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La BAD devient premier actionnaire d’ATIDI : pari sur les garanties pour attirer 4 000 milliards de dollars de capitaux privés

L’annonce marque un tournant stratégique pour le premier bailleur du continent. La Banque africaine de développement va injecter 125 millions de dollars dans l’African Trade and Investment Development Insurance (ATIDI) pour en devenir le principal actionnaire et intensifier le recours aux garanties afin d’attirer les capitaux privés. Crédit : DR

En injectant 125 millions de dollars dans l’assureur panafricain ATIDI, la Banque africaine de développement en prend le contrôle actionnarial et place les mécanismes de garantie au cœur de sa nouvelle doctrine financière. Objectif affiché de son président Sidi Ould Tah : mobiliser l’épargne institutionnelle du continent pour combler un déficit de financement estimé à…

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BT Expertise : anticiper, sécuriser, performer face aux défis sécuritaires du secteur bancaire africain

Basé à Dakar et actif en local comme dans toute la sous-région, BT (Bank & Technology) Expertise accompagne ces banques, institutions financières, entreprises et entités publiques pour qu’elles soient à la fois performantes et résilientes. Crédit : BTE

Dans un environnement où la digitalisation des services financiers s’accélère et où les attaques cybercriminelles se multiplient, les banques, entreprises et institutions publiques de la sous-région africaine doivent s’adapter vite tout en protégeant leurs systèmes d’information et leurs données. Selon des statistiques récentes, les pertes liées à la cybercriminalité en Afrique dépassent 4 milliards USD par an, avec une part importante liée aux institutions financières. Face à la multiplication des menaces cybernétiques et au renforcement des exigences réglementaires, la conformité aux normes et règlementations en vigueur est devenue un enjeu stratégique et incontournable pour toute entreprise.

Pour ce faire, participez à notre prochain événement : BT Expertise organise une formation dédiée aux responsables et décideurs du secteur financier et public autour de la conformité aux normes et règlementations en vigueur dans un contexte marqué par la digitalisation des services et l’intensification des cyber attaques. Une occasion d’échanger avec nos experts et de découvrir les exigences applicables en matière de lutte contre la fraude et le blanchiment d’argent, de cybersécurité et de management des risques. Les places sont limitées. Réservez la vôtre dès maintenant. Inscrivez-vous en ligne en renseignant le formulaire suivant :  https://bt-expertise.com/inscription-evenement.html

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 Basé à Dakar et actif en local comme dans toute la sous-région, BT (Bank & Technology) Expertise accompagne ces banques, institutions financières, entreprises et entités publiques pour qu’elles soient à la fois performantes et résilientes. Son objectif est d’aider ses clients à relever les défis majeurs liés à l’insécurité numérique et à la forte concurrence, grâce à sa démarche outillée et conforme aux bonnes pratiques internationales.  Sa promesse tient en trois temps : anticiper, sécuriser, performer. A cet effet, BT Expertise met à votre disposition de quatre pôles d’expertise et un pôle transversal :

  • Pole 1 : Système d’Information et Cybersécurité
  • Pole 2 : Gouvernance, Risque et Conformité
  • Pole 3 : Prévention et lutte contre la fraude
  • Pole 4 : Digitalisation et Automatisation des processus
  • Pole transversal : Formation et Sensibilisation

Ses intervenons sous forme de consultance, de formation et de déploiement d’outils adaptés à vos réalités, tout en vous offrant des services à valeur ajoutée grâce à une :

  • Expertise reconnue : Références régionales et internationales
  • Équipe qualifiée : Experts certifiés avec une expérience terrain
  • Présence régionale : Interventions au Sénégal et dans la sous-région

Les sessions formation organisés par BT Expertise en juin et juillet 2026, entrent dans ce paradigme. En formant les équipes internes aux exigences normatives et réglementaires en vigueur, les entreprises vont acquérir l’autonomie nécessaire pour comprendre les exigences applicables, conduire leurs auto-évaluations et réduire drastiquement leurs coûts de mise en conformité ou de certification. Les sessions de formation proposées s’inscrivent dans ce cadre, elles couvrent 2 thématiques pertinentes :

THEMATIQUE 1 : CONFORMITE AUX NORMES ET REGLEMENTATIONS A L’ERE DU DIGITAL

  • Durée : 5 jours
  • Objectif Principal : Doter les participants de tous les techniques et outils nécessaires à la mise en conformité aux normes et règlementations liées à la digitalisation
  • Sujets traités : Digitalisation et nouvel écosystème, Connaissance du client (KYC & KYB), Approche basée sur les risques (APR), Éthique professionnelle, Prévention de la Corruption, Protection des données à caractère personnel,  Déclaration de Soupçon (DS), Traitement des alertes, RegTech,  Dispositifs de lutte contre la fraude, Normes et Règlementations sécuritaires
  • Public cible : Banques, Assurances, Institutions financières, Entreprises (tous secteurs), Secteur public et privé, Toute personne intéressée

THEMATIQUE 2 : COMPRENDRE ET APPLIQUER LA NORME PCI DSS PCI DSS v4.0.1

  • Durée : 3 jours
  • Objectif Principal : Permettre aux entreprises de comprendre les exigences PCI DSS et de réduire les coûts de certification/re certification
  • Sujets traités : Écosystème des paiements & Standards PCI SSC, Scoping PCI DSS & Segmentation réseau, Sécurité réseau, Configuration & Données stockées, Cryptographie & Protection contre les malwares, Développement sécurisé & Contrôle des accès, Authentification & Sécurité physique, Surveillance, Tests & Politiques de sécurité, Processus d’évaluation, ROC & Reporting,
  • Public cible : Banques & Établissements financiers, Marchands & e-commerçants, Responsables SI & Sécurité, RSSI, DSI, Auditeurs, Ingénieurs, Fournisseurs de services, Toute personne intéressée.
  • Ces thématiques de formation d’actualités seront animées de façon pratique, afin de favoriser la mise à niveau et la montée en compétences de vos équipes, selon la démarche pédagogique déclinée ci-après :
  • DOCUMENTS PEDAGOGIQUES : Support, Travaux dirigés Cas pratiques, Etudes de cas
  • MODALITES DE FORMATION : Présentiel, En ligne, Cours du soir, Cours du weekend
  • TECHNIQUES D’ANIMATION : Alternance théorie et pratique
  • EVALUATIONS DES ACQUIS : QCM, Test, Examen
  • SUIVI POST FORMATION : Coachning, Mentorat

Une attestation de formation est délivrée aux différents participants de chaque session, avec des points fidélités incrémentés, en vue de l’inscription gratuite à une session de formation de votre choix.

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Maroc : le déficit commercial s’alourdit de 18,4 % au premier trimestre, sous la pression des importations

Le déficit commercial du Maroc a dépassé 127,04 milliards de dirhams au cours des quatre premiers mois de 2026, en hausse de 18,4 % par rapport à la même période un an plus tôt, soit environ 13,8 milliards de dollars. (Crédit : office de chaange).

Entre janvier et avril 2026, le déficit de la balance commerciale marocaine a franchi la barre des 127 milliards de dirhams, en hausse de 18,4 % sur un an. Une dégradation portée par une envolée des importations que la bonne tenue de l’automobile et de l’aéronautique n’a pas suffi à compenser. Le taux de couverture recule encore, exposant la dépendance structurelle du Royaume aux achats extérieurs.

Le constat livré lundi par l’Office des changes confirme une tendance qui s’installe. Le déficit commercial du Maroc a dépassé 127,04 milliards de dirhams au cours des quatre premiers mois de 2026, en hausse de 18,4 % par rapport à la même période un an plus tôt, soit environ 13,8 milliards de dollars. Le mécanisme de cette dérive est limpide : les importations progressent nettement plus vite que les exportations. Côté achats, les importations de biens ont grimpé de 12,7 % à 295,9 milliards de dirhams, tandis que les exportations n’ont progressé que de 8,7 % à 168,86 milliards de dirhams. L’écart se traduit mécaniquement dans le ratio de couverture, indicateur clé de la soutenabilité extérieure : il a reculé de 2 points pour s’établir à 57,1 %. Autrement dit, les exportations ne financent plus que 57 dirhams sur 100 dirhams d’importations – un signal d’alerte sur la dépendance du Royaume aux biens étrangers, selon les chiffres de l’office des changes marocain.

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La ventilation des importations révèle où se loge la pression. Les achats de matières premières ont bondi de 48,8 % à 19,23 milliards de dirhams, suivis des biens d’équipement finis (+21,8 % à 72,6 milliards) et des biens de consommation finis (+15,2 % à 72,97 milliards). Seule éclaircie : les importations alimentaires ont reflué de 5,9 % à 31,51 milliards de dirhams. Le moteur exportateur reste l’industrie automobile, désormais colonne vertébrale du commerce extérieur marocain. Les exportations de voitures ont progressé de 18,6 % à 58,28 milliards de dirhams, devant l’aéronautique, en hausse de 15,9 % à 11,03 milliards. Mais ces performances masquent des fragilités sectorielles préoccupantes. Les exportations de textile et de cuir ont chuté de 6,7 %, l’électronique de 3,5 %, et surtout les phosphates et dérivés – l’un des piliers historiques – ont reculé de 1,5 %. L’agroalimentaire n’a gagné que 0,8 %.

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Le tableau n’est pas uniformément sombre. La balance des services, traditionnel poste excédentaire grâce au tourisme, joue son rôle d’amortisseur : son excédent a progressé de 16,4 % pour atteindre 54,91 milliards de dirhams, porté par des exportations de services en hausse de 13,9 % à 106,09 milliards. Cette dégradation s’inscrit dans un contexte structurel plus large. Dès le premier trimestre, le déficit s’était déjà creusé de près de 24 %, sous l’effet conjugué d’une demande intérieure soutenue – le Royaume se préparant à co-organiser la Coupe du monde 2030 – et d’un choc énergétique lié aux tensions géopolitiques sur le détroit d’Ormuz. Pour un pays qui contrôle près des deux tiers des réserves mondiales de phosphate mais dépend lourdement des importations d’énergie et d’équipements, l’équation commerciale demeure le talon d’Achille d’une économie par ailleurs en pleine montée en gamme industrielle. La diversification exportatrice réussie sur l’automobile devra désormais s’étendre à d’autres filières pour inverser durablement la tendance.

BRVM : la place ouest-africaine enchaîne les records et vise l’horizon 2030

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), commune aux huit pays de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), poursuit sa course aux records. Mi-mai 2026, le marché a franchi de nouveaux paliers. (Credit : BRVM).

Portée par une dynamique haussière inédite, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières franchit de nouveaux sommets en ce printemps 2026. Capitalisation, indices, confiance des investisseurs : tous les voyants sont au vert pour la cinquième place boursière du continent, qui ambitionne désormais de transformer ses performances en levier de souveraineté économique.

La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), commune aux huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), poursuit sa course aux records. Mi-mai 2026, le marché a franchi de nouveaux paliers : au 15 mai 2026, la capitalisation boursière des actions s’élevait à 15 896,20 milliards FCFA, tandis que celle des obligations atteignait 12 287,04 milliards FCFA, portant la capitalisation globale à plus de 28 183 milliards FCFA. Un niveau qui consolide la position de la BRVM comme cinquième bourse africaine. Cette envolée prolonge une année 2025 déjà exceptionnelle. Lors de son bilan annuel, la BRVM avait fait état d’une hausse de 25,26 % de l’indice BRVM Composite, qui a franchi un nouveau seuil historique à 345,75 points, et d’une progression cumulée de près de 100 % sur cinq ans, traduisant la maturité et l’attractivité croissante du marché. La capitalisation totale dépassait alors les 24 781 milliards FCFA, soit 18,37 % du PIB de l’UEMOA. Le mouvement ne s’est pas essoufflé en 2026. Au fil des séances de mai, les indices phares ont multiplié les progressions. Le 13 mai, par exemple, la capitalisation du marché des actions s’est établie à 15 778,815 milliards FCFA, en hausse de 128,784 milliards sur une seule séance, conséquence de la progression de 0,82 % de l’indice BRVM Composite à 409,50 points. Les autres indicateurs suivaient la même tendance : le BRVM 30 gagnait 0,54 % à 193,20 points et l’indice BRVM Principal bondissait de 1,89 % à 287,08 points.

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Plusieurs facteurs nourrissent cette dynamique. Les bonnes perspectives de croissance des pays de l’UEMOA, l’assouplissement des conditions monétaires par la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ainsi que l’introduction en bourse de nouvelles sociétés et les augmentations de capital de certaines banques ont stimulé le marché. La régularité des distributions de dividendes par la quasi-totalité des sociétés cotées a par ailleurs renforcé la confiance des investisseurs. Cette confiance se mesure aussi à la comparaison continentale. En 2025, la performance de la BRVM la plaçait certes derrière les places les plus dynamiques – la Bourse du Ghana a progressé de 73,92 %, celle du Nigeria de 43,54 %, le JSE sud-africain de 32,75 % – mais sa progression régulière et sa profondeur croissante en font un marché de référence en zone franc. Le marché obligataire participe pleinement à l’essor. Le compartiment a accueilli plusieurs émissions souveraines au printemps 2026 : l’État du Burkina Faso a levé le 6 mai 2026 sur le marché financier de l’UEMOA la somme de 49,5 milliards FCFA à l’issue d’une émission simultanée, tandis que le Trésor sénégalais sollicitait également la place pour financer ses besoins budgétaires.

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Au-delà des chiffres, la BRVM affiche une ambition stratégique tournée vers 2030. L’enjeu : approfondir le marché actions, encore étroit avec moins d’une cinquantaine de sociétés cotées après près de trois décennies d’existence, et faire de la Bourse un véritable instrument de financement des économies régionales. La montée en puissance de la finance durable – la place s’est imposée comme deuxième marché africain de cotation des social bonds – illustre cette volonté de diversification. Reste le défi de fond : convertir l’engouement boursier en financement productif. Dans un contexte régional marqué par des incertitudes sécuritaires et géopolitiques, la résilience de la BRVM apparaît comme un signal de confiance dans les économies de l’Union. Encore faudra-t-il que cette vitalité financière irrigue durablement l’investissement et l’emploi.

Cameroun : la CDC replonge dans le rouge, l’État au chevet de son fleuron agro-industriel

Le verdict du cabinet d'audit Forvis Mazars est sans appel. La Cameroon Development Corporation, deuxième employeur du Cameroun après l'État, a clôturé l'exercice 2025 sur une perte nette de 20 milliards de FCFA. (Crédit : CDC)

Deuxième employeur du pays, la Cameroon Development Corporation a clôturé 2025 sur une perte nette de 20 milliards de FCFA. Un retournement qui révèle la fragilité d’une entreprise dont le redressement apparent reposait moins sur une dynamique industrielle que sur un coup de pouce comptable de l’État.

Le verdict du cabinet d’audit Forvis Mazars est sans appel. La Cameroon Development Corporation, deuxième employeur du Cameroun après l’État, a clôturé l’exercice 2025 sur une perte nette de 20 milliards de FCFA. Le résultat tranche brutalement avec le bénéfice de 45 milliards de FCFA enregistré en 2024, et confirme la fragilité structurelle de ce géant public producteur d’huile de palme, de caoutchouc et de bananes. L’embellie de l’exercice précédent était en réalité trompeuse. Elle trouvait son origine dans l’annulation par l’État d’une dette fiscale et sociale de 59 milliards de FCFA, enregistrée comme produit exceptionnel. Ce soutien comptable, ponctuel par nature, avait masqué la réalité d’une exploitation à la peine. L’annulation portait notamment sur 24,1 milliards de FCFA de cotisations sociales, le solde correspondant à des dettes envers le personnel évaluées à 35 milliards de FCFA. Sa disparition des comptes 2025 met à nu les difficultés de fond.

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Car le mal est structurel. Le cœur de métier du groupe – la banane, l’hévéa et l’huile de palme – souffre depuis 2017 du conflit qui oppose l’armée camerounaise aux groupes séparatistes armés des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où la CDC a son siège et l’essentiel de ses plantations. Les chiffres de l’audit sont éloquents : sur les 18 595 hectares de plantations d’hévéas matures recensés au 31 décembre 2025, 51 % n’ont pas été exploités au cours de l’exercice ; du côté des palmiers à huile, 36 % des 13 690 hectares matures sont restés en jachère forcée. Les commissaires aux comptes relèvent que les niveaux de production agricole 2025 sont demeurés inférieurs aux objectifs budgétaires. La situation financière traduit cette tension. Pour un total de bilan de 102 milliards de FCFA, les capitaux propres ne s’élèvent plus qu’à 3,2 milliards, contre 9 milliards un an plus tôt. Le chiffre d’affaires progresse légèrement, passant de 23 à 24,9 milliards de FCFA, mais les liquidités reculent de 7,4 milliards – un repli qui pourrait contraindre l’entreprise à solliciter de nouveaux concours publics ou bancaires.

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Face à cette trajectoire, l’État camerounais a engagé un vaste programme de modernisation. Le président Paul Biya a habilité le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer avec Standard Chartered Bank Londres deux conventions de financement : un crédit commercial de 7,1 millions d’euros et un crédit-acheteur de 71,7 millions d’euros, bénéficiant de la garantie de Bpifrance Assurance Export, pour une enveloppe globale avoisinant 52 milliards de FCFA. Ces fonds doivent financer de nouvelles unités de transformation d’huile de palme, de margarine et d’hévéa. L’enjeu dépasse les seuls comptes de la CDC. Avec ses dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, l’entreprise reste un pilier social du Sud-Ouest camerounais. Son redressement dépendra autant de la modernisation de l’outil industriel que d’un apaisement durable de la crise sécuritaire qui asphyxie ses plantations depuis bientôt une décennie.

Perspectives de la BAD :  La croissance africaine robuste malgré les turbulences mondiales

Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 » de la Banque africaine de développement, le continent devrait afficher une croissance de 4,2 % cette année, confirmant sa résilience malgré les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales. Mais un déficit de financement colossal subsiste. ( Crédit : BAD).

Selon le rapport « Perspectives économiques en Afrique 2026 » de la Banque africaine de développement, le continent devrait afficher une croissance de 4,2 % cette année, confirmant sa résilience malgré les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Mais un déficit de financement colossal subsiste.

La croissance économique des pays africains est évaluée à 4,2 % en 2026, en légère baisse par rapport aux 4,4 % enregistrés en 2025, avant de rebondir à 4,4 % en 2027. Publié ce mardi lors des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement à Brazzaville, le rapport souligne la résilience persistante du continent face aux tensions géopolitiques, au resserrement des conditions financières mondiales et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement. La croissance de 2025 a été soutenue par une meilleure gestion macroéconomique, une production agricole plus solide, des prix élevés des matières premières et la poursuite des réformes structurelles. L’Afrique reste l’une des régions du monde affichant la croissance la plus rapide, vingt-deux pays devant connaître une progression supérieure à 5 % en 2025.

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Publié sur le thème « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », le rapport plaide pour un virage décisif vers une mobilisation et un déploiement de capitaux à grande échelle : renforcement des ressources nationales, approfondissement et intégration des systèmes financiers, expansion des marchés de capitaux et plus grande autonomie de l’Afrique dans la finance internationale.

Des perspectives régionales contrastées

L’Afrique de l’Est reste la région la plus dynamique du continent, bien qu’en ralentissement, passant de 6,6 % en 2025 à 5,9 % en 2026 sous l’effet de la hausse des coûts de l’énergie et des importations liée aux perturbations au Moyen-Orient. Un rebond à 6,4 % est attendu en 2027. L’Afrique de l’Ouest est relativement stable, avec une croissance estimée à 4,7 % en 2026, proche des 4,8 % de 2025, soutenue par une forte production agricole et la poursuite des investissements dans les infrastructures. L’Afrique du Nord a une croissance de 4,0 % en 2026, contre 4,4 % en 2025, reflétant un repli de la demande touristique en provenance des pays du Golfe et les répercussions des perturbations mondiales. L’Afrique centrale fait figure d’exception avec une légère reprise, sa croissance passant de 3,6 % en 2025 à 3,8 % en 2026, portée par des prix du pétrole qui restent élevés. L’Afrique australe devrait rester modérée, reculant de 2,3 % en 2025 à 2,1 % en 2026, pénalisée par un recul de la production minière et agricole et par la hausse des coûts énergétiques.

Des risques persistants

Les risques de détérioration demeurent importants. L’inflation devrait rester élevée, à 10,4 % en 2026, posant des défis à la stabilité macroéconomique. Les tensions géopolitiques, conjuguées aux perturbations prolongées des chaînes d’approvisionnement et du secteur énergétique, pourraient peser sur les équilibres budgétaires et extérieurs via la hausse des prix de l’énergie et des engrais. La volatilité des marchés financiers et la dépréciation des taux de change risquent d’amplifier les vulnérabilités liées à la dette, tandis que la fragmentation mondiale pourrait intensifier les pressions sur les flux de financement extérieur, y compris l’aide publique au développement.

Un déficit de financement de 1 300 milliards de dollars

Le cœur du rapport contient une évaluation sans concession du déficit de financement du développement : le continent fait face à un déficit annuel de plus de 1 300 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement durable. La Banque l’attribue à une faible mobilisation des ressources nationales, à une intermédiation financière insuffisante et au resserrement des conditions de financement extérieur. Mais, selon l’institution, le problème ne réside pas seulement dans le manque de ressources : il tient aussi à la capacité de déployer efficacement les capitaux.

1 430 milliards de dollars à débloquer par l’Afrique

Avec des réformes appropriées, l’Afrique pourrait débloquer jusqu’à 1 430 milliards de dollars par an grâce à une meilleure perception des recettes, des investissements publics plus efficaces, la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, des marchés de capitaux plus profonds, des partenariats public-privé élargis, le financement de la diaspora et une meilleure utilisation du capital naturel. Parmi les principales opportunités figurent environ 469 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires grâce à une mobilisation fiscale et non fiscale renforcée, ainsi qu’environ 299 milliards de dollars d’économies liées à une meilleure efficacité des investissements publics. Les partenariats public-privé apparaissent comme un levier puissant, chaque dollar d’investissement public étant associé à environ 1,40 dollar d’investissement privé. Quant aux investisseurs institutionnels – fonds de pension, assureurs et fonds souverains – ils gèrent environ 4 000 milliards de dollars d’actifs, dont moins de 2,7 % sont alloués aux infrastructures et secteurs productifs africains, signe d’un potentiel largement inexploité.

Vers une nouvelle architecture financière

Le rapport préconise de renforcer les systèmes financiers africains par le biais de banques panafricaines, de marchés de capitaux intégrés et d’instruments innovants comme la finance climatique et la finance islamique, avec pour pilier central la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD).

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Il souligne aussi le rôle de l’Agence africaine de notation de crédit, lancée en janvier 2026, pour remédier aux biais perçus dans l’évaluation du risque souverain. Si la capitalisation boursière de l’Afrique a atteint 1 200 milliards de dollars en 2024, soit près de six fois plus qu’il y a deux décennies, l’activité reste concentrée en Afrique du Sud, en Égypte, au Nigeria et au Maroc, d’où la nécessité d’une intégration plus large des marchés. Le rapport met enfin en avant des initiatives continentales comme le Mécanisme africain de stabilité financière, destiné à alléger les pressions sur la liquidité et à aider les pays à gérer les risques de refinancement de leur dette à moindre coût.

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Sénégal-dette : le départ de Sonko fait plonger les obligations et ravive le spectre du défaut de paiement

L'équation politique reste explosive. Sonko, bien que limogé, conserve son pouvoir. Son parti Pastef domine l'Assemblée où il a été réintégré ce mardi comme parlementaire et président de l'Assemblée nationale, lui conférant un pouvoir de blocage sur les réformes. (Crédit ; DR).

Le limogeage du premier ministre Ousmane Sonko qui rebondit à l’Assemblée nationale plonge le Sénégal dans une crise financière aigüe. Les obligations du pays s’effondrent, Morgan Stanley anticipe une restructuration de dette probable, et le nouveau gouvernement dirigé par l’Economiste Ahmadou Alhaminou Mohamed LO doit gérer 13 milliards de dollars d’endettement avec une facture pétrolière…

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Chronique- Développement va de pair avec boussole éthique solide

Pour transformer l’abondance des ressources en Afrique, notamment des matières premières dans les domaines du pétrole, des mines, des terres arables ou rares, un dirigeant doit avoir un certain nombre de valeurs morales fondamentales, en bandoulière.

Les compétences techniques, dans des périmètres, tels que l’économie, le droit, la gestion… restent nécessaires pour développer un pays riche en ressources naturelles. Hélas, elles ne sont pas suffisantes ! Sans de réelles valeurs morales, elles ont de fortes chances d’être laborieuses, surtout pour les populations qui trinquent le plus clair du temps. La force morale d’un dirigeant est celle qui peut faire passer un pays, d’une économie de rente à un développement durable. Cette transition ne dépend pas du nombre de ses diplômes ! Un leadership, qui se meut en véritable service public, a pour soubassement l’éthique.

L’équité et la justice sociale, l’éco-responsabilité, l’humilité et l’écoute, l’incorruptibilité et l’intégrité, le sens de la redevabilité, le patriotisme économique et la vision à long terme… sont, à mon sens, essentielles pour mener à bon port de tels pays.  

Quand la ressource naturelle devient une bénédiction collective

Au Sénégal, le parti PASTEF (Patriotes Africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) s’est fait sienne l’inclusion des bénéfices tirés des ressources naturelles, avec le slogan de campagne « LI ÑEP BOK, ÑEP JOT SI ». Littéralement traduit du Wolof, cela donne « Le bien commun doit profiter à tous. »

Un dirigeant, qui respecte la Terre, l’environnement, est écoresponsable. En préservant l’écosystème, il peut assurer le développement harmonieux de son pays. Pour préserver l’environnement, le chef d’Etat, qui a un souci moral écologique, doit imposer des normes strictes de réhabilitation des exploitations minières, et forestières, de lutte contre la pollution des eaux et des sols. Que de Pavillons Bleus flotteraient sur nos belles plages- aujourd’hui très polluées !

Dans la plupart des Constitutions de nos Etats, il est clairement indiqué : « Les ressources appartiennent à la nation, y compris les générations futures… ». Un idéal de redistribution juste passe par un investissement prioritaire dans des secteurs, comme la santé, les infrastructures, l’éducation, la sécurité et la sûreté. L’équité et la justice sociale, empreintes au dirigeant, lui imposeraient le respect et la compensation des communautés locales de sites d’extraction, par exemple.

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Une autre valeur, et non des moindres, a trait à l’humilité et à l’écoute. En Afrique aussi, l’adage, « Le pouvoir rend fou ! », a été vérifié plus d’une fois ! Au lieu de s’approprier la manne financière, un bon chef d’Etat doit rester accessible et être à l’écoute des forces vives de sa Nation. Humble, il peut corriger sa feuille de route, après avoir accepté la critique…

Gare à la malédiction des ressources

Avec tous les cas de concussions, de corruptions et de détournements de deniers publics qui défraient la chronique, à travers le continent, un bon dirigeant doit être intègre et incorruptible ! Face à des contrats capitaux de concessions minières, de montants importants résultant de licences d’exploitation- lorsque le pays n’opte pas pour investir directement- il doit placer l’intérêt public au-dessus de gains personnels ou familiaux.

Résister à l’appât de gains immédiats n’est possible que si le chef d’Etat a en bandoulière du patriotisme moral. Cette valeur nourrit le patriotisme économique et permet de véhiculer une vision à long terme. Son quotidien serait ainsi rythmé par négocier des accords intergénérationnels, diversifier l’économie, créer des fonds souverains pour se protéger des fluctuations des marchés mondiaux, ériger des bourses de matières premières, battre sa propre monnaie, basée sur des stocks importants d’or – un or, produit par une industrie locale intégrée, c’est-à-dire de la mine au lingot, etc.

Parce qu’il est mandataire, ou serviteur du peuple, comme aime le souligner souvent l’honorable député du Sénégal Guy Marius Sagna, il doit s’éloigner de l’idée d’être le propriétaire des ressources du pays. Cette redevabilité le pousserait à favoriser la transparence et rendre compte de la gestion des actifs. Les revenus extractifs, les contrats seraient ainsi publiés. La traçabilité des flux financiers ne souffrirait d’aucune faille. Ces flux financiers suivraient toutes les procédures légales et de façon transparente.    

La Côte d’Ivoire anticipe un rebond historique de sa production de cacao

La Côte d'Ivoire s'apprête à renouer avec la croissance de sa production cacaoyère. Selon Yves Brahima Koné, directeur du Conseil du Café-Cacao (CCC), qui s’est exprimé dans les colonnes de Reuters, le pays devrait produire entre 2 et 2,1 millions de tonnes de fèves lors de la saison 2025/26, qui s'achèvera fin septembre. (Crédit : DR).

Après trois années de déclin, le premier producteur mondial de cacao prévoit une hausse de 10,5% de sa production pour la saison 2025/26. Une embellie portée par la flambée des prix, mais assombrie par des inquiétudes croissantes pour l’avenir de la filière.

La Côte d’Ivoire s’apprête à renouer avec la croissance de sa production cacaoyère. Selon Yves Brahima Koné, directeur du Conseil du Café-Cacao (CCC), qui s’est exprimé dans les colonnes de Reuters, le pays devrait produire entre 2 et 2,1 millions de tonnes de fèves lors de la saison 2025/26, qui s’achèvera fin septembre. Cette prévision marque une hausse significative de 10,5% par rapport à la saison précédente, mettant fin à une spirale baissière qui durait depuis trois ans. Cette perspective contraste avec les estimations plus prudentes des analystes internationaux. Un sondage Reuters réalisé en mars auprès de traders et d’experts tablait sur une récolte de seulement 1,8 million de tonnes, soit 200 000 à 300 000 tonnes de moins que les prévisions officielles ivoiriennes. Au 11 mai, les arrivages dans les deux ports du pays atteignaient déjà 1,7 million de tonnes, confirmant une dynamique positive comparée aux deux dernières saisons catastrophiques, marquées par des conditions climatiques défavorables, le vieillissement des plantations et la propagation rapide de maladies détruisant les récoltes, qui fait gonfler anormalement les stocks.

Les prix élevés au secours des planteurs

Le rebond annoncé s’explique principalement par l’envolée des cours du cacao observée ces deux dernières années. Cette hausse des prix a permis aux producteurs d’investir davantage dans leurs exploitations.

« Les prix élevés du cacao ont permis aux planteurs d’acheter et d’utiliser plus d’engrais et d’améliorer la gestion de leurs plantations « , explique Yves Brahima Koné.

Cette amélioration des pratiques agricoles a porté ses fruits, redonnant de la vigueur à des exploitations parfois négligées faute de moyens. Toutefois, des volumes importants de cacao demeurent invendus sur le territoire ivoirien. Un trader européen a révélé à Reuters que beaucoup de cacao reste au sol, car les exportateurs ivoiriens ne voulaient pas vendre avant que le marché ne remonte, et les agriculteurs refusaient de céder leur production au prix bord champ trop bas. Cette rétention pourrait rendre plus visible le surplus dans les entrepôts européens dans les semaines à venir, à mesure que la Côte d’Ivoire écoulera ces stocks accumulés.

Des signaux alarmants pour la prochaine saison

Si le présent semble sourire à la filière ivoirienne, l’avenir s’annonce plus incertain. Les équipes d’enquête revenues des zones de production rapportent des taux de survie des stocks légèrement inférieurs à ceux observés à la même période l’an dernier. Le développement complet des stocks, des fleurs jusqu’à maturité, nécessite désormais 33 semaines.  » Nous avons des préoccupations concernant la fin de cette saison, mais surtout concernant le début de la prochaine grande saison. Les comptages ne montrent pas une situation similaire ou meilleure que l’année dernière », prévient le directeur du CCC. Trois compteurs de cabosses et cinq agriculteurs interrogés par Reuters confirment que les champs présentent actuellement moins de cabosses et de fleurs, la sécheresse ayant causé des dommages. « Nous surveillons de très près les conditions climatiques actuelles, et cela nous inquiète beaucoup, surtout pour l’année prochaine », confie un compteur de cabosses. Cette vigilance s’impose alors que le secteur cacaoyer ivoirien, qui pèse environ 15% du PIB national et fait vivre plusieurs millions de personnes, reste extrêmement vulnérable aux aléas climatiques et phytosanitaires.

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