Qui sont les champions de la croissance africaine en 2024 ? L’Afrique face au spectre d’une sortie désorganisée des énergies fossiles. Green bonds et financement bleu : une année mitigée. Des exemples d’entreprenariat réussi dans le green en Afrique. C’est l’aperçu des sujets décortiqués dans ce magazine, en focus sur les tendances qui se déssinent pour 2024 dans un continent en pleine ébullition sur le plan économique, social, voire politique.
Africa Income magazine N°1: l’Afrique en perspectives pour l’année 2024

Afrique – USA : après la hausse des droits de douanes, l’AGOA menacé

Trump exécute sa promesse électorale. Le président américain a décidé d’imposer des droits de douane drastiques sur la plupart des marchandises importées aux États-Unis. Une mesure étendue aux pays africains bénéficiant de l’AGOA. Un programme commercial phare des États-Unis pour le continent.
L’Afrique est aussi la cible de la hausse des droits de douane imposé par le président américain Donald Trump. Des mesures qui risquent de mettre fin à l’AGOA, l’un des programme phare des USA. Les analystes relayés par nos confrères de Reuters estiment que ces nouveaux droits de douane laissent penser que le renouvellement de cette initiative, connue sous le nom d’African Growth and Opportunity Act (AGOA), est extrêmement improbable. L’AGOA est une initiative commerciale américaine adoptée en 2000 sous l’ancien président Bill Clinton afin de renforcer les liens commerciaux avec l’Afrique subsaharienne et d’aider les pays africains à développer leurs économies.
A lire aussi : Commerce : 2023, année « record » pour les échanges commerciaux entre l’Afrique et les USA
Elle offre un accès en franchise de droits au marché américain pour des milliers de produits, notamment les véhicules automobiles et leurs pièces détachées, les textiles et les vêtements, les minéraux et les métaux, les produits agricoles et les produits chimiques exportés par les pays africains éligibles. Elle a été renouvelée deux fois et expirera en septembre 2025. Environ 35 pays africains sont actuellement éligibles. Les pays peuvent perdre ou regagner leur éligibilité en fonction de critères tels que les politiques économiques et la protection des droits de l’homme. Plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, le Nigéria, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, Madagascar et l’Éthiopie, ont utilisé avec succès l’AGOA pour stimuler leurs exportations vers les États-Unis, stimuler leur industrialisation et créer des emplois, notamment dans les secteurs du textile, de l’automobile et des minéraux, dont le pétrole brut. Les États-Unis en tirent profit en favorisant leurs intérêts sur le continent. Ils ont également accès à des minéraux essentiels et à des opportunités d’investissement. Les pays qui compromettent la sécurité nationale ou les intérêts de la politique étrangère des États-Unis ne sont pas éligibles à l’AGOA. Les législateurs américains la considèrent comme un important outil de soft power, notamment pour contrer l’influence chinoise. Des secteurs tels que l’industrie automobile sud-africaine, ainsi que les secteurs de l’habillement au Kenya et au Lesotho, seraient les plus durement touchés par une hausse soudaine des droits de douane ou le non-renouvellement de l’AGOA.
Sénégal- Adoption de la loi interprétative 05-2025 de la loi d’amnistie de 2024
A la loi d’amnistie 2024- 09 du 13 avril 2024, alors introduite par le président Macky Sall et votée à l’Assemblée nationale, pour couvrir les faits politiques entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024, sera désormais adjointe la loi interprétative 05-2025. Le Parlement a voté, le 02 avril 2025, à l’unanimité, le texte qui exclut les meurtres, assassinats, actes de tortures et disparitions forcées.
Pendant plus de 12 heures d’horloge, les députés de l’Assemblée nationale du Sénégal ont débattu, mercredi 02 avril 2025, autour de la loi interprétative 05-2025 de la loi d’amnistie 2024- 09, votée en 2024, introduite par leur homologue Amadou Ba n°2 du PASTEF, parti au pouvoir. Rappelons que la loi d’amnistie, du 13 avril 2024, avait alors été votée par 94 voix Pour, 49 Contre et 03 Abstentions, pour officiellement calmer les tensions politiques et sociales entre 2021 et 2024, tout en renforçant la cohésion et le dialogue national et réintégrant dans la vie démocratique ceux ayant des démêlés judiciaires… Ces événements politiques, avaient été marqués par une vague d’emprisonnements (près de 2 000), dont ceux du Président du Pastef, Ousmane Sonko, de son Secrétaire général Bassirou Diomaye Diakhar Faye, par une centaine de meurtres parmi des manifestants pacifiques, des disparitions forcées et des cas de tortures. L’exclusion d’opposants potentiels vainqueurs à la présidentielle, le spectre d’un 3ème mandat, le report des élections… avaient fini par meytre le feu aux poudres.
A lire aussi: Chronique : Présidentielle 2024 au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye raffle le scrutin
La loi interprétative, qui a été adoptée hier par 126 voix pour, et 19 contre, entend clarifier cette loi d’amnistie. Désormais sont exclus de son champ d’application les cas graves d’assassinats, de meurtres, de tortures ou de disparitions forcées. Véritable demande sociale, cette nouvelle disposition arrive à point nommé. Un grand nombre de ces cas graves, évoqués par la nouvelle loi, ont été filmés en direct, documentés… les familles des victimes n’ont toujours pas fait leur deuil.
Plus jamais cela
Justement, une bonne partie de la société sénégalaise trouve que l’ancien régime a dû introduire l’amnistie pour protéger ses arrières. Certes, depuis son avènement, des centaines de prisonniers ont été libérés, y compris l’actuel Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son Premier ministre, Ousmane Sonko, mais l’omerta est restée totale sur les dizaines de meurtres, de cas de tortures et de disparitions forcées.
La loi interprétative a été préférée à une abrogation qui pourrait empêcher aux victimes et à leurs familles d’ester en justice. L’abrogation de la loi d’amnistie aurait produit une non rétroactivité des faits et plongerait le Sénégal, signataire d’Accords et de Traités internationaux sur les cas graves d’atteintes à la dignité humaine, dans un imbroglio juridique sans fin. Fort heureusement, une loi interprétative rétroagit à la date de la loi qu’elle interprète, s’appliquant comme si elle avait toujours fait partie de cette loi. C’est un premier pas vers une vérité qui aboutirait à une très prochaine réconciliation au Sénégal. Un pays, où la jeunesse a pris le pouvoir et compte intimer une marche vers un développement inclusif, exempt de toute concussion et corruption.
RAC- Les dangers des réfrigérants inflammables
Vendredi 28 mars 2025, à 13h30, un incendie s’est déclenché dans la boutique d’un revendeur d’articles de froid et climatisation à Niamey, capitale du Niger. Si les causes ne sont pas encore déterminées, il reste sûr que beaucoup de climatiseurs et articles électroménagers, contant des réfrigérants R600, R32, R290 … certes écoresponsables mais hautement inflammables, faisaient partie des équipements qui s’y trouvaient. Doit-on rester léthargique face à une hécatombe rampante ?
En Afrique, dans l’introduction de nouveaux réfrigérants écoresponsables, mais inflammables, dans le secteur RAC (Refrigeration & Air Conditioning), gare aux dangers de l’impréparation! Une nouvelle explosion vient s’ajouter à la liste des catastrophes, causées par les explosions de gaz inflammables qui équipent de nouveaux équipements de réfrigération. Dans un quartier marchand de la capitale du Niger, Niamey, face à l’Académie des Arts martiaux, une boutique d’électroménager a été soufflée par une gigantesque explosion, vendredi dernier à 13h30. Même si les dégâts matériels sont estimés importants, il y eut plus de peur que de mal. L’heure à laquelle a eu lieu le sinistre, le professionnalisme des sapeurs-pompiers de la Protection civile, mais aussi la coordination d’agents de la Police nigérienne et de Nigelec, ont permis d’éviter le pire, rapportent les premiers témoignages. Fort heureusement, l’incendie a été circonscrit sans que les boutiques alentours ne s’embrassent. Ibrahim Ali Barga, Président de APFN (Association des professionnels du Froid du Niger), qui a déploré cet énième impair, a confirmé l’information. Pour Madi Sakandé, Président de l’U-3ARC (Union des Associations Africaines des Acteurs de la Réfrigération et de la Climatisation), c’est une nouvelle occasion de tirer sur la sonnette d’alarme et prier tous les acteurs à faire attention. De son avis, « nos pays ne sont prêts pour la gestion des réfrigérants inflammables !!! Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup à faire avant d’inonder nos marchés d’équipement qu’on peut considérer comme de véritables bombes à retardement !!! »
A lire aussi: Chronique : réfrigérants inflammables : un nouvel accident mortel en Zambie
Pour l’Afrique, qui a un climat chaud en général, le secteur RAC est essentiel. Tout le monde s’accorde à dire qu’il n’est pas un luxe, reste vital pour assurer un développement inclusif parce que transversal, pour garantir une souveraineté alimentaire… Toutefois, il n’est pas question de mettre la charrue avant les bœufs. « SVP N’ALLEZ PAS TROP VITE ! CEUX, QUI PORTENT CES PROJETS ET FINANCEMENTS, NE LES UTILISENT PAS ENCORE CHEZ EUX. PRENONS LE TEMPS DE COMPRENDRE LES ENJEUX AVANT DE NOUS PHAGOCYTER SEULS ! », a encore martelé le Président de l’U-3ARC.
Quels préalables à l’usage de réfrigérants écoresponsables et inflammables?
Actuellement, le constat est que les plus grands pollueurs continuent de nuire à la planète. Dieu sait qu’ils ne sont pas singulièrement en Afrique… Pourtant, la question légitime est « Pourquoi donc faire des essais dans un continent, pour l’instant dépourvu de la formation appropriée, de l’outillage nécessaire, de la compétence et la technologie idoines pour gérer un tel flux d’équipements? »
Un très gros travail de formation, d’équipements en outillage et instruments de mesure, mais aussi de sensibilisation, doit être entrepris. Il y va de la responsabilité de tous les acteurs professionnels, pour mener des campagnes de sensibilisation dans les précautions qui entourent l’utilisation d’électroménagers, alimentés de réfrigérants écoresponsables mais inflammables. Dja Nsob Ndeudji Tchoua, Président de l’APFCC (Association des Professionnels du Froid et de la Climatisation du Cameroun), partage ce point de vue. Le danger est d’autant plus grand que le technicien ou l’usager non averti peut croire avoir affaire à un gaz ininflammable comme par le passé !
Industrie pharmaceutique- Sothema signe un accord d’achat d’électricité verte
La Sothema (Société de thérapeutique marocaine), laboratoire pharmaceutique spécialisé dans le développement, la fabrication et la commercialisation des médicaments et des dispositifs médicaux, vient de signer un accord sur l’achat de l’électricité verte. Ce PPA (Power Purchase Agreement est considérée comme composante de sa transition énergétique, entamée il y a plus d’une décennie.
Chez Sothema, une étape majeure vient d’être franchie dans la transition énergétique, en faveur d’un développement durable et d’une réduction significative de son empreinte carbone. L’industrie, opérationnelle depuis 1976, vient de révéler la signature d’un accord historique pour l’achat d’électricité verte. Pour mémoire, depuis 2018, l’entreprise a lancé une chaufferie à biomasse, permettant de recycler 2 000 tonnes de déchets (biomasse) par an et de créer des emplois locaux.
L’accord, récemment signé avec un acteur majeur de la production d’énergie renouvelable au Maroc, permettra à Sothema de couvrir 100% de sa consommation électrique par de l’électricité verte, conformément à la loi 13-09 relative aux énergies renouvelables, modifiée et complétée par la loi 40-19. Avec un volume de fourniture future d’électricité de 20 GWh/an, ce partenariat permettra à Sothema de réduire son empreinte carbone de 94%, évitant ainsi l’émission de 14 000 tonnes de CO2 par an.
Engagement RSE renforcé et une transition énergétique ambitieuse
Classée N°1 dans le secteur pharmaceutique marocain, Sothema possède une filiale au Sénégal et plusieurs représentations dans d’autres pays en Afrique et dans la Péninsule arabique. Nous apprenons que grâce à une coopération historique avec 40 laboratoires commettants leaders en R&D, Sothema rend accessibles au Maroc, en Afrique et dans les pays arabes, des médicaments innovants dans des aires thérapeutiques comme l’oncologie, l’hématologie, l’endocrinologie, l’urologie, la psychologie, la cardiologie, etc. Elle produit et commercialise également des génériques sous marques propres, des biosimilaires et des dispositifs médicaux.
Pour Mme Lamia Tazi, PDG et Présidente du Conseil d’administration de Sothema « Ce PPA (Power Purchase Agreement) s’inscrit pleinement dans notre politique RSE, qui vise à minimiser l’impact de nos activités sur la biodiversité ». Elle ajoute que : « Il représente une étape clé de notre projet de transition énergétique, qui combine l’efficacité énergétique et la réduction de notre empreinte carbone. »
Quant à M. Marouane Ressani, directeur de Projets de Sothema, cet accord est le fruit d’une démarche proactive et d’un engagement de longue date en faveur du développement durable. « Nous sommes fiers de contribuer à la protection de l’environnement tout en assurant la pérennité de nos activités. », a-t-il surenchéri.
L’efficacité énergétique en bandoulière
Pionnier en matière d’efficacité énergétique, Sothema a réalisé son premier audit énergétique en 2011, en partenariat avec l’AMEE (Agence marocaine pour l’Efficacité énergétique). Rappelons que ce groupe industriel est certifiée ISO 14001 et en voie de certification ISO 50001, attestant de son engagement en faveur d’une gestion environnementale responsable.
A lire aussi: Maroc : le Royaume champion africain des énergies renouvelables
En 2024, la SFI (Société financière internationale du groupe Banque mondiale) a publié les résultats de son étude sectorielle sur l’efficacité énergétique du secteur pharmaceutique en partenariat avec la FMIIP (Fédération marocaine de l’industrie pharmaceutique. Cette étude, fruit d’un benchmark international auquel Sothema a contribué, a confirmé son positionnement en tant qu’entreprise efficiente, en termes de Système de Management de l’énergie (SMé).
Cotée à la BVC (Bourse des valeurs de Casablanca), Sothema publie annuellement un Rapport ESG, conformément à la circulaire 03-19 de l’AMMC (Autorité marocaine du marché des capitaux), offrant une transparence totale sur sa politique environnementale et ses performances énergétiques.
Tunisie : vers la construction de 500 MW de projets solaires
La tunisie en proie à de profondes difficultés économiques et des manifestations compte se lancer dans la construction d’un projet. L’objectif étant de fournir de l’électricité solaire à des milliers de familles et économiser des centaines de millions.
La Tunisie a accordé des licences à quatre entreprises internationales pour construire des parcs solaires d’une capacité totale de 500 mégawatts, d’une valeur totale de 1,2 milliard de dinars (386,31 millions de dollars), a annoncé lundi le ministère de l’Energie. Des licences ont été attribuées à la société française Qair International SAS pour construire deux centrales d’une capacité totale de 300 MW, Voltalia, pour une ferme solaire de 100 MW, et la société norvégienne Scatec, et la société japonaise Aeolus, une unité de Toyota Tsusho, ouvre un nouvel onglet, pour un projet de 100 MW, a indiqué le ministère. Ces projets sont les premiers à être attribués dans le cadre de l’appel d’offres international tunisien pour des projets d’énergie renouvelable d’une capacité totale de 1.700 MW. Le gouvernement tunisien a approuvé l’année dernière un plan visant à développer 1 700 MW de capacité d’énergies renouvelables d’ici 2027, dans le but d’économiser 200 millions de dollars par an en réduisant l’utilisation du gaz naturel. La Tunisie, qui dépend principalement de l’électricité produite à partir du gaz, vise à produire 35 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2030.
A lire aussi : Tunisie : la victoire sans surprise de Kais Saied au référendum
Le Maroc prévoit une extension de l’aéroport de Casablanca de 1,5 milliard

Le Maroc prévoit d’investir 15 milliards de dirhams (1,55 milliard de dollars) pour construire un nouveau terminal dans son plus grand aéroport d’ici le début de la coupe du monde 2030.
Casablanca, afin de tripler le nombre de passagers d’ici à ce que le Maroc co-organise la Coupe du monde de football 2030, a annoncé jeudi son autorité aéroportuaire. Le nouveau terminal servira de hub-africain et sera relié à un réseau de trains à grande vitesse reliant Kénitra à Marrakech, a indiqué l’ONDA dans un communiqué. Ce réseau ferroviaire est un projet distinct déjà annoncé. L’agrandissement de l’aéroport de Casablanca s’inscrit dans le cadre d’un effort visant à doubler la capacité globale de l’aéroport marocain à 78 millions pour répondre à l’augmentation du trafic à l’approche de la Coupe du monde, que le Maroc co-organisera avec l’Espagne et le Portugal. L’aéroport de Casablanca pourra accueillir 35 millions de passagers d’ici 2029, contre 10,5 millions actuellement, a indiqué l’ONDA. Le Maroc a enregistré un nombre record de 17,4 millions de visiteurs l’année dernière, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente, et il prévoit d’attirer 26 millions de touristes en 2030. La compagnie aérienne marocaine RAM prévoit également de quadrupler sa flotte à 200 appareils d’ici 2037.
Côte d’Ivoire : baisse drastique de la production de cacao
La production de cacao de la Côte d’Ivoire devrait chuter d’environ 40% cette saison après une saison sèche inhabituellement longue et des pluies limitées et inégales. Ces dernières ont affecté les cultures dans les principales régions de production, ont déclaré des exportateurs et des comptoirs de cabosses.
La production de cacao de mi-récolte en Côte d’Ivoire devrait chuter d’environ 40 % en raison d’une longue sécheresse, selon les exportateurs. Les agriculteurs ont déclaré que les pluies étaient dispersées et irrégulières dans ce pays d’Afrique de l’Ouest et que des averses adéquates étaient nécessaires pour stimuler la production et garantir la qualité des haricots pendant la mi-saison des récoltes, qui commence le 1er avril et se termine le 30 septembre. Cinq compteurs de cabosses et cinq exportateurs ont déclaré qu’ils s’attendaient à ce que les agriculteurs récoltent entre 280 000 et 300 000 tonnes de cacao en raison de la période de sécheresse, qui détériore la taille et la qualité des fèves.La saison dernière, la Côte d’Ivoire a récolté 500 000 tonnes de cacao, selon les données du Conseil du café et du cacao (CCC). Au cours des dix dernières années, le pays a produit en moyenne 550 000 tonnes par an, selon l’autorité de régulation du cacao et certains exportateurs.
« Cette baisse significative de la production est due à la longue période de sécheresse qui a duré de novembre à aujourd’hui. C’est inhabituel et les conséquences sont catastrophiques », précise l’organisme relayé par Reuters.
La sécheresse prolongée signifie que l’arrivée des premiers haricots dans les ports sera considérablement retardée, ont indiqué les sources. « Nous aurions dû voir la mi-récolte sur les arbres et dans les champs vers novembre ou décembre, mais ce n’est que maintenant que les fleurs et les (petites gousses appelées) cherelles commencent à apparaître en petit nombre », a déclaré un exportateur basé à San Pedro dans les colonnes de Reuters. « Il faudra être patient et attendre à partir de juin pour voir l’activité vraiment décoller » , a-t-il ajouté. Les exploitations n’ont pas de fèves de cacao prêtes à être récoltées, « juste une ou deux cabosses ici et là », explique un exportateur basé à Abidjan. En attendant, les fleurs de cacao ont besoin de 22 semaines pour devenir des cabosses matures, ce qui signifie qu’il y aura un gros retard, a-t-il ajouté.
Awa Camara : une militante au service de la cause des filles
Agée de 28 ans, Awa dite Mah CAMARA est une féministe. Elle débute son militantisme depuis très petite à travers le Parlement National des Enfants du Mali et l’Association pour la Promotion des Enfants et Jeunes Communicateurs ou elle écrivait des articles de presse pour que la scolarisation et la rétention des filles à l’école soient une réalité . Cette couche fragile qui est durement touchée par le fléau du mariage précoce. Aujourd’hui, Fondatrice et Coordinatrice de La Femme en Moi, une plateforme digitale qui a pour mission de mobiliser la société à travers les plateformes digitales, notamment les réseaux sociaux autour des droits des filles et des femmes afin de faire évoluer les mentalités pour atteindre et progresser l’égalité entre les femmes et les hommes. Awa est également membre du Réseau des Jeunes Féministes d’Afrique de l’Ouest. En dehors des organisations et des mouvements féministes Awa Mah travaille en temps plein à la télévision Nationale du Mali ORTM en tant que journaliste reporter, présentatrice télé ou elle mène des investigations sur des sujets qui touchant les femmes et les filles.
Pouvez-vous nous parler de votre association « La Femme en Moi » ?
« La Femme en Moi » est une association qui a pour mission de mobiliser la société à travers les plates-formes digitales, notamment les réseaux sociaux autour des droits des filles et des femmes afin de faire évoluer les mentalités pour atteindre et faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes. Nous abordons des sujets liés à la condition des femmes/filles à travers des écrits, des vidéos pour sensibiliser. Nous faisons des plaidoyers et donnons la parole aux femmes sur toutes ses questions. Nos actions ciblent la société de façon générales mais plus précisément les filles et les femmes, toutes catégories confondues.
Mars est par excellence un mois dédiée à la femme. Que représente pour vous cette période où les problèmes de la femme sont mis en exergue ?
C’est pour moi l’occasion de revendiquer la dignité des femmes et des filles dans toutes leurs diversités, et de rappeler que chaque jour doit être un combat pour leur émancipation. C’est également un moment de réflexion, de mobilisation et de solidarité. Elle nous permet de célébrer les avancées vers l’égalité entre les sexes, mais aussi de rappeler que le chemin reste encore long. En tant que militante féministe, coordinatrice de l’association « La Femme en Moi », je vois ce jour comme un appel à l’action, un appel à l’égalité réelle et non seulement symbolique.
Comment se porte le droit des femmes au Mali au regard surtout de la situation particulière qu’il traverse ?
Le droit des femmes au Mali, dans le contexte actuel de crise politique et sécuritaire, se trouve dans une situation complexe et difficile. Bien que des progrès aient été réalisés ces dernières décennies en matière de droits des femmes, notamment dans les domaines de l’éducation, de la représentation politique et de l’émancipation économique, la situation socio-politique et sécuritaire du pays affecte gravement les avancées en matière de droits humains, en particulier pour les femmes.
Quel rôle votre association joue -t-elle dans la sauvegarde, la protection et la promotion des droits des femmes ?
L’association La Femme en Moi joue un rôle de plaidoyer, de sensibilisation de toutes les couches, de communication, de renforcement de capacité, de soutien aux survivantes, des renforcements de capacités et de promotion de l’égalité.
Quelles initiatives avez-vous mises en place ?
Pour le 08 Mars 2025 par exemple « La Femme en Moi » prévoit des sessions de renforcement de capacité sur la désinformation avec les femmes/Filles de la ville de Kassaro, un gouter féministe numéro spécial avec les femmes de cette localité sur les défis qu’elles rencontrent, un live Facebook avec une doyenne sur l’historique du 08 mars.
Qu’est-ce que vous avez à dire aux femmes maliennes en particulier et africaines en général ? Quels souhaits ?
À vous, femmes maliennes et africaines, je vous invite à ne jamais perdre espoir, même face à l’adversité. Vous avez déjà démontré une grande force, et c’est cette même force qui continuera de faire avancer l’Afrique. Votre courage et vos sacrifices ne passent pas inaperçus. Vous êtes des modèles de détermination pour les générations à venir. Croyez-en vous-mêmes et en votre pouvoir de changer le monde. Vous avez le droit de rêver, de mener vos projets, de prendre votre place dans la société et de défendre vos droits sans crainte.
Télécoms : MTN Nigéria se remet de la dévaluation du naira

Le groupe de télécommunications MTN pointe vers une reprise après que la dévaluation du naira a entraîné des pertes. Le PDG du groupe MTN a déclaré que le pire devrait être passé pour l’entreprise alors que son unité nigériane se rétablit. Et ce, après qu’une dévaluation du naira a poussé le groupe à une perte annuelle avant impôts de 4,4 milliards de rands (243 millions de dollars).
Le Nigeria souffre d’une pénurie chronique de dollars qui a forcé les autorités à dévaluer le naira dans le cadre des mesures prises par le gouvernement pour stabiliser la monnaie et attirer les investissements. Couplé à une inflation et à des taux d’intérêt élevés, cela a fait grimper les coûts et élargi les marges de MTN Nigeria, occasionnant des pertes avant impôts de plus de 200% à 550,3 milliards de nairas (355,76 millions de dollars). Au niveau du groupe, MTN, dont le siège est en Afrique du Sud, a déclaré une perte avant impôts de 4,4 milliards de rands au cours de l’année jusqu’au 31 décembre, contre un bénéfice de 12,2 milliards de rands en 2023. L’entreprise nigériane a mis en place un certain nombre d’initiatives visant à rétablir ses bénéfices et à remédier à sa situation lorsque les passifs dépassent les actifs, notamment la renégociation des baux des tours et une hausse des tarifs, qui a été approuvée en janvier.
« Les difficultés que nous subissons depuis 18 mois s’atténuent quelque peu… l’activité connaît une croissance très forte. Je suis donc très optimiste et confiant quant à une forte reprise au Nigeria », a déclaré Ralph Mupita, PDG du groupe, lors d’une conférence téléphonique avec les médias.
Le groupe MTN, qui compte 291 millions de clients sur 16 marchés en Afrique, a économisé 3,8 milliards de rands en coûts, dont 1,2 milliard provenant des baux de tours renégociés, a déclaré le directeur financier Tsholofelo Molefe. Au Soudan, les performances opérationnelles et financières du groupe ont été entravées par le conflit armé dans le pays, entraînant des dépréciations de 11,7 milliards de rands. Mupita a déclaré que MTN a « commencé à voir des sites revenir à l’antenne » dans des zones où il y avait un conflit en cours, comme dans la capitale Khartoum, où son réseau était en panne depuis avril 2023. « Si l’on examine la performance sous-jacente, c’est-à-dire le chiffre d’affaires des services à taux de change constant, elle semble solide. L’équipe de direction exécute bien ses tâches », a déclaré Peter Takaendesa, responsable des actions chez Mergence Investment Managers. « Le défi réside justement dans les questions macroéconomiques et monétaires, sur lesquelles ils n’ont qu’un contrôle limité ». Les revenus des services du groupe ont diminué de 15 % à 177,8 milliards de rands, mais ont augmenté de 14 % en termes de change constants.
Finance : le FMI et le Kenya s’accordent sur un nouveau programme de prêt
Le Kenya et le Fonds monétaire international (FMI) vont discuter d’un nouveau programme de prêt pour ce pays d’Afrique de l’Est. Les deux parties ont auparavant convenu d’abandonner une neuvième révision du prêt actuel de 3,6 milliards de dollars.
Le Kenya et le FMI s’accordent pour entamer des négociations formelles sur un nouveau programme de prêt. Le Kenya a besoin d’un soutien continu pour maintenir son économie sur la bonne voie après que le coût du service de sa dette a grimpé en flèche en raison d’une frénésie d’emprunts au cours de la dernière décennie. « Les autorités kenyanes et le personnel du FMI sont parvenus à un accord selon lequel la neuvième revue des programmes actuels de la Facilité élargie de crédit et de la Facilité élargie de crédit n’aura pas lieu », a déclaré Haimanot Teferra, chef de mission du FMI, dans un communiqué publié à l’issue d’une visite à Nairobi. Le FMI a reçu une demande officielle du gouvernement kenyan pour un nouveau programme, a-t-elle ajouté. Le programme actuel a débuté en avril 2021 et doit expirer le mois prochain. Sa mise en œuvre a toutefois été entravée par les manifestations meurtrières contre la hausse des impôts l’année dernière et par un différend concernant un nouvel emprunt auprès des Émirats arabes unis. Le ministre des Finances, John Mbadi, a déclaré le mois dernier que le gouvernement chercherait à mettre en place un programme de financement.
A lire aussi : Finance : au Kenya KCB cède des actifs au nigérian Access