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Chronique- Quels atouts d’une monnaie nationale pour un Etat riche en or, à l’heure de la cryptomonnaie

L’Afrique est l’avenir. D’ici 2050, un enfant sur trois dans le monde, vivra dans ce continent, d’après la Banque mondiale. Toutefois, avoir du potentiel ne suffit pas. Pour mettre rapidement les pays africains, ne disposant pas d’outils catalyseurs, sur la rampe du développement, il est nécessaire d’avoir les outils adaptés aux réalités locales, notamment la monnaie, véhicule indispensable d’échange et d’investissement.

Tout Etat africain, surtout ceux disposant d’importantes réserves en minerais, gagnerait à disposer de sa propre devise monétaire, adossée à l’or, valeur-refuge, par excellence, pour la stabilité et le prestige. Mais à l’ère de la cryptomonnaie qui permet à la fois transfert rapide et spéculation, l’atout majeur serait la complémentarité.  

Au sein d’un continent, riche en or- on ne le répètera jamais assez- mais où les dernières tendances de la pauvreté rappellent que si la précarité recule dans plusieurs régions du monde, elle se concentre de plus en plus en Afrique, où 7 personnes pauvres sur 10 vivent désormais, un tel revirement pour maîtriser sa monnaie, facteur essentiel de développement, reste vital.

Pour un investisseur fortuné en Afrique en 2026, l’idée d’une monnaie nationale adossée à l’or représente un changement de paradigme face à la montée des cryptomonnaies. Des cas concrets existent. Le projet du Zimbabwe avec le ZiG, de l’Eco au sein de la CEDEAO ou encore les réflexions au sein de l’AES (Alliance des Etats du Sahel) peuvent être cités.

Que d’atouts

Alors que les cryptomonnaies offrent une sortie du système bancaire, une monnaie « or » africaine offre une souveraineté tangible. Pour les opérateurs économiques, elle peut d’abord assurer la protection contre l’effondrement monétaire (Inflation-Proof). Beaucoup de fortunes africaines ont été érodées par les dévaluations brutales du Naira nigérian, du Cedi ghanéen, de Livres…

Ensuite, en termes de valeur intrinsèque, contrairement aux cryptomonnaies qui reposent sur un algorithme et la confiance du marché, une monnaie adossée à l’or repose sur un actif physique réel détenu en réserve.

A lire aussi: Chronique- Cryptomonnaies, Genius Act, avec ou contre les monnaies conventionnelles ?

En outre, pour les acteurs de la vie économique, une monnaie, adossée à l’or avec une banque centrale disposant de stocks d’or, favorise la stabilité du pouvoir d’achat.Cela permet de conserver sa fortune localement sans avoir besoin de la convertir systématiquement en dollars ou en euros pour éviter la fonte de son capital.

Une passerelle entre le monde « On-Chain » et l’économie réelle

À l’heure de la cryptomonnaie, une monnaie nationale « or » sert de stablecoin naturel. Un stablecoin est une cryptomonnaie dont la valeur est « indexée », ou mieux arrimée, à un actif stable pour éviter la volatilité du Bitcoin. L’objectif est d’avoir la vitesse de la blockchain avec la stabilité du dollar, de l’euro ou de l’or. Quant au mécanisme, pour chaque jeton émis numériquement, l’émetteur doit (en théorie) détenir la même valeur en réserve (cash, obligations ou or physique).

En 2026, de nombreux pays africains explorent la tokenisation de leurs réserves d’or. Pour un investisseur, cela signifie pouvoir passer d’un actif numérique (crypto) à une monnaie nationale stable, convertible en or physique, facilitant les transactions de luxe ou immobilières. Cette facilité de conversion est un atout supplémentaire.

A cela s’ajoute le fait qu’il y ait moins de« friction » réglementaire. En effet,utiliser une monnaie nationale stable est beaucoup plus simple pour la conformité fiscale que de manipuler des cryptos, souvent ciblées par les régulateurs.

Souveraineté et « De-risking » vis-à-vis de l’occident

L’or est l’actif de liberté par excellence pour les élites. Une monnaie, basée sur l’or, permet d’effectuer des transactions internationales (notamment avec les BRICS+), sans dépendre du réseau SWIFT ou des sanctions américaines. C’est une indépendance au dollar.

Pour un investisseur africain, savoir que sa richesse est garantie par de l’or stocké sur le continent (et non dans des serveurs à l’étranger ou des banques européennes) renforce la sécurité psychologique et politique. Cette garantie physique locale est importantissime.

Le dernier atout auquel, je voudrais faire allusion ici, relève de la qualité d’une devise nationale forte à servir de levier bancaire sur actif tangible. Le gros défaut de la cryptomonnaie reste la difficulté d’obtenir un crédit important en l’utilisant comme collatéral. Une monnaie stable, car adossée à l’or, permet aux banques locales de proposer des financements plus sains. Un opérateur économique peut mettre en gage ses avoirs en « monnaie-or » pour financer des projets industriels ou agricoles, avec des taux d’intérêt bien plus bas que dans une économie inflationniste.

Là où le bât pourrait blesser reste dans une utilisation déraisonnée de la planche à billets et un contrôle laxiste des changes. L’instauration d’un Office des changes pour réguler, notamment les sorties de devises, reste indispensable pour réussir un tel changement de paradigmes. Envoyer des devises à l’étranger à tout va devra être aux oubliettes, du moins pendant les premières périodes de lancement. Il y va de même de l’implantation d’une industrie minière locale intégrée, c’est-à-dire de la mine au lingot.

Article publié le 25-01-2026, mis à jour.

Economie : Seuls 50 % des pays appliquent les lois pour l’égalité économiques des femmes

Les lois visant à garantir l'égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu'à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu'on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. (Crédit : DR).

Les lois sur l’égalité des chances économiques pour les femmes sont appliquées à moitié dans le monde. Seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi-totale, selon une étude de la Banque Mondiale publiée le 24 février 2026. En Afrique subsaharienne, des progrès notables ont été constatés.

Les lois visant à garantir l’égalité des chances économiques pour les femmes ne sont appliquées qu’à moitié en moyenne dans le monde, ce qui indique que les obstacles empêchant les femmes de contribuer pleinement à la croissance et à la prospérité sont bien plus importants qu’on ne le pensait, selon un nouveau rapport du Groupe de la Banque mondiale, diffusé ce 24 février. Même si ces lois étaient pleinement appliquées, les femmes ne bénéficieraient que des deux tiers des droits légaux des hommes. Pour la première fois, le dernier rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue non seulement le degré d’égalité inscrit dans la législation, mais aussi la mesure dans laquelle ces lois sont appliquées. Les juristes interrogés estiment que les lois encourageant la pleine participation économique des femmes ne sont appliquées qu’à moitié, ce qui montre que les gouvernements ont encore beaucoup de chemin à parcourir. Malgré les progrès réalisés dans l’adoption de nouvelles lois sur l’égalité des chances, les économies disposent en moyenne de moins de la moitié des politiques et des services nécessaires à leur application. Seules 4 % des femmes dans le monde vivent dans des économies qui garantissent une égalité juridique quasi totale. Cette situation empêche les économies d’atteindre leur plein potentiel de croissance et de création d’emplois.

« Mais lorsqu’il s’agit d’appliquer ces lois, la note moyenne chute à 53. Et lorsque l’on évalue les systèmes nécessaires à la mise en œuvre de ces droits, la note d’adéquation n’est que de 47. Ces chiffres révèlent d’énormes inégalités d’opportunités, et les conclusions de ce rapport fournissent aux décideurs politiques des informations précieuses pour enrayer le déclin du potentiel de croissance des économies en développement. »

Le rapport « Femmes, entreprises et droit » évalue la situation économique des femmes dans le monde selon 10 domaines clés, dont la sécurité face aux violences, l’accès aux services de garde d’enfants, l’entrepreneuriat, la protection de l’emploi, la propriété des biens et la sécurité de la retraite. Il identifie la sécurité face aux violences comme une lacune majeure, limitant la capacité des femmes à travailler de manière stable. « La véritable égalité commence par la sécurité. » « Que ce soit à la maison, au travail ou dans l’espace public, les femmes méritent d’être protégées pour s’épanouir », a déclaré Norman Loayza, directeur du Groupe des indicateurs de politique de la Banque mondiale. « À l’échelle mondiale, nous sommes loin du compte. Nous ne disposons que d’un tiers des lois de sécurité nécessaires, et même celles-ci ne sont pas appliquées dans 80 % des cas. »

A lire aussi : Asma Chaabi : une femme inspirante au parcours atypique

Malgré ces conditions, des progrès sont constatés en matière de législation sur l’égalité des chances. En effet, au cours des deux dernières années, 68 économies ont adopté 113 réformes législatives positives dans la plupart des domaines de la vie économique des femmes, les progrès les plus importants concernant l’entrepreneuriat et la protection contre les violences. Sept pays ont également étendu le congé de paternité afin de mieux répartir les responsabilités familiales et de soutenir l’emploi des femmes.

Aussi, l’Afrique subsaharienne a mis en œuvre 33 réformes au cours des deux dernières années, soit le plus grand nombre de toutes les régions. Madagascar et la Somalie ont levé les interdictions faites aux femmes de travailler dans des secteurs tels que la construction, l’industrie manufacturière et l’agriculture. De la même manièr dans le monde arabe, L’Égypte, la Jordanie et Oman ont progressé. L’Égypte a été le pays le plus réformateur au monde au cours des deux dernières années, améliorant son score en matière d’égalité juridique de près de 10 points. Les réformes récentes ont porté le congé parental rémunéré de 90 à 120 jours pour les mères, instauré un jour de congé rémunéré pour les pères, rendu obligatoire l’égalité salariale et autorisé les demandes d’aménagement du temps de travail.

Article publiée le 24 – 02 – 2026, mis à jour.

Cuivre en RDC : un explorateur américain mise sur les terres oubliées de l’Est du Congo

Alors que le Copperbelt congolais est depuis longtemps le fief des géants miniers chinois et européens, une petite société américaine prend le pari audacieux d'ouvrir un nouveau front dans le secteur du cuivre au niveau de l'est du pays. Crédit : Photo illustratif.

Alors que le Copperbelt congolais est depuis longtemps le fief des géants miniers chinois et européens, une petite société américaine prend le pari audacieux d’ouvrir un nouveau front dans le secteur du cuivre au niveau de l’est du pays – une région connue pour ses conflits, mais aussi, désormais, pour ses teneurs en cuivre parmi les plus élevées au monde.

La République démocratique du Congo est le deuxième producteur mondial de cuivre, derrière le Chili, avec près de 4,8 millions de tonnes produites l’an dernier. Ce métal est devenu indispensable à la transition énergétique : batteries de véhicules électriques, câblage des énergies renouvelables, infrastructures de réseau. Pourtant, l’exploration minière s’est jusqu’ici concentrée sur le Copperbelt méridional – les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga – où opèrent les mastodontes CMOC et Glencore autour de Kolwezi et Lubumbashi. L’est du pays, lui, est resté dans l’ombre. Mieux connu pour son or, son étain, son tantale et son tungstène, il abrite des opérateurs comme Barrick ou Alphamin, ainsi qu’une multitude de mineurs artisanaux. C’est précisément là que Copper Intelligence, explorateur américain coté sur le marché OTC, a décidé de s’implanter, selon des informations relayées par Reuters.

Une découverte née du travail artisanal dans des mines en RDC

L’histoire du projet Butembo commence comme souvent dans les mines congolaises : des creuseurs artisanaux, cherchant de l’or en surface, ont mis à nu une minéralisation en cuivre oxydé proche de la surface. C’est cette exposition fortuite qui a attiré l’attention de Copper Intelligence, qui a depuis finalisé l’acquisition de la licence minière correspondante. Depuis, les équipes ont prélevé des échantillons de sol et de surface sur une zone s’étendant sur environ sept kilomètres en direction du parc national des Virunga. Les résultats sont concluants : des teneurs en cuivre atteignant jusqu’à 18 %, un niveau qui, s’il est confirmé à plus grande échelle, placerait le gisement parmi les plus riches du monde. La licence couvre entre 70 et 80 kilomètres carrés, et le potentiel de district – c’est-à-dire d’un ensemble de gisements interconnectés – semble réel, selon Andrew Groves, président de la société.

Le forage, prochaine étape décisive

Pour transformer cette promesse géologique en ressource certifiée, des forages sont nécessaires. Ils permettront de déterminer la profondeur et l’épaisseur du corps minéralisé primaire, encore inconnues. Copper Intelligence prévoit de commencer à forer dans les quatre à six semaines, selon une approche par phases visant à définir une première ressource. Le budget annuel d’exploration est estimé entre 1 et 1,5 million de dollars – une enveloppe modeste, reflet de la taille encore junior de la société. Le site présente un avantage logistique notable : situé à environ 50 kilomètres de la frontière ougandaise, il dispose d’un accès à des liaisons ferroviaires vers le port kenyan de Mombasa. Cela représente une route d’exportation plus courte que celle empruntée depuis le Copperbelt katangais, traditionnellement acheminé vers les ports d’Afrique australe.

Géopolitique et ambitions américaines

Le projet ne se résume pas à une équation géologique. L’est du Congo est une région en proie à des conflits armés liés au groupe M23, ce qui complique toute opération. Copper Intelligence affirme que la sécurité autour de Butembo est coordonnée dans le cadre d’un dispositif militaire conjoint congolo-ougandais ciblant les groupes insurgés. Car Copper Intelligence ne cache pas ses intentions : tout le cuivre produit sera vendu exclusivement sur le marché américain.

« Le plan est d’être un fournisseur de cuivre purement américain. Nous ne vendrons aucun cuivre à la Chine », a déclaré Andrew Groves à Reuters.

 Dans un contexte de rivalité sino-américaine pour les minerais critiques, ce positionnement est loin d’être anodin. Washington cherche à sécuriser ses approvisionnements en métaux stratégiques hors de l’orbite chinoise – et le cuivre congolais pourrait bien en devenir un nouveau terrain de jeu.

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Aérien : Ethiopian Airlines mise sur Boeing et un méga-aéroport pour dominer le ciel africain

Ethiopian Airlines ne connaît pas la crise. Lundi 20 avril, depuis le siège de Boeing près de Washington, le PDG du groupe, Mesfin Tasew, a officialisé la conversion de six options en commandes fermes de Boeing 787-9 Dreamliner, portant à 26 le nombre total d'appareils de ce type attendus par la compagnie à partir de 2028. (Crédit : Ethiopian Airlines)

La compagnie éthiopienne, premier transporteur aérien du continent, accélère sa stratégie d’expansion mondiale avec la commande de six nouveaux Dreamliner et un projet d’aéroport colossal de 12,5 milliards de dollars, taillé pour rivaliser avec Dubaï et Istanbul.

Ethiopian Airlines ne connaît pas la crise. Lundi 20 avril, depuis le siège de Boeing près de Washington, le PDG du groupe, Mesfin Tasew, a officialisé la conversion de six options en commandes fermes de Boeing 787-9 Dreamliner, portant à 26 le nombre total d’appareils de ce type attendus par la compagnie à partir de 2028. Une cérémonie de signature à laquelle assistaient plusieurs membres de l’administration Trump, qui a fait de la promotion des exportations américaines – et des avions Boeing en particulier – l’une de ses priorités économiques. Cette nouvelle commande s’inscrit dans une dynamique de croissance soutenue. En janvier dernier, Ethiopian Airlines avait déjà engrangé neuf 787, dans le cadre d’un plan d’expansion visant à renforcer sa présence sur les liaisons long-courriers vers les États-Unis, l’Europe et l’Asie. Mais c’est aussi sur le continent africain que la compagnie entend frapper fort.

« Il y a des routes matures que nous devons desservir avec de plus gros appareils », a expliqué Mesfin Tasew à Reuters. « Et il y a des routes que nous voulions ouvrir, sans pouvoir le faire faute d’avions – comme l’Australie. »

Avec cette flotte renforcée, Ethiopian Airlines confirme son statut de locomotive aérienne du continent. Premier transporteur africain, la compagnie d’État éthiopienne entend capitaliser sur un réseau en pleine expansion pour capter les flux de voyageurs d’affaires et de touristes transitant par Addis-Abeba. Mais l’ambition ne s’arrête pas aux airs. En marge de la cérémonie, Mesfin Tasew a également évoqué avec les autorités américaines l’un des projets les plus pharaoniques du continent : la construction d’un nouvel aéroport international à Bishoftu, petite ville située à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la capitale éthiopienne. Avec une enveloppe estimée à 12,5 milliards de dollars, cet équipement à quatre pistes devrait, à son inauguration prévue en 2030, devenir le plus grand aéroport d’Afrique. Sa capacité d’accueil – 60 millions de passagers par an – représente plus de quatre fois celle de l’aéroport actuel d’Addis-Abeba, dont la saturation est attendue d’ici deux à trois ans.

« Nous voulons que cet aéroport soit le Dubaï de l’Afrique, ou l’Istanbul de l’Afrique », a déclaré le PDG, affichant sans détour les références qui inspirent ce projet.

Les travaux ont démarré en janvier, et le financement prend forme : la Banque africaine de développement s’est engagée à hauteur de 500 millions de dollars, en pilotant une levée de fonds totale de 8,7 milliards. Du côté américain, l’intérêt est également au rendez-vous. «Nous sommes très satisfaits de la réponse des institutions financières américaines », a confié Mesfin Tasew. « Plusieurs d’entre elles ont exprimé leur souhait de participer. ». Entre commandes d’avions et chantier du siècle, Ethiopian Airlines dessine les contours d’une ambition continentale qui, si elle se concrétise, pourrait bien rebattre les cartes du transport aérien mondial.

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Exploration pétrolière : l’Algérie relance la course aux hydrocarbures

Le deuxième appel à concurrence international de l'Algérie pour l'exploration de sept nouvelles zones hydrocarbures marque une étape décisive dans la stratégie du pays pour attirer les investisseurs mondiaux et consolider son rôle de hub énergétique régional. (Crédit : Sonatrach).

Lancé le 19 avril 2026 au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal d’Alger, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de représentants de compagnies énergétiques internationales, le deuxième appel à concurrence international de l’Algérie pour l’exploration de sept nouvelles zones hydrocarbures marque une étape décisive dans la stratégie du pays pour attirer les investisseurs mondiaux et consolider son rôle de hub énergétique régional.

Les sept zones proposées – El Borma II et El M’Zaid Nord (Ouargla), Illizi Centre I et Est Bordj Omar Driss I (Illizi), El Hadjira III et Touggourt Sud (Touggourt), et El Benoud Est (El Bayadh) – ont été sélectionnées avec rigueur sur la base de bassins prouvés et de découvertes existantes. Touggourt Sud se distingue avec des ressources prévisionnelles dépassant les 576 millions de barils, tandis qu’El M’Zaid Nord recèle cinq gisements prometteurs estimés à près de 100 millions de barils. Illizi Centre I comprend pas moins de dix gisements potentiels d’hydrocarbures, et El Borma II, dans le bassin de Berkine, abrite deux gisements pétroliers avérés. La majorité de ces périmètres bénéficient de leur proximité avec des installations de traitement et des réseaux de transport déjà en place, un avantage logistique décisif qui réduit les coûts et accélère les délais de mise en production.

Un calendrier lisible pour sécuriser les engagements

Les phases techniques débuteront le 1er juin 2026, avec la mise à disposition des documents et des présentations en ligne accessibles aux compagnies du monde entier. Des sessions de data room et de clarification se dérouleront jusqu’au 31 octobre 2026. L’ALNAFT a fixé la date limite de dépôt des offres au 26 novembre 2026, les résultats étant annoncés le même jour, avant la signature des contrats avec Sonatrach le 31 janvier 2027. Ce parcours balisé en huit mois répond à une demande récurrente des opérateurs internationaux : disposer d’un cadre procédural lisible, sans délais administratifs imprévus. C’est aussi un signal de maturité institutionnelle adressé aux compagnies qui hésitaient encore à s’engager sur le marché algérien.

L’Algérie, garant de la sécurité énergétique mondiale

Dans un contexte mondial marqué par des « transformations géopolitiques et énergétiques effrénées », selon les termes du ministre Arkab, l’Algérie se positionne en partenaire de confiance. Le pays a prouvé sa fiabilité depuis 2022 en augmentant ses livraisons de gaz vers l’Europe pour compenser la réduction des exportations russes. Arkab a également évoqué le gazoduc transsaharien, projet structurant susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives d’intégration énergétique à l’échelle continentale. Si le gaz naturel demeure central « durant la phase de transition », le ministre a aussi ouvert la porte aux partenariats dans l’hydrogène, domaine dans lequel l’Algérie, avec son ensoleillement et ses vastes espaces désertiques, dispose d’un potentiel naturel considérable.

Des incitations compétitives pour séduire les majors

Les sept zones sont proposées selon diverses formules contractuelles, en majorité des contrats de partage de production – une formule bien connue et rassurante pour les opérateurs internationaux, qui leur permet de récupérer leurs coûts avant tout partage de la rente. Le cadre fiscal est présenté comme « parmi les plus compétitifs de la région », assorti de procédures d’attribution transparentes supervisées par l’ALNAFT. Bakhti a résumé l’ambition avec clarté : « faire de l’Algérie une option crédible et compétitive au sein des portefeuilles d’investissement mondiaux », en recherchant non pas des engagements à court terme, mais des « partenariats structurés et de longue durée ». Un message adressé autant aux grandes compagnies qu’aux indépendants en quête de nouvelles frontières d’exploration.

A lire aussi : Algérie : Clôture de la 22e édition du SITEV

Maroc- 10ème Commémoration de la disparition de Miloud Chaabi, un pionnier industriel, doublé d’un philanthrope

Samedi 18 avril 2026, le douar Mzilat, dans la région de Marrakech-Tensift, plus précisément dans la Province d’Essaouira, a abrité la 10ème cérémonie in Memoriam de Miloud Chaabi. Ce pionnier industriel, qui avait fini par créer Ynna Holding, parti de rien, est issu de ce village. Reconnaissant à plus d’un titre, cette localité, mais aussi…

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Croissance : l’Afrique pourrait perdre jusqu’à 0,2 point de croissance en 2026

Un rapport conjoint de l'Union africaine, de la Banque africaine de développement, de la CEA et du PNUD tire la sonnette d'alarme : les conflits en cours au Proche-Orient menacent les économies africaines déjà fragilisées. Les institutions appellent à la résilience, sans précipitation. (Crédit : DR).

Un rapport conjoint de l’Union africaine, de la Banque africaine de développement, de la CEA et du PNUD tire la sonnette d’alarme : les conflits en cours au Proche-Orient menacent les économies africaines déjà fragilisées. Les institutions appellent à la résilience, sans précipitation.

Présenté le 15 avril 2026 à Washington DC, en marge des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le document de politique intitulé « Impacts du conflit au Moyen-Orient sur les économies africaines » dresse un tableau préoccupant. Le continent, qui se relevait encore des séquelles du Covid-19, de la guerre russo-ukrainienne et des tensions commerciales mondiales, se retrouve de nouveau en première ligne. La fermeture du détroit d’Ormuz, la flambée des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes logistiques constituent autant de chocs cumulatifs qui risquent de faire perdre à l’Afrique jusqu’à 0,2 point de pourcentage de croissance en 2026.

Énergie, devises, commerce : trois canaux de contagion

Le rapport identifie trois vecteurs principaux par lesquels les conflits du Moyen-Orient se transmettent aux économies africaines. D’abord, la hausse des prix des hydrocarbures, des denrées alimentaires et des engrais — 80 % du pétrole importé en Afrique et la moitié du pétrole raffiné proviennent de cette région, selon Claver Gatete, secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. Ensuite, les perturbations du commerce mondial et des chaînes d’approvisionnement. Enfin, la volatilité des marchés des capitaux et de change : 31 pays africains enregistrent déjà une dépréciation de leurs devises.

Pas de panique, mais des réponses structurées

Face à ces pressions, Kevin Urama, économiste en chef de la Banque africaine de développement, appelle les gouvernements africains à éviter toute décision précipitée qui fragiliserait leurs équilibres budgétaires. Le rapport préconise une gestion stratégique de l’inflation, une discipline budgétaire rigoureuse, notamment pour les recettes exceptionnelles des pays exportateurs de pétrole, ainsi que des mesures de protection sociale ciblées pour les populations les plus vulnérables. Il met en garde contre les subventions généralisées, susceptibles d’aggraver les déficits à long terme.

Vers une Afrique plus souveraine et intégrée

Au-delà de la gestion immédiate de la crise, le rapport trace une feuille de route structurelle : diversification des sources d’énergie et d’approvisionnement, renforcement du commerce régional et intrafricain, accélération de l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et déploiement de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Ahunna Ezioknwa, directrice du bureau régional du PNUD pour l’Afrique, appelle à « gagner la lutte pour l’indépendance énergétique » et à mobiliser la jeunesse autour de l’innovation numérique et de l’intelligence artificielle. La vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina J. Mohammed, a quant à elle rappelé l’urgence de préserver les progrès déjà accomplis vers les Objectifs de développement durable à horizon 2030 et 2063.

A lire aussi Assemblées annuelles du groupe Banque africaine de développement (BAD) 2023

Guerre au Moyen-Orient : le FMI, la Banque mondiale et l’AIE unissent leurs forces face à un choc énergétique mondial

Réunis à Washington dans le cadre d'un groupe de coordination créé début avril 2026, les dirigeants de l'AIE, du FMI et de la Banque mondiale ont dressé un tableau préoccupant des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l'économie mondiale. Fonds Monétaire International (FMI), Crédit : DR. Logo.

Face aux répercussions économiques et énergétiques du conflit, trois grandes institutions internationales – l’Agence internationale de l’énergie, le Fonds monétaire international et le Groupe de la Banque mondiale – ont publié conjointement le 13 avril 2026 un état des lieux alarmant, soulignant l’impact asymétrique de la guerre sur les économies les plus vulnérables.

Réunis à Washington dans le cadre d’un groupe de coordination créé début avril 2026, les dirigeants de l’AIE, du FMI et de la Banque mondiale ont dressé un tableau préoccupant des conséquences du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale. Dans un communiqué commun, ils ont insisté sur le caractère à la fois global et profondément inégal du choc : si tous les pays en subissent les effets, ce sont les nations importatrices d’énergie, et notamment les pays à faible revenu, qui se trouvent en première ligne. Le conflit a provoqué une hausse marquée des prix du pétrole, du gaz et des engrais, faisant peser des menaces sérieuses sur la sécurité alimentaire mondiale et entraînant des pertes d’emplois dans plusieurs secteurs. Paradoxalement, certains producteurs d’hydrocarbures de la région souffrent eux aussi : la guerre a drastiquement réduit leurs revenus d’exportation. La situation reste extrêmement volatile, et la navigation dans le détroit d’Ormuz – voie maritime stratégique par laquelle transite une part considérable du commerce énergétique mondial — n’est pas encore revenue à la normale.

Une normalisation longue et incertaine

Même en cas de reprise rapide des flux maritimes, les trois institutions préviennent que le retour à des niveaux d’approvisionnement comparables à ceux d’avant le conflit prendra du temps. Les prix des carburants et des engrais pourraient rester élevés pendant une période prolongée, en raison des dommages causés aux infrastructures. Ces perturbations sont susceptibles d’affecter en cascade les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et d’autres industries dépendantes d’intrants clés. Au-delà des marchés de matières premières, le conflit a entraîné des déplacements de population, des destructions d’emplois et un effondrement du tourisme et des voyages dans la région — des effets dont le renversement s’annonce lent. Les institutions ont souligné la complexité et l’interconnexion de ces impacts, qui appellent des réponses différenciées selon les pays concernés.

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Pour faire face à l’urgence, les équipes du FMI, de la Banque mondiale et de l’AIE travaillent en étroite collaboration, y compris au niveau des pays les plus touchés. L’objectif est de mobiliser les expertises complémentaires de chaque institution : conseils de politique économique adaptés aux spécificités nationales, et soutien financier direct pour les pays qui en ont besoin — un rôle qui incombe principalement au FMI et à la Banque mondiale. La publication, le 14 avril, du rapport mensuel sur le marché pétrolier de l’AIE et des Perspectives économiques mondiales du FMI devrait apporter des éléments chiffrés plus précis sur l’ampleur réelle du choc. Les trois institutions ont réaffirmé leur engagement à surveiller de près l’évolution de la situation et à coordonner leur action, en s’appuyant sur l’expertise d’autres organisations internationales si nécessaire. Leur objectif commun : poser les bases d’une reprise résiliente, génératrice de stabilité, de croissance et d’emplois.

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Nigeria : 2 milliards de dollars pour révolutionner le numérique

Le Nigeria dispose aujourd'hui d'environ 30 000 kilomètres de dorsale nationale. D-VIBE prévoit de porter ce chiffre à 120 000 kilomètres, soit un quadruplement du réseau existant. (Crédit : DR).

La Banque africaine de développement vient d’approuver un prêt de 200 millions de dollars en faveur du Nigeria pour déployer un réseau de fibre optique couvrant l’ensemble du territoire. Baptisé « BRIDGE », ce projet ambitionne de connecter 774 zones administratives au haut débit d’ici 2030 et de créer près de 3 millions d’emplois.

C’est un tournant majeur pour l’économie numérique africaine. Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a officiellement accordé, le 10 avril 2026, un prêt de 200 millions de dollars au gouvernement fédéral du Nigeria pour financer le projet D-VIBE « Digital Value Chain Infrastructure for Boosting Employment » , plus connu sous l’appellation BRIDGE. Objectif : doter le pays le plus peuplé d’Afrique d’une infrastructure numérique à la hauteur de son potentiel.

Un réseau de fibre optique quadruplé

Le cœur du projet repose sur un déploiement massif de fibre optique en libre accès. Le Nigeria dispose aujourd’hui d’environ 30 000 kilomètres de dorsale nationale. D-VIBE prévoit de porter ce chiffre à 120 000 kilomètres, soit un quadruplement du réseau existant. Ces 90 000 kilomètres supplémentaires relieront les 774 zones de gouvernement local du pays — écoles, établissements de santé, zones agro-industrielles, communautés rurales et pôles commerciaux. Le projet inclut également des liaisons transfrontalières avec le Bénin, le Cameroun, le Niger et le Tchad, faisant du Nigeria un véritable carrefour numérique régional. Et ce, pour faire passer le taux de pénétration du haut débit de 45 % à 70 % à l’échelle nationale d’ici 2030.

Un financement international inédit

La contribution de la BAD s’intègre dans un montage financier exceptionnel. Le financement souverain total atteint 800 millions de dollars, auxquels s’ajoutent 500 millions de la Banque mondiale et 100 millions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L’Union européenne complète l’ensemble avec un don de 22 millions d’euros, tandis que le Centre de coopération multilatérale pour le financement du développement (MCDF) a apporté 2,6 millions de dollars pour la préparation du projet. Au total, le coût global est estimé à 2 milliards de dollars, dont au moins 1,2 milliard provenant d’investissements privés. Car la structure juridique du projet repose sur un partenariat public-privé via un véhicule ad hoc : le secteur privé devra détenir entre 51 % et 75 % des parts, garantissant ainsi une gestion dynamique et une levée des contraintes traditionnelles — coûts de construction et droits de passage notamment.

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Au-delà des câbles et des data centers, D-VIBE porte une ambition sociale forte. Le projet est censé contribuer à la création de 2,8 millions d’emplois et vise à renforcer les compétences numériques à grande échelle, en soutenant l’accès à des appareils abordables et le développement de plateformes dans les secteurs prioritaires. Des volets dédiés à la cybersécurité et à la régulation du marché sont également prévus, de même qu’une orientation vers les énergies hybrides et renouvelables pour assurer la résilience du réseau.

« Du nord au sud, des exploitations agricoles aux usines en passant par les salles de classe, cet investissement permettra à chaque communauté nigériane de bénéficier d’une connectivité à haut débit », a déclaré Abdul Kamara, directeur général de la BAD pour le Nigeria.

D-VIBE s’inscrit dans la Vision 2050 du Nigeria et son Plan de développement de l’espoir renouvelé (2026-2030), en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine et la Stratégie décennale 2024-2033 de la BAD. Un projet qui, si ses ambitions se concrétisent, pourrait faire du Nigeria le moteur numérique de tout le continent.

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Finance : La RDC entre sur les marchés internationaux avec son premier Eurobond

La République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le 9 avril 2026 un cap inédit dans son histoire financière : le pays a officiellement lancé ses premières obligations souveraines sur les marchés internationaux. (Crédit : DR)

Riche en minerais stratégiques et portée par un rapprochement avec Washington, la République Démocratique du Congo (RDC) lance pour la première fois des obligations souveraines en devises étrangères. Une opération à fort enjeu, entre opportunité historique et risques persistants.

La République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le 9 avril 2026 un cap inédit dans son histoire financière : le pays a officiellement lancé ses premières obligations souveraines sur les marchés internationaux. Selon deux sources proches du dossier, l’opération porte sur deux tranches distinctes — une obligation à cinq ans arrivant à maturité en 2032 et une seconde à dix ans échéant en 2037. Les deux titres sont de nature senior non garantie et à amortissement progressif, c’est-à-dire que le capital est remboursé par étapes sur la durée de vie de l’emprunt. Si le montant définitif de l’émission n’a pas encore été confirmé, la banque centrale congolaise avait indiqué en janvier dernier viser une levée initiale de 750 millions de dollars, dans le cadre d’un programme d’Eurobond global de 1,5 milliard de dollars. Les rendements indicatifs communiqués aux investisseurs s’établissent à environ 9,125 % pour l’obligation 2032 et à environ 10 % pour l’obligation 2037. Les fonds collectés sont destinés au financement d’infrastructures nationales, selon les précisions apportées par la banque centrale.

Les minerais critiques, levier d’attraction des investisseurs

La RDC dispose de l’une des réserves les plus importantes au monde en minerais dits « critiques » — cobalt, cuivre, coltan — dont la demande mondiale explose dans le contexte de la transition énergétique. Ces matières premières sont au cœur des chaînes d’approvisionnement des batteries électriques, des panneaux solaires et d’une multitude de technologies vertes. Dans un contexte où les États-Unis et leurs alliés cherchent activement à réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine sur ces approvisionnements stratégiques, la RDC se retrouve en position de force. Kinshasa a su capitaliser sur ce rôle central dans l’économie mondiale des minerais pour renforcer ses liens diplomatiques et économiques avec Washington, ce qui a contribué à rendre cette émission obligataire plus attractive aux yeux des investisseurs institutionnels internationaux.

Un contexte de marché fragilisé, mais en voie de stabilisation

L’opération intervient dans un environnement de marchés émergents qui avait connu des turbulences importantes au début de l’année. Les émissions obligataires avaient atteint des niveaux records en début d’exercice, avant d’être brutalement stoppées par les soubresauts liés à la guerre entre Israël et l’Iran, qui avait provoqué une forte hausse des prix de l’énergie et ravivé les craintes d’inflation et de remontée des coûts d’emprunt mondiaux. Cependant, la conclusion d’un cessez-le-feu provisoire de deux semaines entre Washington et Téhéran, intervenue plus tôt dans la semaine, a permis une détente sensible sur les marchés de capitaux internationaux. C’est dans cette fenêtre d’amélioration que la RDC a choisi de lancer son opération. Cette décision témoigne d’une certaine agilité de la part des autorités congolaises et de leurs banquiers-conseils, qui ont su identifier et exploiter un moment favorable dans un calendrier de marché incertain. La notation de crédit du pays avait par ailleurs bénéficié d’un signal encourageant en janvier, lorsque l’agence S&P Global Ratings avait attribué une perspective « positive » à la RDC, soulignant des perspectives de croissance économique solides ainsi que des améliorations notables en matière de réserves de change et de collecte fiscale.

Des risques structurels qui demeurent

Malgré l’enthousiasme suscité par cette émission, la RDC ne dissimule pas ses vulnérabilités. Dans son prospectus de base publié mercredi, le pays a lui-même listé les principaux facteurs de risque auxquels il reste exposé. Au premier rang figure sa très forte dépendance aux exportations minières, qui soumet ses finances publiques aux cycles erratiques des prix des matières premières sur les marchés mondiaux. La situation sécuritaire dans l’est du pays constitue un autre facteur de fragilité majeur. Les affrontements sporadiques avec des groupes armés soutenus par le Rwanda continuent de peser sur la stabilité régionale et sur le climat des affaires. Ces conflits récurrents représentent une incertitude que les investisseurs devront intégrer dans leur analyse du risque pays. À ces défis s’ajoutent des goulets d’étranglement infrastructurels persistants, qui limitent la compétitivité de l’économie et freinent la valorisation locale des ressources naturelles. Par ailleurs, la part écrasante du financement concessionnel dans la dette extérieure congolaise — qui représente encore 97 % du total — souligne la profonde dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale et des prêteurs multilatéraux. Cette structure de dette rend d’autant plus symbolique le pas franchi avec cette émission sur les marchés privés. Enfin, la concentration des échanges commerciaux avec quelques grands partenaires, au premier rang desquels la Chine, introduit un risque de dépendance économique que les autorités congolaises devront progressivement réduire pour assurer la résilience à long terme de leur modèle de financement.

Un signal fort pour le continent africain

Au-delà des chiffres et des rendements, cette émission revêt une signification symbolique et stratégique considérable pour l’Afrique subsaharienne. Elle témoigne de la volonté de Kinshasa de s’intégrer pleinement dans les circuits financiers mondiaux et de réduire sa dépendance aux bailleurs de fonds traditionnels. Pour les marchés émergents africains, l’entrée de la RDC sur la scène des Eurobonds pourrait ouvrir la voie à d’autres pays du continent disposant de ressources naturelles stratégiques mais encore peu présents sur ces marchés. Le succès de cette opération dépendra in fine de la capacité des autorités congolaises à convaincre les investisseurs que les fonds levés seront déployés efficacement dans des infrastructures productives, et que les réformes engagées en matière de gouvernance financière seront poursuivies avec constance. Un pari ambitieux, mais qui pourrait, s’il est tenu, transformer durablement le profil de crédit de l’un des pays les plus riches en ressources naturelles de la planète.

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