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Africa Income magazine N°1: l’Afrique en perspectives pour l’année 2024

Qui sont les champions de la croissance africaine en 2024 ? L'Afrique face au spectre d'une sortie désorganisée des énergies fossiles. Green bonds et financement bleu : une année mitigée pour l'Afrique.

Qui sont les champions de la croissance africaine en 2024 ? L’Afrique face au spectre d’une sortie désorganisée des énergies fossiles. Green bonds et financement bleu : une année mitigée. Des exemples d’entreprenariat réussi dans le green en Afrique. C’est l’aperçu des sujets décortiqués dans ce magazine, en focus sur les tendances qui se déssinent pour 2024 dans un continent en pleine ébullition sur le plan économique, social, voire politique.

Phosphates : le Maroc plante son drapeau industriel au cœur de l’Amérique

OCP North America et la coopérative agricole américaine CHS s'allient pour bâtir en Louisiane une usine d'engrais phosphatés de 450 millions de dollars. (Crédit : DR).

OCP North America et la coopérative agricole américaine CHS s’allient pour bâtir en Louisiane une usine d’engrais phosphatés de 450 millions de dollars. Ce sera la première du genre construite sur le sol américain depuis 1984. C’est un pari qui scelle l’ancrage du géant marocain du phosphate (OCP) sur le premier marché agricole mondial.

Le rapprochement prend la forme d’une coentreprise entre OCP North America, filiale du groupe phosphatier marocain OCP, et CHS, coopérative détenue par des agriculteurs américains. Les deux partenaires prévoient d’investir jusqu’à 450 millions de dollars dans la construction d’une usine d’engrais phosphatés, implantée au Cornerstone Energy Park de Waggaman, en Louisiane. Le site est stratégiquement situé au bord du Mississippi, artère logistique reliant le cœur agricole américain aux marchés d’exportation. Selon le communiqué diffusé par OCP mercredi, l’unité devrait produire plus d’un million de tonnes métriques d’engrais phosphatés par an. Le groupe marocain fournira l’acide phosphorique nécessaire à la production. Et les produits finis seront distribués conjointement par OCP North America et par le réseau de CHS. Ce dernier irrigue déjà des milliers d’exploitations à travers le pays.

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Au-delà des chiffres, le projet a une portée symbolique forte. Il s’agira de la première usine d’engrais phosphatés construite aux États-Unis depuis 1984. Dans un secteur où les capacités domestiques n’ont pas été renouvelées depuis quatre décennies, cet investissement répond à une inquiétude récurrente sur la sécurité de l’approvisionnement des agriculteurs américains. Lesquels sont régulièrement exposés aux tensions sur les prix et aux ruptures de chaîne logistique mondiale. En juin, le président américain Donald Trump avait autorisé une suspension temporaire de certains droits de douane frappant les engrais phosphatés importés du Maroc. L’objectif a été d’atténuer les perturbations d’approvisionnement liées à la guerre en Iran. En investissant directement sur le territoire américain, OCP transforme un accès commercial fragile et dépendant du contexte politique en une présence industrielle durable.

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Ce projet s’inscrit dans une trajectoire d’expansion spectaculaire. OCP est le premier producteur mondial d’engrais à base de phosphate. Le groupe a porté sa capacité de production à 16 millions de tonnes métriques en 2025, contre seulement 3 millions de tonnes en 2008. Soit une multiplication par plus de cinq en moins de vingt ans. En s’implantant au plus près des agriculteurs américains, le champion marocain ne se contente pas d’exporter. Il s’installe sur le marché qu’il approvisionne. Une stratégie qui pourrait faire école pour les industriels africains cherchant à remonter la chaîne de valeur et à sécuriser leurs débouchés à l’international.

Tunisie : 10,5 milliards de dollars de cash, hors des banques, un record qui inquiète

Jamais autant de billets et de pièces n’avaient circulé dans le pays. En un an, les liquidités détenues par les Tunisiens ont bondi de 16 % pour atteindre 30 milliards de dinars. Un afflux de monnaie physique qui assèche les banques et menace leur capacité à financer l’économie.

Selon les données publiées lundi par la Banque centrale de Tunisie, les billets et pièces en circulation dans le pays ont atteint 30,04 milliards de dinars, soit environ 10,5 milliards de dollars au 21 août 2026. Un niveau inédit, en hausse de près de 16 % sur un an, contre 25,9 milliards de dinars enregistrés à la même période l’an dernier. Derrière ce record se cache un phénomène préoccupant pour le système financier tunisien. En effet, une part croissante de la richesse nationale échappe aux circuits bancaires. Plus l’argent dort dans les tiroirs et les coffres des ménages, moins les banques disposent de ressources pour prêter aux particuliers et aux entreprises. Un cercle vicieux qui pèse directement sur la liquidité des établissements de crédit et, à terme, sur le financement de l’économie réelle.

Une loi sur les chèques qui a tout changé

Comment expliquer cette ruée vers le cash ? Les analystes financiers pointent en grande partie une réforme entrée en vigueur l’an dernier. Ce nouveau texte a considérablement durci les règles encadrant l’usage des chèques bancaires, tout en alourdissant les sanctions en cas de chèque sans provision ou irrégulier. Résultat : par crainte des pénalités, entreprises comme particuliers se sont détournés du chèque, longtemps instrument de paiement privilégié dans les transactions commerciales tunisiennes. À la place, ils retirent désormais davantage d’espèces pour régler leurs achats et honorer leurs engagements. Une réaction en chaîne qui gonfle mécaniquement la masse de monnaie fiduciaire en circulation et complique un peu plus la gestion de trésorerie des banques.

Le poids des habitudes et du retard numérique

Mais la réforme des chèques n’explique pas tout. La préférence des Tunisiens pour l’argent liquide est aussi profondément ancrée dans les habitudes de consommation. Pour la majorité des transactions du quotidien, le billet reste roi. La lente diffusion des paiements électroniques et de la banque numérique sur l’ensemble du territoire. Si les grandes villes commencent à s’équiper, les régions de l’intérieur demeurent largement à l’écart de cette transition. L’accès limité aux terminaux de paiement. L’on pointe le manque de confiance dans les outils digitaux et une bancarisation encore incomplète entretiennent cette dépendance au cash.

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Pour les autorités monétaires, l’équation est délicate. Réduire la circulation fiduciaire suppose de restaurer la confiance dans les moyens de paiement alternatifs et d’accélérer l’inclusion financière numérique. C’est un chantier de longue haleine. En attendant, les banques tunisiennes devront composer avec une tension persistante sur leurs liquidités, dans un contexte économique déjà contraint. Le record des 30 milliards de dinars sonne ainsi comme un avertissement : tant que l’argent continuera de fuir les guichets, c’est toute la mécanique du crédit et de l’investissement qui restera grippée.

Interview : NAFAD : souveraineté financière africaine et nouvelle guerre mondiale des ressources

Pour Mahaman Laouan Gaya, ancien ministre et banquier, spécialiste des politiques énergétiques africaines, la NAFAD représente bien plus qu’une réforme financière. Elle peut devenir l’un des instruments de libération économique du continent et représenter potentiellement une réponse historique à ce qu’il qualifie de nouvel impérialisme énergétique mondial. (Crédit : DR)

Mahaman Laouan Gaya :  ancien ministre et banquier –  spécialiste des politiques énergétiques africaines

Le monde traverse aujourd’hui une phase de recomposition géoéconomique majeure. Derrière les conflits internationaux, les tensions commerciales, les sanctions économiques et les rivalités stratégiques se cache une réalité fondamentale. Il s’agit de la lutte pour le contrôle de l’énergie, des minerais critiques et des chaînes de valeur industrielles. Le pétrole, le gaz, l’uranium, le lithium, le cobalt, le cuivre, le manganèse ou encore les terres rares sont devenus les piliers invisibles de la puissance mondiale. La transition énergétique, loin de supprimer les logiques de domination, redessine simplement les terrains de compétition stratégique. Dans ce contexte, l’Afrique occupe une position centrale. Le continent possède une part considérable des réserves mondiales de ressources énergétiques et minières stratégiques. Et pourtant, il demeure encore largement dépendant des centres financiers extérieurs, des technologies étrangères et des marchés internationaux dominés par les grandes puissances. C’est dans cette conjoncture qu’émerge la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD). Cette initiative portée notamment par l’Union Africaine et la Banque Africaine de Développement, ambitionne de construire progressivement une souveraineté financière africaine capable de soutenir l’industrialisation du continent, la transformation locale des ressources naturelles, le financement des infrastructures et la maîtrise stratégique des richesses énergétiques et minières africaines. Pour Mahaman Laouan Gaya, ancien ministre et banquier, spécialiste des politiques énergétiques africaines, la NAFAD représente bien plus qu’une réforme financière. Elle peut devenir l’un des instruments de libération économique du continent et représenter potentiellement une réponse historique à ce qu’il qualifie de nouvel impérialisme énergétique mondial.

Vous évoquez souvent l’existence d’un impérialisme énergétique mondial. Selon vous, les conflits actuels dans le monde sont-ils de plus en plus liés au contrôle des ressources énergétiques et minières stratégiques ?

Mahaman Laouan Gaya : L’histoire contemporaine montre clairement que l’énergie et les ressources stratégiques jouent un rôle central dans les rapports de puissance internationaux. Derrière de nombreux conflits géopolitiques se trouvent des enjeux liés aux hydrocarbures, aux minerais critiques, aux routes énergétiques ou encore au contrôle technologique. Aujourd’hui, la transition énergétique mondiale accroît encore cette compétition. Les grandes puissances cherchent à sécuriser l’accès au lithium pour les batteries, au cobalt pour les véhicules électriques, aux terres rares pour les technologies avancées, à l’uranium pour le nucléaire, et bien entendu aux hydrocarbures qui demeurent essentiels pour plusieurs décennies encore. Dès lors, l’Afrique devient donc un espace géostratégique majeur ; mais le danger est que le continent reste simplement un réservoir de ressources au service des stratégies industrielles extérieures. Lorsque les ressources africaines sont extraites sans industrialisation locale, sans transfert technologique significatif et sans maîtrise financière africaine, nous restons dans une logique de dépendance structurelle. C’est précisément ce que certains appellent l’impérialisme énergétique : le contrôle indirect des économies à travers la maîtrise des ressources, des financements, des technologies et des circuits commerciaux.

Dans ce contexte mondial très tendu, la NAFAD peut-elle devenir un instrument de protection stratégique des ressources africaines ?

Oui, potentiellement ; mais cela dépendra de son orientation réelle et de sa capacité opérationnelle. La NAFAD ne doit pas être réduite à une simple réforme bancaire ou financière. Son enjeu est beaucoup plus profond, car elle peut permettre à l’Afrique de reprendre progressivement le contrôle du financement de son développement, de la valorisation de ses ressources naturelles, et de ses priorités industrielles. Pendant longtemps, les modèles économiques africains ont été organisés autour de l’exportation brute des matières premières ; or la véritable puissance économique réside dans la transformation. Exporter du pétrole brut pour importer du carburant, des engrais et des produits pétrochimiques est une contradiction stratégique. Exporter du lithium sans produire de composants industriels revient à abandonner l’essentiel de la valeur ajoutée. La NAFAD peut justement contribuer à financer des raffineries, des complexes pétrochimiques, des industries minières intégrées, des infrastructures électriques et des chaînes de valeur régionales africaines. Mais cela suppose une vision politique claire ; sinon, la NAFAD risque simplement de devenir un nouveau mécanisme financier sans véritable transformation structurelle.

Certains analystes affirment que la bataille du 21ème siècle sera davantage financière et technologique que militaire. Partagez-vous cette analyse ?

Absolument. Les conflits militaires restent importants, mais la puissance moderne repose de plus en plus sur la finance, la technologie, les données, l’intelligence artificielle, l’énergie et les chaînes industrielles. Les sanctions financières, le contrôle des systèmes de paiement, les restrictions technologiques ou encore la maîtrise des plateformes numériques sont devenus des instruments de puissance extrêmement efficaces. L’Afrique doit comprendre que la souveraineté du 21ème siècle ne se limite plus au contrôle territorial. Elle implique aussi la souveraineté monétaire, la souveraineté énergétique, la souveraineté technologique et la souveraineté des données. La NAFAD peut donc jouer un rôle stratégique si elle contribue à développer des systèmes panafricains de paiement, des plateformes financières africaines, des capacités technologiques locales et des mécanismes de financement indépendants. Car un continent qui dépend totalement des technologies, des financements et des données extérieures reste vulnérable, même s’il possède d’immenses ressources naturelles.

Pensez-vous que l’Afrique dispose aujourd’hui d’une véritable fenêtre historique pour changer sa place dans l’économie mondiale ?

Oui, probablement plus que jamais depuis les indépendances, le monde traverse une phase de transition profonde avec la montée des BRICS, la remise en question de certains équilibres financiers internationaux, les tensions sur les ressources (surtout énergétiques), la transition énergétique et la réorganisation des chaînes industrielles mondiales. Force est de reconnaître que dans ce contexte, l’Afrique possède plusieurs atouts stratégiques au nombre desquels une population jeune (pendant que les continents européen et asiatique vieillissent), des ressources énergétiques majeures, des minerais critiques indispensables, un vaste marché potentiel et d’importants besoins en infrastructures. Mais les opportunités historiques ne garantissent jamais automatiquement le succès ; elles peuvent aussi être perdues. La question fondamentale est donc la suivante : l’Afrique veut-elle simplement fournir les matières premières du monde de demain ou veut-elle devenir l’un des pôles industriels, technologiques et financiers du nouvel ordre mondial ? La NAFAD peut représenter un outil important dans cette transformation, mais la clé restera toujours la qualité de la gouvernance, la compétence des élites, la vision stratégique et la capacité des États africains à défendre collectivement leurs intérêts. L’histoire économique mondiale montre une chose essentielle : les nations qui contrôlent l’énergie, la finance, la technologie et les infrastructures sont généralement celles qui façonnent durablement l’ordre mondial. L’Afrique, sera t’elle au rendez-vous du nouvel ordre énergétique mondial ?  

Propos recueillis par M.D

Mines – Centrafrique : au moins 49 morts, un site aurifère fermé après un éboulement

Les autorités de la République centrafricaine ont décidé de suspendre les activités d'une mine d'or artisanale située à Zamboye, dans une zone proche de la frontière camerounaise. (Crédit : DR).

Le gouvernement centrafricain a ordonné la fermeture d’une mine d’or artisanale près de la frontière camerounaise, après un effondrement meurtrier survenu le 19 août. Le bilan, encore provisoire, illustre les dangers persistants de l’exploitation informelle sur le continent.


Les autorités de la République centrafricaine ont décidé de suspendre les activités d’une mine d’or artisanale située à Zamboye, dans une zone proche de la frontière camerounaise. Cette décision fait suite à un effondrement survenu le mardi 19 août, qui a coûté la vie à au moins 49 personnes selon les informations relayées le ministre des Mines, Rufin Benam Beltoungou. Le ministre a précisé la nationalité des victimes recensées : 35 Centrafricains, 12 Camerounais et deux Tchadiens. Le bilan pourrait toutefois s’alourdir. Dès le lendemain du drame, un responsable d’une association minière locale avançait un chiffre supérieur à 100 morts. De son côté, un procureur a indiqué que les opérations de secours se poursuivaient et que le décompte des victimes n’était pas encore définitivement arrêté. Face à l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement a annoncé la suspension formelle de toute activité sur le site.

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Ce drame met une nouvelle fois en lumière la fragilité de l’exploitation minière artisanale, pourtant essentielle à l’économie de nombreux pays africains. Sur l’ensemble du continent, cette activité constitue une source d’emplois et de revenus considérable pour des populations souvent privées d’alternatives. Mais son revers est bien connu. Les opérations informelles fonctionnent fréquemment avec un encadrement minimal, des mesures de sécurité insuffisantes et des capacités d’intervention d’urgence quasi inexistantes. Ce déficit de contrôle explique la récurrence des effondrements et des accidents mortels dans ce type de sites, où les mineurs travaillent dans des conditions particulièrement précaires.

Vers une formalisation de l’orpaillage ?

La dimension transfrontalière du drame de Zamboye, avec des victimes de trois nationalités, rappelle que l’exploitation aurifère artisanale s’inscrit dans des dynamiques régionales qui dépassent les seules frontières centrafricaines. Dans ce contexte, plusieurs États cherchent à reprendre la main. Le Cameroun voisin s’est ainsi engagé à formaliser une partie de son secteur minier, avec l’objectif d’améliorer la régulation, de renforcer la sécurité des travailleurs et d’accroître la collecte fiscale. Une orientation qui traduit la prise de conscience croissante des enjeux économiques et humains liés à un secteur longtemps laissé en marge des politiques publiques.

Dette : Fitch relève la note en monnaie locale du Congo-Brazzaville

Fitch a relevé d'un cran la note souveraine à long terme en monnaie locale du Congo-Brazzaville, la faisant passer de CCC à CCC+, tout en confirmant à CCC+ sa note en devises étrangères. (Crédit : DR)

L’agence de notation Fitch a rehaussé, vendredi 15 août, la note de crédit en monnaie locale de la République du Congo, portée de CCC à CCC+ . Un geste justifié par l’amélioration des conditions de financement régionales et un profil de remboursement de la dette plus lisse. Et ce, même si le pays demeure en catégorie spéculative.

Fitch a relevé d’un cran la note souveraine à long terme en monnaie locale du Congo-Brazzaville, la faisant passer de CCC à CCC+, tout en confirmant à CCC+ sa note en devises étrangères. L’agence met en avant un net recul des risques de refinancement à court terme et un calendrier de remboursement assaini. Cette décision intervient dans un contexte où Brazzaville, sous la présidence de Denis Sassou Nguesso, s’efforce de consolider la paix et de diversifier une économie encore largement adossée aux hydrocarbures. Le chef de l’État, au pouvoir depuis près de quarante-deux ans, a remporté en mars dernier une élection étroitement contrôlée, avec plus de 94 % des suffrages, prolongeant ainsi son emprise sur le pays.

Une trajectoire de dette orientée à la baisse

Selon Fitch, la note est soutenue par la réduction des risques de refinancement à courte échéance, par des perspectives de croissance en amélioration. Lesquelles sont portées par l’expansion du secteur pétrolier et gazier ainsi que par une dette publique en repli constant et des excédents budgétaires. L’agence anticipe un allègement sensible de l’endettement public, qui devrait tomber à 80,9 % du PIB en 2026, contre 92,1 % à la fin de 2025. Cette baisse serait alimentée par les excédents des finances publiques et par une forte croissance nominale.

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Malgré cette embellie, Fitch a maintenu le Congo dans la zone peu attractive, c’est-à-dire non-investissement. L’agence pointe plusieurs fragilités structurelles. Il s’agit notamment d’une gestion des finances publiques jugée déficiente, une dépendance excessive aux recettes pétrolières et des arriérés de paiement récurrents. Des facteurs qui continuent de peser sur la signature souveraine du pays. La confirmation de la note en devises étrangères à CCC+ traduit cette prudence . Si le risque de défaut immédiat s’éloigne, la solidité budgétaire du Congo reste tributaire de la volatilité des cours du brut et de réformes encore attendues en matière de transparence et de discipline financière.

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Afrique : Standard Bank mise sur un second semestre de rebond, portée par le reflux des taux

La première banque africaine par les actifs, Standard Bank, a vu son bénéfice semestriel 2026 progresser de 10 %. (Crédit : DR).

La première banque africaine par les actifs, Standard Bank, a vu son bénéfice semestriel 2026 progresser de 10 %. Mais c’est sur les six prochains mois que se joue l’essentiel. En effet, la fin du choc des taux bas devrait redonner un regain à ses activités de détail sur le continent. Et ce alors que le groupe accélère ses déploiements en Angola et en Tanzanie.

La plus grande banque du continent reste positive sur ses perspectives en Afrique. Standard Bank, première banque africaine par la taille de son bilan, table sur une croissance plus vigoureuse de ses revenus bancaires au second semestre 2026. En effet, la pression exercée par la baisse des taux d’intérêt commence à s’estomper, allégeant le poids qui pesait sur ses filiales africaines hors Afrique du Sud. Le groupe sud-africain a publié un bénéfice net ajusté  de 26,1 milliards de rands, soit environ 1,62 milliard de dollars, pour les six mois clos le 30 juin. Une hausse de 10 % soutenue par la bonne tenue des commissions, des revenus de trading et surtout par la solide progression du produit net d’intérêts dans la division Corporate and Investment Banking.

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Face aux analystes, le directeur financier Arno Daehnke a évoqué une « contribution renforcée » attendue des pôles Business and Commercial Banking (BCB) et Personal and Private Banking (PPB) sur la seconde moitié de l’année, en particulier dans le reste de l’Afrique. Le dirigeant anticipe une accélération de la production de crédits et donc un portefeuille de prêts en expansion. « Nous voyons l’impact de la baisse des taux davantage intégré dans la base de comparaison, si bien que les marges devraient s’améliorer légèrement, ce qui soutiendra le produit net d’intérêts », a-t-il expliqué dans les colonnes de Reuters. Un basculement qui, s’il se confirme, marquerait la sortie d’une année 2025-2026 marquée par la compression des marges.

Des tensions en baisse

Car le premier semestre a laissé des traces. La baisse des taux a lourdement pesé sur les résultats des activités de banque de détail et d’entreprise du groupe en Afrique, hors marché sud-africain, en réduisant les revenus tirés des prêts. Le manque à gagner sur les dépôts et fonds propres quand les taux reculent, devrait diminuer d’ici la fin de l’année, sans toutefois se résorber totalement avant 2027, selon M. Daehnke. Sur l’ensemble du groupe, le produit net d’intérêts a progressé de 4 % pour atteindre 53,2 milliards de rands. La marge nette d’intérêt s’est en revanche resserrée, à 472 points de base contre 489 un an plus tôt. Ce qui reflète à la fois de l’environnement de taux plus bas et d’une concurrence tarifaire accrue sur certains segments du crédit aux particuliers et aux entreprises.

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En parallèle, Standard Bank accélère son déploiement sur des marchés jugés porteurs. Le groupe a injecté 80 millions de dollars supplémentaires dans sa filiale tanzanienne en juillet. Il reste également en bonne voie pour porter sa participation dans Standard Bank Angola de 51 % à 75 % au cours du second semestre 2026.

Bénin : le « Ba3 » de Moody’s, sésame pour le club des mieux notés d’Afrique ?

L'agence internationale Moody's a rehaussé la note souveraine à long terme du Bénin de « B1 » à « Ba3 », assortie d'une perspective stable. (Crédit : DR)

L’agence internationale Moody’s a rehaussé la note souveraine à long terme du Bénin de « B1 » à « Ba3 », assortie d’une perspective stable. Le pays confirme ainsi son ancrage dans la catégorie « BB/Ba » et rejoint le club restreint des quatre États d’Afrique subsaharienne bénéficiant de ce niveau de notation ou d’un niveau supérieur.

La décision de rehausser la note souveraine du Benin à « Ba3 » intervient dans un contexte international et régional instable, ce qui en renforce la portée. Elle traduit, selon Moody’s, la solidité des fondamentaux économiques du pays et la confiance croissante des investisseurs. L’agence met en avant le fort dynamisme de l’économie béninoise, dont la croissance a atteint 8,1 % en 2025, son niveau le plus élevé depuis 1990. Cette performance n’est pas un simple pic conjoncturel. Moody’s anticipe une croissance comprise entre 6,5 % et 7,0 % par an jusqu’en 2030. Une croissance portée par les investissements, l’industrialisation et la transformation locale des matières premières. Trois leviers qui traduisent la volonté de Cotonou de capter davantage de valeur ajoutée sur son sol.

Des institutions solides et des réformes qui tiennent

Au-delà des chiffres, par cette notation Moody’s salue la continuité des politiques publiques et la solidité des institutions béninoises. Deux facteurs qui soutiennent la poursuite des réformes engagées. Cette dynamique est illustrée par la très bonne exécution des programmes conclus avec le Fonds Monétaire International. Mais aussi par les progrès en matière de gouvernance économique et par la robustesse des partenariats noués avec les institutions financières internationales. Sur le plan budgétaire, Moody’s souligne une consolidation durable des finances publiques. Le Bénin a amélioré la mobilisation de ses recettes, maîtrisé ses dépenses courantes et ramené son déficit budgétaire à 3,0 % du PIB en 2025, conformément à la norme communautaire de l’UEMOA. Un retour dans les clous qui témoigne d’une discipline budgétaire assumée.

Une gestion de la dette saluée pour sa sophistication

Moody’s insiste sur la diversification des sources de financement et une gestion proactive des passifs. Ce qui contribue à réduire progressivement le ratio d’endettement. Cette stratégie a considérablement élargi l’accès du Bénin aux marchés internationaux. Le pays s’est illustré par plusieurs opérations pionnières : son émission obligataire inaugurale liée aux Objectifs de Développement Durable (ODD) en 2021, sa première émission en dollars en 2024, et son Sukuk inaugural en 2026. Des instruments qui ont permis de diversifier la base d’investisseurs tout en maintenant un coût de financement maîtrisé. En franchissant ce cap, le Bénin envoie un signal fort aux marchés et se positionne comme l’une des signatures les plus crédibles de l’Afrique subsaharienne. Et ce, à un moment où la prime de risque pèse lourdement sur la plupart des émetteurs du continent.

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Tanzanie : ouverture du marché de la dette publique aux investisseurs étrangers

La Tanzanie franchit une nouvelle étape dans l'ouverture de son économie. La banque centrale du pays a annoncé, jeudi 7 août, l'assouplissement de sa réglementation des changes.

Dans un contexte de baisse de l’aide internationale, Dar es Salaam assouplit ses règles de change. L’objectif est d’attirer les capitaux étrangers vers ses bons et obligations du Trésor. Une décision destinée à approfondir les marchés financiers domestiques et à diversifier les sources de revenus de l’État.

La Tanzanie franchit une nouvelle étape dans l’ouverture de son économie. La banque centrale du pays a annoncé, jeudi 7 août, l’assouplissement de sa réglementation des changes. Et ce, afin de permettre à l’ensemble des investisseurs étrangers d’acquérir des bons et obligations du Trésor émis par l’État tanzanien. Une mesure qui marque un tournant dans la stratégie financière de Dar es Salaam. Jusqu’à présent, l’accès au marché des titres publics tanzaniens demeurait strictement encadré. Seuls les résidents des pays membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), ceux de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), ainsi que les membres de la diaspora tanzanienne, étaient autorisés à y participer. Désormais, la porte s’ouvre à tous les investisseurs internationaux, quelle que soit leur origine géographique.

Approfondir les marchés domestiques

Selon l’institution monétaire, cette réforme poursuit un double objectif : approfondir les marchés financiers domestiques et promouvoir la Tanzanie comme destination d’investissement attractive. En élargissant la base d’investisseurs potentiels, les autorités espèrent stimuler la demande pour la dette souveraine, améliorer la liquidité du marché et, à terme, réduire le coût de financement de l’État. Cette ouverture s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. L’administration de la présidente Samia Suluhu Hassan est à la recherche de nouvelles sources de revenus, alors que les partenaires internationaux ont réduit leurs aides au développement. Face à ce resserrement des financements extérieurs, la mobilisation de l’épargne et des capitaux privés étrangers apparaît comme un levier de substitution essentiel pour couvrir les besoins de trésorerie du pays.

Un pari économique sur fond de tensions politiques

Cette initiative économique intervient toutefois dans un climat politique délicat. Samia Suluhu Hassan, au pouvoir depuis 2021, a remporté l’an dernier une élection contestée. Ses opposants dénoncent un scrutin qu’ils jugent entaché d’irrégularités et marqué par des troubles liés à l’exclusion de ses principaux rivaux de la course présidentielle. La cheffe de l’État a rejeté les critiques visant son bilan en matière de droits humains et défendu la régularité du processus électoral. Sur le plan économique, la Tanzanie mise sur l’attractivité de ses instruments financiers pour rassurer les marchés. En s’alignant sur les pratiques d’ouverture adoptées par plusieurs économies africaines, Dar es Salaam cherche à se positionner comme une place financière crédible dans une région où la concurrence pour capter les capitaux internationaux s’intensifie. Le succès de cette réforme dépendra largement de la confiance qu’inspireront la stabilité macroéconomique du pays et la solidité de son cadre institutionnel. Pour les investisseurs étrangers en quête de rendements, la dette tanzanienne pourrait néanmoins représenter une opportunité intéressante sur un continent en pleine transformation financière.

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Pétrole : le Nigeria vise jusqu’à 50 milliards de dollars d’investissements offshore d’ici 2030

La Commission de régulation du secteur pétrolier amont (NUPRC) prévoit le lancement d'au moins 22 projets offshore d'ici 2030, représentant un potentiel d'investissement pouvant atteindre 50 milliards de dollars.

Le régulateur du secteur amont nigérian attend le démarrage d’au moins 22 projets offshore avant 2030, portés par des réformes et de nouveaux cycles d’attribution de licences. Objectif : relancer la production et attirer de nouveaux capitaux.

Le Nigeria accélère. La Commission de régulation du secteur pétrolier amont (NUPRC) prévoit le lancement d’au moins 22 projets offshore d’ici 2030, représentant un potentiel d’investissement pouvant atteindre 50 milliards de dollars. Pour le premier producteur de brut du continent africain, l’enjeu est double : accroître sa production de pétrole et de gaz, et restaurer son attractivité auprès des investisseurs internationaux. Selon le régulateur, plusieurs facteurs concourent désormais à améliorer l’environnement des affaires : réformes structurelles, cycles d’attribution de licences, modernisation des infrastructures et renforcement de la sécurité. Autant de leviers destinés à rassurer un secteur longtemps freiné par l’instabilité et les incertitudes réglementaires. La directrice générale de la NUPRC, Oritsemeyiwa Eyesan, a précisé que l’institution avait validé plus de 57 milliards de dollars de plans de développement de champs depuis 2024.

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Ces approbations ouvrent la voie à plusieurs décisions finales d’investissement, étape décisive avant la mise en production effective des gisements. L’ouverture de nouvelles superficies constitue l’autre pilier de cette stratégie. Le Nigeria a attribué 37 blocs à 31 sociétés lors du cycle de licences de 2025. Le cycle suivant, prévu pour 2026, est en cours de finalisation et devrait être lancé au troisième trimestre, selon les autorités. Ces investissements sont appelés à soutenir la hausse de la production d’hydrocarbures, à étendre les infrastructures et à consolider la position du pays comme destination privilégiée des acteurs de l’amont pétrolier. À terme, Abuja affiche une ambition claire : porter sa production à près de 3 millions de barils par jour d’ici 2030, soit quasiment le double des niveaux actuels. Reste à transformer ces annonces en réalisations concrètes. Le passage des plans validés aux décisions finales d’investissement, dans un contexte de volatilité des prix du brut et de transition énergétique mondiale, déterminera la capacité du Nigeria à concrétiser cet objectif de 50 milliards de dollars.

Afrique – Emirats : 6 milliards de dollars d’investissement pour des projets touristiques en Afrique

En octobre dernier, Abidjan a accueilli un Forum organisé sous l’égide de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) sur les opportunités d’investissements touristiques en Côte d’ivoire. L’évènement fait suite au succès rencontré par la table ronde de Dubai, organisée quelques mois plutôt par de gouvernement ivoirien et qui a permis d’obtenir 2500 milliards FCFA (environ 4,22 milliards de dollars) de promesses d’investissements directs étrangers dans le secteur touristique ivoirien. (Crédit : DR)

« L’Afrique offre une multitude d’opportunités à ceux qui sont prêts à investir avec clarté, détermination et une vision à long terme », conseille Zurab Pololikashvili, Secrétaire général de l’organisation des Nations Unies pour le Tourisme. C’est ce qu’ont bien compris les Emirats Arabes Unis (E.A.U) qui ont décidé d’investir dans le secteur très prometteur…

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