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Gazoduc Nigeria-Maroc : la CEDEAO scelle un accord historique à Freetown

Les chefs d'État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont signé dimanche à Freetown, en Sierra Leone, l'accord intergouvernemental régissant le développement du gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. (Crédit ; DR).

Réunis en sommet à Freetown, les chefs d’État de la CEDEAO ont signé l’accord intergouvernemental encadrant le gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. Un projet de 25 milliards de dollars appelé à devenir un corridor énergétique majeur reliant l’Afrique de l’Ouest à l’Europe.

Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont signé dimanche à Freetown, en Sierra Leone, l’accord intergouvernemental régissant le développement du gazoduc africain atlantique Nigeria-Maroc. Cet acte marque l’adhésion collective des États ouest-africains à l’initiative. « Ne soyez pas surpris quand le gaz arrivera chez vous », a lancé le président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio.

Un corridor de près de 6 800 kilomètres

Le gazoduc est conçu pour transporter du gaz naturel du Nigeria vers le Maroc à travers 13 pays côtiers de l’Atlantique, avec des interconnexions vers les États sahéliens enclavés. L’infrastructure disposera d’une capacité de transport de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an, dont jusqu’à 15 milliards pourraient être exportés vers le Maroc et l’Europe, le reste alimentant les marchés régionaux.

Genèse et prochaines étapes

Lancé en 2016 par le roi Mohammed VI et le défunt président nigérian Muhammadu Buhari, le projet bénéficie du soutien continu de l’actuel président Bola Ahmed Tinubu. Il est développé conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et la Nigerian National Petroleum Company (NNPC Ltd). La prochaine phase prévoit la création d’une société de projet basée à Casablanca et d’une Autorité supérieure du gazoduc établie à Abuja, avant la décision finale d’investissement.

Mondial 2030 : le Maroc vise 60 000 lits hôteliers supplémentaires

Le Maroc prévoit d'étendre sa capacité hôtelière de 60 000 lits, soit environ un cinquième du total actuel, d'ici la co-organisation de la Coupe du monde 2030, a indiqué la ministre du Tourisme. (Crédit : DR)/

Fort de son parcours en Coupe du monde et de son statut de co-organisateur du Mondial 2030, le Maroc entend accroître sa capacité hôtelière d’un cinquième d’ici l’échéance. Un chantier adossé à un plan d’investissement de 20 milliards de dollars.

Le Maroc prévoit d’étendre sa capacité hôtelière de 60 000 lits, soit environ un cinquième du total actuel, d’ici la co-organisation de la Coupe du monde 2030, a indiqué la ministre du Tourisme. « Nous voyons la Coupe du monde 2030 comme un accélérateur, et non comme une fin en soi », a déclaré Fatim-Zahra Ammor à Reuters. Le pays a déjà ajouté 45 000 lits en quatre ans, portant le total actuel à un peu plus de 300 000.

Un investissement de 20 milliards de dollars

Le gouvernement investit plus de 190 milliards de dirhams (environ 20 milliards de dollars) pour construire et étendre le rail, les routes, les aéroports, les stades et d’autres infrastructures urbaines, en vue d’un tournoi co-organisé avec le Portugal et l’Espagne. Le tourisme emploie des centaines de milliers de Marocains et contribue à hauteur d’environ 7 % du produit intérieur brut. Première destination d’Afrique, le Maroc a accueilli près de 20 millions de touristes l’an dernier et vise 26 millions de visiteurs d’ici 2030. La banque centrale table sur des recettes touristiques record de 161 milliards de dirhams en 2027. La prochaine phase de croissance ciblera la Chine, les États-Unis et le Moyen-Orient via une meilleure connectivité aérienne, le royaume cherchant aussi à diversifier son offre au-delà de Marrakech et Agadir, notamment vers Rabat.

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TRIBUNE : « L’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent »

Par Selma Malika Haddadi, ambassadrice, vice-présidente de la commission de l'union africaine (UA). (Crédit : DR).

Par Selma Malika Haddadi, ambassadrice, vice-présidente de la commission de l’union africaine (UA)

L’Afrique a réalisé des progrès significatifs en matière de connectivité, et ces progrès constituent une base solide sur laquelle nous devons désormais bâtir. Les statistiques de l’Union internationale des télécommunications (UIT) indiquent qu’à la fin de 2024, le haut débit mobile couvrait 86 % de la population africaine. Pourtant, 14 % n’ont toujours aucune possibilité de connexion, et ce chiffre atteint 25 % dans les zones rurales. Si la 4G couvre 70 % de la population, la 5G n’en couvre que 11 %. Plus révélateur encore est le fossé des usages : des millions de personnes vivent dans des zones servies par le réseau, mais restent exclues en raison du coût des appareils, du coût des données, de compétences numériques limitées et d’une faible confiance dans les systèmes numériques. Il ne s’agit pas d’un problème marginal pour l’Afrique que nous construisons.

La vision formulée dans l’Agenda 2063 ne peut se réaliser sur des fondements numériques fragiles, concentrés à l’extérieur ou socialement excluant. Un continent incapable de connecter ses populations de manière fiable, de gouverner ses données et de sécuriser ses réseaux aura du mal à s’industrialiser, à tirer profit des opportunités du commerce électronique, à être compétitif, à fournir des services à grande échelle et à protéger son autonomie stratégique dans un monde où l’infrastructure numérique façonne de plus en plus le pouvoir. Nous avons également constaté, de façon très claire, que la résilience n’est plus une préoccupation abstraite. L’expérience de l’Union africaine elle-même, suite aux vulnérabilités de cybersécurité identifiées dans les systèmes de son siège en 2017 et portées à l’attention du public en 2018, a souligné à quel point nos Institutions peuvent être exposées en l’absence d’une infrastructure numérique sécurisée et souveraine. Elle a rappelé avec force qu’à l’ère du numérique, notre capacité à gouverner, à communiquer et à agir efficacement dépend non seulement de la connectivité, mais aussi de la sécurité, de l’intégrité et du contrôle des systèmes qui la sous-tendent.

« L’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent »

Le défi qui nous attend n’est donc pas simplement de connecter l’Afrique. Il s’agit de connecter l’Afrique d’une manière résiliente par nature, souveraine dans ses capacités, inclusive dans son accès et continentale dans sa logique. Et pourtant, au milieu de tout cela, un travail important est déjà en cours sur notre continent. Au niveau de l’Union africaine, la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique 2020-2030 a défini l’orientation continentale vers une société et une économie numériques intégrées et inclusives, et vers un marché unique numérique pour l’Afrique. Le Cadre de politique des données de l’UA façonne également une approche africaine commune de la gouvernance des données et des normes partagées. La Convention de Malabo fournit un instrument juridique sur la cybersécurité et la protection des données personnelles. Le Protocole de la ZLECAf sur le commerce numérique promeut des règles harmonisées et des principes communs pour le commerce numérique en Afrique. Dans les États membres, nous constatons également des exemples concrets de cette évolution. Permettez-moi de souligner quelques exemples régionaux non exhaustifs : en Afrique de l’Est, l’Initiative nationale du Kenya pour un réseau dorsal de fibre optique témoigne de la volonté d’étendre la fibre terrestre comme pilier de la transformation nationale. En Afrique de l’Ouest, le Nigéria fait progresser la transformation numérique en développant l’infrastructure de connectivité et en renforçant les écosystèmes de l’économie numérique. En Afrique centrale, le Gabon développe son infrastructure nationale de fibre optique et renforce sa position au sein de l’écosystème numérique régional. En Afrique australe, des pays comme le Botswana poursuivent leur transformtion numérique grâce à des investissements dans la connectivité et l’innovation, renforçant ainsi leur rôle au sein de l’économie numérique régionale. En Afrique du Nord, l’Algérie continue de faire preuve de leadership grâce au développement de ses infrastructures et de ses capacités spatiales, notamment le déploiement réussi de technologies satellitaires qui améliorent la surveillance environnementale et l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes. Ces exemples, conjugués aux nombreux efforts déployés par les États membres représentés ici aujourd’hui, démontrent que l’avenir numérique de l’Afrique se construit déjà, progressivement, sur tout le continent.

« La souveraineté des télécommunications et les infrastructures publiques numériques relèvent donc d’un même impératif continental »

Pour maximiser l’impact de ces efforts, il est essentiel de développer des corridors permettant de connecter tous les types d’infrastructures : industrielles, numériques et de transport. Cet environnement favorable se renforce également à l’échelle mondiale. Sous la présidence sud-africaine du G20, l’inclusion numérique, les infrastructures publiques numériques (IPN), la connectivité sécurisée et les capacités d’IA centrées sur l’Afrique ont été intégrées plus clairement au débat politique international. Cela témoigne d’une reconnaissance internationale croissante du fait que la place de l’Afrique à l’ère numérique doit aller au-delà de la simple consommation. L’Afrique développe déjà des capacités en matière de réseaux, de calcul, d’ensembles de données, de normes et de talents. La souveraineté des télécommunications et les infrastructures publiques numériques relèvent donc d’un même impératif continental : garantir que les systèmes qui façonnent notre avenir reflètent les priorités africaines et l’indépendance de l’Afrique. Nos cadres, politiques, initiatives et efforts connexes doivent contribuer à l’établissement de normes internationales, et non se contenter de s’y conformer. Le Pacte numérique mondial et les autres initiatives internationales doivent donc tenir compte des positions, des demandes et des attentes de l’Afrique afin que nous puissions collaborer d’égal à égal, en apportant une expertise essentielle à la gouvernance numérique mondiale, et non en tant que bénéficiaires de solutions conçues de l’extérieur.

« Nous ne pouvons construire des systèmes qui connectent les Africains si nous restons déconnectés dans notre vision ».

Il existe une vérité encore plus profonde. Quelle que soit l’interopérabilité de nos systèmes, la sophistication de nos réseaux, le nombre de plateformes, de protocoles et de réseaux que nous développons, ils resteront incomplets s’ils ne reposent pas sur une volonté continentale et politique partagée. Nous ne pouvons construire des systèmes qui connectent les Africains si nous restons déconnectés dans notre vision.

« Nous ne pouvons bâtir une infrastructure continentale fiable sans instaurer la confiance mutuelle. Nous ne pouvons parler d’interopérabilité tout en tolérant une fragmentation des objectifs ».

Le panafricanisme nous rappelle que l’Afrique s’élève avec le plus de force lorsqu’elle agit de manière cohérente. C’est pourquoi des plateformes telles que le Sommet mondial des technologies africaines sont si importantes. Ce ne sont pas de simples espaces de conférence, mais des instruments de rassemblement pour l’harmonisation. Ces initiatives rassemblent les gouvernements, l’industrie, la société civile et les institutions continentales autour d’une mission commune : définir une vision partagée de la souveraineté africaine des télécommunications, promouvoir le partage des infrastructures, renforcer la sécurité des réseaux et faire progresser l’interopérabilité continentale. Aussi sophistiqués que soient les systèmes que nous construisons, ils seront obsolètes si nous ne poursuivons pas ce chemin ensemble, en tant que continent uni, avec un objectif commun et une détermination collective.

« La promesse d’un marché continental ne saurait se concrétiser avec des règles déconnectées, des normes inégales et des systèmes cloisonnés. »

Dans cet esprit, permettez-moi de souligner cinq priorités qui devraient guider notre travail à l’avenir. Premièrement, la résilience dès la conception. L’Afrique doit bâtir une architecture de connectivité résiliente et diversifiée, couvrant les systèmes terrestres, maritimes et spatiaux émergents, afin de garantir la continuité même en cas de perturbation. Il est également capital de réduire la fracture numérique. Une connectivité inaccessible financièrement, peu fiable ou inutilisable de manière pertinente ne constitue pas une inclusion. L’accessibilité financière, la culture numérique, les appareils et la pertinence des services doivent rester au cœur des préoccupations. Aussi les capacités de calcul et de localisation des données sont d’importance majeure. Si l’Afrique veut être véritablement compétitive dans l’économie numérique et à l’ère de l’IA, nous devons renforcer les capacités nationales et régionales en matière de centres de données, de stockage en nuage et de calcul. De même l’interopérabilité et la réduction de la fragmentation réglementaire doivent être érigées. La coordination transfrontalière du spectre et des technologies est également essentielle.

« À mesure que notre environnement numérique s’intègre davantage, la coordination en matière de gestion du spectre et de planification technique sera indispensable pour garantir une connectivité sans faille. »

Le terrain est déjà fertile. Sur tout notre continent, les fondements d’un avenir plus intégré et souverain se dessinent. L’Union africaine continuera de jouer son rôle en favorisant la coordination, la cohérence et l’orientation stratégique, et en soutenant les États membres dans la transformation de leurs progrès nationaux en une force continentale. Les éléments sont déjà en place. Il faut désormais une harmonisation rigoureuse, des investissements ciblés et une détermination collective. Un seul câble ne suffit pas à construire un réseau. C’est la force des systèmes interconnectés qui garantit la fiabilité. Tel est le défi qui nous attend en tant que continent. Il faudra que toutes les nations africaines, agissant solidairement, construisent une architecture de télécommunications résiliente, fiable, efficace et souveraine.

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RDC : la réforme du code minier inquiète les investisseurs

Kinshasa envisage de réviser son cadre légal minier dans le sens d'un renforcement des prérogatives de l'État sur un secteur qui constitue le poumon de l'économie nationale. (Crédit : DR).

La principale organisation patronale du secteur extractif congolais met en garde contre un projet de révision législative visant à renforcer le contrôle de l’État. Dans un document publié ce lundi 13 juillet, les industriels redoutent une érosion de la confiance des investisseurs dans le premier pays producteur mondial de cobalt. Et l’annonce rappelle la révision du code minier de 2018,initié par l’ancien président Joseph Kabila, qui avait provoqué l’ire dees majors pétroliers.

Kinshasa envisage de réviser son cadre légal minier dans le sens d’un renforcement des prérogatives de l’État sur un secteur qui constitue le poumon de l’économie nationale. Le projet, dont les contours ont filtré début juillet, ambitionne d’accroître la part publique dans la chaîne de valeur des ressources naturelles et de resserrer l’encadrement réglementaire des opérateurs privés. La chambre des mines, principale voix du patronat extractif en République démocratique du Congo, a formalisé ses réserves dans un document consulté par l’agence Reuters lundi 13 juillet. L’organisation y estime que les modifications envisagées risquent d’entamer la confiance des investisseurs internationaux, à un moment où le pays cherche précisément à attirer des capitaux pour développer ses gisements.

Le cobalt congolais, actif stratégique mondial

La RDC occupe une position dominante sur le marché mondial du cobalt, métal indispensable aux batteries lithium-ion qui équipent véhicules électriques et appareils électroniques. Le pays est également un producteur majeur de cuivre, dont la demande est portée par l’électrification des économies et le déploiement des infrastructures de transition énergétique. Cette centralité fait de tout ajustement réglementaire congolais un signal scruté bien au-delà des frontières nationales. Les grands groupes miniers présents dans le Katanga et le Lualaba – chinois, suisses, kazakhs – surveillent de près l’évolution du dispositif fiscal et juridique qui encadre leurs concessions.

La révision du code minier par Kabila en 2018

Le secteur n’en est pas à sa première crispation. La révision du code minier adoptée en 2018 avait déjà provoqué un bras de fer entre Kinshasa et les majors du secteur. Ce texte avait relevé les redevances, créé une taxe sur les superprofits et réduit la durée de la clause de stabilité protégeant les investisseurs contre les changements législatifs. Les industriels avaient alors dénoncé une rupture unilatérale des équilibres contractuels. Le gouvernement, lui, défendait une répartition plus équitable de la rente minière au bénéfice du budget national et des populations locales. Le souvenir de cet épisode structure aujourd’hui la lecture que font les opérateurs du nouveau projet.

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L’exécutif congolais se trouve face à une équation classique des économies rentières : maximiser les recettes publiques tirées des ressources naturelles sans décourager les capitaux nécessaires à leur exploitation. Les besoins budgétaires sont considérables, dans un pays où les infrastructures, la santé et l’éducation restent sous-dotées malgré la richesse du sous-sol.

Des capitaux à l’assaut de l’Afrique : dix deals qui font bouger les lignes

Cette hausse traduit la montée en puissance de transactions de grande taille plutôt qu'une multiplication des deals. ( Crédit : DR).

Le marché africain des fusions-acquisitions a confirmé son dynamisme fin mars 2026, porté par la valeur des transactions davantage que par leur volume. Et ce, dans la continuité de ce premier trimestre 2026, 89 opérations (hors Afrique du Sud) ont totalisé 4,53 milliards de dollars, contre 2,92 milliards un an plus tôt, soit une progression…

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Tunisie : AM Best confirme les notes B et bb de Tunis Re, avec des perspectives stables

L'agence de notation internationale AM Best a maintenu la note de solidité financière « B » et la note de crédit émetteur à long terme « bb » de la Société tunisienne de réassurance. (Crédit : DR).

L’agence de notation internationale AM Best a maintenu la note de solidité financière « B » et la note de crédit émetteur à long terme « bb » de la Société tunisienne de réassurance. Les perspectives demeurent stables, signe d’une résilience confirmée dans un environnement économique tunisien encore contraint.

AM Best a confirmé la note de solidité financière (FSR) « B » ainsi que la note de crédit émetteur à long terme (ICR) « bb » de la Société tunisienne de réassurance (Tunis Re), assorties de perspectives stables. La décision, rendue publique par un communiqué daté du 10 juillet 2026, prolonge le positionnement du réassureur tunisien tel qu’établi lors des exercices précédents. Ces niveaux de notation traduisent une appréciation équilibrée du profil de Tunis Re. Ils reflètent à la fois la solidité intrinsèque de la compagnie et les contraintes liées à son environnement d’exploitation, largement dépendant de la conjoncture économique et financière tunisienne. Le maintien de perspectives stables indique qu’AM Best n’anticipe pas, à court terme, d’évolution significative de ces paramètres dans un sens ou dans l’autre.

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L’évaluation d’AM Best s’appuie généralement sur plusieurs piliers : la solidité du bilan, la performance opérationnelle, le profil d’activité et la gestion des risques d’entreprise. Pour un réassureur de la taille de Tunis Re, la capitalisation ajustée au risque constitue habituellement l’un des points forts, tandis que l’exposition au risque souverain et à la volatilité macroéconomique locale pèse dans l’autre sens. Acteur de référence du marché tunisien de la réassurance, Tunis Re joue un rôle structurant dans l’écosystème assurantiel national. Son ancrage régional et sa diversification progressive vers d’autres marchés africains et du Moyen-Orient participent au renforcement de son profil d’activité, un axe généralement scruté par les agences pour apprécier la capacité d’une compagnie à lisser ses risques.

Le poids de l’environnement macroéconomique

Le principal facteur limitant la notation de Tunis Re demeure l’environnement économique tunisien. Les tensions sur les finances publiques, la volatilité du dinar et les conditions d’investissement locales continuent de contraindre la marge de progression des acteurs financiers du pays. Les réassureurs y sont particulièrement sensibles, une part importante de leurs actifs étant investie sur le marché domestique. Dans ce cadre, la confirmation d’une perspective stable revêt une portée notable : elle signale qu’en dépit des vents contraires, Tunis Re parvient à préserver l’équilibre entre ses forces internes et les pressions externes.

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Pour le marché tunisien et, plus largement, pour le secteur de la réassurance en Afrique du Nord, cette confirmation constitue un élément de stabilité bienvenu. Elle conforte la crédibilité de Tunis Re auprès de ses cédantes et partenaires internationaux, à un moment où la capacité de rétention et de placement des risques sur le continent africain demeure un enjeu stratégique majeur. Toute évolution future de la note dépendra largement de la trajectoire de l’économie tunisienne et de la capacité du réassureur à consolider sa performance technique et sa diversification.

Côte d’Ivoire : Diagana indique la voie pour le classement en pays à revenu intermédiaire supérieur

Pour permettre à la Côte d'Ivoire d'accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, Ousmane Diagana préconise une stratégie ciblée. (Credit : DR)

Pour hisser la Côte d’Ivoire dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, plaide pour une stratégie ciblée articulée autour des secteurs moteurs de croissance que sont l’énergie, l’agriculture et le développement du capital humain.

Pour permettre à la Côte d’Ivoire d’accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure, Ousmane Diagana préconise une stratégie ciblée. Selon le vice-président régional de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le pays doit concentrer ses efforts sur des secteurs moteurs de croissance, au premier rang desquels l’énergie et l’agriculture, tout en investissant massivement dans son capital humain. Le passage à cette catégorie supérieure constituerait une étape symbolique et économique majeure pour l’économie ivoirienne, l’une des plus dynamiques de la zone UEMOA. Il suppose toutefois de franchir un seuil de revenu national brut par habitant plus élevé, un objectif qui exige à la fois une croissance soutenue et une meilleure redistribution de ses fruits.

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Les secteurs de l’énergie et de l’agriculture apparaissent comme les principaux leviers identifiés. L’accès à une énergie fiable et abordable conditionne la compétitivité industrielle et l’attractivité des investissements, tandis que la modernisation agricole – de la transformation locale des matières premières à la structuration des filières – permet de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire dispose d’un potentiel considérable pour capter une part plus importante de la chaîne de valeur, aujourd’hui largement captée en aval par les pays transformateurs. La diversification de l’économie et la montée en gamme des productions figurent parmi les conditions d’une croissance plus résiliente.

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Au-delà des infrastructures et des secteurs productifs, le développement du capital humain constitue un axe déterminant. L’éducation, la formation professionnelle et l’accès aux services de santé sont autant de facteurs qui conditionnent la productivité à long terme et la capacité du pays à tirer parti de sa démographie. Cette dimension sociale du développement rejoint les orientations défendues par la Banque mondiale, pour qui la croissance économique ne se traduit durablement en progrès qu’à condition d’être inclusive et de bénéficier au plus grand nombre.

Le rôle d’accompagnement de la Banque mondiale

À travers ses financements et son appui technique, l’institution de Bretton Woods entend accompagner la Côte d’Ivoire dans cette trajectoire. Le partenariat noué entre Abidjan et la Banque mondiale porte sur des projets structurants, mobilisant à la fois des ressources concessionnelles et l’expertise de l’institution en matière de réformes. La feuille de route esquissée par Ousmane Diagana rappelle que l’accès au statut de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure ne relève pas d’un simple franchissement de seuil statistique, mais d’un processus exigeant de transformation structurelle, dont dépendra la capacité de la Côte d’Ivoire à consolider ses acquis et à répondre aux attentes de sa population.

TRIBUNE – « Quand le pétrole entre en guerre : l’OPEP vacille, le monde bascule et l’Afrique encaisse »

Pour les pays africains producteurs, les conséquences sont immédiates. La volatilité des prix rend les recettes budgétaires imprévisibles et fragilise les équilibres économiques. (Crédit : DR).

Le retrait le 28 avril dernier des Émirats Arabes Unis de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) ne relève pas d’un simple ajustement technique ; il intervient dans un contexte de tension extrême où le pétrole cesse d’être une marchandise pour redevenir un instrument de puissance. En arrière-plan, une guerre structure désormais le Moyen-Orient : d’un côté, Israël et les États-Unis, soutenus par leurs alliés occidentaux et certaines monarchies du Golfe, et de l’autre, Iran, appuyé par les Houthis du Yémen et le Hezbollah libanais. Dans ce contexte, il est clair que la décision d’Abu Dhabi révèle un basculement : celui d’un monde énergétique désormais dominé par les rapports de force.

Par Mahaman Laouan Gaya, Ancien ministre de la République du Niger, Ancien Secrétaire Général de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO)

Officiellement, les Émirats Arabes Unis quittent l’OPEP pour s’affranchir des quotas et maximiser leur production, mais en réalité, les facteurs décisifs sont l’instabilité régionale et très probablement une pression des Etats-Unis. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, les menaces sur les infrastructures et l’incertitude sur les flux énergétiques transforment profondément la logique pétrolière. Et dans un tel environnement, dépendre d’une puissante organisation collective devient un risque ; agir seul devient une stratégie. Le conflit en cours structure la région en deux blocs antagonistes. Cette polarisation redonne au pétrole une centralité stratégique : les routes maritimes, les installations énergétiques et les capacités de production deviennent autant de leviers de puissance. Le détroit d’Ormuz, en particulier, cristallise ces tensions : sa perturbation suffit à déséquilibrer les marchés mondiaux.

Un Moyen-Orient polarisé et sous tension, dans un monde brutal

Sous l’impulsion de Donald Trump, la stratégie américaine s’inscrit dans une logique de puissance brutale, où l’énergie n’est plus un marché mais un instrument de domination. L’objectif n’est plus seulement d’influencer les prix, mais de casser les mécanismes collectifs capables de limiter l’hégémonie américaine, au premier rang desquels l’OPEP et son prolongement, l’OPEP+. Dans cette perspective, le retrait des Émirats Arabes Unis apparaît moins comme un simple choix souverain que comme un élément d’une dynamique plus large de fragmentation du front des grands pays producteurs de pétrole.

Les monarchies du Golfe face à une contradiction majeure

Cette stratégie s’inscrit dans une logique globale de sécurisation des ressources stratégiques à l’échelle mondiale : de l’offensive permanente contre Venezuela de Nicolas Maduro (première réserve pétrolière mondiale), aux convoitises affichées sur les ressources minières du Groenland, en passant par l’intérêt croissant pour les richesses extractives de l’Est de la République Démocratique du Congo ou des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), se dessine une ligne cohérente : celle d’un contrôle direct ou indirect des matières premières indispensables à la puissance économique, militaire et technologique des États-Unis. Dans ce cadre, la confrontation avec Iran ne relève pas uniquement d’un différend politique ou sécuritaire ; elle participe d’une stratégie visant à verrouiller les routes énergétiques mondiales, notamment autour du détroit d’Ormuz, et à maintenir une pression permanente sur tout acteur susceptible d’échapper à l’ordre énergétique dominé par Washington. En affaiblissant l’OPEP, en encourageant les logiques nationales au détriment des solidarités entre producteurs, et en favorisant un marché dérégulé dominé par les plus puissants, les États-Unis contribuent à redessiner un système énergétique mondial où la loi du plus fort remplace les mécanismes de coordination. Les monarchies du Golfe se trouvent dans une position délicate. Alliées des États-Unis et engagées, parfois discrètement, aux côtés d’Israël, elles sont confrontées à un adversaire musulman, et ce paradoxe crée un malaise politique réel. Le décalage entre les alliances stratégiques et les sensibilités populaires fragilise leur posture et complexifie leurs choix.

Une OPEP affaiblie dans un monde instable

Le départ des Émirats Arabes Unis ne signe pas la fin de l’OPEP, ni même de l’OPEP+, mais il en révèle les limites. La discipline collective devient difficile à maintenir dans un environnement marqué par la concurrence et les tensions géopolitiques. Le marché pétrolier entre ainsi dans une phase plus incertaine, où les stratégies nationales prennent le pas sur la coordination.

L’Afrique face à un choc qu’elle ne maîtrise pas

Pour les pays africains producteurs, les conséquences sont immédiates. La volatilité des prix rend les recettes budgétaires imprévisibles et fragilise les équilibres économiques. Dans le même temps, la concurrence s’intensifie, sous l’effet de producteurs capables d’augmenter rapidement leurs volumes et de capter de nouvelles parts de marché. Mais au-delà de cette pression conjoncturelle, le véritable enjeu est structurel. L’Afrique reste largement positionnée sur l’exportation de son pétrole brut, avec une faible transformation locale et une dépendance persistante aux décisions prises ailleurs. Dans un monde énergétique devenu instable et stratégique, cette position devient de plus en plus risquée. La seule réponse viable consiste à accélérer la construction d’une chaîne de valeur complète : production, raffinage, pétrochimie, industrialisation. Sans cette mutation, le continent restera exposé aux chocs externes et aux recompositions géopolitiques qu’il ne maîtrise pas.

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Le départ des Émirats Arabes Unis de l’OPEP est le symptôme d’un monde où les règles s’effacent au profit des rapports de force. Dans ce nouvel environnement, l’Afrique n’a plus le choix ; elle doit passer d’une position de dépendance à une logique de maîtrise. Dans un système énergétique redevenu stratégique, ceux qui n’anticipent pas ne subissent pas seulement… ils disparaissent carrément, sans laisser de place aux hésitations stratégiques !

RDC : un bug administratif menace 1,1 milliard de dollars d’exportations de cobalt

Depuis le 1er juillet, les producteurs congolais sont dans l'impossibilité d'enregistrer leurs déclarations d'exportation sur la plateforme douanière. (Crédit : DR).

Les principaux producteurs de cobalt de la République démocratique du Congo risquent de perdre une partie de leurs quotas d’exportation du premier semestre en raison d’une panne administrative paralysant la plateforme douanière depuis le 1er juillet. Alors qu’une échéance réglementaire approche, jusqu’à 20 000 tonnes de métal, essentiel aux batteries, pourraient ne jamais être expédiées.

Depuis le 1er juillet, les producteurs congolais sont dans l’impossibilité d’enregistrer leurs déclarations d’exportation sur la plateforme douanière, selon un courrier consulté par Reuters et plusieurs responsables du secteur. En cause : l’absence d’une notification formelle de l’ARECOMS, le régulateur des minerais stratégiques, autorisant les douanes à poursuivre le traitement des quotas. Dans une lettre datée du 2 juillet adressée à l’ARECOMS, la Chambre des mines de la RDC alerte sur ce blocage. Le dysfonctionnement survient au plus mauvais moment, à quelques jours seulement d’une échéance réglementaire décisive.

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L’ARECOMS a fixé au 5 juillet la date limite pour que les exportateurs utilisent leurs quotas du premier semestre. Passé ce délai, les volumes non consommés seront retirés puis réattribués, conformément aux nouvelles directives de reprise des quotas inutilisés. Or, selon les informations de Reuters, entre 60 % et 75 % des entreprises ne pourront pas respecter cette échéance, à cause des retards administratifs provoqués par la panne. Selon certaines sources relayées par l’agence britannique jusqu’à 20 000 tonnes de cobalt pourraient ainsi échapper aux expéditions, soit environ 1,1 milliard de dollars aux cours actuels.

Les géants du secteur en première ligne

La RDC assure près de 70 % de la production mondiale de cobalt. Le pays héberge les opérations du chinois CMOC et du groupe minier coté à Londres Glencore, respectivement premier et deuxième producteurs mondiaux, ainsi que celles d’Eurasian Resources Group et de Huayou Cobalt. Une source proche de CMOC a indiqué que le groupe a sollicité un report de l’échéance du 5 juillet, sans réponse à ce jour. Une prolongation d’un mois « suffirait », estime-t-elle, avertissant que l’entreprise pourrait sinon perdre la quasi-totalité de son quota d’exportation du deuxième trimestre.

Un marché sous contrôle par le gouvernement congolais

Ce blocage intervient dans un contexte de reprise en main du marché par Kinshasa de son secteur du cobalt. Depuis 2025, la RDC a durci ses contrôles à travers des suspensions d’exportation puis un système de quotas destiné à soutenir les prix. La stratégie porte ses fruits : le cours du cobalt a bondi de 160 % depuis février 2025 pour atteindre 26 dollars la livre, soit 57 320 dollars la tonne. Le régulateur a par ailleurs fixé un plafond annuel d’exportation de 96 600 tonnes pour 2026 et 2027. Les compagnies minières exhortent désormais l’ARECOMS à résoudre le problème et à repousser l’échéance, allant jusqu’à solliciter l’intervention du Premier ministre.

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Perspectives de croissance en Afrique en 2026 : analyse par sous-région

Selon les Perspectives économiques en Afrique 2026 de la BAD, l'Afrique du Nord verrait sa croissance ralentir de 4,4 % en 2025 à 4,0 % en 2026. (Crdit : Africa Income).

Selon les Perspectives économiques en Afrique 2026 de la Banque africaine de développement (BAD), la croissance du continent devrait atteindre 4,2 % en 2026, après 4,4 % en 2025, avant un rebond à 4,4 % en 2027. Derrière cette résilience d’ensemble se cachent des trajectoires régionales contrastées. Selon les Perspectives économiques en Afrique 2026 de…

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