non-résidents. Un classement qui place ces swaps au cœur de la négociation, malgré leur ancrage dans la monnaie régionale. Pour les observateurs du corridor Golfe-Afrique, la présence de FAB parmi les contreparties rappelle que les banques émiraties sont, elles aussi, exposées aux signatures souveraines africaines, avec les risques que cela comporte lorsque la dette d’un État doit être renégociée.
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Fin septembre, les autorités ont rencontré les créanciers publics, les porteurs d’obligations et les banques détenant de la dette non obligataire. Ces dernières se sont regroupées au sein d’un comité pour coordonner leurs discussions. Dakar mise sur un cadre commun dit « renforcé » : des pourparlers menés simultanément avec le secteur privé et les bailleurs publics, avec partage d’informations entre les parties. Une manière d’éviter l’écueil du Ghana et de la Zambie, dont les restructurations, conduites par étapes successives, ont duré plus longtemps que prévu.
Les créanciers obligataires s’organisent
Également présent lors de l’appel, selon deux sources relayées par l’agence Reuters, le comité des porteurs d’obligations a fait valoir que ses membres détiennent 2,2 milliards de dollars en valeur nominale, sur un encours obligataire total d’environ 5,2 milliards de dollars. Soit un peu plus de 40 % du stock, de quoi peser lourdement dans les discussions à venir. Pour le pays de la Téranga , l’échéance de décembre constitue un test de crédibilité. Un accord rapide permettrait de tourner la page d’une crise de confiance ouverte il y a deux ans, et de rassurer des marchés qui guettent la capacité du pays à retrouver une trajectoire financière lisible.
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Leadership : nominations au troisième trimestre 2026

Sélection des nominations et changements de gouvernance majeurs intervenus en Afrique depuis juillet 2026 dans les secteurs de la finance, du transport, de l’assurance et des affaires publiques. Des changements de dynamique destinés à insuffler un nouveau souffle à plusieurs secteurs clés, avec pour objectif de contribuer au développement économique, commercial et industriel du continent.
Guy Donald Adjoi Obengui – BGFIBank Centrafrique

Le Gabonais Guy Donald Adjoi Obengui est nommé au poste de directeur général adjoint (DGA) de BGFIBank Centrafrique. Après treize années passées à ce poste, Patrice Ndiaye Kassango cède son fauteuil à cet ingénieur en management de la qualité. M. Adjoi Obengui aura pour tâche principale d’épauler Hervé Ghislain Kogboma-Yogo, directeur général de BGFIBank Centrafrique, dans la conduite du plan stratégique BGFI 2030. Ce plan vise à renforcer l’efficacité opérationnelle du groupe autour de l’organisation, du capital humain, des ressources et du développement commercial.
Simbah Mutasa – Bank of America

Le Zimbabwéen Simbah Mutasa a été nommé à la tête de l’ensemble de la banque d’investissement en Afrique. Récemment promu à ce poste stratégique de portée internationale, ce banquier très expérimenté pilote désormais les opérations financières de l’institution américaine à travers les 54 marchés du continent.
Djalal Khimdjee – Africa50

Djalal Khimdjee dirige depuis le 1er août la destinée de l’Africa50 Principal Investment Fund (anciennement Africa50 Project Finance). Il rejoint la plateforme panafricaine d’investissement après avoir exercé les fonctions de directeur général délégué de Proparco, la filiale du groupe Agence française de développement.
Hervé Otschudi – Trafigura (RDC)

Hervé Otschudi est nommé au sein de l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de minéraux, de métaux et d’énergie, Trafigura. Et cela en qualité de directeur exécutif pour les activités de négoce de cuivre et de cobalt.
Djibrilla Issa – Banque mondiale

La Banque mondiale nomme Djibrilla Issa au poste de directeur de division chargé du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau et de la Gambie. Il aura pour mission l’engagement stratégique et les programmes pays de l’institution, via un budget de près de 6 milliards de dollars.
Ahmed Al Moustapha Cissé – GIM-UEMOA (août 2026)

Très dynamique et expérimenté, il prend la tête du Groupement interbancaire monétique de l’UEMOA (GIM- UEMOA), à la suite du départ de Minayegnan Coulibaly après six ans à la direction. Ce directeur général par intérim, de nationalité sénégalaise, connaît bien la maison. Il a été le concepteur de la plateforme de paiement instantané du système de la BCEAO et a présidé le comité de maîtrise d’œuvre du projet d’interopérabilité des services financiers numériques. C’est l’un des chantiers les plus structurants de la décennie pour l’intégration financière de l’Afrique de l’Ouest.
Ndeye Khady Diack – CGF Gestion (Sénégal)

Ndeye Khady Diack prend la direction générale de la filiale CGF Gestion au Sénégal. Sa solide expertise des métiers de la gestion d’actifs, ainsi que sa parfaite connaissance du marché financier de l’UEMOA, seront d’un apport considérable dans le développement des activités, marqué par un contexte de croissance.
Gabriel Lopes – CGF Bourse

Gabriel Pierre Lopes est nommé président du conseil d’administration de CGF Bourse. Administrateur indépendant de la société depuis 2019, il apporte une expérience de plus de 35 ans dans la banque et la finance en Afrique. Cette nomination s’inscrit dans une série de changements de gouvernance annoncés par CGF Bourse et sa filiale de gestion d’actifs CGF Gestion.
Cheikhna H. Sibi – CGF Gestion Côte d’Ivoire

Cheikhna H. Sibi est nommé directeur pays par intérim de CGF Gestion Côte d’Ivoire. Sa mission consistera à accroître la présence du groupe à Abidjan, à soutenir le développement des activités et à contribuer à la mise en route de la stratégie régionale du groupe sur ce marché important de l’UEMOA.
Lionel Rault – Air France-KLM, zone ANSCO (août 2026)

Lionel Rault est nommé directeur général d’Air France-KLM pour la zone ANSCO. Son mandat couvre l’Afrique du Nord, le Sahel et la Côte Ouest (ANSCO) pour le groupe Air France-KLM. Il a auparavant occupé plusieurs postes opérationnels et managériaux dans les aéroports de Paris-Charles-de-Gaulle et de Paris-Orly. Et il a été directeur régional de la Polynésie française. Sa mission sera de renforcer la compétitivité de la compagnie.
Mostafa Sheikhoun – Zone économique du canal de Suez (Égypte)

Mostafa Sheikhoun est nommé président de la Zone économique du canal de Suez (Égypte) en août 2026, pour un mandat d’un an. Grâce à sa solide expérience, il entend soutenir la croissance économique de ce passage stratégique de marchandises, aux retombées économiques considérables. Il succède à Walid Gamal El-Din, qui dirigeait l’autorité depuis août 2022.
Gonzague Monreal – Proparco (filiale de l’AFD)

Gonzague Monreal est nommé directeur du département Financements et membre du comité exécutif de Proparco (filiale de l’AFD). Il aura pour mission de superviser l’ensemble des activités de prêts et de garanties de Proparco. Le département Financements couvre notamment les institutions financières et les entreprises.
Par la rédaction
Publié dans Africa Income Magazine N°5 septembre – octobre 2026
Afrique subsaharienne : la Banque mondiale relève sa prévision de croissance à 4,3 % pour 2026

Malgré le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran, l’institution salue la résilience des économies du continent, mais s’inquiète d’une croissance qui peine encore à faire reculer la pauvreté. Dans sa nouvelle mise à jour économique consacrée à l’Afrique, publiée ce mardi 6 octobre, la Banque mondiale revoit à la hausse ses perspectives pour la région, portées par les réformes engagées dans plusieurs grandes économies. Elle invite aussi les gouvernements à investir dans l’intelligence artificielle pour créer davantage d’emplois.
La Banque mondiale table désormais sur une croissance de 4,3 % en 2026 pour l’Afrique subsaharienne, contre 4,1 % anticipés en avril dernier et 4,1 % effectivement enregistrés en 2025. Un relèvement d’autant plus notable que le contexte international reste tendu : la guerre en Iran a perturbé les chaînes d’approvisionnement et fait grimper les prix de l’énergie. Selon Andrew Dabalen, économiste en chef de l’institution pour l’Afrique, les prévisions ont été rehaussées pour près des trois quarts des pays de la région. La Zambie, le Nigeria, l’Éthiopie et l’Angola figurent parmi les bénéficiaires de cette révision, que la Banque attribue aux réformes menées depuis plusieurs années et à une meilleure gestion macroéconomique.
Dette stabilisée, mais toujours pesante
Le tableau comporte néanmoins des zones d’ombre. Le ratio dette/PIB de la région s’est stabilisé autour de 57 %. Mais environ la moitié des pays sont en situation de défaut ou peinent à honorer leurs échéances, signe que le coût du service de la dette demeure élevé et continue d’absorber une part importante des recettes publiques, au détriment des dépenses d’investissement et des budgets sociaux. L’institution cite également plusieurs risques : un conflit prolongé au Moyen-Orient, le phénomène climatique El Niño et le maintien de taux d’intérêt élevés dans les économies avancées, qui renchérit le financement extérieur des États africains. Surtout, la croissance ne se traduit pas encore par un recul sensible de la pauvreté. Le revenu par habitant ne devrait progresser que de 1,8 % cette année, après 1,6 % en 2025. Pour Andrew Dabalen, le défi consiste désormais à transformer la croissance en emplois et en opportunités.
L’IA, levier de productivité à bas coût
Pour y parvenir, la Banque mondiale mise sur l’intelligence artificielle. Faute d’infrastructures et de capitaux suffisants pour rivaliser avec les grandes puissances, l’Afrique peut, selon elle, tirer parti d’applications pratiques et peu coûteuses, accessibles sur des terminaux abordables : outils d’aide à l’apprentissage pour les élèves, détection des maladies du bétail pour les éleveurs, automatisation de la comptabilité pour les petites entreprises. La mutualisation des centres de données et le renforcement des lois sur la protection des données pourraient, ajoute l’institution, accélérer cette adoption.
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Corridor Douala-Bangui : le Cameroun mobilise 347,5 millions d’euros auprès de la Banque mondiale

Par décret publié vendredi 2 octobre, le président Paul Biya a autorisé la conclusion d’un prêt de 347,5 millions d’euros soit environ 228 milliards FCFA avec la Banque internationale. Les fonds iront au corridor économique reliant Douala à Bangui. Un second texte ouvre la voie à un financement de la Banque islamique de développement pour la route Douala-Bafoussam.
Le projet de corridor économique Douala-Bangui vise à moderniser l’axe de transport et de commerce qui relie la capitale économique camerounaise à celle de la République centrafricaine. Pour Bangui, dont le pays n’a pas d’accès à la mer, cette liaison terrestre vers le port de Douala est la principale porte d’entrée et de sortie des marchandises. Pour Yaoundé, l’enjeu est double : consolider la position de Douala comme plateforme logistique de l’Afrique centrale et capter une part plus importante des flux commerciaux régionaux. L’annonce a été relayée par la présidence sur le réseau social X. Le décret ne précise pas, à ce stade, le calendrier de décaissement ni les conditions financières du prêt.
La BID en appui sur l’ouest du pays
Dans un décret distinct, le chef de l’État a habilité le ministre de l’Économie à signer avec la Banque islamique de développement (BID) un accord de financement de 212,35 millions d’euros, soit près de 139,3 milliards FCFA. Cette enveloppe est destinée à la réhabilitation de l’autoroute Douala-Bafoussam, qui dessert les régions du Littoral et de l’Ouest, deux bassins économiques majeurs du pays. Cumulés, ces deux financements dépassent 560 millions d’euros, soit plus de 367 milliards FCFA, consacrés aux seules infrastructures routières.
Un recours croissant à l’endettement
Ces décisions s’inscrivent dans une stratégie d’emprunt plus large. En août, le ministre des Finances avait déjà été autorisé, par décret présidentiel, à lever jusqu’à 930 milliards FCFA de prêts intérieurs et extérieurs. Ces ressources doivent servir à financer des projets de développement et à apurer des arriérés. Première économie de la CEMAC, portée par le pétrole et le gaz, le cacao et le bois, le Cameroun a intensifié ces derniers mois ses recours aux bailleurs pour combler ses déficits budgétaires et soutenir son programme d’infrastructures. Une dynamique qui renforce l’équipement du pays, mais qui place aussi la soutenabilité de la dette au cœur des arbitrages à venir.
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Riyad 2030 : le Gabon dégaine le premier et mise sur ses forêts

Premier pays africain à officialiser sa participation à l’Exposition universelle de Riyad, le Gabon veut faire de ce rendez-vous mondial une vitrine de son capital naturel. L’objectif est de convaincre investisseurs et bailleurs que la protection de ses forêts peut aussi créer de la valeur.
Le Gabon a pris tout le monde de vitesse. Le 28 septembre 2026, Libreville a formalisé sa présence à l’Exposition universelle de Riyad. Il devient ainsi le premier État africain à le faire. L’événement est attendu du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031 dans la capitale saoudienne. Il doit rassembler 197 pays, 29 organisations internationales et quelque 42 millions de visiteurs. Pour Nina Abouna, Commissaire générale aux Expositions du Gabon, ces grandes vitrines internationales ne relèvent pas du simple prestige. Elles doivent servir la coopération et la promotion du potentiel national. Libreville a retenu le sous-thème « Planète ». Son pavillon s’articulera donc autour des forêts, de la biodiversité, du climat et de l’économie verte. Le discours évolue : il ne s’agit plus seulement de protéger, mais de démontrer que la préservation des écosystèmes peut devenir une source de revenus. Nina Abouna y voit « à la fois une responsabilité et une opportunité ».
Des crédits carbone sous mandat d’État
Cette ambition s’appuie sur la stratégie de valorisation du capital naturel portée par les autorités, qui misent sur la finance climat et le marché du carbone. En septembre 2026, un projet de décret a désigné l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte comme mandataire de l’État. Elle est chargée de négocier et de commercialiser les crédits carbone souverains. L’État centralise ainsi une ressource qu’il entend valoriser sur les marchés internationaux.
Gabon Infini, 200 millions de dollars en ligne de mire
Le Gabon aura une autre carte à jouer à Riyad : le programme Gabon Infini, lancé le 29 août 2026. Il vise à mobiliser jusqu’à 200 millions de dollars sur dix ans pour financer la conservation des écosystèmes et soutenir les communautés locales. Pour la Commissaire générale, l’enjeu est de montrer ce que la richesse naturelle du pays peut apporter à la réflexion mondiale sur l’avenir de la planète. Au-delà de la vitrine, le futur pavillon doit fonctionner comme un espace d’affaires. Investisseurs, entreprises, chercheurs et institutions internationales s’y croiseront autour de la recherche, de l’innovation et de l’économie verte. Après Osaka 2025, le Gabon veut cette fois relier plus étroitement protection de l’environnement, attractivité et financement du développement. En s’engageant tôt auprès de Riyad, Libreville se positionne aussi sur le corridor Golfe-Afrique, où les capitaux saoudiens et émiratis se montrent de plus en plus actifs.
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Mix énergétique africain : sortir de la dépendance fossile sans sacrifier l’accès à l’électricité ?

Face à une réelle pauvreté d’accès énergétique, avec plus de 600 millions de foyers privés d’électricité, l’Afrique au sud du Sahara gagnerait à adopter sans délai une stratégie de mix énergétique pragmatique et régionalisée.
Pour résoudre la triple problématique de la souveraineté énergétique, de son développement économique et de la décarbonation, l’Afrique doit éviter un basculement brutal. En se basant sur un fort potentiel de ressources renouvelables, elle peut passer par la phase transitoire d’un gaz naturel abondant, et surmonter des obstacles, tels que le financement, les infrastructures et le cadre réglementaire.
Fort potentiel du renouvelable
Sur le continent, existent des ressources renouvelables exceptionnelles, encore sous-exploitées. Elles peuvent constituer la colonne vertébrale du futur réseau. Outre le solaire photovoltaïque, idéal pour les zones rurales et reculées où des mini-grids et systèmes autonomes peuvent être installés, l’offre hydroélectrique est immense. Du Bassin du fleuve Congo, au Nil en passant par le fleuve Sénégal… ce sillon à lui seul pourrait résorber les déficits. Le solaire et l’hydroélectrique ont évolué. Les dernières technologies peuvent aider à réaliser des infrastructures plus performantes et à moindres coûts. Dans la vallée du Grand Rift, la géothermie reste un atout majeur. Des pays, tels que le Kenya, l’Ethiopie… peuvent en tirer profit, fournissant du courant électrique en continu, nonobstant les aléas climatiques.
Le gaz naturel, une transition légitime
Compte tenu de plusieurs paramètres, la sortie d’Afrique des énergies fossiles ne peut être analogue à celle dans les pays développés. En un gaz naturel, dont les réserves sont abondantes, plusieurs gouvernements et analystes africains misent comme une énergie de transition légitime. Contrairement au solaire qui à l’intermittence du solaire et de l’éolien, le gaz peut aider à stabiliser les réseaux électriques. Excellent pour alimenter l’industrie lourde locale, c’est plus qu’un ersatz pour des ressources, telles que le charbon ou le fioul lourd.
Les solutions-clés
Compte tenu de son potentiel et de ses moyens, l’Afrique au sud du Sahara peut fonder sa stratégie d’une énergie souveraine sur des financements innovants, des infrastructures de dernières générations et futuristes (Smart Grids et interconnexions régionales), tout en allant vers un cadre réglementaire, au-delà des monopoles étatiques, qui adopte des réformes sectorielles favorisant du PPP. En effet, avec un coût du capital qui peut être élevé, il est nécessaire d’instaurer des garanties publiques et se baser sur des mécanismes de Blended Finance (finance mixte) et la justice climatique internationale (Fonds Vert Climat). En termes de modernisation de réseaux, le West African Power Pool semble un excellent exemple à améliorer puis dupliquer.
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